Le bail mobilité pour les professionnels : opportunités, conditions légales et guide pratique

En résumé : Le bail mobilité est un bail meublé très encadré (1 à 10 mois, non renouvelable, sans dépôt de garantie) destiné aux locataires en mobilité temporaire, avec un préavis d’1 mois pour le locataire et un risque de requalification si les conditions/justificatifs ne sont pas respectés.

  • Bail créé par la loi ELAN : location meublée de résidence principale, durée fixe de 1 à 10 mois, fin automatique à l’échéance.
  • Logement obligatoirement meublé et décent (mobilier minimum légal), inventaire/état des lieux fortement recommandés.
  • Non reconductible : une prolongation par avenant est possible, sans dépasser 10 mois au total.
  • Réservé à des profils précis en mobilité (mission pro, CDD/intérim, formation, études, stage, alternance, service civique, etc.) avec justificatifs cohérents.
  • Le locataire (personne physique) peut partir à tout moment avec 1 mois de préavis ; le bailleur ne peut pas rompre avant terme hors accord écrit ou décision de justice.
  • Dépôt de garantie interdit : le bailleur peut plutôt recourir à Visale ou à une caution.
  • Loyer en principe libre mais soumis à l’encadrement là où il existe ; charges souvent au forfait et doivent rester raisonnables.
  • Point d’attention majeur : si les règles/mentions obligatoires ne sont pas respectées, le bail peut être contesté et requalifié en bail meublé classique.
  • À prévoir/annexer : diagnostics (DDT), notice d’info, inventaire mobilier, règlement de copropriété si applicable, état des lieux.
  • En cas de litige : privilégier échanges écrits, puis ADIL/conciliation, et tribunal judiciaire si nécessaire.

Le bail mobilité permet de louer un logement meublé pour quelques mois seulement, avec des règles très spécifiques : durée limitée, pas de dépôt de garantie, profils éligibles bien définis (étudiants, stagiaires, personnes en mission pro, en formation, etc.). Pour un locataire en déplacement professionnel, en reconversion ou en stage loin de chez soi, c’est souvent l’option la plus souple et la plus sécurisante.

Encore faut-il respecter les conditions légales pour éviter les mauvaises surprises : requalification en bail meublé classique, loyer contestable, clauses illégales… Cet article déroule, étape par étape, le fonctionnement du bail mobilité pour les professionnels et autres profils, avec les points de vigilance à connaître avant de signer.

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Bail mobilité : définition claire et fonctionnement général

Définition légale du bail mobilité et origine

Le bail mobilité a été créé par la loi ELAN (23 novembre 2018). C’est un contrat de location meublée de courte durée, destiné à des personnes en situation de mobilité temporaire, dont les professionnels en mission.

Juridiquement, il s’agit d’un bail d’habitation principale à durée déterminée, conclu pour minimum 1 mois et maximum 10 mois, sans reconduction tacite et avec des conditions d’accès strictement encadrées par la loi.

Texte de référence conseillé : rubriques « Bail mobilité » sur service-public.fr (mise à jour régulière).

Logement exclusivement meublé

Le bail mobilité ne peut concerner que des logements meublés. Impossible de l’utiliser pour un logement nu.

Le logement doit être :

  • décent (surface minimale, sécurité, salubrité, performance énergétique minimale, etc.)
  • équipé en mobilier suffisant pour permettre une occupation immédiate : literie, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur + congélateur ou compartiment, vaisselle et ustensiles de cuisine, table et sièges, rangements, luminaires, matériel d’entretien, etc. (liste définie par décret).

En pratique, pour un professionnel en mission, un coin bureau et une bonne connexion internet restent fortement recommandés, même si ce n’est pas une obligation légale.

Durée du bail mobilité : de 1 à 10 mois, non renouvelable

Le contrat doit indiquer dès la signature la date de début et la date de fin, sur une durée totale :

  • au moins 1 mois
  • au plus 10 mois.

Le bail est non renouvelable et non reconductible. À la fin, il prend fin automatiquement, sans congé à donner par le propriétaire.

Il est possible de signer un avenant unique pour prolonger le bail, tant que la durée totale ne dépasse pas 10 mois. Au-delà, il faut basculer sur un autre type de bail (meublé classique, par exemple).

