Écrire un acte de cautionnement : étapes, mentions obligatoires et erreurs à éviter

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En résumé
Guide pratique pour bailleurs afin de sécuriser un acte de cautionnement (simple ou solidaire), conforme aux réformes récentes, et éviter les erreurs qui le rendent inopposable.

  • Le cautionnement ne couvre que les dettes explicitement prévues dans l’acte (loyers, charges, réparations, frais, etc.).
  • Caution simple : la caution peut imposer au bailleur de poursuivre d’abord le locataire (moins protecteur, plus long).
  • Caution solidaire : le bailleur peut réclamer directement à la caution dès le premier impayé (le plus sécurisant).
  • Vérifier la capacité et les pouvoirs du signataire (majeurs protégés, couples/régimes, personnes morales via statuts/Kbis).
  • Contrôler la solvabilité pour éviter un engagement manifestement disproportionné et contestable.
  • Le cumul caution + assurance loyers impayés (GLI) est en principe interdit en résidence principale, sauf exceptions (ex. étudiant/apprenti).
  • Plusieurs cautions possibles : solidarité entre cautions (chacune peut payer tout) ou engagement limité à une quotité clairement définie (idéalement un acte par caution).
  • Mentions indispensables : identités, logement et bail garanti, loyer/charges et révision, durée, plafond, dettes couvertes, et mention explicite de la solidarité si souhaitée.
  • Malgré l’assouplissement des formalités (ELAN/réforme des sûretés), une mention manuscrite (ou équivalent fiable) reste fortement recommandée pour informer clairement la caution.
  • Omissions/flou (durée, plafond, solidarité, contradictions) peuvent entraîner nullité, réduction de garantie ou inopposabilité.
  • Bonnes pratiques : dater/localiser, signatures/paraphes, remettre un original à la caution, conserver l’original, et contresigner toute modification.
  • Signature électronique possible si identification, intégrité et preuve sont garanties (eIDAS) avec conservation des éléments techniques.
  • En colocation, préciser le périmètre (un colocataire ou toutes les dettes), limiter à la présence du colocataire visé et refaire l’acte en cas de changement.
  • Utiliser des modèles à jour (Service-public/ADIL/ANIL) et les adapter au type de bail ; un modèle ancien/mal complété est risqué.
  • La caution ne paie que ce qui est prévu ; en durée indéterminée elle peut résilier pour l’avenir, et décès/renouvellement/hausse de loyer dépendent de la rédaction.
  • Éviter les excès et erreurs (plafond absent, durée vague, non-remise d’un exemplaire, demandes de garanties/papiers illégales ou disproportionnées).
  • Pour les cas complexes (SCI, indivision, colocation multiple, cumul de garanties), une relecture par un professionnel est conseillée.

Dans un contexte de hausse des impayés et de durcissement des conditions d’accès au logement, l’acte de cautionnement reste l’un des outils les plus efficaces pour sécuriser une location. Encore faut‑il qu’il soit correctement rédigé : un simple oubli de mention obligatoire peut le rendre inopposable et priver le propriétaire de cette garantie pourtant décisive.

Cet article propose un mode d’emploi complet, à jour des réformes (loi ELAN, réforme des sûretés), pour comprendre la différence entre caution simple et solidaire, vérifier les conditions pour se porter garant, savoir comment rédiger un acte de cautionnement (mentions obligatoires, mention manuscrite, exemples), et éviter les erreurs qui annulent la garantie.

La différence entre caution simple et caution solidaire pour un bailleur

Définition de la caution locative et cadre légal applicable

La caution locative est l’engagement pris par une personne (la caution ou garant) de payer au bailleur les dettes du locataire si celui‑ci ne s’en acquitte pas. Il s’agit d’un « cautionnement », régi par les articles 2288 et suivants du Code civil, ainsi que par la loi du 6 juillet 1989 pour les baux d’habitation.

Pour un propriétaire bailleur, l’acte de cautionnement permet de sécuriser le paiement du loyer, des charges, des indemnités d’occupation, mais aussi, si cela est prévu, des réparations locatives et des frais de procédure. Cet engagement est distinct du bail, mais il y est étroitement lié : il doit identifier clairement le contrat garanti.

Le cautionnement peut être conclu :

  • entre particuliers (propriétaire personne physique et caution personne physique)
  • entre une caution personne physique et un bailleur professionnel (agence, société civile, foncière…)
  • au profit d’une personne morale qui gère ou détient le bien.

Dans tous les cas, l’écrit est indispensable en matière de bail d’habitation pour prouver l’engagement et en fixer les limites.

Spécificités de la caution simple pour un bail de logement

Dans un cautionnement simple, la caution bénéficie de ce qu’on appelle le « bénéfice de discussion ». Concrètement, en cas d’impayé, la caution peut exiger que le bailleur poursuive d’abord le locataire, puis ne soit appelée qu’en dernier recours.

Pour le propriétaire, la caution simple présente donc plusieurs limites pratiques :

  • procédures plus longues : le bailleur doit d’abord démontrer la défaillance du locataire, tenter les recouvrements, parfois engager une procédure judiciaire contre lui
  • risque de recouvrement tardif ou partiel, surtout si le locataire est insolvable ou a organisé son insolvabilité ;
  • complexité probatoire plus importante si la caution conteste avoir été appelée prématurément.

