En résumé
En colocation, le garant peut n’être responsable que d’une part ou de tout le loyer selon le bail et la solidarité : tout doit être cadré par écrit dans l’acte de cautionnement.
- Le garant s’engage par écrit (acte de cautionnement) à payer loyers/charges en cas d’impayés, avec des conséquences juridiques importantes.
- Le risque majeur est le bail unique avec clause de solidarité : un colocataire (ou son garant) peut être poursuivi pour la totalité du loyer.
- Avec des baux individuels, il n’y a en principe pas de solidarité : chaque garant ne couvre que le colocataire concerné.
- Ne pas confondre garant, assurance loyers impayés (GLI) et Visale ; la GLI se cumule rarement avec une caution physique (sauf exceptions).
- Deux formes : caution simple (le bailleur poursuit d’abord le locataire) vs caution solidaire (le bailleur peut réclamer directement au garant), souvent exigée en colocation.
- Tout se joue dans la rédaction : possibilité de limiter à une quote-part, fixer un plafond, préciser clairement la durée et la fin de l’engagement.
- En bail unique, la caution peut continuer après le départ d’un colocataire si ce n’est pas strictement encadré.
- Il n’existe pas de seuil légal de revenus, mais les bailleurs demandent souvent 2,5 à 3× le loyer et une situation stable.
- Alternatives si pas de garant : Visale (gratuit mais avec conditions/plafonds), caution bancaire (argent bloqué), ou solutions privées (payantes à vérifier).
- Le dossier et l’acte doivent être complets et conformes : un acte mal rédigé peut être annulé, et certains justificatifs demandés au garant sont interdits.
En colocation, la question du garant peut vite devenir un casse-tête : qui peut se porter caution, sur quel montant, pour combien de temps, et surtout, comment éviter que ça tourne mal en cas d’impayés ou de départ d’un colocataire. L’objectif ici : aider à comprendre les règles, à sécuriser son garant et à présenter un dossier béton à un bailleur, sans mauvaises surprises juridiques.
Que la recherche porte sur “comment trouver un garant pour une colocation” ou sur la façon de protéger un proche qui accepte d’être caution, l’enjeu est le même : savoir précisément comment fonctionne la caution en colocation, quelles options existent (parents, Visale, garant privé, banque…), et comment tout cadrer noir sur blanc dans les actes de cautionnement.
Garant en colocation : rôle, définition et spécificités
Qu’est-ce qu’un garant (caution) en colocation ?
Le garant, aussi appelé caution, est une personne ou un organisme qui s’engage par écrit à payer le loyer, les charges et, souvent, les dégradations locatives si le colocataire ne paie plus. Cet engagement se fait via un acte de cautionnement, qui est un vrai contrat avec des conséquences juridiques lourdes.
Exemple concret : un appartement loué 1 800 € charges comprises à trois colocataires. Si l’un ne paie plus et que le bail contient une clause de solidarité, le bailleur peut réclamer la totalité à un seul colocataire ou à son garant, pas seulement un tiers du loyer.
Les différences entre colocation et location classique pour le garant
Sur le principe, le garant en colocation joue le même rôle qu’en location classique. La grosse différence, c’est la solidarité entre colocataires quand il y a un bail unique :
- En location classique, le garant couvre un seul locataire, un seul loyer.
- En colocation avec bail unique et clause de solidarité, le garant peut se retrouver à couvrir la totalité du loyer, même si “son” colocataire paie bien sa part.
- En colocation avec baux individuels, chaque garant ne couvre que le bail et le loyer du colocataire concerné.
C’est ce point – solidarité ou pas, bail unique ou non – qui change presque tout pour le niveau de risque du garant.
Garant, caution, assurance loyers impayés : ne pas tout confondre
Trois notions sont souvent mélangées :
- Le garant (caution) : une personne ou un organisme qui signe un acte de cautionnement. C’est une garantie “personnelle”.
- L’assurance loyers impayés (GLI) : une assurance souscrite par le bailleur. En principe, quand le bailleur a une GLI, il n’a pas le droit de cumuler avec une caution physique, sauf cas prévus par la loi (par exemple, étudiant ou apprenti, article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989).