Différences avec un bail meublé classique et un bail étudiant

Comparaison rapide, très utile pour se repérer :

  • Bail meublé classique (résidence principale) : durée minimale 1 an (ou 9 mois pour un étudiant), renouvelable tacitement, dépôt de garantie possible (jusqu’à 2 mois de loyer hors charges), congé du bailleur strictement encadré.
  • Bail étudiant : sous-type de bail meublé classique de 9 mois, réservé aux étudiants, non reconduit tacitement mais sinon soumis au régime du bail meublé.
  • Bail mobilité : 1 à 10 mois, non renouvelable, sans dépôt de garantie, réservé à certains profils (dont les professionnels en mobilité), charges souvent au forfait, préavis locataire de 1 mois à tout moment.

Erreur fréquente à éviter : utiliser le bail mobilité pour un salarié qui s’installe durablement dans une nouvelle ville. Dans ce cas, la loi impose un bail meublé classique, pas un bail mobilité.

Profils de locataires adaptés au bail mobilité

Le bail mobilité vise des personnes dont la situation est temporaire. Sont notamment éligibles :

  • professionnels en mission temporaire ou en mobilité professionnelle (détachement, projet de quelques mois, remplacement, intérim longue durée)
  • personnes en formation professionnelle (reconversion, formation qualifiante, alternance…)
  • étudiants en études supérieures
  • personnes en contrat d’apprentissage
  • personnes en stage
  • personnes en service civique
  • personnes en engagement volontaire dans le cadre d’un service civique ou d’un volontariat associatif.

Pour un locataire en situation pro, ce bail colle parfaitement à une mission de 3, 6 ou 9 mois, une période d’essai dans une nouvelle ville ou une formation loin de la résidence principale.

Conditions légales pour signer un bail mobilité

Conditions côté locataire : qui peut en bénéficier ?

La loi impose que le locataire soit une personne physique (pas une société) et se trouve dans l’une des situations prévues par les textes à la date de signature du bail. Cette situation doit être mentionnée dans le contrat et justifiée par des documents.

Sans justification claire, le bail peut être contesté et requalifié en bail meublé classique, avec toutes les contraintes associées.

Situations de mobilité éligibles avec exemples concrets

Quelques cas typiques pour un locataire professionnel :

  • Mission temporaire : consultant envoyé 8 mois à Lyon sur un projet, ingénieur en renfort sur un chantier de 6 mois, salarié en déplacement pour ouvrir une nouvelle agence.
  • Mutation ou mobilité interne avec période test : salarié envoyé 4 mois à Bordeaux avant de décider d’une mutation définitive.
  • Intérim ou CDD de courte ou moyenne durée : intérimaire affecté 5 mois dans une usine d’une autre région, CDD de 7 mois à Paris.
  • Formation professionnelle : reconversion de 6 mois dans un centre de formation à 200 km du domicile.
  • Stage : stagiaire de master en stage de fin d’études de 6 mois dans une start-up.
  • Service civique ou volontariat : mission de service civique de 9 mois dans une association.

Pour des indépendants / freelances, c’est plus subtil : sans contrat de mission formalisé ou attestation claire d’un donneur d’ordre ou d’un organisme de formation, l’éligibilité devient discutable juridiquement.

Justificatifs à fournir pour prouver la mobilité

En pratique, le propriétaire peut (et doit) demander au minimum :

  • pour un salarié en mission : ordre de mission, avenant au contrat de travail mentionnant le lieu et la durée, ou attestation de l’employeur
  • pour un intérimaire : contrat de mission
  • pour un CDD : copie du contrat de travail
  • pour une formation : attestation d’inscription ou de formation
  • pour un stage : convention de stage
  • pour un service civique : contrat ou attestation de service civique.

Astuce utile : vérifier que les dates de la mission ou de la formation collent à la durée du bail. En cas de contrôle ou de litige, cette cohérence pèse beaucoup.

Conditions côté propriétaire bailleur

Le propriétaire doit :

  • proposer un logement meublé décent (avec diagnostics réglementaires à jour)
  • conclure un bail écrit mentionnant clairement qu’il s’agit d’un bail mobilité
  • respecter la liste des mentions obligatoires (identité des parties, description du logement, loyer, charges, durée, motif d’éligibilité du locataire au bail mobilité, etc.)
  • ne pas exiger de dépôt de garantie (interdit par la loi pour ce type de bail).

De son côté, le locataire a tout intérêt à vérifier que le contrat est bien intitulé « bail mobilité » et que sa situation (mission, stage, etc.) est mentionnée noir sur blanc.