En pratique, la caution simple est aujourd’hui assez rare dans la location d’habitation, car peu protectrice pour le bailleur. Elle peut toutefois avoir un intérêt dans certaines situations familiales sensibles, pour ne pas exposer immédiatement un parent âgé ou fragile.

Intérêt de la caution solidaire pour le propriétaire

La caution solidaire est la forme la plus utilisée en matière de bail d’habitation. Elle implique que la caution renonce à certains droits, notamment :

  • le bénéfice de discussion : le bailleur peut agir directement contre la caution, sans devoir poursuivre le locataire au préalable
  • souvent, le bénéfice de division lorsqu’il y a plusieurs cautions : chacune peut alors être poursuivie pour la totalité de la dette, sauf clause contraire.

Pour un bailleur, la caution solidaire offre des avantages déterminants :

  • réactivité en cas d’impayé : le bailleur peut mettre en demeure la caution dès le premier défaut de paiement, sans délais supplémentaires
  • levier dissuasif : la perspective d’une mise en cause rapide du garant incite souvent le locataire à régulariser
  • sécurité accrue : la caution constitue un véritable « deuxième locataire solvable », ce qui est crucial lorsque les revenus du locataire sont justes.

Comparaison des risques pour la caution selon le type de cautionnement

Pour la personne qui se porte garant, la différence entre caution simple et solidaire est majeure :

  • Caution simple : la caution n’est appelée qu’après échec des poursuites contre le locataire. Le risque financier existe, mais l’exposition immédiate est moindre.
  • Caution solidaire : la caution peut être poursuivie directement pour la totalité des dettes garanties, dès le premier impayé. L’engagement est beaucoup plus lourd.

C’est pourquoi la rédaction de l’acte de cautionnement doit être particulièrement claire sur la nature de l’engagement (simple ou solidaire), son plafond, sa durée et les dettes couvertes. À défaut, la caution pourrait invoquer un consentement non éclairé et contester l’acte.

Choix entre caution simple ou solidaire selon la situation locative

Pour un propriétaire, la caution solidaire est la norme, en particulier :

  • pour un logement loué à un étudiant, un jeune actif, un locataire avec revenus irréguliers
  • en colocation, lorsque la solidarité est prévue entre colocataires
  • pour un bail meublé à loyers élevés par rapport aux revenus du locataire.

La caution simple peut être envisagée de façon exceptionnelle :

  • dans un contexte familial apaisé, lorsque le propriétaire connaît personnellement locataire et garant
  • pour un engagement à montant strictement plafonné et durée courte (par exemple, bail mobilité)
  • lorsque la caution accepte de se porter garante mais refuse la solidarité, et que le risque locatif reste raisonnable.

Dans tous les cas, il est essentiel de formuler clairement dans l’acte si l’engagement est simple ou solidaire, et de rappeler les conséquences pour la caution.

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Conditions pour accepter une caution pour son locataire

Typologie des personnes qui peuvent se porter garant

En principe, toute personne ayant la capacité juridique peut se porter caution :

  • parents, grands‑parents, frères et sœurs, autres proches
  • amis, employeurs, connaissances
  • personnes morales : entreprise, association, société civile familiale, etc.

Attention aux cas suivants :

  • Majeurs protégés (tutelle, curatelle) : la capacité est encadrée. Un acte signé sans l’intervention requise du tuteur ou du curateur risque d’être annulé.
  • Époux, partenaires, concubins : en cas de régime matrimonial particulier (communauté, séparation de biens), l’engagement de la caution peut avoir des incidences sur le patrimoine commun. La prudence s’impose, surtout pour des montants élevés.
  • Personnes morales : vérifier les pouvoirs du signataire (gérant, président, membre habilité) au moyen des statuts et d’un extrait Kbis ou équivalent.

Contrôle de la solvabilité de la caution par le bailleur

Avant de faire signer un acte de cautionnement, il est prudent de vérifier la solvabilité du garant :

  • Revenus : bulletins de salaire récents, avis d’imposition, justificatifs de pensions, bilans comptables pour indépendants.
  • Stabilité professionnelle : CDI, ancienneté, fonction publique, profession libérale installée depuis plusieurs années.
  • Endettement : contrats de prêt, charges de logement existantes, pensions versées. L’objectif est d’écarter les situations manifestement disproportionnées.

Depuis plusieurs années, la jurisprudence contrôle de plus en plus la disproportion de l’engagement de la caution par rapport à ses ressources. Même si cette protection vise surtout les relations avec des créanciers professionnels, il est préférable, y compris pour un bailleur particulier, d’éviter de faire signer un cautionnement manifestement excessif.

Possibilité de cumuler caution et assurance loyers impayés

La loi ALUR, puis la loi ELAN, encadrent le cumul des garanties. En principe :

  • Location nue ou meublée à usage de résidence principale : un bailleur ne peut pas cumuler assurance loyers impayés (GLI) et caution, sauf exceptions prévues par l’article 22‑1 de la loi du 6 juillet 1989.
  • Exception principale : lorsque le locataire est étudiant ou apprenti, le cumul caution + assurance loyers impayés reste autorisé.

Il est indispensable de vérifier les textes en vigueur au moment de la signature sur service-public.fr, les règles pouvant être ajustées par de nouvelles lois.

En cas de non‑respect de ces restrictions, certaines clauses peuvent être réputées non écrites, et la mise en œuvre de la garantie peut se heurter à des contestations.

