Le paiement des réparations en location dépend surtout de la nature des travaux et de la cause du problème (usage, vétusté, vice, sinistre), selon la loi et le décret, plus que selon le bail.
- Le locataire paie l’entretien courant et les petites réparations liées à l’usage normal (nettoyage, détartrage, petites pièces, débouchage simple, entretien du jardin).
- Le propriétaire paie les gros travaux, la structure, la sécurité et les gros équipements (toiture, murs, normes élec/gaz, remplacement d’équipements en fin de vie).
- La vétusté, un vice de construction, une malfaçon ou un sinistre peuvent décharger le locataire même si l’élément est habituellement “à sa charge”.
- Il faut distinguer encrassement (souvent locataire) et usure normale/vétusté (propriétaire).
- Repères pratiques : cuisine/SDB = souvent petites réparations ; extérieur privatif = entretien, mais pas travaux lourds (arbre dangereux, mur instable).
- Chauffage individuel : entretien annuel de la chaudière généralement à la charge du locataire, mais grosse panne/remplacement par vétusté ou défaut à la charge du propriétaire.
- En cas de sinistre, la prise en charge dépend de l’origine et passe souvent par les assurances ; le locataire doit déclarer vite et limiter les dégâts.
- L’état des lieux d’entrée/sortie est la preuve centrale pour trancher entre dégradation locataire et vétusté.
- Le dépôt de garantie ne peut être retenu que si c’est justifié (devis/factures) et hors vétusté, avec des montants contestables s’ils sont excessifs.
- Méthode pour décider : petit entretien ou gros travail ? origine du problème ? référence décret 1987 + état des lieux.
- Une clause de bail qui fait payer au locataire des travaux relevant du propriétaire est souvent abusive et réputée non écrite.
- Bonnes pratiques : signaler par écrit avec photos datées, demander accord avant artisan (sauf urgence), conserver les justificatifs.
- En cas de blocage : ADIL, commission de conciliation, puis juge des contentieux de la protection.
Qui doit payer les réparations locatives, locataire ou propriétaire ? La réponse dépend du type de travaux, de l’origine du problème (usure normale, défaut du logement, sinistre…) et de ce qui est écrit dans les textes officiels, pas seulement dans le bail. Ce guide aide à trancher concrètement, poste par poste.
L’objectif : permettre à chaque locataire de savoir, devant une fuite, une peinture abîmée ou une panne de chauffage, si la dépense relève des réparations locatives à sa charge ou de travaux à la charge du propriétaire, et surtout comment le prouver en cas de désaccord.
Cadre légal pour les réparations locatives à la charge du locataire
Définition des réparations locatives : ce que le locataire doit assumer
Les réparations locatives correspondent à l’entretien courant du logement et aux menues réparations, liées à un usage normal des lieux. En gros, tout ce qui relève du “prendre soin” au quotidien : nettoyer, détartrer, resserrer, remplacer des petites pièces.
Quelques exemples typiques de réparations locatives :
- Remplacement d’une ampoule ou d’un fusible.
- Nettoyage et dégraissage de la hotte, du four, de la robinetterie.
- Détartrage du pommeau de douche, remplacement d’un flexible percé.
- Petits rebouchages de trous de chevilles en fin de bail (accroches cadres raisonnables).
- Entretien du jardin privatif : tonte de la pelouse, désherbage, taille des haies.
Tout ce qui dépasse cette logique de petit entretien et de réparation légère sort en principe du champ des réparations locatives et bascule vers la responsabilité du propriétaire.
Textes de référence à connaître pour les réparations locatives
La répartition locataire / propriétaire n’est pas laissée au bon vouloir de chacun. Elle est encadrée par :
- La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (loi sur les rapports locatifs), notamment ses articles 6 et 7.
- Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 qui fixe la liste des réparations locatives (applicable aux locations vides comme meublées, sauf exceptions).
- Le Code civil, en particulier les articles 1719 et suivants (obligations du bailleur) et 1728 et suivants (obligations du locataire).
Ces textes sont consultables sur Légifrance et résumés sur service-public.fr. En cas de conflit avec une clause du bail, ce sont eux qui l’emportent.
Principe général : entretien courant, menues réparations et usage normal
Le principe central est assez simple :
- Locataire : entretien courant + menues réparations liées à l’usage normal.
- Propriétaire : gros travaux + réparations dues à la vétusté, aux malfaçons, aux défauts structurels.
Usage normal, ça veut dire un usage “classique”, sans abus. Exemple :
- Une peinture légèrement ternie après 6 ans : vétusté → propriétaire.
- Un mur couvert de tags ou de gros trous de chevilles : dégradation → locataire.
Le piège fréquent : confondre ce qui est “sale ou encrassé” (souvent à la charge du locataire) avec ce qui est “usé par le temps” (vétusté, donc propriétaire).
