En résumé : au renouvellement d’un bail, on ne refait pas automatiquement signer le garant ; tout dépend de la durée et des clauses de l’acte de caution, ainsi que des changements apportés au bail.
- La “caution” (garant) est engagée par un acte de cautionnement distinct du bail, qui fixe montant, durée et étendue des sommes garanties.
- Caution simple vs caution solidaire : en solidaire (le plus fréquent), le bailleur peut réclamer directement à la caution dès le premier impayé.
- Au renouvellement/reconduction, la caution continue sans nouvel acte si l’acte couvre explicitement les “renouvellements/reconductions/prolongations”, dans les limites prévues.
- Il faut souvent refaire un acte si l’engagement ne visait que le bail initial, si un nouveau bail est signé, ou en cas de modification substantielle (loyer fortement revu, changement de régime, colocation modifiée, changement de parties avec nouveau contrat).
- Si l’acte est à durée indéterminée, la caution peut résilier pour l’avenir (tout en restant tenue des dettes déjà nées) ; s’il est à durée déterminée, il s’arrête à l’échéance sauf clause d’extension.
- Bonnes pratiques : vérifier les mentions obligatoires (plafond/durée/référence au bail), conserver une copie et informer la caution des nouvelles conditions au renouvellement.
Renouvellement de bail, garant, acte de caution… À chaque échéance, beaucoup de locataires se demandent s’il faut tout refaire signer au garant et ce qu’il faut vérifier pour rester couvert sans prendre de risques. Le sujet est technique, mais en réalité, quelques réflexes suffisent pour sécuriser la situation.
L’objectif ici : aider à comprendre comment fonctionne la caution locative, ce qui se passe au moment du renouvellement du bail, dans quels cas un nouvel acte de caution est nécessaire, et les points à vérifier concrètement avec le bailleur et le garant pour éviter les mauvaises surprises.
Caution locative, garant, cautionnement : les bases à maîtriser
Caution, garant, acte de cautionnement : ce que recouvrent ces termes
En pratique, tout le monde parle de « garant », mais juridiquement, le terme clé est « caution » :
- Le garant = la personne (parents, proche, ami…) qui accepte de payer à la place du locataire en cas d’impayés. Juridiquement, c’est la caution.
- La caution = à la fois la personne et l’engagement lui-même.
- L’acte de cautionnement = le document écrit que signe le garant pour formaliser son engagement.
Ce document est entièrement à part du bail, même s’il y fait référence. C’est lui qui va déterminer : ce que le garant doit, pendant combien de temps, et dans quelles limites.
Différence entre caution simple et caution solidaire
Deux types de cautionnement existent dans les baux d’habitation :
- Caution simple : le bailleur doit d’abord poursuivre le locataire (par exemple en justice) avant de se retourner contre le garant. C’est plus protecteur pour la caution, donc rarement utilisé en pratique dans l’habitation.
- Caution solidaire : le bailleur peut réclamer directement les sommes au garant dès le premier impayé, sans passer d’abord par le locataire. C’est quasi systématiquement ce qui est demandé dans les locations.
Pour un locataire, cela change peu au quotidien : le loyer reste à payer tous les mois. En revanche, pour la personne qui se porte garant, la caution solidaire est nettement plus engageante.
Caution locative, dépôt de garantie, Visale, assurance loyers impayés : ne pas tout mélanger
- Caution locative / garant : une personne physique (ou parfois morale) s’engage à payer en cas de défaut du locataire.
- Dépôt de garantie : somme versée au bailleur au début du bail, destinée à couvrir les éventuels impayés de fin de bail ou les dégradations. Il ne remplace pas un garant.
- Garantie Visale (Action Logement) : organisme qui joue le rôle de garant gratuit pour certains profils (jeunes, salariés précaires…). Infos et simulateur sur visale.fr.
- Assurance loyers impayés (GLI) : assurance souscrite par le bailleur auprès d’un assureur. En principe, elle verse les loyers à la place du locataire défaillant.
Ces dispositifs peuvent se cumuler ou non selon les cas, la loi encadre ce point pour protéger les locataires.
Dans quels cas le bailleur peut exiger un garant ?