Fonctionnement des cautions multiples et solidarité entre elles

Un propriétaire peut accepter plusieurs cautions pour un même locataire. Deux situations sont possibles :

  • Cautions solidaires entre elles : chacune peut être poursuivie pour la totalité des sommes garanties. Cette configuration renforce nettement la sécurité du bailleur.
  • Cautions limitées à une quotité : chaque caution ne répond que jusqu’à un certain montant ou pour une part déterminée (par exemple, 50 % du loyer chacun). L’acte doit alors être extrêmement précis.

Il est recommandé de prévoir un acte de cautionnement distinct pour chaque caution, afin de clarifier pour chacune :

  • le montant maximal de son engagement
  • la durée
  • la nature des dettes garanties
  • l’existence ou non d’une solidarité avec les autres cautions.

Cas particuliers : étudiant, alternant, colocation, bail mobilité

Certains profils locatifs appellent une vigilance renforcée :

  • Étudiants / alternants : faible revenu, mais souvent soutien familial. La caution solidaire parentale est habituelle. Le cumul avec une GLI est autorisé, ce qui permet de sécuriser doublement le dossier.
  • Colocation : si le bail prévoit une clause de solidarité entre colocataires, l’acte de cautionnement doit préciser si la caution garantit :
    • un colocataire déterminé uniquement
    • ou l’ensemble des dettes solidaires du groupe (formule plus risquée pour la caution, mais plus protectrice pour le bailleur).
  • Bail mobilité : la durée est courte (1 à 10 mois, non renouvelable), mais le montant du loyer peut être conséquent. La caution doit être adaptée à cette durée et au type de public (étudiants, stagiaires, salariés en mission…).

Dans ces cas, la rédaction des clauses de solidarité et l’étendue exacte des dettes garanties doivent être particulièrement claires pour éviter les contestations.

Mentions obligatoires de l’acte de cautionnement pour un bail d’habitation

Mentions d’identification complètes des parties

Pour éviter toute ambiguïté, l’acte de cautionnement doit mentionner précisément :

  • Le bailleur : nom, prénom ou raison sociale, adresse. En cas d’indivision ou de SCI, préciser la qualité (indivisaire, gérant) du signataire.
  • Le locataire : nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse actuelle si différente du logement loué.
  • La caution : nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse personnelle, éventuellement profession.

Ces mentions permettent d’éviter les confusions entre homonymes et facilitent la mise en œuvre et la signification des actes de procédure en cas de litige.

Description du logement loué et référence précise au bail

L’acte de cautionnement doit identifier clairement le contrat qu’il garantit. Il est conseillé de faire figurer :

  • l’adresse complète du logement (bâtiment, étage, numéro d’appartement, lot…)
  • la nature du bail : location nue, meublée, bail mobilité, résidence principale ou non
  • la date de signature du bail
  • les parties au bail (nom du bailleur, nom du locataire).

Il est possible d’annexer une copie du bail à l’acte de cautionnement et de mentionner cette annexe, ce qui renforce l’information donnée à la caution sur l’étendue de son engagement.

Montant du loyer, des charges et modalités de révision

La caution doit pouvoir mesurer clairement le risque financier qu’elle assume. Il est donc recommandé d’indiquer :

  • le montant mensuel du loyer hors charges
  • le montant mensuel des provisions pour charges ou forfait
  • le montant total mensuel à la date de signature (loyer + charges)
  • la clause de révision annuelle du loyer, avec référence à l’indice applicable (IRL ou autre).

Lorsque l’engagement de caution est plafonné à un certain montant, ce plafond doit être indiqué très clairement, et, lorsque la loi l’exige, réécrit de manière manuscrite par la caution en chiffres et en lettres.

Durée de l’engagement de la caution et modalités de fin

L’acte doit préciser sans ambiguïté la durée de l’engagement :

  • Durée déterminée : par exemple, jusqu’au terme du bail initial de trois ans, ou jusqu’à une date précise. La caution cesse alors de plein droit à l’issue de cette période, pour les dettes nées postérieurement.
  • Durée indéterminée : la caution peut alors être résiliée par la caution elle‑même, généralement par lettre recommandée, mais uniquement pour l’avenir (les dettes nées avant la résiliation restent garanties).

Pour éviter tout litige, il est préférable d’opter, dans la plupart des cas, pour une durée déterminée, éventuellement couvrant le bail initial et un renouvellement, en précisant clairement les dates ou les événements (renouvellement tacite du bail) qui marquent la fin de l’engagement.

Description précise de l’étendue de la garantie

L’acte doit décrire les dettes couvertes par la caution. Sauf mention contraire, la garantie ne couvre que ce qui est expressément désigné. Il est donc conseillé de viser expressément :

  • les loyers et charges échus et à échoir
  • les indemnités d’occupation après résiliation du bail
  • les réparations locatives et dégradations imputables au locataire
  • les frais de relance et de procédure engagés par le bailleur pour recouvrer les sommes dues, y compris honoraires d’huissier et, le cas échéant, d’avocat.

Plus la clause est détaillée, plus le propriétaire limite le risque d’interprétation restrictive par un juge en cas de contentieux.

Rédaction de la clause de solidarité et conditions de validité

Si la caution est solidaire, l’acte doit le préciser de manière explicite, par exemple en indiquant que « la présente caution est solidaire du locataire » ou en utilisant des formules claires sur la renonciation au bénéfice de discussion.