Exceptions : vétusté, vice de construction, malfaçons et force majeure
Même quand le décret de 1987 range un élément du côté des réparations locatives, le locataire n’est pas responsable si la réparation est liée à :
- La vétusté (usure normale avec le temps) : par exemple, un chauffe-eau qui lâche après 15 ans.
- Un vice de construction : pente de toiture mal faite, mauvaise pose d’une fenêtre, etc.
- Des malfaçons : travaux bâclés, matériel inadapté.
- Un cas de force majeure : catastrophe naturelle, orage violent qui fait exploser une vitre, inondation due à un événement extérieur.
Dans ces cas, la dépense revient au propriétaire, même si, sur le papier, l’élément figure dans la liste des réparations locatives.
Différence entre entretien, réparation locative et gros travaux
Pour savoir qui paie, il est utile de distinguer :
- Entretien courant : nettoyage, petits réglages, détartrage, jardinage basique. Charge du locataire.
- Réparations locatives : remplacement de petites pièces (joints, flexibles, poignées), menues reprises (reboucher un trou, replacer une plinthe). Charge du locataire, hors vétusté / vice.
- Gros travaux : changement de chaudière, rénovation de l’installation électrique, remplacement de fenêtres, réfection de la toiture, mise aux normes. Charge du propriétaire.
Un indicateur simple : dès que les travaux touchent à la structure du logement, à un gros équipement ou à la sécurité (installation gaz, électrique), ils relèvent presque toujours du propriétaire.
Liste des réparations locatives à la charge du locataire, pièce par pièce
Entrée, couloirs et dégagements : ce qui incombe au locataire
Dans ces espaces de passage, les réparations locatives couvrent surtout :
- Sol : dépoussiérage, lavage régulier, remplacement de quelques lames de parquet flottant abîmées par un manque de tapis ou d’attention, si les dégâts sont clairement imputables au locataire.
- Murs et plinthes : nettoyage des traces, de la poussière, petits rebouchages de trous (accrochages légers), resserrage de plinthes qui se dévissent.
- Éclairage : changement d’ampoules, de starters, de petits caches cassés par inadvertance.
- Poignées et serrures intérieures : lubrification, remplacement de petites pièces (vis, poignées desserrées).
Exemple concret : un mur d’entrée rempli de grosses chevilles pour des patères lourdes, laissant des trous importants au départ du logement. Le rebouchage de ces trous et un rafraîchissement localisé peuvent être mis à la charge du locataire, sur la base de devis raisonnables.
Salon et chambres : entretien des sols, murs, plafonds et équipements
Dans les pièces de vie, les obligations du locataire tournent autour de :
- Murs et plafonds : dépoussiérage, nettoyage des traces (mains, meubles), petites retouches (micros trous). La simple décoloration de la peinture avec le temps reste à la charge du propriétaire.
- Sols :
- Moquette : nettoyage régulier, shampouinage si nécessaire.
- Parquet : pas de lavage à grande eau, protection contre les rayures (patins sous pieds de meubles).
- Carrelage : nettoyage, remplacement de carreaux fendus par choc imputable au locataire.
- Équipements : entretien des radiateurs (dépoussiérage, purge pour certains modèles), nettoyage des grilles de ventilation, bon usage des volets roulants ou battants.
Un parquet ancien qui se creuse ou gondole sans défaut d’entretien ne peut pas être imputé au locataire : la vétusté doit être prise en compte, parfois via une grille de vétusté annexée au bail.
Cuisine : équipements, robinetterie, joints et électroménager fourni
La cuisine concentre beaucoup de réparations locatives, car les usages sont intensifs :
- Robinetterie : nettoyage, détartrage, remplacement de joints de robinet, mousseurs bouchés.
- Évier et plan de travail : nettoyage, dégraissage, entretien des joints de silicone (reprise si petit décollage, sauf infiltration liée à un défaut d’origine).
- Hotte et plaques : nettoyage, remplacement des filtres si usage normal.
- Meubles de cuisine : resserrage de charnières, remplacement de poignées cassées par faute d’usage, nettoyage intérieur / extérieur.
- Électroménager fourni (frigo, lave-vaisselle, four…) :
- Entretien courant, détartrage, nettoyage : locataire.
- Remplacement de l’appareil devenu hors d’usage par vétusté ou défaut : propriétaire.
Exemple : un lave-vaisselle fourni avec le logement tombe en panne au bout de 12 ans, malgré un entretien correct et normal. Le remplacement est à la charge du propriétaire, pas du locataire, même si ce dernier l’utilise au quotidien.
Salle de bains et WC : ventilation, joints, chasse d’eau et robinetterie
Dans la salle de bains, les réparations locatives typiques sont :
- Joints de baignoire / douche / lavabo : entretien, remplacement des joints de silicone moisis ou décollés par manque d’entretien.