- Les dispositifs publics type Visale : une garantie gratuite pour le locataire, gérée par Action Logement, qui joue le rôle de garant à la place d’un proche.
Avant de chercher un garant, il est utile de demander clairement au bailleur : “Est-ce qu’il y a une assurance loyers impayés ? Est-ce que vous acceptez une garantie Visale ? Est-ce que vous exigez une caution physique ?”
Qui peut se porter garant pour une colocation ?
Les personnes physiques autorisées à se porter garantes
En droit français, presque toute personne majeure juridiquement capable peut se porter garant pour une colocation :
- Parents, beau-parents, frères et sœurs, autres membres de la famille.
- Conjoint, partenaire de PACS, ami proche.
- Retraité, fonctionnaire, salarié, indépendant, propriétaire bailleur…
La loi n’impose pas de lien familial. En pratique, les bailleurs recherchent surtout une personne solvable, stable, et facilement joignable. Un ami peut tout à fait se porter garant si ses revenus sont suffisants et que le bailleur accepte.
Les personnes morales pouvant être garantes (entreprise, banque, assurance…)
Une personne morale peut aussi se porter garant :
- Entreprise : par exemple, l’employeur qui se porte garant pour un salarié muté.
- Association : certaines associations d’insertion ou de logement peuvent garantir des loyers dans des projets spécifiques.
- Banque ou organisme financier : via une caution bancaire (voir plus bas).
Dans ces cas-là, l’engagement est aussi formalisé par un acte de cautionnement. Le bailleur est parfois plus rassuré par une personne morale qu’un garant perso, mais tout dépend du dossier.
Les organismes publics ou para‑publics (Visale, Action Logement, etc.)
Pour la colocation, certains organismes peuvent jouer le rôle de garant :
- Garantie Visale (Action Logement) : gratuite, sous conditions d’âge, de situation professionnelle et de montant de loyer. Elle fonctionne pour beaucoup de colocations, avec des plafonds de loyer et des règles spécifiques. Infos officielles : www.visale.fr.
- Autres dispositifs Action Logement : par exemple, des aides pour les jeunes salariés, les alternants, les saisonniers, mais tout ne sert pas d’office de “garant”. Il faut vérifier chaque dispositif.
Pour vérifier l’éligibilité, les sites officiels à consulter en priorité : service-public.fr et actionlogement.fr.
Cas particuliers : parents séparés, garants à l’étranger, retraités
Quelques situations reviennent souvent en colocation :
- Parents séparés : chacun peut se porter garant, ensemble ou séparément. On peut avoir deux actes de cautionnement distincts, ce qui peut rassurer un bailleur quand un seul parent n’atteint pas le niveau de revenus attendu.
- Garant à l’étranger : c’est légal, mais beaucoup de bailleurs ou d’assureurs refusent car le recouvrement est plus difficile. Ils peuvent exiger un garant résidant et imposable en France.
- Retraités : souvent très appréciés comme garants, car les pensions sont régulières. Le bailleur regardera surtout le montant et la stabilité de la retraite.
Dans tous ces cas, la clé est de clarifier les revenus et la résidence fiscale du garant, et de vérifier à l’avance les critères du bailleur ou de son assurance loyers impayés.

Bail unique ou baux individuels : ce que ça change pour le garant
Colocation avec bail unique : garant pour l’ensemble du logement
Avec un bail unique, tous les colocataires signent le même contrat. La plupart des baux de colocation contiennent une clause de solidarité. Concrètement :
- Chaque colocataire est responsable du paiement de la totalité du loyer et des charges.
- Chaque garant peut être appelé pour l’intégralité du loyer, et pas seulement pour la “part” de son filleul, si la clause de solidarité est claire.
Exemple : bail unique avec loyers et charges de 1 500 €. Trois colocataires A, B, C. Le parent de A se porte garant pour A. Si B et C partent sans payer, le bailleur peut légalement demander 1 500 € au garant de A (sous réserve de la rédaction exacte de la clause de solidarité et de l’acte de caution).
C’est ce point qui justifie de prendre le temps de lire le bail et l’acte de caution ligne par ligne avant signature.
