En résumé
Les annexes obligatoires d’un bail d’habitation (et la preuve de leur remise) sécurisent le bailleur : elles varient selon le logement et la location, et leur oubli expose à des litiges et sanctions.
- Les annexes sont encadrées par la loi (1989, ALUR) et le bail type, surtout pour la résidence principale (vide, meublé, colocation) et souvent le bail mobilité.
- L’absence d’une annexe ne rend pas toujours le bail nul, mais fragilise le propriétaire (contestation, baisse de loyer, dommages-intérêts, voire résolution dans certains cas).
- À joindre presque systématiquement : notice d’information locataire à jour, Dossier de Diagnostics Techniques (DDT) adapté, et état des lieux d’entrée signé.
- Le DDT varie selon les cas (DPE, ERP, plomb, amiante, électricité/gaz, bruit) et un diagnostic périmé/incomplet est souvent assimilé à une absence.
- L’assurance habitation du locataire doit être exigée avant la remise des clés puis chaque année, et conservée comme preuve.
- En copropriété, il faut annexer les extraits pertinents du règlement pour prévenir les litiges d’usage (bruit, stationnement, animaux, etc.).
- Cas particuliers : meublé = inventaire obligatoire, colocation = annexes remises à chaque signataire, zones encadrées = justificatifs sur loyer de référence et loyer précédent.
- Avant signature, certaines informations doivent être communiquées (loyer/charges/dépôt/surface, éléments DPE/risques, et loyers de référence en zone encadrée), et les pièces demandables au locataire sont limitées.
- Bonne pratique : lister toutes les annexes dans le bail, faire signer/horodater leur remise (papier ou e-signature fiable) et archiver proprement.
- En cours de bail, certaines annexes/informations peuvent nécessiter une mise à jour (ERP, diagnostics, évolutions réglementaires) à transmettre par écrit pour garder une preuve.
Au moment de signer un bail d’habitation, la question cruciale n’est pas seulement « que contient le contrat ? », mais aussi « quelles annexes sont obligatoires au contrat de location ? ». En cas de contrôle ou de litige avec le locataire, ce sont souvent ces documents annexes qui font la différence entre une situation sécurisée et une mise en cause de la responsabilité du propriétaire.
Ce guide détaille, de manière à jour et conforme au droit français, la liste des annexes à remettre au locataire (diagnostics, notice, état des lieux, règlement de copropriété, assurance, etc.), les cas particuliers (meublé, vide, colocation, encadrement des loyers) et la meilleure façon de prouver leur remise. Les références renvoient aux textes en vigueur, principalement la loi du 6 juillet 1989 et la loi ALUR.
Rappels légaux sur les annexes au bail d’habitation
Les principaux textes qui encadrent les annexes du bail
Les obligations de remise de documents au locataire proviennent principalement des textes suivants :
- la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs (baux de résidence principale, vide et meublé)
- la loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014 (création du bail type, notice d’information, renforcement des diagnostics, encadrement des loyers)
- le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 relatif au bail type et aux informations à fournir au locataire
- le Code de la construction et de l’habitation (CCH), notamment pour les diagnostics (DPE, électricité, gaz, plomb, amiante)
- les arrêtés relatifs à l’état des risques (ERP) et au diagnostic bruit des aérodromes
- les décrets et arrêtés locaux concernant l’encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Montpellier, Bordeaux, etc., susceptibles d’évoluer).
Ces textes sont régulièrement actualisés. En pratique, la vérification doit systématiquement passer par les fiches officielles mises à jour sur service-public.fr, ainsi que par le site ecologie.gouv.fr pour les diagnostics et l’état des risques.
Les types de baux concernés par ces annexes
Les obligations d’annexes décrites ici concernent principalement :
- les locations à usage de résidence principale du locataire (loi du 6 juillet 1989) :
- logement loué vide (bail « nu »)
- logement loué meublé
- colocation de résidence principale (bail unique ou baux multiples)
- les baux mobilité (régime spécifique mais inspiré de la loi de 1989, avec une liste d’annexes similaire pour les diagnostics notamment).
Les locations saisonnières, logements de fonction, résidences secondaires ou certaines locations très spécifiques (logements sociaux, logements conventionnés ANAH) peuvent relever d’autres régimes : les annexes obligatoires diffèrent alors partiellement. Une vérification au cas par cas est indispensable via les fiches dédiées de service-public.fr (bail d’habitation).