Pour un bail d’habitation vide ou meublé soumis à la loi du 6 juillet 1989, le principe est le suivant :
- Le bailleur peut demander un garant, sauf s’il a déjà une assurance loyers impayés, sauf exceptions (par exemple si le locataire est étudiant ou apprenti).
- Il ne peut pas exiger à la fois une GLI classique et un garant, car cela ferait un cumul de garanties disproportionné (art. 22‑1 de la loi de 1989).
En cas de doute, les règles officielles sont détaillées sur service-public.fr.
Les garanties de location essentielles pour un locataire
Ce qu’il faut savoir sur le dépôt de garantie
Le dépôt de garantie, souvent appelé à tort « caution », répond à des règles précises :
- Montant : maximum 1 mois de loyer hors charges en location vide, 2 mois hors charges en meublé (art. 22 loi 1989).
- Encaissement : le bailleur peut l’encaisser dès la remise des clés, ce n’est pas une simple « empreinte ».
- Restitution : dans le délai légal (le plus souvent 1 mois, 2 mois en cas de retenues justifiées), avec justificatifs en cas de retenue.
Ce dépôt n’a aucune incidence sur le renouvellement de l’acte de caution : il reste affecté au bail tant qu’il n’est pas restitué.
L’acte de cautionnement signé par une personne physique
Cas le plus courant : un parent se porte garant. L’acte doit être écrit et signé, avec toutes les mentions obligatoires (voir plus bas). Il peut être :
- intégré dans un document séparé,
- ou une clause spécifique clairement individualisée dans le bail, mais ce n’est pas l’idéal pour la clarté.
C’est cet acte qu’il faudra relire au moment du renouvellement du bail pour savoir si l’engagement du garant se poursuit ou non.
Garantie Visale et autres garanties publiques
La garantie Visale remplace le garant « classique » :
- Le locataire obtient un visa en ligne, puis le transmet au bailleur.
- En cas d’impayé, Visale paie à la place du locataire, puis se retourne contre lui pour se faire rembourser.
- Au renouvellement du bail, il faut vérifier si la durée de la garantie Visale couvre toujours la période (info sur visale.fr).
D’autres dispositifs publics existent dans certains territoires (FSL, garanties spéciales), avec des règles propres.
Assurances loyers impayés et cumul avec un garant
Certains bailleurs souscrivent une assurance loyers impayés (GLI). Dans ce cas, la loi limite le cumul avec un garant :
- En principe, pas de garant si le bailleur a une GLI,
- Sauf pour certains profils (étudiants, apprentis…) où le cumul reste possible.
Pour un locataire, cela veut dire qu’il est utile de demander noir sur blanc au bailleur : « y a‑t‑il une assurance loyers impayés ? ». En cas de litige, les textes et précisions sont accessibles sur service-public.fr.

Acte de cautionnement : les conditions pour qu’il soit valable
Mentions obligatoires à vérifier dans l’acte
Un acte de cautionnement mal rédigé peut être nul, ce qui rend la garantie inopposable. En principe, doivent notamment apparaître :
- L’identité complète du garant (nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance),
- L’identité du locataire et la référence au bail (adresse du logement, date de signature),
- La nature et l’étendue de l’engagement : loyer, charges, réparations locatives, indemnités d’occupation, etc.,
- Le montant maximal garanti, ou à défaut une formule claire permettant de le déterminer,
- La durée de l’engagement : déterminée (par exemple « pour la durée du bail initial de 3 ans et ses renouvellements éventuels ») ou indéterminée,
- La mention selon laquelle le garant a pris connaissance du bail et de ses clauses.
Depuis les réformes récentes, la rédaction doit respecter des mentions légales précises. Pour vérifier les dernières exigences à jour, le plus sûr reste de consulter les modèles et fiches officielles sur service-public.fr.
Conditions de fond : consentement, proportion et absence d’abus
Au‑delà de la forme, plusieurs points peuvent être contestés devant un juge :
- Consentement éclairé : le garant doit avoir compris la portée de son engagement. Si l’acte est confus ou que certaines informations lui ont été cachées, cela peut jouer.
- Proportionnalité : un engagement manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine du garant peut être en tout ou partie écarté.