- Flexible et pommeau de douche : remplacement en cas de fuite ou casse classique.
- Chasse d’eau : remplacement du flotteur, du joint ou du mécanisme interne défectueux, sauf défaut d’origine.
- Aération : nettoyage des bouches de VMC, dépoussiérage régulier pour éviter l’encrassement.
- Cabine de douche, pare-bain : nettoyage, détartrage, entretien des joints.
Attention : si des infiltrations d’eau viennent d’une douche mal conçue, d’une étanchéité défaillante du bâtiment ou d’une VMC sous-dimensionnée, la réparation dépasse le simple entretien locatif et revient au propriétaire.
Balcon, terrasse, jardin privatif : nettoyage et petit entretien extérieur
Lorsque le logement comprend un extérieur à usage privatif, le locataire doit :
- Balcon / terrasse : nettoyer régulièrement, déneiger si besoin, éviter l’encrassement des évacuations d’eau.
- Jardin : tondre la pelouse, tailler les haies et arbustes courants, désherber les allées, ramasser les feuilles si cela fait partie de l’usage normal.
- Clôtures légères : petits resserrages de vis, entretien courant.
En revanche, l’abattage d’un arbre dangereux, la réparation d’un mur de clôture qui s’effondre ou la réfection d’une terrasse fissurée par mouvement de terrain sont des travaux lourds à la charge du propriétaire.
Parties communes à usage privatif (cave, parking, local vélo, etc.)
Quand une cave, une place de parking ou un local vélo sont mentionnés au bail, le locataire doit :
- Les maintenir en bon état de propreté.
- Ne pas y causer de dégradations (trous, portes forcées, graffitis).
- Respecter les règles de copropriété (stockage de produits, usage du local vélo, etc.).
Les réparations touchant à la structure de ces espaces (porte de garage collective, problèmes d’étanchéité de la cave, éclairage des communs) relèvent en général de la copropriété et donc, in fine, du propriétaire via les charges.

Réparations locatives par type d’éléments : la liste détaillée
Sols, murs, plafonds et revêtements
À la charge du locataire, en principe :
- Sols : nettoyage, cirage (parquet), enlèvement de taches dues à un manque d’entretien, remplacement de quelques dalles ou lames abîmées par faute du locataire.
- Murs : dépoussiérage, nettoyage de traces, rebouchage de petits trous de chevilles. Peinture seulement si dégradations anormales ou couleurs extravagantes posées par le locataire sans accord.
- Plafonds : nettoyage des toiles d’araignée, de la fumée, petites reprises de taches causées par un usage fautif (fumée de cigarette par exemple).
- Papiers peints et peintures : entretien courant, reprise des décollements mineurs si liés à un manque d’aération.
À la charge du propriétaire :
- Refaire une peinture devenue très fatiguée après un long bail (usure normale).
- Remplacer un revêtement de sol très usé par l’âge alors que le locataire en a pris soin.
- Traiter des infiltrations au plafond venant de la toiture ou d’un autre logement.
Menuiseries intérieures et extérieures (portes, fenêtres, volets)
Réparations locatives usuelles :
- Portes intérieures : graissage des gonds, resserrage de poignées, remplacement d’une poignée cassée suite à un choc.
- Fenêtres : nettoyage des vitres, graissage des paumelles, petits réglages de crémones.
- Volets : entretien des lames (nettoyage), dégrippage, remplacement de petites attaches cassées.
- Vitrages : remplacement d’une vitre cassée par la faute du locataire ou à la suite d’un accident domestique dont il est responsable.
À la charge du propriétaire :
- Remplacement de fenêtres vétustes (simple vitrage, menuiseries pourries, infiltrations anciennes).
- Réparation ou remplacement d’un volet défectueux par usure (système bloqué sans faute d’usage).
- Remplacement d’une vitre cassée suite à un événement extérieur (orage violent, sinistre couvert par l’assurance de l’immeuble).
Plomberie, robinetterie et évacuations
Réparations locatives, en général :
- Détartrage des robinets, pommeaux de douche, mousseurs.
- Remplacement des joints de robinets, des flexibles de douche, des siphons en plastique abîmés par usage.
- Débouchage simple des siphons ou évacuations (cheveux, graisses) accessible au locataire.
- Surveillance des fuites et signalement rapide au propriétaire.
À la charge du propriétaire :
- Réparation d’une canalisation encastrée fuyarde.
- Remplacement d’une colonne d’évacuation commune.
- Réfection d’une installation mal conçue (pente insuffisante, diamètre inadapté).
Un évier bouché par un objet tombé accidentellement (bouchon, ustensile) sera en principe considéré comme imputable au locataire, alors que des évacuations mal dimensionnées qui se bouchent régulièrement relèvent plutôt de la responsabilité du bailleur.
