En résumé
Guide pratique pour réussir l’état des lieux et l’inventaire en colocation, limiter les conflits et sécuriser la restitution du dépôt de garantie.
- L’état des lieux d’entrée et de sortie sert de preuve pour comparer l’état du logement et encadrer les retenues éventuelles.
- Sans état des lieux d’entrée, le logement est présumé en bon état et les colocataires peuvent être tenus responsables de défauts déjà présents.
- Le type de bail change la responsabilité : bail unique (souvent solidaire) vs baux individuels (chambre + parties communes).
- Une retenue sur dépôt n’est possible que si la dégradation est constatée (hors vétusté) et justifiée par devis/factures.
- Avant le rendez-vous, préparer présence/procurations, modèle, photos/vidéos (téléphone chargé) et matériel pour noter précisément.
- En meublé, l’inventaire détaillé (quantités + état) est indispensable pour éviter les litiges sur mobilier et électroménager.
- Procéder pièce par pièce (murs, sols, ouvertures, clés, électricité, ventilation) avec focus cuisine et salle de bain/WC.
- En colocation, bien individualiser l’état de chaque chambre pour clarifier les responsabilités, surtout en baux individuels.
- Renforcer le dossier avec photos datées (plans larges + gros plans) et éventuellement une vidéo, à conserver et partager.
- Avant signature, ajouter des réserves précises (pas de “RAS” vague) et, en cas de désaccord, signer “sous réserves” ou demander correction.
- Tout défaut découvert après l’entrée doit être signalé rapidement par écrit avec preuves pour être reconnu comme antérieur.
- À la sortie, comparer point par point : la vétusté n’est pas facturable et une grille de vétusté peut encadrer les montants.
- Départ d’un seul colocataire : pas toujours d’état des lieux partiel en bail unique, mais un constat interne ou par commissaire peut aider.
- Restitution du dépôt : 1 mois si conforme, 2 mois si retenues ; en cas d’abus, demander justificatifs puis mise en demeure, conciliation, tribunal.
En colocation, l’état des lieux et l’inventaire du mobilier peuvent faire la différence entre une sortie tranquille… ou un gros conflit avec le propriétaire et les autres colocataires. Bien préparé, ce moment permet de cadrer les responsabilités de chacun, protéger le dépôt de garantie et éviter de payer pour des dégâts qui ne t’appartiennent pas.
Objectif de ce guide : une checklist claire et des réflexes béton pour l’état des lieux de colocation, que le bail soit unique ou avec baux individuels, en meublé ou en nu. L’idée, c’est d’arriver le jour J en sachant exactement quoi vérifier, quoi noter et quelles preuves garder pour se protéger.
Comprendre le rôle de l’état des lieux en colocation
Pourquoi l’état des lieux est encore plus crucial en colocation
L’état des lieux d’entrée, puis de sortie, sert de base de comparaison pour savoir si des dégradations sont apparues pendant la location. En colocation, l’enjeu est double :
- protéger chaque colocataire individuellement (surtout pour sa chambre) ;
- éviter les conflits sur les parties communes (salon, cuisine, salle de bain…).
Sans état des lieux d’entrée, la loi (article 1731 du Code civil) considère que le logement a été remis en bon état. En pratique, cela veut dire que tout ce qui sera abîmé à la sortie peut être imputé aux colocataires, même si c’était déjà abîmé avant. D’où l’importance d’un document hyper précis dès le début.
Différence entre bail unique et baux individuels pour l’état des lieux
En colocation, deux montages principaux existent, et ça impacte directement l’état des lieux :
- Bail unique : tous les colocataires signent le même bail et sont co-titulaires. L’état des lieux est global, pour tout le logement, avec mention de qui occupe quelle chambre si possible.
- Baux individuels : chaque colocataire a son propre bail, souvent pour une chambre + accès aux parties communes. L’état des lieux est alors :
- personnalisé pour ta chambre ;
- partagé pour les pièces communes (tout le monde en est responsable).
En bail unique avec clause de solidarité (cas ultra courant), chacun peut être tenu responsable de l’ensemble du loyer et des dégradations, même si ce n’est pas lui qui a cassé. D’où l’intérêt d’un état des lieux précis + d’un règlement interne entre colocataires pour gérer les responsabilités.