Pour renforcer la sécurité juridique, il est pertinent de faire mentionner à la caution qu’elle :

  • a parfaitement compris qu’en cas de défaillance du locataire, le bailleur pourra s’adresser directement à elle pour obtenir paiement
  • renonce au bénéfice de discussion (sans qu’il soit nécessaire que le bailleur poursuive préalablement le locataire)
  • accepte d’être tenue des frais de procédure liés au recouvrement, dans la limite du plafond fixé par l’acte.

En cas de colocation, la clause de solidarité doit, en outre, être articulée avec la solidarité entre colocataires prévue au bail, pour éviter les incohérences.

exemple d’acte de cautionnement rempli étape par étape

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Mention manuscrite dans l’acte de cautionnement et réformes récentes

Impact de la loi ELAN et de la réforme des sûretés

Les règles relatives aux mentions manuscrites dans les actes de cautionnement ont été profondément modifiées ces dernières années. La loi ELAN, puis l’ordonnance du 15 septembre 2021 portant réforme du droit des sûretés, ont assoupli certains formalismes, tout en maintenant l’exigence d’une information claire de la caution.

Les obligations varient selon que le créancier est un professionnel (par exemple, un établissement de crédit), ou un particulier bailleur. Les anciennes formules imposées mot à mot ont été simplifiées, mais la logique reste la même : la caution doit comprendre l’étendue de son engagement, notamment le montant maximal et la durée.

Pour un bailleur particulier, l’exigence principale reste de faire apparaître clairement, de manière lisible et souvent manuscrite, les éléments essentiels de l’engagement : montant, durée, dettes couvertes, nature simple ou solidaire. Il est recommandé de vérifier régulièrement les mises à jour sur service-public.fr, car les modèles officiels et la doctrine administrative peuvent évoluer.

Contenu attendu de la mention manuscrite en pratique

En pratique, même si les textes ne fixent plus, pour tous les cas, une formule unique obligatoire, les tribunaux attendent que la caution ait écrit de sa main, de façon lisible :

  • qu’elle se porte caution du locataire identifié pour le logement désigné
  • la nature de la caution (simple ou solidaire)
  • le montant maximal de son engagement, en chiffres et en lettres
  • la durée de l’engagement ou sa référence claire au bail (par exemple, durée du bail et de son premier renouvellement)
  • la mention explicite qu’elle a connaissance de la portée de son engagement et des risques pris.

Cette mention manuscrite est la meilleure preuve qu’un consentement éclairé a été donné. En cas de litige, un juge s’y référera prioritairement pour apprécier l’étendue exacte de la garantie.

Répartition entre texte dactylographié et texte manuscrit

L’acte de cautionnement peut être préparé par le bailleur ou l’agence sous forme dactylographiée (Word, PDF…). Toutefois :

  • les clauses standard (identité des parties, description du logement, renvoi au bail) peuvent être tapées
  • les éléments essentiels de l’engagement (montant, durée, portée, solidarité) doivent idéalement être rédigés également de la main de la caution, même si une première version dactylographiée est proposée.

Une bonne pratique consiste à prévoir une partie pré‑imprimée, suivie d’un encadré vide invitant la caution à recopier ou rédiger elle‑même une formule reprenant les points clés. L’objectif est de démontrer que la caution n’a pas signé un document qu’elle n’aurait pas lu.

Risques liés à une mention manuscrite incomplète ou absente

Une mention manuscrite insuffisante, contradictoire avec le reste de l’acte, ou absente alors qu’elle est exigée, peut entraîner :

  • la nullité totale de l’acte de cautionnement
  • ou une réduction de la garantie au seul montant clairement mentionné de manière manuscrite
  • ou encore l’inopposabilité de certaines clauses (par exemple, solidarité non valablement consentie).

Conséquence pour le bailleur : malgré la signature d’un garant, l’action contre la caution peut être rejetée, laissant le propriétaire seul face aux impayés. D’où l’importance, pour chaque bail, de vérifier soigneusement la conformité de l’acte aux textes en vigueur le jour de la signature.

Exemples de formulations de mention manuscrite pour un bailleur

Les formules suivantes sont des exemples indicatifs, à adapter systématiquement au cas concret et à l’évolution des règles légales. Il convient de vérifier sur service-public.fr les modèles actualisés au moment de la signature.

Exemple de mention manuscrite pour une caution solidaire :

« En me portant caution solidaire de [Nom, prénom du locataire], pour le paiement des loyers, charges, indemnités d’occupation, réparations locatives et frais de procédure relatifs au logement situé [adresse complète], loué auprès de [Nom, prénom ou raison sociale du bailleur], dans la limite de la somme maximale de [montant en chiffres] € ([montant en lettres] euros), pour une durée couvrant le bail signé le [date du bail] et son premier renouvellement, j’ai parfaitement connaissance de la nature et de l’étendue de l’obligation que je contracte. Je sais qu’en cas de défaillance du locataire, le bailleur pourra me réclamer directement le paiement des sommes dues, dans la limite du montant ci‑dessus. »

Exemple de mention manuscrite pour une caution simple :