Les conséquences juridiques en cas d’oubli d’une annexe
L’absence d’un document obligatoire annexé au bail n’entraîne pas toujours la nullité du contrat, mais les risques pour le bailleur sont réels :
- action en diminution de loyer ou en dommages-intérêts (par exemple pour un DPE erroné ou manquant, ou un état des risques non remis)
- résolution du contrat dans certains cas de défaut d’information sur les risques ou sur la décence du logement
- impossibilité de prouver un accord (absence d’état des lieux, inventaire de mobilier incomplet, règlement de copropriété non communiqué)
- sanctions administratives potentielles en cas de non-respect de l’encadrement des loyers ou de location d’un logement énergivore interdit à la location.
Au-delà des sanctions, un défaut d’annexe fragilise fortement la position du propriétaire en cas de contestation devant le juge, car la charge de la preuve pèse largement sur le bailleur.
Différence entre documents précontractuels et annexes au bail
Deux temps doivent être clairement distingués :
- avant la signature : le candidat locataire doit recevoir certaines informations pour se décider (montant du loyer précédent en zone encadrée, DPE, informations sur les risques, etc.)
- au moment de la signature : le bail doit être accompagné de l’ensemble des annexes obligatoires (DDT complet, notice d’information, état des lieux, règlement de copropriété, etc.).
Certains documents jouent donc un double rôle : information précontractuelle et annexe au bail (exemple typique : DPE, état des risques). Pour sécuriser la situation, la remise doit être datée et prouvée à ces deux étapes.
Les documents obligatoires à annexer à tout bail d’habitation
La notice d’information locataire
La notice d’information est obligatoire pour tous les baux de résidence principale, qu’ils soient nus ou meublés, qu’il s’agisse d’une location ou d’une colocation (article 3 de la loi du 6 juillet 1989). Elle rappelle :
- les droits et obligations respectifs du bailleur et du locataire
- les règles relatives au loyer, au dépôt de garantie, aux charges
- les conditions de congé (préavis, motifs)
- les principales voies de recours en cas de litige.
Elle doit être annexée au contrat lors de sa signature, dans la version en vigueur à cette date (voir plus loin pour le lien vers les modèles officiels).
Le dossier de diagnostics techniques (DDT)
Le DDT regroupe plusieurs diagnostics dont la composition exacte dépend de la situation du logement. Sauf cas très particuliers, il comprend au minimum :
- le diagnostic de performance énergétique (DPE)
- l’état des risques (ERP)
- le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) pour les immeubles anciens
- l’état d’amiante dans certains cas
- les diagnostics électricité et gaz selon l’ancienneté des installations
- le diagnostic bruit si le logement est en zone d’exposition au bruit d’un aérodrome.
Ce DDT doit être annexé au bail, dans sa version valide au jour de la signature. Les durées de validité diffèrent selon les diagnostics (voir plus loin).
L’état des lieux d’entrée
L’état des lieux d’entrée est obligatoire pour les baux soumis à la loi de 1989. Il est réalisé au moment de la remise des clés, de manière contradictoire (bailleur et locataire ou leurs mandataires). Il peut être annexé au bail ou formalisé dans un document séparé, mais doit être signé par les deux parties et remis au locataire.
Sans état des lieux d’entrée, le logement est présumé avoir été remis en bon état, ce qui rend très difficile toute retenue sur le dépôt de garantie en fin de bail.
L’attestation d’assurance habitation du locataire
Le locataire a l’obligation de s’assurer contre les risques locatifs (incendie, explosion, dégâts des eaux) et de justifier de cette assurance lors de la remise des clés puis chaque année (article 7 g de la loi de 1989). L’attestation n’est pas nommée explicitement comme « annexe obligatoire » dans la loi, mais dans la pratique :
- le bail peut prévoir expressément que l’attestation est annexée au contrat lors de la signature
- en tout état de cause, le bailleur doit exiger une preuve d’assurance avant la remise des clés.
En cas de défaut d’assurance, des mesures spécifiques sont possibles (voir plus loin).
Les extraits du règlement de copropriété
Lorsque le logement est situé dans un immeuble soumis au statut de la copropriété, le bail doit comporter en annexe les extraits du règlement de copropriété concernant :
- la destination de l’immeuble
- la jouissance et l’usage des parties privatives et communes
- la répartition des charges.
Cette obligation vise à informer clairement le locataire, par exemple sur :
- l’interdiction d’exercer une activité professionnelle
- les règles de stationnement
- les restrictions en matière de bruit, d’animaux, d’usage des balcons, etc.