Valeur juridique de l’état des lieux et lien avec le dépôt de garantie
L’état des lieux d’entrée et de sortie est un document contradictoire (signé par bailleur ou son représentant et par les colocataires) qui a une vraie valeur de preuve en cas de litige sur :
- des dégradations : peinture, meubles, électroménager, sols, etc. ;
- le niveau de propreté à la sortie ;
- les retenues sur le dépôt de garantie.
Le bailleur ne peut retenir une partie du dépôt de garantie que si :
- l’état des lieux de sortie montre une dégradation par rapport à l’entrée (hors usure normale) ;
- il peut justifier le coût par des devis ou factures.
Pour les textes officiels, tout est détaillé sur service-public.fr – État des lieux d’entrée et de sortie.
Préparer son état des lieux de colocation pour ne rien oublier
Organiser la présence des colocataires et du bailleur
Idéalement, tout le monde est là à l’état des lieux d’entrée et de sortie :
- le bailleur ou son mandataire (agence, gestionnaire) ;
- tous les colocataires ou leurs représentants avec mandat écrit.
Si un colocataire ne peut pas venir :
- prévoir une procuration écrite à un autre colocataire ;
- ou demander à décaler le rendez-vous si c’est possible (surtout à l’entrée).
À défaut, le colocataire absent risque d’être lié par un document qu’il considère incomplet ou inexact, ce qui complique les contestations derrière.
Check-list express à préparer avant l’état des lieux
Pour être carré le jour J, le plus efficace reste de préparer un mini kit :
- un modèle d’état des lieux imprimé (ou vérification de celui utilisé par l’agence) ;
- un téléphone chargé pour les photos/vidéos ;
- un bloc-notes ou appli notes pour lister les points à voir ;
- un stylo pour ajouter des mentions manuscrites (réserves, détails) ;
- les dernières factures d’énergie si tu reprends les contrats d’un ancien colocataire (pour comparer les index).
Le top est de faire l’état des lieux en pleine journée, lumière naturelle, pour vraiment voir l’état des murs, des joints, des sols, des fenêtres…
Différences à prévoir en colocation meublée et non meublée
En colocation non meublée, l’état des lieux se concentre sur :
- l’enveloppe du logement (murs, plafonds, sols, menuiseries, installations) ;
- les équipements fixes (chauffage, eau chaude, VMC, cuisine aménagée le cas échéant).
En colocation meublée, il faut en plus un inventaire détaillé du mobilier et de l’électroménager, annexé au bail et à l’état des lieux. Ce document est hyper important pour éviter qu’on te réclame un micro-ondes jamais vu ou une chaise qui n’a jamais existé.
La liste minimale en meublé classique est fixée par décret (lit avec literie, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, frigo, vaisselle minimum, tables, sièges, etc.). Tu peux vérifier les exigences sur service-public.fr – Location meublée.
Checklist pièce par pièce pour un état des lieux béton
Éléments généraux à vérifier dans tout le logement
Dans chaque pièce (y compris couloirs), certains points doivent être checkés systématiquement :
- Murs et plafonds : traces, taches, fissures, trous de chevilles, papiers peints décollés, peinture écaillée, traces d’humidité ou moisissures.
- Sols : rayures, taches, lames de parquet qui bougent, carrelage fissuré, joints abîmés.
- Fenêtres et volets : ouverture/fermeture ok, serrures qui tournent, poignées, joints, double vitrage fêlé ou non.
- Portes : état de la peinture, serrure, poignée, fermeture correcte, clé fournie ou non.
- Électricité : prises qui tiennent, interrupteurs qui fonctionnent, plafonniers (ou absence d’éclairage à noter), tableau électrique.
- Ventilation : bouches d’extraction présentes, propres, VMC audible ou non.
Pour chaque élément, l’idée est d’avoir une mention du style : « bon état », « moyen, taches », « rayé », « fissuré », « à surveiller »… Éviter les mentions vagues type « RAS » sans description.
Check-list pour l’entrée et les circulations
- État des sols (carrelage, parquet, lino) dès la porte d’entrée.
- Porte d’entrée : solidité, serrure, nombre de clés/badges remis (à noter clairement).
- Interphone / digicode / visiophone : fonctionnement.
- Tableau électrique : apparence, disjoncteurs identifiés ou non.
- Placards éventuels : état des portes, étagères, tringles.
Exemple de mention utile : « Porte d’entrée métal, rayures légères sur la face intérieure, serrure 3 points fonctionnelle, 3 clés remises + 1 badge immeuble ».