Électricité, prises, interrupteurs et éclairage
À la charge du locataire :
- Remplacement d’ampoules et de tubes néon.
- Remplacement de fusibles ou réarmement du disjoncteur.
- Remplacement de cache-prises ou d’interrupteurs cassés par son fait.
- Entretien des appliques démontables (nettoyage, resserrage).
À la charge du propriétaire :
- Mise aux normes de l’installation électrique si elle est dangereuse.
- Remplacement d’un tableau électrique obsolète.
- Réparation d’un défaut de câblage ou de prise encastrée mal installée.
Un locataire n’a pas à financer la sécurisation d’une installation jugée non conforme (prises sans terre, fils dénudés, etc.). Ces travaux relèvent du devoir du propriétaire de fournir un logement décent et sûr.
Chauffage, chauffe-eau et ventilation
Pour un chauffage individuel (chaudière gaz, par exemple), le locataire doit en principe :
- Faire réaliser l’entretien annuel de la chaudière (obligation légale – facture à conserver).
- Purger les radiateurs si nécessaire.
- Nettoyer les aérations et bouches de VMC facilement accessibles.
À la charge du propriétaire :
- Remplacement de la chaudière en fin de vie ou défectueuse par vétusté.
- Réparation d’un ballon d’eau chaude percé par corrosion.
- Mise en place ou rénovation d’un système de ventilation efficace (VMC, aérations).
En cas de panne de chauffage en plein hiver, surtout si le logement devient difficilement habitable, le propriétaire doit faire intervenir un professionnel rapidement. L’inaction prolongée peut être contestée, éventuellement avec demande de réduction de loyer.
Équipements fournis avec le logement (placards, cuisine équipée, etc.)
Quand le logement est loué avec des équipements (placards, dressing, cuisine équipée, meubles en meublé) :
- Le locataire doit en assurer l’entretien courant : nettoyage, resserrage de vis, usage normal.
- Les petites casses dues à un mauvais usage peuvent lui être imputées (charnière arrachée par claquage répété, étagère surchargée).
- Le remplacement des meubles ou équipements devenus inutilisables par vétusté reste à la charge du propriétaire.
En location meublée, cette distinction est particulièrement importante : un matelas affaissé au bout de 10 ans ou un canapé très usé par le temps relèvent de la logique de vétusté, pas de la réparation locative.
Ce qui reste à la charge du propriétaire bailleur
Travaux lourds et gros œuvre
Le propriétaire supporte tous les gros travaux nécessaires pour maintenir le logement en bon état et en assurer la solidité :
- Toiture, charpente, murs porteurs, planchers structurels.
- Ravalement de façade, étanchéité des terrasses accessibles uniquement par les communs.
- Rénovation importante de l’installation électrique ou gaz.
Ces travaux ne peuvent pas être mis à la charge du locataire, même si une clause du bail tente de le prévoir : une telle clause serait en principe réputée non écrite.
Réparations liées à la vétusté normale du logement
La vétusté, c’est l’usure normale par le temps, même avec un usage soigneux. Par exemple :
- Peinture qui jaunit et s’écaille au bout de 8–10 ans.
- Chaudière qui tombe en panne après 15 ans d’usage normal, malgré les entretiens.
- Revêtement de sol qui se décolle ou se fend simplement par vieillissement.
En pratique, beaucoup de baux intègrent une grille de vétusté (recommandée par l’Anah, les bailleurs sociaux, etc.) qui définit la durée de vie théorique de chaque élément. Cette grille permet de répartir le coût d’une réparation entre propriétaire et locataire de façon proportionnée. Sans grille, c’est au juge d’apprécier en cas de litige.
Vice de construction, malfaçons et défauts de conformité
Dès qu’un problème résulte d’un vice de construction (ex : dalle mal posée, toiture mal conçue) ou de travaux mal réalisés, la responsabilité retombe sur le propriétaire :
- Fissures importantes dues à un défaut des fondations.
- Infiltrations récurrentes par une fenêtre mal posée.
- Carrelage qui sonne creux et casse tout seul quelques mois après des travaux.
Même si ces éléments figurent dans la liste des réparations locatives, le décret de 1987 exclut expressément les désordres liés aux vices de construction ou aux malfaçons de la charge du locataire.
Travaux nécessaires pour un logement décent
Le bailleur a l’obligation de louer un logement décent (article 6 de la loi de 1989). Cela implique :
- Une surface minimale, une aération correcte, un chauffage suffisant.
- Des installations électricité / gaz sûres.
- L’absence de risques majeurs pour la santé ou la sécurité.
Les travaux indispensables pour atteindre ou retrouver cette décence (mise aux normes, suppression de l’humidité insalubre, réparation d’une installation dangereuse) sont donc à la charge du propriétaire. Le locataire peut s’appuyer sur les fiches de service-public.fr – logement décent pour vérifier ses droits.