« En me portant caution simple de [Nom, prénom du locataire], pour le paiement des loyers, charges, indemnités d’occupation, réparations locatives et frais de procédure relatifs au logement situé [adresse complète], loué auprès de [Nom, prénom ou raison sociale du bailleur], dans la limite de la somme maximale de [montant en chiffres] € ([montant en lettres] euros), pour la durée du bail signé le [date du bail], j’ai parfaitement connaissance de la nature et de l’étendue de l’obligation que je contracte. Je sais qu’en cas de défaillance du locataire, je pourrai être tenue de payer à sa place les sommes dues dans la limite du montant ci‑dessus. »

mentions obligatoires à inscrire dans un acte de cautionnement

Rédaction pas à pas d’un acte de cautionnement pour un bailleur

Préparation des pièces avant la signature

Avant de rédiger et de faire signer un acte de cautionnement, il est utile de rassembler :

  • une copie ou un projet finalisé du bail d’habitation
  • les justificatifs d’identité du locataire et de la caution (CNI, passeport, titre de séjour)
  • les justificatifs de ressources de la caution (revenus, avis d’imposition, situation professionnelle)
  • les coordonnées exactes du bailleur (adresse de correspondance notamment pour les mises en demeure).

Ces éléments permettront de remplir un modèle d’acte de cautionnement de façon précise et de vérifier l’adéquation entre le niveau de loyer et la capacité financière de la caution.

Structure type d’un acte de cautionnement locatif

Un acte de cautionnement efficace et juridiquement sain suit généralement la structure suivante :

  • En‑tête : intitulé « Acte de cautionnement » ou « Engagement de caution locative ».
  • Désignation des parties : bailleur, locataire, caution, avec toutes les informations d’identité nécessaires.
  • Rappel du bail garanti : type de bail, date, adresse du logement, montant du loyer et des charges.
  • Définition de l’engagement : nature (simple ou solidaire), dettes garanties, montant maximal, durée.
  • Mention manuscrite de la caution : reprise synthétique mais complète de son engagement.
  • Signature : lieu, date, signature de la caution, éventuellement signature du bailleur « pour acceptation de la caution ».

Exemple de formule complète d’engagement pour une caution solidaire

À titre d’illustration (à adapter) :

« Entre les soussignés :

[Identité complète du bailleur]

Ci‑après dénommé “le bailleur”,

Et

[Identité complète de la caution]

Ci‑après dénommé “la caution”,

Il a été convenu ce qui suit :

La caution déclare se porter caution solidaire et indivisible de [identité du locataire] au profit du bailleur, pour le paiement de l’ensemble des sommes dues au titre du bail d’habitation signé le [date] portant sur le logement situé [adresse complète].

La présente garantie couvre les loyers, charges, indemnités d’occupation, réparations locatives, dégradations imputables au locataire, ainsi que les frais de procédure exposés par le bailleur pour obtenir le paiement des sommes dues, dans la limite de la somme maximale de [montant en chiffres] € ([montant en lettres] euros).

La caution reconnaît avoir parfaite connaissance du montant actuel du loyer, du montant des charges et des modalités de révision annuelle prévues au bail.

La présente garantie est consentie pour une durée couvrant le bail initial conclu pour une durée de [x] années à compter du [date d’effet] ainsi que son premier renouvellement, et prendra fin à l’expiration de cette période, pour les dettes nées postérieurement.

La caution renonce expressément au bénéfice de discussion et reconnaît que le bailleur pourra s’adresser directement à elle, sans devoir au préalable poursuivre le locataire, pour obtenir le paiement des sommes dues dans la limite indiquée ci‑dessus. »

Exemple de formule complète d’engagement pour une caution simple

L’adaptation pour une caution simple consiste notamment à supprimer la renonciation au bénéfice de discussion et toute mention de solidarité :

« La caution déclare se porter caution simple de [identité du locataire] au profit du bailleur, pour le paiement de l’ensemble des sommes dues au titre du bail d’habitation signé le [date] portant sur le logement situé [adresse complète].

La présente garantie couvre les loyers, charges, indemnités d’occupation, réparations locatives, dégradations imputables au locataire, ainsi que les frais de procédure exposés par le bailleur pour obtenir le paiement des sommes dues, dans la limite de la somme maximale de [montant en chiffres] € ([montant en lettres] euros).

La caution reconnaît avoir parfaite connaissance du montant actuel du loyer, du montant des charges et des modalités de révision annuelle prévues au bail.

La présente garantie est consentie pour la durée du bail initial conclu pour une durée de [x] années à compter du [date d’effet], et prendra fin à l’expiration de cette période pour les dettes nées postérieurement. »

Signature, date, lieu et bonnes pratiques de sécurisation

Pour sécuriser l’acte :

  • mentionner clairement le lieu et la date de signature
  • faire signer la caution en toutes lettres, avec paraphe éventuel sur chaque page
  • remettre un exemplaire original à la caution, et conserver l’original signé côté bailleur
  • éviter toute modification manuscrite après signature ; à défaut, la faire contresigner.

En cas de contestation ultérieure (signature niée, capacité discutée), l’original sous format papier signé reste un élément de preuve déterminant.

Utilisation d’un format numérique et signature électronique

L’acte de cautionnement peut être conclu par voie électronique (signature électronique), à condition de respecter les exigences du règlement eIDAS et du Code civil quant à la fiabilité de l’identification du signataire.