Check-list pour le salon et les pièces communes
Le salon et les espaces communs sont souvent source de conflits en colocation, car tout le monde les utilise. À vérifier :
- Peinture : taches, traces de meubles, coups sur les angles.
- Sols : rayures de chaises, taches de liquide, impact de talons.
- Prises électriques et antenne TV, éventuelles prises RJ45.
- Fenêtres, volets, stores intérieurs s’il y en a.
- Radiateurs : fixations, fonctionnement (tiède/chaud), traces de rouille.
Si le logement est meublé, ajouter :
- Canapé : taches, déchirures, enfoncement des coussins.
- Tables, chaises : stabilité, rayures importantes.
- Meuble TV, rangements : portes qui ferment, rayures visibles.
Check-list pour la cuisine
La cuisine cumule humidité, graisse, électroménager… donc gros potentiel de litiges. Points à vérifier un par un :
- Évier et robinetterie : fuites, calcaire, joints silicone, bon écoulement.
- Meubles bas et hauts : portes qui ferment, caissons abîmés ou gonflés par l’humidité.
- Crédence et murs : taches de cuisson, carrelage fendu, peinture cloquée.
- Plan de travail : brûlures, coupures, zones gondolées.
- Hotte : fonctionnement (bruit, aspiration), filtres présents ou non.
- Électroménager :
- plaques : rayures, marques de brûlures, test d’allumage ;
- four ou micro-ondes : propreté, vitre, résistance/plateau tournant, test rapide ;
- frigo/congélateur : étagères, joints de porte, bruit, traces de rouille, température réglée ;
- lave-vaisselle, lave-linge éventuels : propreté du tambour, joints, test rapide de mise en marche.
- VMC ou aération : bouches dégagées.
En meublé, vérifier aussi la vaisselle, casseroles, couverts, poubelle, accessoires de base (note : « 4 assiettes, 4 verres, 2 casseroles, état correct » par exemple).
Check-list pour la salle de bain et les WC
Pièces sensibles à l’humidité, donc à noter finement :
- Lavabo, vasque, douche ou baignoire : fissures, éclats, joints silicone, rideau/paroi de douche.
- Robinetterie : fuites, calcaire, bon écoulement, flexible de douche.
- Carrelage murs/sols : joints noirs, carreaux fissurés, zones glissantes.
- WC : chasse d’eau qui fonctionne, fixation de la cuvette, abattant.
- Ventilation : présence et fonctionnement, fenêtre ouvrante ou non.
- Miroirs et meubles de salle de bain.
À surveiller particulièrement : traces d’humidité et moisissures au plafond, derrière les meubles, autour de la douche. Ça peut révéler un problème structurel plutôt qu’une « mauvaise aération » imputable aux colocataires.
Check-list pour les chambres de chaque colocataire
En colocation, la chambre est ta zone clairement identifiable. Il est donc important que l’état des lieux la distingue nettement, surtout avec baux individuels, mais aussi en bail unique.
- Murs : trous de chevilles, traces de meubles, peinture.
- Sols : rayures, taches, lames abîmées.
- Fenêtre : état, joints, volets, difficulté d’ouverture.
- Placards : portes coulissantes ou battantes, étagères, tringle.
- Prises électriques, interrupteurs, point lumineux.
En meublé, ajouter pour chaque chambre :
- Lit : structure, sommier, matelas (taches, affaissement, propreté).
- Bureau, chaise de bureau, lampe.
- Table de chevet, rangements.
Exemple de formulation utile : « Chambre 2 – lit 140×190, matelas avec 2 taches légères côté pied, sommier bon état, bureau rayures légères, chaise stable, peinture murs correct état, 4 trous de chevilles mur Est ».
Check-list pour les annexes : balcon, cave, parking, local vélo
- Balcon/terrasse : revêtement de sol, garde-corps, éventuelles fissures ou infiltrations visibles.
- Cave : humidité, présence d’étagères, sol, porte, serrure, clé dédiée.
- Place de parking ou box : numéro, localisation, porte, système de fermeture, télécommande.
- Local vélo : accès, badge ou clé, état général.
Tout accès supplémentaire (badge portail, télécommande garage, clé cave) doit être listé précisément dans l’état des lieux.

Inventaire et preuves à garder pour se protéger
Inventaire complet en colocation meublée
En meublé, l’inventaire est l’arme principale pour éviter les discussions du style « il manque 2 chaises » ou « cette casserole n’est plus là ».