- Absence de clauses abusives : par exemple, une durée excessive sans possibilité de sortie peut être discutée.
En pratique, le locataire a tout intérêt à vérifier que la personne qui se porte garante ne s’engage pas très au‑delà de ses moyens, pour limiter les risques de conflit familial si des impayés surviennent.
Durée déterminée ou indéterminée : impact direct au renouvellement du bail
La durée est un point clé pour la question « renouvellement du bail avec garant, faut‑il refaire un acte de caution, et que vérifier ? » :
- Caution à durée déterminée : par exemple « pour la durée du bail de 3 ans, renouvelable pour 3 ans ». L’engagement prend fin automatiquement à l’issue de la durée indiquée, même si le bail continue, sauf clause claire couvrant les renouvellements.
- Caution à durée indéterminée : aucune date de fin n’est prévue. Le garant peut alors résilier pour l’avenir (par lettre recommandée), et reste tenu des dettes nées avant la prise d’effet de cette résiliation.
Si l’acte ne mentionne aucune durée, les juges peuvent le considérer comme un engagement à durée indéterminée, ce qui donne au garant la possibilité de se désengager pour l’avenir.
Spécificités de la caution solidaire
Dans la plupart des baux d’habitation, l’acte mentionne une solidarité entre le locataire et le garant. Concrètement :
- Le bailleur peut réclamer l’intégralité de la dette directement au garant sans passer par le locataire.
- En colocation avec solidarité, le garant d’un colocataire peut parfois se retrouver exposé pour des dettes liées aux autres colocataires, selon la rédaction du bail et de l’acte.
Cette solidarité ne change pas le principe sur le renouvellement : ce sont toujours la durée et la formulation de l’acte qui déterminent si la caution continue ou non.
Motifs fréquents de nullité d’un acte de cautionnement
Plusieurs erreurs classiques peuvent faire tomber la caution :
- Mentions obligatoires manquantes (montant maximal, durée, identification du bail…),
- Absence de signature ou signature non conforme (ex : signature scannée sans validation électronique),
- Acte signé par une personne juridiquement incapable (mineur, majeur sous tutelle sans autorisation),
- Clauses manifestement déséquilibrées, susceptibles d’être jugées abusives.
En cas de doute, les fiches officielles sur service-public.fr et, si besoin, un conseil juridique permettent de sécuriser la situation.
Documents à fournir et à signer quand on a un garant
Les pièces justificatives habituelles du garant
Un bailleur ou une agence demande en général au garant :
- Pièce d’identité (CNI, passeport, titre de séjour valide),
- Justificatif de domicile (quittance, taxe foncière, attestation d’hébergement…),
- Justificatifs de revenus (bulletins de salaire, avis d’imposition, justificatifs de retraite ou de revenus fonciers),
- Contrat de travail ou attestation d’employeur.
Lors d’un renouvellement de bail, il est fréquent que l’agence demande des mises à jour : nouveaux avis d’imposition, bulletins de salaire récents, etc., surtout si plusieurs années se sont écoulées.
L’acte de cautionnement à signer
Le garant signe soit :
- un acte de caution solidaire (le plus courant),
- plus rarement un acte de caution simple.
Pour un locataire, le réflexe utile est de demander une copie complète de l’acte au moment de la signature du bail. Cette copie sera indispensable pour vérifier, le jour où le bail est renouvelé, si l’engagement du garant continue ou non.
Signature manuscrite, électronique ou PDF : ce qui est admis
La signature peut être :
- Manuscrite sur un document papier,
- Électronique via une solution de signature respectant le règlement eIDAS (traçabilité, preuve de consentement),
- Accompagnée ou non de mentions manuscrites selon le régime juridique applicable au jour de la signature.
Un simple PDF signé en collant une signature scannée sans procédure de validation n’est pas toujours suffisant en cas de contestation. D’où l’importance, pour le garant, de conserver les mails de validation ou les SMS codes utilisés pour la signature électronique.
Remplir correctement un modèle d’acte de cautionnement
Pour éviter les erreurs, quelques points clés à vérifier :
- Vérifier que l’adresse du logement est exacte,
- Bien préciser le loyer et les charges et, le cas échéant, le plafonnement global garanti,
- Claquer une phrase claire sur la durée (« engagement pour la durée du bail initial de 3 ans signé le…, ainsi que ses renouvellements et reconductions tacites, dans la limite d’une durée totale de… »),
- Vérifier que le garant a bien pris connaissance du bail (idéalement annexer une copie).