Les documents relatifs aux travaux réalisés dans le logement
Certains travaux doivent être portés à la connaissance du locataire, notamment lorsqu’ils ont un impact sur la sécurité ou la salubrité du logement :
- rapports de mise en conformité électricité ou gaz
- rapport de désamiantage ou d’encapsulage
- travaux de rénovation énergétique (isolation, changement de chaudière, etc.) ayant modifié le DPE.
Ces documents ne sont pas tous érigés en annexes « obligatoires » par la loi, mais leur communication est fortement recommandée pour prouver la conformité et la décence du logement, ainsi que la sincérité des diagnostics. Dans certains dispositifs (logement conventionné ANAH, dispositifs fiscaux), leur conservation et, parfois, leur remise au locataire sont impératives.

La notice d’information annexée au contrat de location
Définition et rôle de la notice d’information locataire
La notice d’information locataire est un document type, fixé par arrêté, qui doit être annexé à tout bail de résidence principale soumis à la loi de 1989. Elle a pour but :
- d’informer le locataire et le bailleur sur leurs droits et obligations
- d’expliquer le fonctionnement de l’état des lieux, du dépôt de garantie, de la révision de loyer
- de présenter les voies de recours amiables et judiciaires en cas de litige
- de rappeler les critères de décence et les obligations d’entretien.
Elle participe à l’équilibre de la relation locative et limite les contestations fondées sur une prétendue ignorance des règles.
Contenu de la notice : droits, obligations, charges
La notice couvre notamment :
- les obligations principales du bailleur (délivrer un logement décent, assurer la jouissance paisible, effectuer les grosses réparations)
- les obligations du locataire (paiement du loyer et des charges, entretien courant, assurance, usage paisible)
- la répartition des réparations locatives et des charges récupérables
- les règles relatives au dépôt de garantie (montant maximal, délai de restitution, retenues possibles)
- les modalités de congé et de préavis
- les dispositifs de règlement des litiges (conciliation, commission départementale de conciliation, juge).
Où trouver la notice officielle et quelle version utiliser
La notice officielle est mise à disposition par les pouvoirs publics. Les liens exacts peuvent évoluer, mais les sources fiables sont notamment :
- la fiche « Contrat de location : logement vide ou meublé » sur service-public.fr, qui renvoie aux modèles de bail et à la notice
- le site legifrance.gouv.fr via l’arrêté fixant le contenu de la notice.
Point essentiel : la version annexée doit être celle en vigueur à la date de signature du bail. L’utilisation d’une ancienne notice, obsolète, peut être contestée, surtout si elle omet des obligations nouvelles (performance énergétique, encadrement des loyers, etc.).
Sanctions en cas d’absence de notice d’information
L’absence de notice n’entraîne pas automatiquement la nullité du bail, mais elle peut être invoquée par le locataire pour :
- contester certaines clauses
- soutenir qu’il n’a pas été correctement informé de ses droits
- demander des dommages-intérêts en cas de préjudice démontré.
Dans un contentieux, un juge appréciera défavorablement la négligence du bailleur qui n’a pas remis un document pourtant standardisé et facilement accessible. L’annexion systématique de la notice est donc indispensable.
Le dossier de diagnostics techniques (DDT) à remettre au locataire
Principe du dossier de diagnostics techniques annexé au bail
Le DDT réunit, dans un seul ensemble, tous les diagnostics obligatoires applicables au logement. Il doit être remis au locataire :
- au plus tard à la signature du bail
- dans une version lisible, datée, établie par des professionnels certifiés lorsque la loi l’exige.
Un diagnostic périmé ou incomplet est assimilé, en pratique, à une absence de diagnostic. La responsabilité du bailleur peut alors être engagée, notamment pour vice caché ou défaut d’information.
Le diagnostic de performance énergétique (DPE)
Le DPE est obligatoire pour la quasi-totalité des locations de logements, avec quelques exceptions particulières (constructions provisoires, bâtiments indépendants de très petite surface, etc.). Il fournit :
- une étiquette énergie (A à G)
- une étiquette climat (émissions de gaz à effet de serre)
- des estimations de consommation et de coûts énergétiques
- des recommandations de travaux.