Un inventaire solide mentionne pour chaque pièce :
- la liste détaillée de chaque meuble/équipement ;
- sa quantité (ex. « 4 chaises », « 8 assiettes ») ;
- son état (« neuf », « bon état », « taches », « rayures »…).
En pratique, beaucoup d’inventaires sont trop vagues. Si c’est le cas, il ne faut pas hésiter à :
- demander à rajouter des précisions manuscrites ;
- compléter par des photos datées pièce par pièce ;
- garder une copie numérique et papier de l’ensemble.
Photos et vidéos : comment les faire valoir
Les photos et vidéos ne remplacent pas l’état des lieux écrit, mais elles le renforcent en cas de litige.
Bonnes pratiques :
- prendre des photos larges de chaque pièce + des gros plans sur les défauts (fissures, rayures, taches, joints abîmés) ;
- garder les métadonnées de date (ne pas tout retoucher) ;
- éventuellement faire une courte vidéo en commentant les points importants ;
- stocker les fichiers dans un dossier partagé entre colocataires (Drive, Dropbox…).
En cas de désaccord sur une retenue de dépôt de garantie, ces supports peuvent être présentés devant une commission de conciliation ou un juge. Leur valeur sera appréciée avec l’état des lieux, les factures, etc.
Mentions manuscrites et réserves à ajouter avant de signer
Si quelque chose te semble manquant, inexact ou minimisé dans l’état des lieux proposé par le bailleur :
- le faire ajouter par écrit sur le document (main du bailleur ou la tienne, peu importe) ;
- ajouter la mention du type : « Rayure importante sur parquet sous fenêtre » ou « Joint de douche noirci sur 30 cm » ;
- conserver un exemplaire signé avec ces mentions.
En cas de désaccord persistant, il est possible d’indiquer sur le document : « Locataires émettent des réserves sur l’état du mur Nord du salon » et de refuser de signer tel quel, tout en proposant une correction. Le bailleur peut ensuite choisir de saisir un huissier si le blocage persiste.
Signalement des défauts découverts après l’entrée
Certains défauts peuvent apparaître seulement après quelques jours (ex : fuite légère sous l’évier, prise qui ne fonctionne pas, problème de VMC). La loi ne fixe pas un délai spécifique pour les signaler, mais dans la pratique, mieux vaut agir vite.
Réflexe conseillé :
- envoyer un mail recommandé ou une lettre recommandée au bailleur/à l’agence dès la découverte, avec photos ;
- garder une copie du message et des pièces jointes ;
- demander explicitement une prise en compte comme défaut d’origine non imputable aux colocataires.
Plus le signalement est précoce, plus il sera crédible pour exclure ta responsabilité à la sortie.

Bien gérer l’état des lieux de sortie et les changements de colocataires
Méthode pour l’état des lieux de sortie en colocation
À la sortie, le bailleur doit comparer point par point l’état actuel du logement avec l’état décrit à l’entrée. L’idée n’est pas de juger « à l’œil », mais de :
- reprendre les mêmes rubriques, dans le même ordre ;
- regarder chaque élément : « pareil », « usure normale », « dégradé » ;
- noter précisément les nouvelles dégradations constatées.
L’usure normale (vétusté) ne peut pas être imputée aux colocataires. Exemple : peinture qui ternit légèrement après 6 ans, parquet un peu marqué dans les zones de passage. Certaines agences utilisent une grille de vétusté pour chiffrer la part imputable (plus l’équipement est ancien, moins la retenue est élevée). En cas de litige, ce type de grille peut être demandé.
Cas particulier : départ d’un seul colocataire en cours de bail
En pratique, c’est là que ça devient technique. Deux situations principales :
- Bail unique avec clause de solidarité :
- le bail continue pour les autres colocataires ;
- il n’y a pas toujours d’état des lieux partiel prévu par le bailleur ;
- le sortant reste souvent solidaire jusqu’à un certain délai après son départ ou jusqu’à l’arrivée d’un remplaçant (selon le bail et la loi ALUR).
- Baux individuels :
- un véritable état des lieux de sortie est fait pour la chambre de la personne qui part + les parties communes si prévu ;
- un nouveau colocataire fera ensuite un état des lieux d’entrée pour sa chambre.