Colocation avec baux individuels : un garant par colocataire
Avec des baux individuels, chaque colocataire a son propre contrat avec le bailleur. Il n’y a en principe pas de solidarité entre colocataires :
- Le garant de X ne couvre que le loyer et les charges du bail de X.
- Si un autre colocataire ne paie pas, le garant de X ne peut pas être sollicité.
Ce montage est beaucoup plus lisible pour un garant. Par contre, certains bailleurs préfèrent le bail unique avec solidarité, justement parce que c’est plus sécurisant pour eux.
Combien de garants sont possibles pour une colocation ?
Il n’existe pas de plafond légal strict sur le nombre de garants pour une colocation. En pratique :
- Avec un bail unique, chaque colocataire peut avoir son propre garant.
- Un même garant peut couvrir plusieurs colocataires (avec un ou plusieurs actes).
- Il est possible de cumuler plusieurs garants pour un même colocataire si le bailleur accepte (utile quand aucun garant n’atteint seul les revenus requis).
Tout dépend de la politique du bailleur ou de l’agence. Certains refusent d’avoir “trop” de garants pour un même logement par souci de simplicité et de clarté juridique.
Impact sur le niveau de risque et les exigences du bailleur
Pour un bailleur, le risque n’est pas le même :
- Bail unique solidaire : risque limité pour lui, car il peut réclamer l’intégralité à n’importe quel colocataire ou garant. Du coup, il peut parfois être un peu plus souple sur les dossiers.
- Baux individuels : chaque colocataire est “isolé” juridiquement. Le bailleur est plus attentif à la solidité de chaque binôme colocataire/garant.
Conséquence pratique : plus la structure du bail protège le bailleur, plus il peut se montrer ouvert à des dossiers un peu atypiques (CDD, indépendants, étudiants étrangers), surtout si les garants sont solides.
Les différents types de cautions en colocation
Caution simple : le garant n’intervient qu’en dernier recours
Dans le cas d’une caution simple, le bailleur doit d’abord :
- poursuivre le locataire (relances, mise en demeure, éventuellement procédure judiciaire),
- puis seulement se retourner contre le garant si le locataire ne paie toujours pas.
En pratique, beaucoup de bailleurs refusent ce type de caution, surtout en colocation. Ils préfèrent une caution solidaire, plus protectrice pour eux.
Caution solidaire : le garant peut être sollicité immédiatement
La caution solidaire est devenue la norme. Elle permet au bailleur de :
- réclamer directement les sommes au garant,
- sans avoir à démontrer qu’il a tout tenté auprès du locataire.
En colocation, combinée à une clause de solidarité entre colocataires, ce type de caution peut engager très fortement le garant. Résultat : un parent peut se retrouver à devoir payer plusieurs loyers s’il est caution pour un colocataire dans un bail unique solidaire.
Caution limitée à un colocataire ou à tous : comment c’est rédigé dans l’acte
Tout se joue dans la rédaction de l’acte de cautionnement. Il est possible de :
- Limiter la caution à la quote-part de loyer du colocataire (utile en bail unique, mais il faut que le bail et la clause de solidarité soient compatibles).
- Limiter la caution à un plafond global (par exemple, 24 000 €, ce qui correspond à 24 mois de loyer).
- Préciser que la caution ne couvre pas certains éléments (par exemple, les dégradations, si le bailleur l’accepte, même si ce n’est pas fréquent).
Le site service-public.fr propose un modèle d’acte de cautionnement mis à jour, avec les mentions obligatoires. Partir de ce modèle puis adapter avec le bailleur est une bonne pratique pour limiter les risques de nullité.
Durée de l’engagement et conditions de résiliation de la caution
La durée de la caution dépend de ce qui est écrit dans l’acte :
- Elle peut être limitée à la durée initiale du bail (ex : 3 ans) ou s’étendre à ses renouvellements.
- Elle peut se poursuivre même après le départ d’un colocataire, si ce n’est pas clairement limité (souvent le cas dans les baux uniques solidaires mal cadrés).
Un garant peut parfois donner congé (dénoncer la caution), mais ça ne fonctionne pas toujours en cours de bail, surtout si l’acte prévoit un engagement jusqu’à telle date ou tant que le bail n’est pas résilié. Ce point est délicat juridiquement, et la jurisprudence évolue.