Points d’attention :
- durée de validité généralement de 10 ans, sous réserve de réformes et de règles transitoires (vérification à effectuer sur ecologie.gouv.fr)
- interdiction progressive de louer les logements les plus énergivores (étiquettes F et G) selon un calendrier fixé par la loi Climat et Résilience
- un DPE erroné ou trompeur peut justifier une action en justice du locataire (réduction de loyer, dommages-intérêts).
Le constat des risques d’exposition au plomb (CREP)
Le CREP est obligatoire pour les immeubles à usage d’habitation construits avant une certaine date (généralement avant 1949, à confirmer sur service-public.fr en fonction des évolutions). Il :
- recherche la présence de plomb dans les peintures
- identifie les situations de risque pour les occupants.
La durée de validité dépend du résultat :
- en l’absence de risque (plomb sous les seuils réglementaires) : validité illimitée en principe
- en présence de risque : durée réduite, avec recommandations ou obligations de travaux.
L’absence de CREP en cas d’obligation peut être très sévèrement appréciée, car l’exposition au plomb concerne directement la santé des occupants (et en particulier des enfants).
L’état d’amiante et les diagnostics électricité / gaz
Selon la date de construction de l’immeuble et la nature des installations, d’autres diagnostics s’imposent :
- amiante : pour les immeubles dont le permis de construire est antérieur à une certaine date (souvent 1997), un état d’amiante peut être requis, notamment lors de travaux ou dans le cadre de certaines locations
- électricité : diagnostic obligatoire si l’installation intérieure a plus de 15 ans (durée de validité en principe de 6 ans pour la location)
- gaz : diagnostic également obligatoire si l’installation intérieure de gaz a plus de 15 ans (validité comparable à celle de l’électricité, à vérifier sur service-public.fr).
Ces diagnostics visent à informer le locataire sur la sécurité des installations. En cas d’accident (incendie, intoxication), un manquement du bailleur sur ces points peut gravement engager sa responsabilité.
L’état des risques (ERP : inondation, sismicité, radon, pollutions, etc.)
L’état des risques et pollutions (ERP, anciennement ESRIS, ERNMT…) est obligatoire lorsque le logement est situé :
- dans une zone couverte par un plan de prévention des risques (naturels, miniers, technologiques)
- dans une zone de sismicité réglementaire
- dans une zone à potentiel radon particulier
- dans des secteurs spécifiquement définis par arrêté préfectoral.
Caractéristiques à retenir :
- formulaire officiel à utiliser, disponible sur georisques.gouv.fr
- durée de validité courte (quelques mois) : il doit être mis à jour à chaque nouvelle location
- l’absence d’ERP ou la fourniture d’un ERP périmé peut permettre au locataire de demander la résolution du contrat ou une diminution de loyer.
Le diagnostic bruit des aérodromes
Lorsqu’un logement se situe dans le périmètre d’un plan d’exposition au bruit (PEB) d’un aérodrome, un document spécifique doit être remis au locataire :
- il informe sur la zone de bruit (A à D)
- il précise l’exposition sonore prévisible.
Ce diagnostic, obligatoire dans ces zones, permet au locataire de louer en connaissance de cause, notamment pour les nuisances sonores importantes.
La validité des diagnostics et la nécessité de mise à jour
Chaque diagnostic a sa propre durée de validité, souvent modifiée par les réformes récentes. Quelques repères indicatifs (à confirmer sur service-public.fr) :
- DPE : en principe 10 ans, avec des règles de transition selon la date d’établissement et les réformes successives
- diagnostics électricité et gaz : souvent 6 ans pour la location
- CREP : validité illimitée en l’absence de risque, plus courte en cas de présence de plomb
- ERP : validité généralement de 6 mois
- diagnostic amiante : règles spécifiques, à vérifier en fonction de la situation.
Un diagnostic toujours valable au regard de sa date mais établi selon une ancienne réglementation peut nécessiter une actualisation. Avant chaque nouvelle location, un contrôle précis de l’ensemble du DDT s’impose.
L’état des lieux d’entrée et de sortie comme documents pivots
Forme et mentions obligatoires de l’état des lieux
L’état des lieux doit être établi de façon contradictoire, daté et signé par les deux parties. Qu’il soit annexé au bail ou rédigé dans un document séparé, il doit comporter au minimum :
- l’adresse du logement
- l’identité des parties (ou de leurs mandataires)
- la date d’établissement
- le détail pièce par pièce : sols, murs, plafonds, menuiseries, installations et équipements, avec mention de leur état
- les relevés de compteurs individuels (eau, gaz, électricité), lorsqu’ils existent
- le nombre de clés remises et leur description.