Logement éligible : décence et équipement minimum

Le logement doit répondre aux critères de décence : surface minimale (au moins 9 m² et 20 m³ de volume habitable pour une personne), absence de risques pour la sécurité, pas d’humidité excessive, éclairage naturel suffisant, équipements de chauffage, électricité conforme, etc.

Côté mobilier, un décret fixe la liste minimum, notamment :

  • un lit avec couette ou couverture
  • dispositif d’occultation des fenêtres dans les pièces de nuit
  • plaques de cuisson
  • four ou four micro-ondes
  • réfrigérateur et compartiment congélation
  • vaisselle, ustensiles de cuisine
  • table, sièges, rangements
  • luminaires
  • matériel d’entretien ménager adapté (balai, aspirateur si moquette, etc.).

Le tout doit être listé dans un inventaire annexé au bail, très utile en cas de discussion sur l’état du mobilier en sortie.

Cumul avec résidence principale et autres contrats de location

Le logement loué en bail mobilité doit constituer la résidence principale du locataire durant la période du bail (occupation au moins 8 mois par an à titre habituel, même si la durée totale est inférieure à 12 mois).

Concrètement, un locataire peut :

  • conserver sa résidence principale habituelle (par exemple chez ses parents ou dans un autre bail)
  • et avoir un bail mobilité comme résidence principale temporaire dans la ville de mission.

C’est courant pour les pros en déplacement : résidence principale inchangée sur le papier, mais usage principal du logement en bail mobilité pendant la mission.

Durée, fin et transformation du bail mobilité

Durée minimale et maximale : comment la fixer malin

La durée doit être adaptée à la durée réelle de la mobilité :

  • si la mission dure 6 mois, viser un bail de 6 ou 7 mois (en gardant une petite marge)
  • si la mission est incertaine, il est possible de partir sur une durée un peu plus courte et de faire un avenant, sans dépasser 10 mois.

Sur le terrain, beaucoup de locataires en mission professionnelle alignent simplement la durée du bail sur l’ordre de mission ou la convention de stage, pour éviter les allers-retours administratifs.

Bail mobilité non renouvelable : que se passe-t-il à la fin ?

À la date prévue au contrat, le bail prend fin automatiquement, sans congé à donner. Plusieurs options :

  • le locataire quitte les lieux à la date prévue
  • si la mission dure plus longtemps et que tout le monde est d’accord, un nouveau contrat peut être signé, mais pas un nouveau bail mobilité sur le même locataire au-delà de 10 mois
  • le plus fréquent : bascule vers un bail meublé classique si la situation devient durable.

Un propriétaire qui « enchaîne » des baux mobilité avec le même locataire pour contourner la durée maximale prend un risque élevé de requalification par un juge.

Prolongation du bail mobilité : dans quel cadre ?

La loi autorise une seule prolongation par avenant, sous conditions :

  • le contrat initial doit être un bail mobilité
  • la prolongation doit rester dans la limite totale des 10 mois
  • l’avenant doit fixer la nouvelle date de fin.

Exemple : bail signé pour 4 mois, prolongé de 3 mois par avenant = 7 mois au total, ok. Mais 4 + 7 = 11 mois : impossible en bail mobilité, il faut alors envisager un bail meublé classique.

Passage à un bail meublé classique après un bail mobilité

Si la mission se prolonge ou que le locataire décide de rester, le propriétaire peut proposer un bail meublé classique. Dans ce cas :

  • signature d’un nouveau contrat de bail (1 an renouvelable, ou 9 mois si étudiant)
  • possibilité de demander un dépôt de garantie (jusqu’à 2 mois de loyer hors charges)
  • règles de congé beaucoup plus encadrées pour le propriétaire.

Les deux contrats sont indépendants juridiquement, même s’ils se suivent dans le temps. Le loyer peut être rediscuté, sous réserve de l’encadrement des loyers quand il s’applique.

Résiliation anticipée par le locataire : préavis et modalités

Le locataire peut quitter le logement à tout moment avant le terme, à condition de respecter :

  • un préavis d’un mois
  • une notification écrite : lettre recommandée avec AR, remise en main propre contre signature, ou autre moyen prévu au bail (mail avec accusé par exemple si le contrat l’autorise).

Loyers et charges restent dus pendant tout le préavis, sauf si le propriétaire accepte une libération anticipée par écrit. Aucune justification n’est exigée (la mission qui s’arrête plus tôt, par exemple, reste un motif courant mais non obligatoire à prouver pour partir).