Travaux d’amélioration et de performance énergétique
Les travaux visant à améliorer le logement ou ses performances énergétiques ne sont pas des réparations locatives :
- Isolation des murs, du toit, remplacement des fenêtres par du double vitrage.
- Installation d’un système de chauffage plus performant.
- Création d’une salle de bains supplémentaire, d’un balcon, etc.
Ces investissements relèvent du propriétaire. Certains travaux peuvent justifier ensuite une réévaluation encadrée du loyer, mais leur coût ne peut pas être directement facturé au locataire sous couvert de “réparation locative”.
Cas particuliers où le locataire n’est pas responsable des réparations
Usure normale vs dégradation imputable au locataire
La frontière clé, c’est la différence entre :
- Usure normale : traces de vie raisonnables, couleurs qui passent, revêtements légèrement fatigués.
- Dégradations imputables au locataire : trous importants, brûlures de cigarette, taches de gras non nettoyées, portes fracturées, etc.
L’état des lieux d’entrée et de sortie est central : il permet de comparer et de voir si la dégradation est liée à l’usage du locataire ou à la simple action du temps. Sans état des lieux, le logement est réputé avoir été remis en bon état au départ, ce qui renforce la position du bailleur.
Dégâts liés à un sinistre (dégât des eaux, incendie, etc.)
En cas de sinistre, plusieurs acteurs entrent en jeu :
- L’assurance habitation du locataire : obligatoire en principe, elle couvre les dommages causés au logement (dégât des eaux, incendie) selon les garanties souscrites.
- L’assurance propriétaire non occupant (PNO), si le bailleur en a une.
- L’assurance de la copropriété pour les parties communes.
Exemple : un dégât des eaux venant de l’appartement du dessus abîme le plafond et les murs du locataire. La réparation du plafond et des murs relève du bailleur du logement sinistré, via les assurances. Le locataire n’a pas à financer ces travaux.
Force majeure : infiltrations, intempéries, catastrophes naturelles
Quand les dommages sont provoqués par un événement extérieur imprévisible et irrésistible (tempête exceptionnelle, inondation classée catastrophe naturelle, etc.), la responsabilité directe du locataire ne peut pas être engagée. Les réparations passent par :
- Les assurances (déclarations, expertises).
- Le propriétaire, qui reste tenu de remettre le logement en état habitable.
Le locataire doit par contre déclarer le sinistre rapidement à son assurance et au bailleur, et prendre des mesures minimales pour limiter l’ampleur des dégâts.
Travaux dans l’immeuble et nuisances subies par le locataire
Si des travaux décidés par la copropriété entraînent des dégradations dans le logement (poussières massives, fissures, éclats de peinture, infiltrations), ces désordres sont en principe à la charge :
- Du propriétaire, qui se retournera ensuite, si besoin, contre le syndicat de copropriété ou l’entreprise.
Le locataire n’a pas à payer la remise en état. En cas de difficultés, il peut :
- Documenter par photos datées.
- Prévenir le propriétaire par écrit (mail + courrier recommandé si besoin).
Réparations en cas de défaut d’entretien du propriétaire
Si un défaut que le bailleur aurait dû traiter s’aggrave par manque d’intervention (ex : petite fuite signalée, jamais réparée, qui finit par causer de gros dégâts), la responsabilité du propriétaire peut être engagée. Le locataire :
- Doit avoir signalé le problème par écrit (pour pouvoir le prouver).
- Peut ensuite, en cas d’inaction, envisager une mise en demeure ou saisir une instance de conciliation voire le juge.
Dans ces situations, vouloir tout régler soi-même et payer un artisan sans accord peut compliquer les recours : mieux vaut tracer les échanges et, en cas d’urgence, conserver toutes les factures.

Répartition locataire / propriétaire : comment savoir qui paie quoi ?
Méthode pour qualifier une réparation avec trois questions clés
Pour une réparation donnée, trois questions simples aident à trancher :
- Est-ce de l’entretien courant / une petite réparation, ou un gros travail ?
Si c’est une petite pièce à remplacer, un nettoyage, un détartrage : plutôt locataire. Si ça touche à la structure, à un gros équipement, à la sécurité : plutôt propriétaire. - L’origine est-elle l’usage normal, la vétusté, un vice ou un sinistre ?
Usage normal sans vice → locataire. Vétusté, vice de construction, sinistre → propriétaire / assurances. - Que disent l’état des lieux et le décret de 1987 ?
Comparer l’état d’entrée et de sortie, puis vérifier la liste officielle des réparations locatives pour voir si l’élément y figure.
Exemples concrets : qui paie pour les cas les plus fréquents ?