État des lieux papier ou numérique
L’état des lieux peut être :
- rédigé sur papier, signé par les deux parties, chacune disposant d’un original
- établi sous forme numérique, signé électroniquement via une solution de signature conforme (horodatage, intégrité du document).
L’option numérique facilite l’ajout de photos, l’archivage et la preuve de la date de signature. En revanche, il est essentiel de s’assurer que le locataire reçoit bien une copie immédiatement (par mail ou téléchargement sécurisé).
Signature, corrections après emménagement et chauffage
Le locataire dispose d’un délai légal (en général 10 jours après la remise des clés, plus la première période de chauffe pour le chauffage) pour demander des modifications de l’état des lieux d’entrée en cas de défauts constatés à l’usage. Le bailleur doit :
- répondre aux demandes raisonnables
- formaliser les corrections par un avenant à l’état des lieux, signé des deux parties
- archiver cette version mise à jour.
En cas de désaccord, il est possible de recourir à un huissier (coût généralement partagé), ce qui donne à l’état des lieux une force probante renforcée.
Impact sur le dépôt de garantie et les retenues en fin de bail
En fin de bail, l’état des lieux de sortie est comparé à celui d’entrée. Sans cette comparaison :
- les dégradations ne peuvent pas être imputées au locataire, sauf preuve contraire particulièrement difficile à rapporter
- les retenues sur le dépôt de garantie risquent d’être contestées et rejetées par le juge.
Un état des lieux précis, illustré par des photos datées, protège donc fortement le propriétaire contre les contestations abusives et facilite la justification des devis ou factures de remise en état.

L’attestation d’assurance habitation du locataire
Les risques locatifs à couvrir
Le locataire doit s’assurer, au minimum, contre les risques locatifs :
- incendie
- explosion
- dégâts des eaux.
La plupart des contrats d’assurance habitation couvrent ces risques de base, mais la vérification du contenu de l’attestation reste prudente, surtout en colocation ou en meublé.
Moment et modalités de la demande d’attestation
En pratique, la procédure la plus sécurisante consiste à :
- prévoir dans le bail que la remise des clés est conditionnée à la présentation d’une attestation d’assurance valide
- exiger cette attestation avant ou au plus tard le jour de la signature
- conserver une copie (papier ou numérique) annexée au dossier du bail.
Cette attestation peut figurer en annexe au contrat, avec mention explicite dans la liste des annexes, ce qui renforce la preuve de remise.
Renouvellement annuel et conservation de la preuve
Chaque année, le locataire doit fournir une nouvelle attestation, généralement à la date anniversaire du bail ou à la demande du bailleur. Il est fortement recommandé de :
- mettre en place un rappel systématique (agenda, logiciel, tableau de suivi)
- archiver chaque attestation annuelle, datée, pour couvrir toute la période de location.
Conséquences en cas de défaut d’assurance
En cas de non-présentation de l’attestation, la loi permet au bailleur :
- de mettre en demeure le locataire de s’assurer
- de souscrire une assurance pour le compte du locataire et de répercuter le coût sur celui-ci (avec majoration limitée)
- ou, selon le bail, d’engager une procédure de résiliation pour manquement du locataire à ses obligations.
Ces options supposent un strict respect des formes (mise en demeure, délai, clauses du bail). Le recours à un professionnel de la gestion locative ou à un avocat peut être pertinent en cas de contentieux.
Règlement de copropriété, charges et informations à annexer
Les extraits du règlement de copropriété à communiquer
Pour les logements en copropriété, la loi impose la communication d’extraits du règlement portant sur :
- la destination de l’immeuble (habitation exclusivement, mixte, possibilité d’activités libérales, etc.)
- la jouissance des parties privatives (usage des balcons, terrasses, jardins, caves, stationnement)
- l’usage des parties communes (escaliers, ascenseurs, local vélos, etc.)
- la répartition des charges (principales règles, clés de répartition).
Cela permet de prévenir de nombreux litiges, notamment en matière de nuisances sonores, d’animaux domestiques ou d’utilisation de locaux annexes.
Répartition des charges locatives et documents utiles
La loi impose une information claire sur :
- la nature des charges récupérables sur le locataire (décret du 26 août 1987)
- les modalités de régularisation annuelle des charges
- le cas échéant, le mode de répartition retenu (par tantièmes, par surface, etc.).