En cas de doute, mieux vaut consulter les ressources officielles ou, pour une situation complexe, un professionnel du droit (avocat, ADIL – Agence départementale d’information sur le logement).
Quelles sont les conditions pour qu’une personne puisse se porter garant ?
Niveau de revenus et taux d’endettement acceptés
La loi ne fixe pas de seuil précis de revenus pour un garant. Mais dans la vraie vie, la plupart des bailleurs appliquent des critères proches de ceux des banques :
- Revenus nets mensuels du garant d’au moins 2,5 à 3 fois le loyer charges comprises (parfois 4 fois pour Paris ou les grandes villes tendues).
- Taux d’endettement global (crédits, autres cautions, etc.) restant raisonnable.
Exemple : pour un loyer de 700 € charges comprises dans une colocation avec baux individuels, beaucoup de bailleurs vont viser un garant à 2 100 € / 2 400 € nets minimum. Pour un bail unique avec loyer total de 2 100 €, si un seul garant couvre tout, il peut être demandé 6 000 € de revenus ou plus.
Type de contrat de travail et stabilité de la situation professionnelle
Les bailleurs regardent aussi :
- Le type de contrat : CDI hors période d’essai, fonctionnaire titulaire, retraite stable = profils les plus rassurants.
- Les CDD, intérim, indépendants : acceptés mais souvent avec plus de justificatifs (ancienneté de l’activité, historique de revenus).
- Les périodes d’essai récentes : peuvent inquiéter certains bailleurs.
Un indépendant avec 3 ans de bilans solides peut être plus rassurant qu’un CDI signé il y a 2 semaines. Le dossier doit juste être très documenté (bilans, attestations d’expert-comptable, etc.).
Résidence fiscale, situation en France ou à l’étranger
La résidence en France n’est pas une obligation légale, mais elle compte beaucoup dans la décision du bailleur :
- Un garant résidant et imposable en France est plus simple à poursuivre en cas de litige.
- Un garant à l’étranger peut être refusé par l’agence, l’assurance loyers impayés ou le bailleur lui-même.
Certains bailleurs mentionnent dans leurs annonces : “garant résidant en France exigé”. Ce n’est pas illégal, même si ça complique la vie des étudiants ou des jeunes actifs internationaux.
Cas où le bailleur peut refuser un garant
Le bailleur peut refuser un garant si :
- Les revenus sont jugés insuffisants ou trop instables.
- Les justificatifs ne sont pas fournis ou paraissent douteux.
- Le garant est déjà sur-endetté ou caution pour plusieurs autres locations.
En revanche, il ne peut pas refuser un garant pour des motifs discriminatoires (origine, état de santé, situation familiale, etc.). En cas de doute, les règles anti-discrimination sont détaillées sur service-public.fr.

Quels organismes peuvent se porter garants pour une colocation ?
La garantie Visale : fonctionnement, éligibilité et spécificités en colocation
Visale est une garantie gratuite proposée par Action Logement. Elle se substitue à un garant physique classique. En colocation :
- Chaque colocataire peut demander son propre “visa Visale”.
- Le bailleur est couvert en cas d’impayés, dans la limite des plafonds et des durées prévues.
- Visale ne couvre pas toujours le dépôt de garantie ni toutes les dégradations, il faut lire les conditions.
Conditions (qui évoluent régulièrement, à vérifier sur visale.fr) :
- Âge maximum ou situation (jeunes jusqu’à un certain âge, salariés nouvellement embauchés, etc.).
- Plafond de loyer selon la localisation et la composition du foyer.
- Type de bail compatible (bail mobilité, bail de colocation, etc.).
Autres dispositifs d’Action Logement et aides similaires
En plus de Visale, Action Logement propose des aides pour :
- Financer le dépôt de garantie (ex : avance LOCA-PASS).
- Financer le déménagement ou l’installation.
Ces aides ne sont pas des cautions au sens strict, mais elles aident à boucler un dossier. Les conditions varient (statut salarié, taille de l’entreprise, etc.). Tous les détails sont sur actionlogement.fr.