Fin anticipée côté propriétaire : quasi impossible sans faute grave

Le propriétaire ne peut pas mettre fin au bail mobilité avant la date prévue, sauf :

  • accord amiable écrit avec le locataire
  • décision de justice en cas de manquement grave : impayés répétés, dégradations importantes, troubles de voisinage sérieux, sous-location illégale, etc.

Pour un locataire en mission pro, cela garantit une stabilité contractuelle : pas de congé surprise du bailleur pour vendre ou reprendre le logement, contrairement à ce qui peut se produire à la fin d’un bail meublé classique.

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Droits et obligations du locataire en bail mobilité

Pièces à fournir avec le dossier de location

En plus des justificatifs de mobilité, le locataire doit généralement fournir :

  • pièce d’identité valide
  • justificatif de domicile actuel (si besoin)
  • justificatifs de revenus : fiches de paie, contrat de travail, avis d’imposition, attestations d’allocations, etc.
  • éventuelle garantie Visale (pour certains profils) ou autre caution solidaire.

Le propriétaire n’a pas le droit de demander certains documents interdits (relevés bancaires détaillés, dossier médical, extrait de casier judiciaire hors exception, etc.). La liste des pièces autorisées est disponible sur service-public.fr.

Paiement du loyer et des charges

Le bail précise :

  • le montant du loyer
  • la nature des charges : le plus souvent un forfait de charges non régularisable (eau, électricité, chauffage, internet éventuellement), avec un montant fixe.

Le locataire paie le loyer et les charges aux dates prévues, comme dans un bail classique. En zone soumise à encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, etc.), le loyer doit respecter les plafonds légaux : en cas de doute ou de montant manifestement abusif, le locataire peut le contester (voir fiches pratiques sur service-public.fr et sites des observatoires locaux des loyers).

Assurance habitation : obligatoire ou pas ?

En théorie, le bail peut prévoir que le locataire souscrive une assurance habitation « risques locatifs » (incendie, dégâts des eaux, explosion). C’est même la règle la plus fréquente.

Deux cas possibles :

  • le bail exige une assurance à son nom : le locataire doit fournir une attestation à l’entrée, puis chaque année si le bail se prolonge par avenant
  • le propriétaire a souscrit une assurance pour le compte du locataire et répercute le coût dans les charges (cela doit alors être clairement mentionné dans le bail et dans le décompte des charges).

Par sécurité, pour un locataire en mobilité pro qui transporte parfois du matériel de valeur (ordinateur, etc.), une assurance multirisques incluant la responsabilité civile vie privée reste vivement recommandée.

Entretien courant et réparations locatives

Le locataire doit :

  • entretenir le logement et le mobilier au quotidien (nettoyage, petites réparations d’usage)
  • signaler rapidement au propriétaire tout problème sérieux (fuite, panne majeure…)
  • assurer l’entretien courant : remplacement des ampoules, entretien des joints, dégorgement léger des canalisations, etc.

Les grosses réparations (structure du bâtiment, gros travaux, remplacement d’un équipement défaillant du fait de son ancienneté) restent à la charge du bailleur, sauf faute du locataire.

Départ du logement : état des lieux et restitution des clés

À la sortie, il faut :

  • faire un état des lieux de sortie contradictoire (signé par les deux parties), comparé à l’état des lieux d’entrée
  • vérifier la présence et l’état du mobilier par rapport à l’inventaire
  • rendre les clés (et badges, télécommandes, etc.) à la date convenue.

En l’absence de dépôt de garantie, les dégradations peuvent donner lieu à :

  • une demande d’indemnisation amiable
  • ou, en cas de désaccord, une action via l’assurance ou devant le tribunal si le bailleur engage une procédure.

D’où l’intérêt, pour le locataire, de signaler par écrit les défauts constatés à l’entrée (photos à l’appui) pour éviter les reproches injustifiés à la sortie.

Droits et obligations du propriétaire en bail mobilité

Rédaction du contrat : mentions obligatoires

Le bail doit, au minimum, contenir :

  • la mention explicite de « bail mobilité »
  • l’identité et l’adresse des parties
  • la description précise du logement (adresse, surface, nombre de pièces, équipements)
  • la durée du bail (dates de début et de fin)
  • le motif d’éligibilité du locataire (mission pro, stage, formation, etc.)
  • le montant du loyer, des charges et les modalités de paiement
  • les conditions de révision du loyer si applicable
  • les règles de résiliation (préavis locataire, etc.).