- Prise électrique qui sort du mur sans choc particulier : défaut d’installation ou usure → propriétaire.
- Vitres sales : nettoyage → locataire.
- Vitres cassées par un ballon : responsabilité du locataire / assurance habitation.
- Joint de douche moisi et noirci : entretien insuffisant → locataire, sauf si problème de ventilation avéré.
- Chaudière qui tombe en panne après entretien régulier : remplacement ou grosse réparation → propriétaire.
- Volet roulant qui casse parce que très ancien : vétusté → propriétaire.
- Parquet gondolé à cause d’une fuite jamais signalée par le locataire : responsabilité partagée possible, voire locataire si défaut de signalement.
Réparations jamais à la charge du locataire
Certaines réparations ne peuvent pas, en pratique, être imputées au locataire :
- Travaux sur le gros œuvre : structure, toiture, façades.
- Travaux pour mettre le logement au niveau de la décence.
- Remplacement d’équipements devenus inutilisables par vétusté (chaudière en fin de vie, chauffe-eau percé par corrosion, fenêtre pourrie).
- Mise aux normes obligatoires (gaz, électricité, sécurité, performance énergétique).
Réparations toujours considérées comme locatives
A l’inverse, certaines interventions sont quasi systématiquement à la charge du locataire, sauf cas exceptionnels :
- Remplacement d’ampoules, fusibles, petites pièces d’appareillage électrique.
- Entretien des joints de robinetterie, des flexibles de douche, des siphons démontables.
- Nettoyage régulier des sols, murs, vitres, équipements de cuisine et salle de bains.
- Entretien du jardin privatif (tonte, taille, désherbage).
- Ramonage et entretien annuel de chaudière (sauf clause contraire expresse faisant supporter cet entretien au bailleur).
Que faire en cas de clause abusive dans le bail ?
Un bail peut parfois contenir des clauses qui tentent de transférer au locataire des charges qui, légalement, doivent rester au propriétaire (ex : remplacement de la chaudière, ravalement de façade, mise aux normes électricité).
Ces clauses peuvent être considérées comme abusives ou réputées non écrites. En pratique :
- Se référer à la notice d’information obligatoire annexée au bail (modèle sur service-public.fr).
- En cas de doute, contacter une ADIL (Agence départementale d’information sur le logement) pour avis gratuit et neutre.
- Refuser d’assumer des travaux manifestement à la charge du propriétaire, après échange écrit.
Comment s’appuyer sur le décret de 1987 et les guides officiels
Le décret du 26 août 1987 liste poste par poste les réparations locatives (portes, fenêtres, sols, sanitaires, équipements, etc.). Pour chaque litige potentiel :
- Repérer l’élément concerné (ex : robinetterie).
- Vérifier ce que le décret classe comme réparation locative (ex : remplacement de joints, flexibles… oui ; réparation d’une canalisation encastrée… non).
- Regarder les exceptions prévues : vétusté, vice de construction, cas de force majeure.
Les fiches pratiques de service-public.fr – réparations locatives résument ces règles avec des exemples concrets utilisables en cas de désaccord.
Gestion pratique des réparations locatives pour le locataire
Bonnes pratiques d’entretien courant pour éviter les litiges
Quelques réflexes simples permettent d’éviter que des réparations locatives ne se transforment en facture salée à la sortie :
- Aérer régulièrement pour limiter l’humidité et la moisissure.
- Nettoyer les joints de salle de bains et de cuisine dès les premiers signes de moisissure.
- Détartrer régulièrement la robinetterie et les appareils exposés au calcaire.
- Mettre des patins sous les meubles lourds pour protéger les sols.
- Éviter les fixations surdimensionnées dans les murs (chevilles adaptées, nombre raisonnable).
Informer le propriétaire : quand, comment et avec quelles preuves
Dès qu’un problème non trivial apparaît (fuite, fissure, panne importante), le mieux est de :
- Informer le bailleur au plus vite par écrit (email, puis courrier recommandé si nécessaire).
- Joindre des photos datées et une courte description.
- Garder une copie de tous les échanges.
Ce réflexe protège le locataire : si la situation s’aggrave parce que le propriétaire n’est pas intervenu, il sera plus difficile de lui reprocher un défaut de signalement.
Faire intervenir un professionnel : devis, factures, remboursement
Avant de faire venir un artisan pour une réparation qui semble relever du propriétaire, quelques précautions :
- Prévenir le bailleur et solliciter son accord écrit (sauf urgence manifeste).
- Demander au moins un devis et le transmettre au propriétaire.
- Convenir clairement de qui paie quoi avant intervention.
En cas d’urgence (fuite d’eau importante, danger immédiat), le locataire peut appeler un professionnel pour sécuriser la situation, puis envoyer la facture au propriétaire, en expliquant le contexte. Les juges regardent ensuite si l’urgence était réelle et si les coûts sont raisonnables.