Où trouver un modèle fiable d’acte de caution solidaire
Pour rester dans les clous, le mieux est d’utiliser :
- Les modèles fournis par service-public.fr,
- Les modèles d’organismes reconnus (ADIL, associations de locataires, etc.).
Éviter les modèles trouvés au hasard sur des forums ou des sites non spécialisés, qui peuvent être obsolètes ou incomplets, surtout sur les mentions liées à la durée et au renouvellement du bail.
Obligations et responsabilités du garant
Rôle du garant vis‑à‑vis du bailleur
Le garant promet au bailleur de payer à la place du locataire si celui‑ci ne le fait pas. Concrètement, il peut être amené à régler :
- Les loyers et charges impayés,
- Les frais de remise en état relevant du locataire (dégradations, réparations locatives),
- Éventuellement des indemnités d’occupation si le locataire reste dans les lieux après résiliation du bail.
Tout cela dans la limite de ce qui est écrit dans l’acte de cautionnement (plafond, durée…).
Ce que le garant doit payer en pratique
En cas d’impayés, le scénario est souvent le suivant :
- Le bailleur envoie un premier courrier ou mail de relance au locataire,
- En cas de non-paiement persistant, il avertit le garant (surtout pour les cautions simples),
- Il peut ensuite réclamer les sommes au garant et, à défaut, engager une procédure judiciaire.
Le garant peut ensuite, s’il paie à la place du locataire, se retourner contre lui pour se faire rembourser.
Caution solidaire et renforcement de l’engagement
En caution solidaire, le bailleur peut sauter des étapes et réclamer directement l’intégralité de la dette au garant, sans attendre l’issue d’une procédure contre le locataire. Cela rend la situation plus rapide et plus lourde pour le garant.
Information du garant en cas d’impayé
La loi impose au bailleur, dans certains cas, d’informer la caution notamment lorsque la dette se prolonge dans le temps. Le défaut d’information régulière peut, dans certains cas, entraîner une limitation des droits du bailleur contre la caution pour certaines périodes.
Les règles exactes peuvent évoluer, d’où l’intérêt de vérifier les textes à jour sur service-public.fr ou via une ADIL.
Colocation et impact sur le garant
En colocation, les risques pour un garant dépendent beaucoup du type de bail :
- Bail unique avec clause de solidarité : chaque colocataire est solidaire pour tout, et son garant peut l’être aussi, selon la rédaction de l’acte.
- Baux séparés : chaque colocataire a son propre contrat et, en principe, son propre garant.
Si un colocataire part ou arrive, cela peut être assimilé à un nouveau bail pour la personne qui entre, avec souvent la nécessité de refaire un acte de caution. C’est un point clé à vérifier à chaque changement de colocation.

Durée de la caution selon le type de bail d’habitation
Cas du bail vide de 3 ans
Pour un bail d’habitation vide classique (bailleur personne physique) :
- Durée légale : 3 ans, reconduits tacitement pour 3 ans.
- Souvent, l’acte de caution vise « la durée du bail de 3 ans et ses renouvellements » ou une durée globale (ex : 6 ans).
Lors du renouvellement à 3 ans, la question se pose : la caution continue‑t‑elle ? Tout dépend de la formulation exacte de l’acte (voir plus bas).
Cas du bail meublé de 1 an et du bail étudiant de 9 mois
Pour les meublés soumis à la loi de 1989 :
- Bail meublé « classique » : durée de base 1 an, renouvelable tacitement.
- Bail meublé étudiant : durée de 9 mois, non renouvelable tacitement, un nouveau bail doit être signé si la location continue.
Conséquence directe :
- En meublé « classique », la reconduction tacite est souvent considérée comme une simple poursuite du bail, sous réserve de la rédaction de l’acte de caution.
- En bail étudiant de 9 mois, on repart généralement sur un nouveau bail l’année suivante : il est fortement recommandé de refaire un acte de caution, car l’ancien peut ne plus couvrir le nouveau contrat.