Pour sécuriser, l’usage d’un modèle officiel ou labellisé (Service Public, ANIL, etc.) reste conseillé, en l’adaptant à la situation exacte.

Loyer, encadrement et dépôt de garantie interdit

Le loyer initial est en principe librement fixé, sauf :

  • en zone d’encadrement des loyers (comme Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, etc.) où un loyer de référence s’impose
  • et en cas de relocation dans un logement en zone tendue, avec règles sur l’augmentation limitée.

La révision du loyer n’a de sens que pour des baux suffisamment longs (au-delà de quelques mois) et doit être prévue au contrat en référence à un indice légal (IRL).

Point crucial : le dépôt de garantie est interdit dans le cadre du bail mobilité. Si une clause prévoit un dépôt, elle est réputée non écrite. Le propriétaire ne peut donc pas encaisser deux mois de loyer « au cas où ».

Répartition des charges et forfait

Le plus courant en bail mobilité est le forfait de charges, indiqué dans le contrat :

  • montant fixe chaque mois, incluant certaines dépenses (eau, chauffage, électricité, internet, ordures ménagères…)
  • non régularisable en fin d’année : le propriétaire assume la différence en cas de dépassement.

Le montant du forfait doit rester raisonnable et justifiable. Un forfait manifestement disproportionné peut être contesté comme abusif.

Assurance du logement et garanties pour le bailleur

Le propriétaire doit assurer le bien au minimum en propriétaire non-occupant (PNO). Il peut aussi, comme vu plus haut, souscrire une assurance pour le compte du locataire.

Pour compenser l’absence de dépôt de garantie, il peut recourir à :

  • une caution solidaire (personne physique)
  • la garantie Visale (sous conditions, gérée par Action Logement)
  • une assurance loyers impayés (si compatible avec le profil visé et non cumulée avec une caution sauf exceptions).

Le locataire a intérêt à vérifier dans le bail quelles garanties sont prévues, car cela conditionne fortement la marge de manœuvre du propriétaire en cas d’impayés.

Gestion des dégradations sans dépôt de garantie

En cas de dégradations constatées à la sortie :

  • le propriétaire peut demander une indemnisation au locataire sur la base de devis ou factures
  • faire jouer la garantie Visale ou une autre caution, si elle existe
  • engager une action devant le tribunal judiciaire si aucun accord n’est trouvé.

Pour le locataire, l’enjeu est de :

  • rendre le logement et le mobilier dans un état d’usage normal
  • préserver des preuves (photos datées) si l’état du bien à l’entrée était déjà moyen.

Recours en cas d’impayés ou de troubles

En cas d’impayés de loyers ou de charges, ou de troubles graves (bruit, dégradations dans la copropriété, etc.), le propriétaire peut :

  • envoyer une mise en demeure écrite au locataire
  • faire jouer la garantie (Visale, caution)
  • engager, si nécessaire, une procédure judiciaire pour résiliation du bail et expulsion.

Côté locataire, mieux vaut signaler rapidement toute difficulté (début de mission décalé, salaire en retard, etc.) pour chercher un arrangement plutôt que de laisser la situation se bloquer.

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Intérêts concrets du bail mobilité pour un locataire en mobilité pro

Un bail sans dépôt de garantie

Pour un locataire, surtout en déplacement professionnel ou en stage payé modérément, l’absence de dépôt de garantie est un gros plus :

  • pas besoin d’avancer 1 ou 2 mois de loyer
  • budget d’installation allégé (juste le premier loyer + éventuels frais d’agence)
  • moins de stress à la sortie sur la restitution.

Cela facilite le cumul résidence principale + logement de mission, notamment pour les pros envoyés quelques mois loin de chez eux.

Préavis d’un mois à tout moment

Avec un préavis d’un mois seulement, le locataire peut s’adapter aux aléas :

  • mission écourtée
  • fin de période d’essai
  • changement de projet (retour au domicile principal, autre ville, etc.).

La flexibilité est donc maximale, tout en gardant la sécurité d’un vrai bail d’habitation (ce qui n’est pas le cas d’une simple location saisonnière ou d’un Airbnb au mois).

Logement meublé prêt à vivre

Pour un séjour de quelques mois, transporter des meubles n’a aucun sens. Le bail mobilité garantit un logement prêt à l’emploi :

  • meubles essentiels
  • cuisine équipée
  • literie en place.

Pour un professionnel qui arrive dans une nouvelle ville un dimanche soir pour commencer une mission le lundi matin, ce confort immédiat change clairement la donne.