Si le bailleur refuse tout état des lieux partiel alors que tu quittes une chambre bien séparée, il reste possible de :
- faire un constat amiable entre toi et les autres colocataires (photos, document signé entre vous) ;
- à défaut, saisir un huissier pour constater l’état de ta chambre (à tes frais, sauf accord contraire).
Répartition des dégradations entre colocataires
En théorie :
- les dégradations dans ta chambre te concernent directement ;
- celles dans les parties communes concernent tout le monde.
En bail unique avec clause de solidarité, le bailleur peut réclamer la totalité à n’importe quel colocataire, à charge ensuite pour vous de vous arranger (ou de vous retourner les uns contre les autres). D’où l’intérêt :
- d’avoir un règlement interne entre colocataires (répartition des pièces, responsabilités, quote-parts) ;
- de documenter les dégâts importants au fil de l’eau (photos dans le groupe de coloc, mails internes).
Recours à un huissier pour l’état des lieux
Quand le dialogue est tendu ou qu’il y a un désaccord majeur, un état des lieux peut être réalisé par huissier de justice (commissaire de justice). La procédure est encadrée :
- l’huissier convoque bailleur et colocataires par lettre recommandée ;
- il réalise un constat détaillé, qui a une forte valeur probante ;
- les frais sont partagés par moitié entre bailleur et locataires si c’est à l’initiative de l’une des parties, et sont encadrés par un tarif réglementé.
Pour les montants et modalités à jour, voir service-public.fr – État des lieux par huissier.
Délais et règles pour la restitution du dépôt de garantie
Après l’état des lieux de sortie :
- le bailleur a 1 mois pour restituer le dépôt de garantie si l’état des lieux de sortie est conforme à l’entrée (hors vétusté) ;
- il a 2 mois s’il y a des dégradations justifiant des retenues.
Les retenues doivent être justifiées par :
- la comparaison précise entre les deux états des lieux ;
- des devis ou factures ;
- éventuellement des photos.
En cas de retenues injustifiées ou manifestement excessives, la première étape conseillée est la mise en demeure écrite, puis la commission départementale de conciliation, avant d’envisager le juge. Toutes les infos pratiques sont dispo sur service-public.fr – Litiges entre locataire et propriétaire.
FAQ sur l’état des lieux et l’inventaire en colocation
Que faire si aucun état des lieux d’entrée n’a été réalisé en colocation ?
Sans état des lieux d’entrée signé, la loi présume que le logement a été remis en bon état. Concrètement, c’est très défavorable pour les colocataires, car toutes les dégradations constatées à la sortie peuvent être considérées comme de leur fait.
Si la situation est déjà actée (clé remise sans état des lieux), réflexes utiles :
- faire rapidement un constat le plus complet possible entre colocataires : description écrite + photos datées ;
- envoyer ce constat au bailleur par mail ou lettre recommandée en demandant qu’il le reconnaisse comme référence ;
- conserver précieusement toutes les preuves en cas de litige ultérieur sur le dépôt de garantie.
Un colocataire peut-il refuser de signer l’état des lieux ?
Si un colocataire estime que l’état des lieux est incomplet ou erroné, il peut :
- refuser de signer en l’état et proposer des corrections précises ;
- demander l’ajout de mentions manuscrites de réserves avant de signer ;
- inscrire : « signé sous réserves » avec la liste des points litigieux.
En cas de blocage total, le bailleur peut décider de faire appel à un huissier. Mieux vaut donc tenter d’obtenir un document fidèle à la réalité avec réserves écrites plutôt que rester dans une opposition frontale sans alternative.
Est-ce obligatoire de faire apparaître la répartition des chambres dans le bail ou l’état des lieux ?
Ce n’est pas toujours obligatoire, mais c’est fortement recommandé en colocation. En pratique, mentionner la répartition des chambres :
- clarifie les responsabilités de chacun en cas de dégâts ;
- évite les litiges internes entre colocataires ;
- facilite les sorties partielles et les remplacements.
En bail à baux individuels, la description de la chambre dans le bail et dans l’état des lieux est indispensable. En bail unique, ce n’est pas obligatoire juridiquement, mais c’est clairement un plus pour la sécurité de tous.
Comment distinguer usure normale et dégradation imputable au colocataire ?
L’usure normale correspond à la dégradation liée au temps et à l’usage raisonnable (ex : peintures qui ternissent, légère usure d’un parquet après plusieurs années). Ces éléments ne peuvent pas justifier de retenues sur le dépôt de garantie.