Il est impératif de :

  • recourir à une solution de signature électronique reconnue, garantissant l’intégrité du document et l’authentification du signataire
  • prévoir un système permettant à la caution de reproduire, même électroniquement, une mention équivalente à la mention manuscrite, reprenant les éléments essentiels de son engagement
  • conserver les preuves techniques de la signature (certificats, horodatage).

En cas de doute sur la conformité d’un processus totalement dématérialisé, le recours à un acte papier signé à la main reste l’option la plus sécurisante pour le bailleur.

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modèle d’acte de cautionnement avec les erreurs à éviter
signature d’un acte de cautionnement conforme à la loi

Utilisation de modèles d’acte de cautionnement et précautions

Recours au modèle officiel accessible via Service‑Public

Le portail service-public.fr propose régulièrement des modèles ou simulateurs d’actes de cautionnement adaptés aux baux d’habitation. Ces modèles ont l’avantage :

  • d’être mis à jour en fonction des évolutions législatives principales
  • de rappeler les mentions essentielles
  • d’être rédigés dans un langage clair.

Il reste toutefois nécessaire de vérifier que le modèle sélectionné correspond bien :

  • au type de bail (nu, meublé, mobilité, colocation)
  • à la qualité du bailleur (particulier ou professionnel)
  • à la nature de la caution (simple ou solidaire).

Modèles de lettres de caution simple ou solidaire et adaptation au cas concret

De nombreux modèles de lettres de garant circulent (PDF, Word). Ils constituent une base utile, mais doivent toujours être vérifiés et adaptés :

  • supprimer les références à d’anciennes lois ou à des mentions manuscrites obsolètes
  • compléter toutes les zones laissées vides (montant, durée, identité, description du logement)
  • vérifier la cohérence des clauses entre elles (plafond de garantie, durée, solidarité).

Un modèle standard non adapté peut, en pratique, être tout aussi dangereux que l’absence totale d’acte de cautionnement.

Personnalisation d’un modèle sans en altérer la validité

L’objectif de la personnalisation est de coller à la situation réelle, sans remettre en cause les mentions essentielles. Il est donc recommandé de :

  • ajouter des éléments descriptifs (adresse précise, référence de lot, indexation du loyer)
  • ajuster le plafond de la garantie à un niveau réaliste (par exemple, 18 mois de loyer charges comprises)
  • adapter la durée de l’engagement (bail initial seul, ou bail initial + premier renouvellement)
  • expliciter la solidarité en colocation lorsque c’est le cas.

En revanche, il est fortement déconseillé de supprimer, par commodité, les paragraphes relatifs à l’étendue des dettes garanties, au plafond de garantie ou à la durée, sous peine de rendre l’engagement incertain ou contestable.

Mise en page, nombre d’exemplaires et conservation de l’acte

Sur le plan pratique :

  • prévoir un document lisible, avec une police de taille suffisante
  • éviter les renvois trop complexes ou les abréviations non expliquées
  • éditer au moins deux exemplaires originaux : un pour le bailleur, un pour la caution (un troisième exemplaire pouvant être remis au locataire ou à l’agence)
  • conserver l’original pendant toute la durée du bail, puis au minimum le délai de prescription des actions en paiement (généralement plusieurs années à compter de la fin du bail et de la dernière dette invoquée).

Une numérisation sécurisée (scan) peut compléter, mais non remplacer, la conservation de l’original papier en cas de contestation sur la signature.

Droits et obligations de la caution pendant la durée du bail

Étendue réelle de ce que la caution s’engage à payer

La caution ne doit payer que dans la limite de ce qui est prévu par l’acte :

  • les loyers et charges impayés dans la limite du plafond
  • les indemnités d’occupation et réparations locatives si ces dettes sont mentionnées
  • les frais de recouvrement si la clause les vise expressément.

Si l’acte est muet sur certains postes (par exemple, frais d’huissier), leur mise à la charge de la caution pourra être contestée. D’où l’intérêt, pour le bailleur, de viser large dès la rédaction.

Information annuelle de la caution et obligations du bailleur

Le Code civil et la jurisprudence imposent, dans diverses situations, une information régulière de la caution, en particulier lorsque le créancier est un professionnel. Pour un bailleur particulier, même si les textes sont moins stricts que pour un établissement de crédit, il est prudent :

  • d’informer la caution dès le premier impayé significatif
  • de lui adresser un relevé récapitulatif en cas d’arriéré important
  • de conserver la preuve de ces envois (courrier recommandé, courriel avec accusé).

Le défaut d’information, surtout en cas de créancier professionnel, peut entraîner la perte de certains intérêts ou pénalités. Une bonne pratique consiste à prévoir dans l’acte les modalités d’information de la caution.

Effet des augmentations de loyer et du renouvellement de bail

Si le bail est renouvelé avec un loyer plus élevé, l’engagement de la caution peut être impacté différemment selon la rédaction :

  • si l’acte mentionne explicitement qu’il couvre le bail initial et son premier renouvellement, la caution reste engagée, dans la limite du plafond, même après une augmentation raisonnable de loyer
  • si la durée est strictement limitée au bail initial, un renouvellement pourra nécessiter un nouvel acte de cautionnement
  • si une augmentation substantielle du loyer intervient et n’était pas prévisible, la caution pourra tenter d’en contester la portée à son égard.

La clause relative à la durée et au renouvellement doit donc être soigneusement reliée à la clause de plafond et à la mention de la révision du loyer.