Alternative plus simple qu’une colocation ou une location saisonnière

Par rapport à :

  • une colocation : moins de contraintes de cohabitation, pas besoin d’aligner les dates de bail des colocataires, pas de gestion de bail solidaire parfois complexe
  • une location saisonnière type Airbnb : cadre plus stable, prix souvent plus raisonnable sur plusieurs mois, vraie protection du statut de locataire (règles du logement principal).

Un bail mobilité reste souvent la solution la plus lisible pour une mission de 3 à 10 mois.

Compatibilité avec les aides au logement (APL, ALS…)

Un bail mobilité ouvre en principe droit aux aides au logement (APL, ALS), sous conditions de ressources et de situation, comme un bail meublé classique.

Le locataire peut :

  • simuler ses droits sur le site de la CAF
  • déposer ensuite une demande d’aide avec copie du bail mobilité, de l’attestation de loyer et des justificatifs de situation.

Pour les locataires en formation pro, stage ou service civique, ces aides peuvent alléger fortement le budget logement sur la période de mobilité.

Limites, comparaisons et fiscalité du bail mobilité

Inconvénients principaux pour le locataire

Malgré ses avantages, le bail mobilité a des limites :

  • durée plafonnée à 10 mois : impossible de rester plus longtemps sous ce statut, il faut changer de bail
  • absence de droit au renouvellement : rien ne garantit que le propriétaire acceptera un bail meublé classique après
  • logique de courte durée : peu adapté aux projets de vie stables (installation en famille, scolarisation longue durée, etc.).

Pour un projet long terme, mieux vaut viser dès le départ un bail meublé classique ou nu.

Bail mobilité, Airbnb et location saisonnière : points de différence clés

Le bail mobilité se distingue clairement d’une location de type Airbnb :

  • Durée : bail mobilité entre 1 et 10 mois, location saisonnière souvent à la nuitée ou à la semaine.
  • Usage : bail mobilité = résidence principale temporaire, location saisonnière = séjour touristique ou d’agrément.
  • Protection du locataire : en bail mobilité, le locataire bénéficie du régime des baux d’habitation (préavis, décence…), pas en location touristique.

Dans les grandes villes et zones tendues, les locations touristiques sont soumises à des règles strictes (déclaration, changement d’usage, compensation…). Utiliser un bail mobilité pour contourner ces règles, alors que le locataire est en réalité un touriste, expose à des sanctions.

Règles particulières en zones tendues et grandes villes

Dans les métropoles (Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes, Nice, etc.) :

  • encadrement du loyer possible (loyer de référence majoré à respecter)
  • règles de changement d’usage pour les locations touristiques de courte durée, mais le bail mobilité, en tant que bail d’habitation principale, est généralement mieux accepté.

En cas de doute, un détour par le site de la mairie ou un contact avec l’ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement) peut clarifier les conditions locales.

Fiscalité pour le propriétaire : impact indirect pour le locataire

Pour le bailleur, le bail mobilité relève de la location meublée et les loyers sont imposés en BIC (bénéfices industriels et commerciaux), sous :

  • régime micro-BIC (abattement forfaitaire)
  • ou régime réel (déduction des charges, amortissements…).

Côté locataire, l’impact direct est limité : cela joue surtout sur la stratégie du bailleur (niveau de loyer, choix entre bail mobilité, location saisonnière ou meublé classique). Un propriétaire qui optimise sa fiscalité peut être plus enclin à accepter des baux mobilité ciblant des pros en mission, car le dispositif reste attractif.

Documents à annexer au bail mobilité et modèle 2025

Pièces à annexer au contrat pour sécuriser la location

Le bail mobilité doit être accompagné notamment :

  • du dossier de diagnostic technique (DDT) : DPE, état des risques, diagnostic électricité/gaz si applicable, etc.
  • de l’inventaire du mobilier
  • de la notice d’information sur les droits et obligations des parties
  • le cas échéant, d’un extrait du règlement de copropriété sur l’usage du lot
  • de l’état des lieux d’entrée (à réaliser au moment de la remise des clés).

Le locataire a intérêt à vérifier que tous ces documents sont bien remis, à les conserver et à relire calmement le bail avant signature.