Caution bancaire : principe, coût et contraintes
La caution bancaire consiste à bloquer une somme d’argent à la banque (souvent plusieurs mois de loyer). La banque délivre alors une attestation au bailleur, qui est rassuré :
- Avantage : pas besoin de garant physique.
- Inconvénients : argent bloqué, frais éventuels, mise en place parfois longue.
En pratique, cette solution est utilisée surtout par :
- Des étudiants étrangers ou des familles dont le patrimoine est à l’étranger.
- Des personnes avec de l’épargne mais sans garant familial.
Ce que la CAF peut (et ne peut pas) faire pour vous
La CAF (Caisse d’allocations familiales) peut verser des aides au logement (APL, ALS…) directement au colocataire ou au bailleur, selon le cas. Mais :
- La CAF ne se porte pas garant du paiement du loyer.
- Les aides peuvent évoluer (diminuer, s’arrêter) en fonction de la situation du bénéficiaire.
Les simulateurs et les explications officielles sont disponibles sur caf.fr. Ces aides peuvent quand même rassurer un bailleur si elles représentent une part importante du loyer, mais elles ne remplacent pas un garant.
Comment trouver un garant quand on n’a personne dans son entourage ?
Solutions pour les étudiants et jeunes actifs sans garant familial
Quand aucun proche ne peut se porter garant, plusieurs options existent :
- Visale : première piste à tester pour un étudiant, un alternant ou un jeune actif. C’est gratuit et reconnu par beaucoup de bailleurs.
- Colocation avec baux individuels : certains bailleurs acceptent des dossiers un peu moins “standards” quand le risque est divisé.
- Associations étudiantes ou structures locales : certaines proposent des accompagnements logement avec solutions de garantie, selon les villes.
Exemple : une étudiante en alternance à Lyon, sans parents garants, peut combiner Visale + APL + revenus d’alternance. Avec un bail individuel, certains bailleurs acceptent ce type de montage.
Plateformes de garants privés et assurances loyers impayés pour colocataires
Il existe des plateformes privées qui proposent de se porter garant en échange d’une cotisation (souvent un pourcentage du loyer). Le principe :
- La plateforme analyse le dossier du colocataire.
- Si le dossier est accepté, elle fournit un “certificat de garantie” au bailleur.
- Le colocataire paie chaque mois une somme en plus du loyer.
Attention : ces services ne sont pas tous équivalents. Il faut lire les conditions générales, vérifier la durée de couverture et les cas d’exclusion. Sur un loyer élevé, le coût peut vite grimper.
Le crowdfunding de garantie locative : comment ça marche ?
Concept plus récent : certaines solutions permettent de mobiliser plusieurs proches qui s’engagent chacun sur un petit montant, via une plateforme. Ensemble, ces proches constituent une “garantie” pour le bailleur.
Concrètement :
- Plusieurs personnes (amis, famille élargie, collègues) s’engagent chacune à hauteur de X euros.
- La plateforme formalise une garantie globale au nom du bailleur.
Ce type de dispositif reste minoritaire et doit être étudié de près (contrats, frais, impact en cas d’impayés). Toujours vérifier les conditions, les autorisations et les mentions légales de la plateforme.
Astuces pour rassurer un bailleur avec un dossier sans garant classique
Pour compenser l’absence de garant classique, plusieurs leviers sont possibles :
- Proposer un dossier ultra complet (contrat de travail, relevés de compte, épargne disponible, promesse d’embauche…).
- Mettre en avant la stabilité (ancienneté dans le job, CDI, aide familiale régulière documentée).
- Accepter un bail individuel plutôt qu’un bail unique.
- Proposer une solution mixte : Visale + garant partiel + dépôt de garantie classique (en respectant les plafonds légaux).
Attention : le dépôt de garantie est encadré par la loi (en général, 1 mois de loyer hors charges pour une location vide, article 22 de la loi de 1989). Un bailleur ne peut pas exiger, en plus, un dépôt disproportionné “pour compenser” l’absence de garant.

Dossier de garant en colocation : documents à fournir
Liste des justificatifs généralement demandés au garant
Les bailleurs ont le droit de demander certaines pièces, et d’en interdire d’autres. La liste officielle est publiée sur service-public.fr. En pratique, on retrouve souvent :
- Pièce d’identité (CNI, passeport).