Ce qui se passe pour la caution en cas de renouvellement du bail
Au renouvellement ou à la reconduction tacite, trois grandes situations :
- L’acte de caution mentionne clairement les renouvellements, reconductions et prolongations : en principe, la caution se poursuit automatiquement, dans la limite de la durée ou du plafond prévus.
- L’acte de caution est limité à la durée initiale du bail (ex : « pour la durée du bail de 3 ans » sans autre mention) : à l’échéance, l’engagement peut prendre fin, même si le bail est reconduit. Un nouvel acte peut être nécessaire.
- L’acte ne précise pas de durée : il est souvent interprété comme à durée indéterminée, le garant pouvant y mettre fin pour l’avenir par lettre recommandée.
Autrement dit, la réponse à « faut‑il refaire un acte de caution au renouvellement du bail ? » dépend du texte exact de l’acte.
Résiliation anticipée du bail et effet sur la caution
Si le bail se termine avant son terme (congé du locataire, résiliation judiciaire, accord amiable de départ) :
- La caution reste engagée tant que des dettes liées au bail existent (loyers impayés, dégâts constatés à l’état des lieux de sortie…),
- Puis l’engagement prend fin une fois toutes les sommes régularisées.
Caution à durée indéterminée : risques et précautions
Une caution à durée indéterminée peut être rassurante pour le bailleur, mais très lourde pour la personne qui se porte garante. Côté locataire, quelques réflexes utiles :
- Informer son garant avant tout renouvellement significatif ou augmentation importante de loyer,
- Vérifier que son garant sait qu’il peut, en principe, mettre fin à l’engagement pour l’avenir en respectant les formes (souvent lettre recommandée avec AR).
La façon dont cette résiliation joue sur le bail et la relation avec le bailleur dépend des clauses du contrat et de l’existence ou non d’autres garanties (Visale, GLI…).
Renouvellement du bail et incidence sur la caution : quand refaire un acte ?
Déroulé concret du renouvellement d’un bail
Pour un bail soumis à la loi de 1989, le renouvellement se fait généralement :
- Par reconduction tacite : aucune démarche spécifique, le bail continue automatiquement si ni le bailleur ni le locataire ne donnent congé,
- Ou par renouvellement exprès : signature d’un avenant ou d’un nouveau bail, souvent lorsque des conditions changent (loyer, durée, colocation…).
À chaque échéance (3 ans pour un vide, 1 an pour un meublé…), la question se pose : l’acte de caution couvre‑t‑il encore la nouvelle période ?
Ce que dit la jurisprudence sur la caution et le bail renouvelé
Les tribunaux distinguent en gros :
- La simple reconduction tacite, considérée comme la poursuite du même bail,
- Le nouveau bail (renouvellement substantiel, changement de parties, modifications importantes), qui peut mettre fin à l’ancienne caution sauf accord clair du garant.
Si l’acte de caution prévoit explicitement qu’il couvre « le bail initial et ses reconductions tacites et renouvellements », la tendance est de considérer que l’engagement continue, sauf modification substantielle non acceptée par la caution (augmentation massive, changement de type de bail, etc.).
Clauses d’extension au renouvellement à repérer dans l’acte
Dans la vraie vie, il faut chercher dans l’acte de caution des formulations du style :
- « La présente caution est donnée pour la durée du bail et de ses renouvellements et reconductions tacites ».
- « L’engagement est valable pendant toute la durée d’occupation du logement par le locataire, y compris en cas de renouvellement du bail, dans la limite d’une durée totale de… ».
Si ce type de clause existe, le renouvellement ou la reconduction du bail ne nécessite en principe pas de nouvel acte, sauf si les conditions du bail évoluent de façon très significative.
Quand il faut faire signer un nouvel acte de cautionnement au renouvellement
Plusieurs situations imposent ou recommandent fortement de refaire un acte de caution :
- L’acte de caution est clairement limité à la durée du bail initial sans viser les renouvellements : l’engagement s’arrête à l’échéance prévue.
- Un nouveau bail est signé (par exemple passage d’un bail étudiant de 9 mois à un bail meublé 1 an) : on n’est plus sur le même contrat.