Une dégradation imputable, c’est ce qui dépasse l’usage normal : mur tagué, porte cassée, grosse tache de vin sur la moquette, matelas très taché, plaque de cuisson fissurée… Pour ces éléments, le bailleur peut retenir une partie du dépôt de garantie en proportion, en tenant compte de l’âge de l’équipement (grille de vétusté).
Que faire si le bailleur retient trop de dépôt de garantie après une colocation ?
Si la retenue semble exagérée ou injustifiée :
- Demander au bailleur le détail précis par écrit : quels travaux, quels montants, quelles factures ou devis.
- Comparer avec les états des lieux d’entrée et de sortie, photos à l’appui.
- Envoyer une mise en demeure de restitution du trop-perçu (en recommandé), en expliquant point par point ce qui est contesté.
- Si aucun accord n’est trouvé, saisir gratuitement la commission départementale de conciliation (infos sur service-public.fr).
- En dernier recours, saisir le tribunal judiciaire avec ton dossier (bail, états des lieux, échanges écrits, photos, factures).
Un colocataire peut-il être tenu responsable de dégâts commis uniquement dans la chambre d’un autre ?
En principe, chacun est responsable de sa chambre et tous sont responsables des parties communes. Mais en bail unique avec clause de solidarité, le bailleur peut légalement demander la réparation de toutes les dégradations à n’importe quel colocataire (chambre incluse), à charge ensuite pour les colocataires de se retourner entre eux.
En baux individuels, le bailleur doit cibler le bail correspondant à la chambre concernée pour les dégradations privatives. D’où l’intérêt de bien individualiser l’état des lieux de chaque chambre dans cette configuration.
Peut-on demander un état des lieux numérique en colocation ?
Oui. Un état des lieux numérique (via appli ou fichier PDF) est valable s’il contient les mêmes infos obligatoires qu’un document papier (identification des parties, description précise, relevés de compteurs, clés remises, signatures…).
La signature peut être manuscrite sur tablette ou électronique. Important :
- demander immédiatement une copie PDF complète signée ;
- vérifier que tout ce qui a été discuté (réserves, anomalies) apparaît bien dans la version finale ;
- conserver l’email de transmission et les fichiers dans un espace sûr.
Quiz express (1 minute) — État des lieux & inventaire en colocation
Cliquez sur chaque question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.
En colocation, qui doit signer l’état des lieux d’entrée pour qu’il soit solide ?
B — Chaque colocataire présent à l’entrée + le bailleur (ou son représentant)
C — Personne : des photos suffisent
Voir la réponse
L’état des lieux doit être établi contradictoirement et signé par les parties. En colocation, il est préférable que chaque colocataire concerné signe, pour éviter les contestations.
Quel réflexe renforce le plus la preuve en cas de litige sur un dégât ?
B — Écrire “bon état général” sans détail
C — Se contenter d’un message oral au bailleur
Voir la réponse
Plus c’est concret (localisation, nature, ampleur) et appuyé par des photos datées, plus c’est difficile à contester. Les mentions vagues protègent mal.
Si vous découvrez un défaut juste après l’entrée (ex : prise qui ne marche pas), quel est le bon réflexe ?
B — Demander la mise à jour de l’état des lieux rapidement, avec une preuve (photo, mail)
C — Réparer sans rien dire et espérer que ça passe
Voir la réponse
Il faut signaler vite et par écrit, preuves à l’appui, pour éviter qu’on vous l’impute à la sortie. Les délais exacts peuvent dépendre de la situation : en cas de doute, voir les ressources officielles (service-public.fr).
Pour l’inventaire (meubles/équipements) en colocation, quelle pratique est la plus sûre ?
B — Une liste approximative non signée “à l’oral”
C — Aucun inventaire : ça ne sert qu’en meublé
Voir la réponse
Un inventaire détaillé, daté et signé (avec photos) limite les débats sur ce qui était présent et dans quel état. C’est particulièrement utile en colocation où les passages s’enchaînent.
À la sortie, quel piège peut vous coûter sur le dépôt de garantie ?
B — Relever les compteurs et garder une copie signée du document
C — Noter par écrit les dégradations déjà présentes à l’entrée
Voir la réponse
Le dépôt de garantie se discute souvent sur la différence entre entrée et sortie. Sans comparaison point par point (et sans copie signée), vous perdez un levier important.