Responsabilité du locataire en fin de bail et état des lieux de sortie
Au départ du logement, tout se joue sur la comparaison entre :
- L’état des lieux d’entrée.
- L’état des lieux de sortie.
Le bailleur peut retenir sur le dépôt de garantie les sommes correspondant aux réparations locatives non effectuées, à condition de :
- Justifier ces retenues (devis, factures).
- Différencier ce qui relève de la vétusté et ce qui relève de la dégradation.
En cas de désaccord sur le constat d’état des lieux, le locataire peut refuser de signer et le signaler, ou faire appel à un huissier (coût partagé, sauf accord différent).
Recours possibles en cas de désaccord avec le propriétaire
Si le dialogue direct ne suffit pas, plusieurs options existent :
- Saisir la commission départementale de conciliation (gratuite), compétente pour les litiges locatifs courants.
- Solliciter l’aide d’une ADIL pour un avis juridique neutre.
- En dernier recours, saisir le juge des contentieux de la protection (tribunal judiciaire) pour trancher la répartition des réparations et du dépôt de garantie.
Avant d’en arriver là, bien documenter le dossier (photos, mails, devis, textes officiels) augmente nettement les chances de sortir du conflit rapidement.


Annexes utiles pour bien gérer les réparations locatives
Liste synthétique des travaux à la charge du locataire (check-list)
En pratique, relèvent presque toujours des réparations locatives :
- Nettoyage courant du logement et des vitres.
- Petites réparations de robinetterie (joints, mousseurs, flexibles) hors vétusté.
- Entretien et petites réparations d’électricité (ampoules, fusibles, interrupteurs cassés).
- Entretien du chauffage individuel (ramonage, entretien annuel de chaudière).
- Entretien du jardin privatif (tonte, taille, désherbage).
- Rebouchage de petits trous dans les murs, retouches mineures.
Exemples de grille tarifaire de réparations locatives
Les professionnels (agences, bailleurs sociaux) utilisent parfois des grilles indicatives du type :
- Remplacement d’une poignée de porte intérieure : X €.
- Rebouchage de trous et réfection ponctuelle de peinture : X € / m².
- Nettoyage approfondi de la cuisine / salle de bains : X €.
Ces montants doivent rester raisonnables et pouvoir être justifiés par des devis ou des factures. Un locataire peut toujours contester un montant manifestement disproportionné.
Modèle de courrier pour demander une réparation au propriétaire
Exemple de formulation simple, à adapter à la situation :
Objet : Demande de réparation dans le logement situé [adresse complète]
Madame, Monsieur,
Locataire du logement situé [adresse], il est constaté depuis le [date] le problème suivant : [description précise, photos à l’appui : fuite, panne de chaudière, volet bloqué, etc.].
Ce désordre semble relever de votre obligation d’entretien et de réparation en tant que bailleur, conformément à la loi du 6 juillet 1989 et aux informations de service-public.fr. Il est donc demandé votre intervention (ou celle d’un professionnel mandaté par vos soins) dans un délai raisonnable.
En l’absence de retour de votre part, il sera nécessaire d’envisager les démarches prévues par la loi (mise en demeure, saisine des instances compétentes).
Dans l’attente de votre réponse,
[Nom du locataire]
Liens vers les textes officiels et guides illustrés
- Service-public.fr – Réparations locatives
- Service-public.fr – Droits et obligations du locataire
- Service-public.fr – Droits et obligations du propriétaire bailleur
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989
- Décret n° 87-712 du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives
FAQ : réponses rapides aux questions fréquentes locataire / propriétaire
FAQ sur les réparations locatives : qui doit payer quoi ?
Qui doit payer les réparations locatives, locataire ou propriétaire ?
Les réparations locatives au sens du décret de 1987 (entretien courant, petites réparations dues à l’usage normal) sont à la charge du locataire. En revanche, les gros travaux (structure, gros équipements, mise aux normes, vétusté, vices de construction) restent à la charge du propriétaire. En cas de doute, il faut vérifier :
- La nature de la réparation (petite pièce vs gros équipement).
- L’origine du problème (usure normale vs vétusté / vice / sinistre).
- La liste officielle des réparations locatives (décret de 1987).
Le propriétaire peut-il me faire payer une réparation qui lui revient normalement ?
Le bailleur peut le tenter, mais la loi est d’ordre public : une clause qui mettrait à la charge du locataire des travaux relevant normalement du propriétaire (gros œuvre, mise aux normes, remplacement d’équipements par vétusté) peut être réputée non écrite. En pratique, il est conseillé de :
- Refuser poliment mais fermement si la demande est manifestement illégale.
- Citer les textes (loi de 1989, décret de 1987, fiches service-public).