- Modification substantielle du bail : forte augmentation de loyer, changement de type de bail (vide/meublé), transformation importante de la colocation (nouveaux colocataires, passage à la solidarité…), changement de locataire.
- Changement de bailleur avec rédaction d’un nouveau contrat, sans clause claire de transfert de la caution.
Dans ces scénarios, pour éviter les zones grises, il est prudent que le bailleur fasse signer un nouvel acte de caution, et que le locataire s’assure que son garant est bien informé des nouvelles conditions.
Reconduction tacite, renouvellement exprès, nouveau bail : impacts concrets pour la caution
Pour résumer de manière pratique :
- Reconduction tacite aux mêmes conditions (même locataire, même type de bail, hausse de loyer raisonnable prévue par les clauses) + acte de caution mentionnant les renouvellements : en général, pas besoin de refaire un acte.
- Renouvellement avec avenant modifiant certains points (loyer, durée…) mais sans tout bouleverser, et couvert par une clause d’extension dans l’acte : souvent, l’ancienne caution continue, mais il est utile de confirmer par écrit au garant la poursuite de son engagement.
- Nouveau bail (nouvel occupant, changement majeur de configuration, nouveau type de bail, nouvelle durée très différente) : le plus sûr reste de proposer un nouvel acte de caution.
Checklist rapide pour un locataire au moment du renouvellement
Au moment où le bail est reconduit ou renouvelé, quelques vérifications simples permettent d’y voir clair :
- Relire l’acte de caution : durée, mentions sur les renouvellements, montant maximal garanti.
- Vérifier si les conditions du bail changent beaucoup (loyer, charges, type de bail, colocation…).
- Demander à l’agence ou au bailleur si un nouvel acte de caution est prévu, et pourquoi.
- Informer le garant du contenu exact du renouvellement (nouveau loyer, nouvelle durée…).
En cas de doute, une consultation rapide des fiches service-public.fr sur le bail d’habitation ou un échange avec l’ADIL locale permet d’éviter les malentendus.


Modèles d’actes de cautionnement et bonnes pratiques
Adapter un modèle à la réalité du bail
Un bon modèle d’acte de caution doit être ajusté à la situation réelle :
- Montant du loyer et des charges actuel,
- Indexation prévue (révision annuelle) et éventuels plafonds,
- Type de bail (vide, meublé, étudiant) et durée de base,
- Colocation ou non, solidarité éventuelle.
Plus le texte est clair, moins il y aura de débat le jour où se posera la question du renouvellement.
Bonnes pratiques de forme pour sécuriser la signature
Pour éviter les contestations :
- Vérifier la date de la signature de l’acte de caution (elle doit être cohérente avec celle du bail),
- Faire figurer clairement le nom du bailleur et du locataire,
- Éviter les ratures et ajouts non paraphés,
- Conserver un exemplaire signé de l’acte avec le bail et l’état des lieux.
Erreurs fréquentes à éviter dans un acte de cautionnement
- Laisser la durée floue sans que le garant comprenne qu’il s’agit potentiellement d’un engagement à durée indéterminée,
- Oublier de mentionner la prise en charge des renouvellements, ce qui complique tout au bout de 3 ans,
- Ne pas fixer de montant maximal garanti, alors que c’est un élément important de sécurité juridique,
- Confondre dépôt de garantie et caution dans la rédaction.
En cas de renouvellement, ces zones d’ombre peuvent donner lieu à des discussions, voire à la remise en cause de la validité de la caution en justice.
Questions fréquentes sur le garant et le renouvellement du bail
Faut‑il systématiquement refaire un acte de caution quand le bail est renouvelé ?
Non, pas systématiquement. Si l’acte de caution :
- vise clairement « le bail initial et ses renouvellements/reconductions tacites »,
- et que les conditions du bail ne changent pas de manière substantielle,
l’engagement du garant se poursuit en principe sans besoin de nouvel acte. En revanche, s’il est limité à la durée initiale ou si un nouveau bail est signé (changement de type de bail, de locataire, colocation remaniée, etc.), il est fortement recommandé de refaire un acte de caution.
Comment vérifier si la caution continue après le renouvellement du bail ?