- Justificatif de domicile (facture, taxe d’habitation, quittance de loyer).
- Justificatifs de revenus : trois derniers bulletins de salaire, avis d’imposition, attestation de pension, bilan comptable pour indépendants.
- Contrat de travail ou attestation de l’employeur.
Le bailleur n’a pas le droit de demander, par exemple, un extrait de casier judiciaire ou un relevé de compte complet, sauf cas très particuliers. La liste des documents interdits est aussi sur service-public.
Télécharger un modèle d’acte de cautionnement : ce qu’il doit contenir
Pour limiter les risques de nullité, le plus simple est d’utiliser un modèle officiel à jour, disponible sur :
L’acte doit notamment contenir :
- L’identité complète du garant, du bailleur et du ou des locataires.
- L’adresse du logement.
- Le montant du loyer et les conditions de révision.
- La durée de l’engagement.
- La mention du caractère simple ou solidaire de la caution.
Mentions obligatoires pour que l’acte de caution soit valable
Depuis une réforme, les mentions manuscrites obligatoires ont été simplifiées, mais il reste des conditions strictes :
- Le garant doit reconnaître clairement la nature et la portée de son engagement.
- La durée ou les conditions de fin d’engagement doivent être indiquées.
- Le montant maximal ou les modalités de calcul doivent être compréhensibles.
Un acte mal rédigé peut être contesté et frappé de nullité devant un juge. Dans ce cas, le bailleur perdrait sa garantie, ce qui peut créer un conflit lourd entre colocataire, garant et bailleur.
Pièges à éviter pour le colocataire et pour le garant
Quelques erreurs classiques à éviter :
- Signer un acte de caution sans lire bail et clause de solidarité.
- Accepter une caution “pour tout, sans limite de durée” sans plafond ou date de fin claire.
- Fournir de faux documents : c’est une infraction pénale, avec risques de poursuites et de résiliation du bail.
- Envoyer des documents sensibles (avis d’imposition, CNI) sans vérifier le sérieux de l’interlocuteur.
Pour protéger les données perso, mieux vaut privilégier des envois via des plateformes sécurisées (type espace de dépôt de l’agence) plutôt que par simple mail non chiffré.

Droits et risques pour la personne qui se porte garante
Ce que le garant s’engage réellement à payer (loyers, charges, dégradations)
En règle générale, la caution couvre :
- Les loyers et charges impayés.
- Les intérêts de retard éventuels.
- Les réparations locatives et dégradations imputables au colocataire, si le bail et l’acte le prévoient.
Un garant peut vite se retrouver à devoir payer plusieurs milliers d’euros en cas d’impayés accumulés + frais + dégradations. D’où l’intérêt de comprendre l’engagement au centime près.
Colocation et solidarité entre garants : qui paie quoi en cas d’impayés ?
En présence de plusieurs garants dans une colocation, deux niveaux jouent :
- La solidarité entre colocataires prévue au bail.
- La solidarité entre garants prévue (ou non) dans les actes de cautionnement.
Scénario classique :
- Trois colocataires A, B, C, bail unique solidaire.
- Garants : les parents de A, les parents de B, les parents de C.
Si A ne paie plus, le bailleur peut :
- Réclamer le loyer à B ou C, ou directement à leurs garants, si les cautions sont solidaires.
- Ne pas se limiter au seul garant de A, même si en pratique il commencera souvent par ce dernier.
Les garants peuvent ensuite se retourner entre eux (actions “en contribution”), mais c’est une autre bataille juridique.
Départ d’un colocataire : que devient l’engagement du garant ?
Quand un colocataire quitte la colocation, plusieurs cas :
- Avec bail unique solidaire : la solidarité du colocataire sortant (et donc de son garant) peut continuer jusqu’à la fin du bail en cours ou jusqu’à sa substitution, selon la rédaction du bail et de l’acte de caution. Ce point est souvent mal compris.
- Avec bail individuel : le départ du colocataire met fin à son bail et, en principe, à l’engagement du garant pour l’avenir (hors dettes antérieures).