Où trouver un modèle de bail mobilité à jour en 2025

Pour disposer d’un modèle conforme :

  • consulter service-public.fr, qui renvoie vers les textes et modèles types
  • ou les fiches et modèles de l’ANIL et des ADIL
  • éventuellement, utiliser un modèle proposé par une agence ou une plateforme sérieuse, en vérifiant bien la conformité (mention « bail mobilité », absence de dépôt de garantie, durée, etc.).

Les modèles trop « généralistes » trouvés via une simple recherche web peuvent contenir des clauses illégales. Mieux vaut partir d’une source officielle, puis adapter les détails pratiques.

Clauses à éviter absolument dans un bail mobilité

Pour protéger le locataire comme le propriétaire, certaines clauses doivent alerter :

  • clause imposant un dépôt de garantie
  • clause limitant le droit du locataire à donner congé à tout moment avec 1 mois de préavis
  • clause permettant au bailleur de mettre fin au bail de manière unilatérale avant l’échéance sans décision de justice
  • clause interdisant toute demande d’aide au logement
  • clause disproportionnée sur les pénalités de retard ou l’accès au logement sans accord du locataire.

Ces clauses peuvent être réputées non écrites par un juge. En pratique, un locataire qui les repère avant signature peut demander leur suppression ou refuser le bail.

Check-list rapide avant signature pour un locataire

  • Le bail porte bien la mention « bail mobilité ».
  • La durée est entre 1 et 10 mois, cohérente avec la mission ou la formation.
  • Le motif de mobilité est clairement inscrit (mission pro, stage, formation…).
  • Aucun dépôt de garantie n’est exigé.
  • Le montant du loyer semble cohérent, et respecte l’encadrement si applicable.
  • Les charges sont clairement décrites (forfait, services inclus).
  • Les diagnostics sont fournis et l’inventaire du mobilier est détaillé.
  • Le locataire dispose d’une solution d’assurance habitation.

Questions fréquentes sur le bail mobilité pour les professionnels

Peut-on louer sa résidence principale en bail mobilité quand on est locataire ?

Non, le bail mobilité ne sert pas à sous-louer sa propre résidence principale à quelqu’un d’autre sans accord. Il s’agit d’un contrat entre un propriétaire et un locataire. Pour sous-louer, il faut déjà :

  • avoir un bail qui autorise la sous-location
  • obtenir l’accord écrit du propriétaire
  • respecter les règles spécifiques à la sous-location (montant du loyer, durée, etc.).

La sous-location en bail mobilité est possible uniquement si le propriétaire l’autorise clairement et que le sous-locataire remplit aussi les conditions d’éligibilité (mobilité, mission, etc.).

Peut-on enchaîner plusieurs baux mobilité dans le même logement ?

Oui, mais pas avec le même locataire pour prolonger artificiellement la durée. Le propriétaire peut enchaîner plusieurs baux mobilité à la suite pour des locataires différents (ex : un stagiaire de janvier à juin, puis un salarié en mission de septembre à décembre).

Avec le même locataire, la durée totale en bail mobilité ne peut pas dépasser 10 mois. Au-delà, il faut passer à un bail meublé classique ou laisser le logement libre. En cas de contrôle ou de litige, des baux mobilité successifs avec le même locataire risquent d’être requalifiés.

Quel délai pour récupérer le logement après un bail mobilité ?

À la date de fin prévue au bail, la location s’arrête automatiquement. Le locataire doit :

  • libérer le logement au plus tard ce jour-là
  • participer à l’état des lieux de sortie
  • rendre les clés.

En pratique, il est conseillé de caler l’état des lieux la veille ou le jour même de la fin du bail. Si le locataire reste après la date sans nouvel accord écrit, la situation devient juridiquement délicate et peut être assimilée à un maintien dans les lieux sans droit ni titre.

Le bail mobilité est-il compatible avec la colocation entre professionnels ?

Oui, à condition que tous les colocataires remplissent les critères (mission, formation, stage, etc.) et que le bail mentionne bien :

  • l’identité de chaque colocataire
  • leur situation de mobilité
  • la répartition du loyer (ou solidarité).

La colocation en bail mobilité peut être intéressante pour des consultants en mission sur le même projet, par exemple. Mais cela complexifie un peu la gestion en cas de départ anticipé d’un des colocataires. Dans ce cas, une clause précise dans le bail (sortie de colocation, arrivée d’un remplaçant, etc.) reste vivement recommandée.

Que faire en cas de litige sur un bail mobilité (loyer, dégradations, départ anticipé) ?