Il faut relire l’acte de caution en se concentrant sur 3 points :
- La durée : mention explicite ou non d’un terme, et mention des renouvellements ou non,
- L’objet : référence au bail initial uniquement ou à « toute occupation du logement par le locataire »,
- Le montant maximal garanti : est‑il suffisant après l’augmentation du loyer ?
En cas de doute, mieux vaut échanger avec le bailleur et, si besoin, consulter les fiches officielles sur service-public.fr ou une ADIL.
Que se passe‑t‑il si le garant ne veut plus être engagé au moment du renouvellement ?
Si la caution est à durée déterminée et qu’elle arrive à son terme (par exemple à 3 ans), l’engagement prend fin. Le bailleur peut alors :
- accepter de continuer le bail sans garant,
- ou demander un nouveau garant ou une autre garantie (Visale, GLI…),
- ou refuser le renouvellement dans le respect des délais et motifs légaux.
Si la caution est à durée indéterminée, le garant peut la résilier pour l’avenir, généralement par lettre recommandée avec AR. Là encore, le bailleur pourra accepter ou réaménager les garanties.
Une forte augmentation de loyer au renouvellement remet‑elle en cause la caution ?
Une augmentation raisonnable et prévue par le bail (indexation légale) est en principe couverte par la caution, si l’acte vise les renouvellements. En revanche, une augmentation très importante non prévue à l’origine peut être considérée comme une modification substantielle du risque pour le garant.
Dans ce cas, si la caution n’a pas donné son accord explicite à cette nouvelle situation, elle pourrait contester l’extension de son engagement devant un juge. D’où l’intérêt, en cas d’augmentation très marquée, de formaliser clairement le maintien ou la renégociation de l’acte de caution.
En colocation, faut‑il refaire les actes de caution quand un colocataire part ou arrive ?
Très souvent, oui. Le départ ou l’arrivée d’un colocataire peut être assimilé à un nouveau bail (ou à une refonte du bail existant). Dans ce cas :
- Les anciens garants peuvent ne plus être engagés pour les nouveaux colocataires s’ils n’ont rien signé en ce sens,
- De nouveaux actes de caution sont généralement demandés pour les personnes qui entrent.
C’est un point à bien clarifier avec l’agence ou le bailleur au moment où la colocation bouge, pour éviter qu’un proche reste garant de personnes qu’il ne connaît même pas.
Que faire si le bailleur refuse de renouveler le bail sans nouveau garant ?
Le bailleur a le droit de conditionner le renouvellement du bail à l’existence d’une garantie satisfaisante (garant, Visale, etc.), tant qu’il respecte les règles légales (notamment l’interdiction de cumuler certaines garanties et l’encadrement des motifs de non-renouvellement). Si le garant actuel se retire ou si l’acte arrive à échéance, il peut demander un nouveau garant.
En cas de désaccord sur le non-renouvellement, et si le motif paraît discutable, il est prudent de demander conseil rapidement (ADIL, association de locataires, avocat) pour vérifier les droits et délais de recours.
Que se passe‑t‑il si le garant décède pendant le bail ou devient insolvable ?
En cas de décès du garant, sa succession peut être tenue des dettes déjà nées, mais l’engagement n’a plus de sens pour l’avenir si personne ne reprend la caution. Si le garant devient insolvable (perte d’emploi, surendettement…), la caution reste valable juridiquement, mais moins efficace en pratique.
Le bailleur peut alors chercher une autre garantie (nouveau garant, GLI, Visale…), voire conditionner le renouvellement du bail à l’obtention d’une nouvelle caution.
Un étudiant sans revenus peut‑il renouveler son bail sans guarant ?
Tout dépend du bailleur. Juridiquement, rien n’oblige un bailleur à accepter un locataire ou un renouvellement de bail sans garantie s’il estime le risque trop important. En pratique, plusieurs options existent :
- Garantie Visale si le profil est éligible,
- Garant associatif ou organisme spécialisé dans certains cas,
- Négociation avec le bailleur sur la base d’autres éléments (bourse, revenus réguliers, caution bancaire, etc.).
Les conditions et aides possibles sont détaillées sur les fiches « Logement étudiant » de service-public.fr.
Quiz express (1 minute) — Garant & renouvellement de bail
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