Des décisions de justice ont précisé certaines situations, mais chaque cas dépend de la rédaction des contrats. Pour les colocations avec forte rotation (ex : étudiants), il est crucial de prévoir noir sur blanc ce qui se passe pour le garant en cas de départ.
Comment un garant peut mettre fin à son engagement (et dans quels cas c’est impossible)
Un garant peut, dans certains cas, envoyer une lettre de résiliation de caution (souvent en recommandé avec AR). Mais :
- Si l’acte prévoit une durée ferme (ex : jusqu’à la fin du bail en cours), il est souvent bloqué jusqu’à cette échéance.
- La résiliation ne vaut en général que pour l’avenir, et pas pour les dettes déjà nées.
Pour savoir si une résiliation est possible, il faut relire :
- L’acte de cautionnement (clause sur la durée et la résiliation).
- Le bail (clause de renouvellement, clause de solidarité).
En cas de doute sérieux ou de conflit avec le bailleur, se tourner vers l’ADIL locale (consultations gratuites) ou un avocat spécialisé peut éviter des erreurs coûteuses.
Questions fréquentes sur le garant en colocation
Peut-on avoir deux garants pour une colocation ?
Oui, il est possible d’avoir plusieurs garants pour une même colocation, et même pour un seul colocataire, à condition que le bailleur soit d’accord. Par exemple :
- Les deux parents séparés se portent chacun garant pour leur enfant.
- Un parent et un oncle se partagent la caution pour atteindre le niveau de revenus demandé.
Dans ce cas, il est recommandé de rédiger deux actes de caution distincts, qui précisent chacun l’étendue de l’engagement (montant maximal, durée). Le bailleur n’est pas obligé d’accepter, mais beaucoup le font si cela renforce la sécurité globale du dossier.
Un seul garant peut-il couvrir plusieurs colocataires ?
Oui, un seul garant peut se porter caution pour plusieurs colocataires, voire pour toute la colocation. C’est souvent le cas d’un parent qui se porte garant pour deux enfants colocataires, ou d’un proche avec des revenus très élevés.
Dans ce cas, il faut :
- Vérifier que les revenus du garant suivent réellement (sinon le bailleur risque de refuser).
- Prévoir un acte de caution qui mentionne clairement les noms de tous les locataires concernés, le bail visé et, idéalement, un plafond global.
Comment trouver un garant gratuit pour une colocation ?
Les solutions “gratuites” pour le locataire sont surtout :
- Visale : aucune cotisation pour le colocataire, l’organisme se substitue à un garant classique, sous conditions.
- Certaines associations ou dispositifs locaux, qui peuvent parfois jouer un rôle de caution dans des programmes spécifiques (jeunes, insertion, etc.).
Les plateformes privées qui se portent garantes facturent en général des frais (mensuels ou annuels). Avant de payer, mieux vaut toujours vérifier d’abord l’éligibilité à Visale ou à une autre solution publique.
Colocation sans garant : est-ce possible et quelles alternatives ?
Oui, c’est possible, mais plus rare. Certains bailleurs acceptent une colocation sans garant quand :
- Tous les colocataires ont des revenus élevés et stables.
- Le bailleur dispose d’une assurance loyers impayés compatible avec leur profil.
- Le dossier est très solide (ancienneté dans l’emploi, bonne épargne, etc.).
Alternatives :
- Proposer au bailleur de mettre en place ou de prendre en compte une GLI (assurance loyers impayés) compatible avec la situation.
- Opter pour une colocation avec baux individuels : certains bailleurs sont plus à l’aise pour accepter des dossiers sans garant dans ce cadre.
- Se tourner vers des résidences étudiantes ou des logements gérés qui ont leurs propres critères et parfois moins d’exigence de caution individuelle.
Un bailleur peut-il cumuler garant et assurance loyers impayés en colocation ?
En principe, la loi interdit au bailleur de demander en plus une caution physique lorsqu’il a déjà souscrit une assurance loyers impayés, sauf pour certains profils (notamment les étudiants et apprentis, article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989).