En cas de conflit, plusieurs étapes sont possibles :

  • dialogue direct entre propriétaire et locataire pour chercher un accord (révision du loyer, plan de paiement, partage des frais de réparations…)
  • recours à un médiateur ou à l’ADIL pour un conseil neutre et gratuit
  • saisine de la commission départementale de conciliation (notamment pour certains litiges de loyer, de charges, d’état des lieux)
  • en dernier recours, saisine du tribunal judiciaire du lieu du logement.

Pour un locataire, conserver tous les écrits (bail, mails, lettres, photos, états des lieux) facilite énormément la défense de ses droits.

Un travailleur indépendant en déplacement sans contrat écrit peut-il signer un bail mobilité ?

C’est une zone grise. La loi vise des situations de mobilité professionnelle encadrée (contrat de travail, mission, formation…). Pour un indépendant, l’idéal est de pouvoir produire :

  • un contrat de prestation avec un client précisant le lieu et la durée
  • ou une attestation du client
  • ou une attestation d’inscription à une formation.

Sans aucun document, l’éligibilité devient contestable et le bail peut être requalifié. Mieux vaut en parler franchement avec le bailleur et, si nécessaire, se tourner vers un bail meublé classique si la mobilité n’est pas clairement formalisée.

Peut-on télétravailler depuis un logement loué en bail mobilité ?

Oui, tant que l’usage reste principalement d’habitation. Le télétravail classique (depuis un ordinateur portable, sans accueil de clientèle ni stockage de marchandises) ne pose pas de problème particulier.

En revanche, transformer le logement en bureau principal ouvert au public ou en local commercial sort du cadre du bail d’habitation et peut violer le règlement de copropriété ou les règles d’urbanisme. Certaines clauses du bail peuvent limiter ces usages, il faut donc les relire attentivement.

Avant de signer un bail mobilité pour une mission pro, une formation ou un stage, un rapide check des conditions légales, du loyer et des documents annexes peut éviter beaucoup de galères ensuite. En cas de doute sur un point précis (encadrement des loyers, aides au logement, litige), un contact avec l’ADIL de votre département ou les fiches détaillées de service-public.fr permet de sécuriser la situation avant de s’engager.

Quiz express (1 minute) — Bail mobilité

Cliquez sur une question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.

Quelle est la durée possible d’un bail mobilité ?
Choix
A. 1 à 10 mois, non renouvelable
B. 1 à 12 mois, renouvelable tacitement
C. 3 ans minimum
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Correction
Bonne réponse : A.
Le bail mobilité dure entre 1 et 10 mois et ne se renouvelle pas automatiquement. À l’issue, il faut soit libérer le logement, soit signer un autre type de bail adapté.
Dans quel cas un locataire peut-il signer un bail mobilité ?
Choix
A. Il est en formation, en études, en stage, en mission temporaire ou en mutation professionnelle
B. Il veut simplement un logement “classique” sans engagement long
C. Il occupe le logement comme résidence secondaire
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Correction
Bonne réponse : A.
Le bail mobilité est réservé à des situations précises (mobilité pro ou parcours de formation/études). Le locataire doit pouvoir justifier sa situation.
Le bail mobilité permet-il de demander un dépôt de garantie ?
Choix
A. Oui, jusqu’à 2 mois de loyer
B. Non, aucun dépôt de garantie n’est autorisé
C. Oui, mais uniquement si le logement est meublé “haut de gamme”
Voir la réponse
Correction
Bonne réponse : B.
En bail mobilité, le dépôt de garantie est interdit. En pratique, une garantie type Visale peut être utilisée selon l’éligibilité du locataire.
Le bail mobilité peut-il être signé pour un logement non meublé ?
Choix
A. Oui, si le locataire apporte ses meubles
B. Non, il impose un logement meublé
C. Oui, mais seulement en zone rurale
Voir la réponse
Correction
Bonne réponse : B.
Le bail mobilité est un bail de location meublée. Si le logement n’est pas meublé au sens légal, il faut se tourner vers un autre type de bail.
Comment le locataire peut-il mettre fin à un bail mobilité ?
Choix
A. Avec un préavis de 1 mois (en respectant la forme de congé prévue au bail)
B. Uniquement à la fin du bail, sans possibilité de partir avant
C. Avec un préavis de 3 mois, comme en location vide
Voir la réponse
Correction
Bonne réponse : A.
Le locataire peut donner congé à tout moment avec un préavis d’un mois. La forme (lettre recommandée, remise en main propre, etc.) doit respecter ce que prévoit la loi et le bail.
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