Fin de la caution : résiliation, non‑reconduction, décès

La fin de l’engagement de caution peut intervenir dans plusieurs hypothèses :

  • Arrivée du terme pour une caution à durée déterminée : la caution cesse pour les dettes postérieures à cette date, mais reste tenue pour les dettes antérieures non réglées.
  • Résiliation d’une caution à durée indéterminée : la caution peut notifier sa résiliation. Elle ne répond alors plus des loyers futurs, mais reste tenue des dettes nées antérieurement.
  • Décès de la caution : ses héritiers peuvent être tenus, dans certaines limites, des dettes nées avant le décès, selon les règles du droit des successions et le contenu de l’acte.
  • Décès du locataire : le bail se poursuit éventuellement avec les héritiers ou se résilie, mais les dettes antérieures restent dues par la caution.

La rédaction de l’acte peut prévoir des clauses spécifiques, par exemple une fin automatique de la caution en cas de décès ou à l’issue du bail initial, pour limiter les situations ambiguës.

Recours éventuels de la caution contre le locataire

Lorsque la caution a payé à la place du locataire, elle dispose d’un recours contre ce dernier pour récupérer les sommes réglées, par le mécanisme de la subrogation prévu par le Code civil.

Pour le bailleur, cela ne change rien : le paiement effectué par la caution éteint sa créance à hauteur de ce qui a été payé. Les difficultés de recouvrement se déplacent alors sur la relation entre caution et locataire. Il importe toutefois que le bailleur soit en mesure de justifier précisément des sommes réclamées (décompte, quittances, états des lieux, factures de réparations).

Erreurs à éviter pour sécuriser la relation bailleur–locataire–caution

Erreurs fréquentes rendant l’acte inopposable

Plusieurs maladresses de rédaction reviennent régulièrement et peuvent coûter cher au propriétaire :

  • absence de plafond clair de garantie, alors que les textes ou la jurisprudence exigent un montant déterminé
  • durée floue (« jusqu’à libération totale du locataire ») sans référence au bail ou à un terme précis
  • contradiction entre le montant manuscrit et le montant imprimé (dans ce cas, seul le montant le plus faible peut être retenu)
  • mention manuscrite trop elliptique, ne rappelant ni la durée ni la nature de la caution
  • non remise d’un exemplaire de l’acte à la caution, ce qui peut être invoqué pour contester l’information donnée.

Demandes de garanties illégales ou excessives par le bailleur

La loi du 6 juillet 1989 limite les justificatifs et garanties pouvant être exigés par un bailleur. Par exemple :

  • imposer, en plus d’une caution, plusieurs garanties financières non prévues par la loi peut être requalifié en pratique abusive
  • demander un dépôt de garantie supérieur aux plafonds légaux (1 mois de loyer hors charges en nu, 2 mois en meublé, hors cas particuliers) est interdit
  • exiger certaines pièces jugées disproportionnées ou attentatoires à la vie privée est également prohibé (liste négative sur service-public.fr).

Un excès de zèle sur les garanties peut conduire à des sanctions, voire à l’inopposabilité de certaines clauses au locataire ou à la caution.

Points de vigilance pour les cautions en colocation

La colocation est un terrain propice aux erreurs :

  • caution qui pense ne garantir qu’un colocataire, alors que l’acte la rend solidaire de tous
  • absence de limitation de durée alors que la colocation se renouvelle avec de nouveaux entrants
  • défaut de mise à jour de l’acte lors d’un changement de colocataire.

Pour un bailleur, il est crucial de :

  • préciser si la caution couvre uniquement les dettes d’un colocataire nommé, ou celles de l’ensemble des colocataires solidaires ;
  • limiter la durée de la caution à la présence effective du colocataire visé au bail, en prévoyant la fin de l’engagement à son départ régulier
  • prévoir un nouvel acte de cautionnement en cas d’arrivée d’un nouveau colocataire.

Recours à un professionnel du droit ou de l’immobilier

Dès que les montants en jeu sont importants, que la situation familiale est complexe (indivision, SCI, colocation multiple), ou que le bailleur cumule plusieurs formes de garanties (caution, GLI, hypothèque…), il est fortement recommandé de faire relire l’acte de cautionnement par :

  • un avocat en droit immobilier
  • un notaire
  • ou un administrateur de biens expérimenté.

Un audit juridique ponctuel du modèle d’acte utilisé peut éviter, à long terme, des pertes financières très significatives en cas de contentieux sur des loyers impayés.

FAQ sur l’acte de cautionnement locatif pour les propriétaires

Quelles sont les mentions obligatoires d’un acte de cautionnement pour un bail d’habitation ?

L’acte doit identifier clairement le bailleur, le locataire et la caution (nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance), décrire le logement et le bail garanti (adresse, date, type de bail), préciser le montant du loyer et des charges, la nature de la caution (simple ou solidaire), la durée de l’engagement, le montant maximal garanti, et l’étendue des dettes couvertes (loyers, charges, indemnités, réparations, frais). Une mention manuscrite de la caution reprenant au moins le montant, la durée, les parties et la portée de l’engagement est vivement recommandée, voire exigée selon les cas.

Comment rédiger un acte de cautionnement sans modèle pré‑existant ?