- Saisir, si besoin, une ADIL ou la commission de conciliation.
Dois-je payer la réparation d’une chaudière en panne ?
Deux situations sont à distinguer :
- Entretien annuel et petites interventions (nettoyage, réglages courants) : en principe à la charge du locataire, sauf clause contraire au bail.
- Grosse panne ou remplacement de la chaudière due à la vétusté ou à un défaut : à la charge du propriétaire. Le locataire doit pouvoir justifier d’un entretien régulier pour écarter l’argument du manque de soin.
Qui paie la peinture en fin de bail ?
Si la peinture est simplement un peu passée ou ternie après plusieurs années, il s’agit de vétusté à la charge du propriétaire. En revanche, des murs fortement dégradés (traces importantes, taches non nettoyées, trous répétés, couleurs criardes posées sans accord) peuvent justifier une facturation au locataire pour la remise en état, en proportion de la gravité des dégradations et de l’âge de la peinture.
Qui doit payer les réparations après un dégât des eaux ?
Tout dépend de l’origine du sinistre :
- Si la fuite vient d’une installation relevant du logement loué (flexible de machine à laver du locataire, par exemple), la responsabilité du locataire peut être engagée et son assurance doit intervenir.
- Si la fuite vient des parties communes ou d’un autre logement, la réparation des dommages dans le logement est en principe à la charge du propriétaire, via les assurances (copropriété, voisin…).
Dans tous les cas, le locataire doit déclarer le sinistre rapidement à son assurance et avertir le bailleur.
Le propriétaire peut-il retenir tout mon dépôt de garantie pour des réparations locatives ?
Le propriétaire ne peut retenir des sommes sur le dépôt de garantie que pour :
- Des impayés (loyers, charges).
- Des réparations locatives ou dégradations constatées et justifiées par rapport à l’état des lieux d’entrée.
Les retenues doivent être justifiées (devis, factures, photos si besoin). Les réparations liées à la vétusté normale ne peuvent pas être imputées au locataire. En cas d’abus, il est possible de contester devant la commission de conciliation puis le juge.
Que faire si le propriétaire refuse une réparation pourtant à sa charge ?
En cas de refus persistant :
- Envoyer une mise en demeure en recommandé avec accusé de réception, en rappelant les textes.
- Contacter une ADIL pour un conseil personnalisé.
- Saisir la commission départementale de conciliation.
- Si nécessaire, saisir le juge des contentieux de la protection pour obtenir l’exécution des travaux, voire une réduction de loyer temporaire.
Quiz express (1 minute) — Réparations locatives vs propriétaire
Cliquez sur une question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.
Un robinet goutte parce que le joint est usé : qui doit payer ?
B. Le propriétaire (plomberie)
C. Toujours 50/50
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Bonne réponse : A.
Les petites réparations et l’entretien courant (comme un joint de robinet) sont en principe à la charge du locataire. Si la fuite vient d’une vétusté lourde ou d’un défaut de l’installation, cela peut dépendre de la situation.
La chaudière tombe en panne hors entretien annuel : qui paie la réparation ?
B. Le propriétaire, sauf si la panne est due à un mauvais entretien du locataire
C. Personne : c’est l’assurance qui paie toujours
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Bonne réponse : B.
Le locataire prend en charge l’entretien courant (dont l’entretien annuel si applicable), mais les grosses pannes/réparations relèvent en général du propriétaire. Si la panne provient d’un défaut d’entretien prouvé, le locataire peut être responsable.
Un mur a simplement jauni avec le temps (vétusté) : qui doit refaire la peinture ?
B. Le propriétaire, si c’est de la vétusté normale
C. Le locataire seulement si le propriétaire le demande
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Bonne réponse : B.
La vétusté (usure normale) est en principe à la charge du propriétaire. Le locataire paie plutôt ce qui résulte d’un manque d’entretien ou de dégradations.
Une serrure se casse sans choc ni mauvaise utilisation : qui paie ?
B. Le propriétaire, si c’est une usure normale ou un défaut
C. Le locataire, uniquement si c’est une porte d’entrée
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Bonne réponse : B.
Le remplacement dû à la vétusté ou à un défaut (serrure “en fin de vie”) relève en général du propriétaire. Les petites interventions d’entretien et les dégradations imputables au locataire restent à la charge du locataire.
Pour trancher un doute, quel réflexe est le plus utile avant de payer ?
B. Payer d’abord, discuter après
C. Se fier uniquement à ce que dit l’artisan
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Bonne réponse : A.
La clé est d’identifier la cause (entretien/dégradation vs vétusté/défaut) et de s’appuyer sur les documents et la liste officielle. En cas de doute persistant, cela peut dépendre de la situation : se référer au décret n°87-712 (réparations locatives) et au site service-public.fr.