En colocation, cela signifie qu’un bailleur avec GLI peut exiger une caution pour un étudiant, mais pas forcément pour un colocataire salarié “classique”, sauf cas prévus par la loi. Si un bailleur semble cumuler de façon abusive, il peut être utile de vérifier le cadre légal sur service-public.fr ou auprès de l’ADIL.
Le garant peut-il refuser de payer en cas d’impayés ?
Si l’acte de cautionnement est valable et que les sommes réclamées sont bien couvertes par cet engagement, le garant ne peut pas refuser de payer sans risque. Le bailleur peut alors :
- Le mettre en demeure.
- L’assigner en justice devant le tribunal compétent.
Le garant peut contester s’il estime que :
- L’acte de caution est nul (ex : vice de forme grave, informations manquantes).
- Les montants réclamés dépassent ce qui était prévu.
- Le bailleur n’a pas respecté ses propres obligations (travaux, décence du logement, etc.).
Mais ces arguments se tranchent devant un juge, avec un vrai risque financier. D’où l’importance d’anticiper avant signature, pas après.
Pour monter un dossier de colocation solide, mieux vaut anticiper le sujet du garant dès le début : identifier qui peut réellement se porter caution, vérifier les options publiques comme Visale, clarifier le type de bail (unique ou individuel) et bien cadrer l’acte de cautionnement. En prenant le temps de poser toutes ces bases avant la signature, il est possible de rassurer le bailleur, protéger ses proches et vivre la colocation plus sereinement.
Quiz express (1 minute) — Garant en colocation
Clique sur chaque question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.
En colocation avec un bail unique, le garant s’engage généralement pour :
A — Uniquement la part de loyer du colocataire qu’il garantit
B — Toutes les sommes dues au bailleur par les colocataires (solidarité), si l’acte le prévoit
C — Seulement les dégâts matériels, jamais les loyers
Voir la réponse
Bonne réponse : B.
Avec un bail unique, une clause de solidarité est fréquente : le bailleur peut réclamer la totalité des sommes dues. Tout dépend du bail et de l’acte de cautionnement, qu’il faut lire attentivement.
Avant de signer, quel document doit être écrit et précis pour que le garant soit vraiment engagé :
A — Un simple SMS “je me porte garant”
B — Un acte de cautionnement écrit, avec les informations nécessaires
C — Une attestation d’assurance habitation du colocataire
Voir la réponse
Bonne réponse : B.
L’engagement du garant passe par un acte de cautionnement écrit (papier ou électronique) : c’est ce document qui fixe l’étendue et la durée de la garantie. Un message informel ne sécurise pas correctement le bailleur, ni le garant.
Le bailleur a-t-il le droit d’exiger “à la fois” un garant et une assurance loyers impayés (GLI) :
A — Non, sauf cas particuliers (ex. étudiant/apprenti)
B — Oui, toujours
C — Oui, mais seulement si le logement est meublé
Voir la réponse
Bonne réponse : A.
En principe, si le bailleur a une GLI, il ne peut pas exiger un garant, sauf exceptions (notamment locataire étudiant ou apprenti). Cela peut dépendre de la situation : pour vérifier, voir le site officiel service-public.fr.
Si l’acte de cautionnement est à durée indéterminée, le garant peut-il arrêter son engagement :
A — Non, il est engagé pour toute la vie du bail
B — Oui, en le résiliant, mais il reste tenu des dettes nées avant la fin de son engagement
C — Oui, et cela efface aussi les impayés déjà dus
Voir la réponse
Bonne réponse : B.
À durée indéterminée, le garant peut mettre fin à son cautionnement (selon les modalités prévues), mais il reste responsable des sommes dues jusqu’à la date de fin. Les dettes déjà nées ne disparaissent pas.
Quel réflexe simple sécurise le mieux toutes les parties en colocation :
A — Signer vite, et “on verra plus tard” pour la caution
B — Faire relire le bail + l’acte de cautionnement (solidarité, durée, colocataires concernés) avant de signer
C — Ne jamais communiquer les revenus du garant, même si demandés
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Bonne réponse : B.
Les erreurs viennent souvent d’une clause de solidarité mal comprise ou d’une durée d’engagement trop longue. Tout doit être clair par écrit (qui est garanti, jusqu’à quand, et pour quelles sommes).