Sans modèle, il convient de suivre une structure simple : introduction avec l’intitulé « Acte de cautionnement », identification complète du bailleur, du locataire et de la caution, rappel précis du bail (date, type, adresse, loyer), description de l’engagement (simple ou solidaire, dettes garanties, plafond, durée), mention manuscrite de la caution reprenant ces éléments essentiels, puis signature datée avec indication du lieu. L’utilisation des fiches pratiques et exemples disponibles sur service-public.fr permet de sécuriser la rédaction.

Quelle mention manuscrite prévoir pour une caution solidaire de locataire ?

La mention doit, au minimum, préciser que la personne « se porte caution solidaire » du locataire nommé, pour le logement désigné, envers le bailleur identifié, indiquer le montant maximal de l’engagement en chiffres et en lettres, la durée de la caution (par exemple, bail initial et premier renouvellement), et rappeler qu’en cas de défaillance du locataire, le bailleur pourra réclamer directement à la caution le paiement des sommes dues dans la limite de ce plafond. Une formulation proche des exemples fournis plus haut, adaptée au cas concret et aux textes en vigueur, reste une base solide.

Est‑il possible de revenir sur un engagement de caution déjà signé ?

En principe, non, surtout pour une caution à durée déterminée : la caution reste tenue jusqu’au terme prévu, pour les dettes nées dans cette période. Pour une caution à durée indéterminée, la caution peut notifier sa résiliation pour l’avenir, mais les dettes antérieures restent garanties. L’annulation de l’acte suppose de prouver un vice du consentement (erreur, dol, violence) ou une irrégularité substantielle (incapacité, mention essentielle manquante ou illégale), ce qui relève de l’appréciation du juge. D’où l’importance, pour le bailleur, de rédiger un acte régulier dès l’origine.

Quels modèles gratuits d’acte de cautionnement utiliser en 2026 ?

Les sources les plus fiables restent les modèles et simulateurs proposés par les sites officiels et les organismes institutionnels, au premier rang desquels service-public.fr. Certains organismes publics ou para‑publics dédiés au logement publient également des modèles à jour (ADIL, ANIL). Il est préférable d’éviter les modèles anciens trouvés sur des forums ou blogs non spécialisés, qui peuvent ne plus être conformes aux réformes récentes (loi ELAN, réforme des sûretés). Dans tous les cas, un contrôle attentif de la date de mise à jour du modèle est indispensable.

Pour sécuriser chaque nouvelle location, il est utile de constituer un « kit bailleur » incluant un modèle de bail à jour, un modèle d’acte de cautionnement vérifié, et une check‑list des pièces à demander au locataire et à la caution. Une mise à jour annuelle de ces documents, à la lumière des évolutions législatives publiées sur les sites officiels (notamment service-public.fr et anil.org), limite considérablement le risque de voir la caution contestée en cas d’impayés.

Quiz express (1 minute) — Acte de cautionnement

Cliquez sur chaque question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.

À quel moment la caution doit-elle recevoir un exemplaire du bail (ou pouvoir y accéder) ?
Choix

A. Avant ou au plus tard au moment de la signature de la caution
B. Uniquement si le locataire ne paie plus
C. Ce n’est jamais nécessaire
Voir la réponse
Correction
Bonne réponse : A.
La caution s’engage en fonction du bail (loyer, charges, durée) : elle doit pouvoir en prendre connaissance avant de signer. En pratique, on remet une copie ou on annexe les informations utiles.
Quelle formulation évite le piège d’un engagement “sans limite” ?
Choix

A. “Je me porte caution pour toutes les dettes, sans plafond et sans durée”
B. “Je me porte caution dans la limite de X € (ou jusqu’au …), pour le loyer et charges du bail du …”
C. “Je me porte caution, le reste n’a pas d’importance”
Voir la réponse
Correction
Bonne réponse : B.
Indiquer clairement un plafond et/ou une durée rend l’engagement plus maîtrisé et compréhensible. Un texte vague ou “illimité” est risqué et peut créer des litiges.
En cas d’erreur sur l’identité de la caution (nom, date de naissance), que faut-il faire ?
Choix

A. Laisser, ce n’est pas important
B. Corriger proprement et faire parapher la correction, ou refaire l’acte si nécessaire
C. Ajouter une note au stylo sans prévenir personne
Voir la réponse
Correction
Bonne réponse : B.
Une identité imprécise peut fragiliser la preuve de l’engagement. Une correction doit être claire, acceptée et traçable (paraphe), et parfois il vaut mieux refaire un document propre.
Pour une caution solidaire, quel “réflexe” protège le plus la caution au moment de signer ?
Choix

A. Vérifier qu’il est écrit clairement “caution solidaire” et ce que cela implique
B. Se fier à une promesse orale du locataire
C. Ne pas lire les conditions du bail
Voir la réponse
Correction
Bonne réponse : A.
La caution solidaire peut être appelée à payer plus vite, sans attendre certaines démarches contre le locataire. Il faut donc comprendre l’étendue concrète de l’engagement avant de signer.
Quel document doit être daté et signé par la caution elle-même (et pas seulement par le locataire) ?
Choix

A. L’acte de cautionnement
B. Un simple SMS d’accord
C. Une attestation non signée
Voir la réponse
Correction
Bonne réponse : A.
L’acte doit prouver un consentement clair et personnel de la caution. Sans date et signature de la caution, l’engagement peut être contesté.
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