Il est souvent utile de joindre en annexe :
- un tableau récapitulatif des charges récupérables courantes
- le dernier décompte annuel de charges de la copropriété, ou au minimum les grandes masses pour donner une idée réaliste au locataire.
Information sur les parties communes, usage des locaux, nuisances
Certains points doivent être clairement expliqués, soit dans le bail, soit via le règlement de copropriété :
- restrictions sur l’usage des caves et parkings (stockage, stationnement de certains véhicules)
- règles de tri des déchets, utilisation du local poubelles
- horaires de fermeture des parties communes
- règles sur les travaux dans les lots (horaires autorisés, déclaration au syndic).
L’annexion d’un extrait clair du règlement sur ces questions limite les contestations ultérieures (exemple : locataire qui gare un véhicule interdit ou entrepose des objets dans les couloirs).
Cas des maisons individuelles non soumises à la copropriété
Pour une maison individuelle, il n’existe généralement pas de règlement de copropriété. Toutefois, d’autres documents peuvent être utiles ou nécessaires :
- règlement de lotissement ou cahier des charges, s’il existe
- règlement intérieur d’un ensemble résidentiel géré par une ASL ou une AFUL
- informations sur les servitudes éventuelles (droit de passage, servitudes de vue, etc.).
Ces documents ne sont pas toujours érigés en annexes obligatoires, mais leur omission peut conduire à des litiges avec le voisinage que le locataire n’aura pas anticipés.

Documents spécifiques selon le type de location
Spécificités du bail de location vide
Pour un logement vide loué en résidence principale, la durée et certaines règles de congé diffèrent du meublé, mais la plupart des annexes restent communes :
- notice d’information
- DDT complet
- état des lieux
- éventuels extraits de règlement de copropriété
- informations sur le loyer précédent et les loyers de référence en zone encadrée.
La particularité principale tient au fait qu’il n’y a pas d’inventaire de mobilier à établir.
Spécificités du bail de location meublée : inventaire du mobilier
En location meublée de résidence principale, un inventaire détaillé du mobilier et des équipements doit être annexé au bail. Il doit comporter :
- la liste exhaustive des éléments fournis (lit, matelas, table, chaises, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle minimale, etc.)
- leur quantité
- leur état au moment de l’entrée dans les lieux (neuf, bon état, usure habituelle, rayures, etc.).
La loi fixe une liste minimale d’équipements pour qu’un logement soit qualifié de meublé. Cette liste est présentée sur la fiche dédiée de service-public.fr. En l’absence d’inventaire ou en cas d’inventaire incomplet, il devient très difficile :
- de prouver la disparition d’un élément
- d’imputer au locataire la dégradation d’un équipement.
Colocation avec bail unique ou baux multiples
En colocation, les annexes sont sensiblement les mêmes, mais quelques points demandent vigilance :
- bail unique : un seul contrat, un seul DDT, un seul état des lieux, une notice, un règlement de copropriété ; tous les colocataires signent le même ensemble de documents
- baux multiples : chaque colocataire signe un bail distinct, avec ses propres annexes (copie du DDT, notice, règlement, etc.), même si le logement et les diagnostics sont les mêmes.
En cas de rotation de colocataires dans un bail unique, un avenant et parfois un nouvel état des lieux de la chambre concernée peuvent être nécessaires. La gestion des annexes devient alors plus complexe, ce qui justifie souvent l’intervention d’un professionnel.
Location saisonnière, bail mobilité : annexes à adapter
La location saisonnière et certaines locations de courte durée ne sont pas soumises à la loi de 1989. Toutefois :
- les diagnostics techniques (notamment DPE, ERP, diagnostics gaz/électricité) restent, pour partie, applicables
- l’information sur les risques (ERP, bruit) demeure indispensable.
Le bail mobilité, lui, relève d’un régime spécifique, mais s’inspire largement du meublé de résidence principale. Les diagnostics et l’inventaire du mobilier doivent y être traités avec la même rigueur.

Documents à remettre avant la signature du bail
Informations précontractuelles à fournir au candidat locataire
Avant même la signature, certaines informations doivent être données au candidat locataire :
- montant du loyer demandé, charges comprises et hors charges
- montant du dépôt de garantie
- surface habitable (loi Boutin) pour la résidence principale
- en zone d’encadrement des loyers : loyer de référence, loyer de référence majoré, loyer précédent appliqué au dernier locataire et date de ce loyer
- résultats du DPE
- éventuellement, principales conclusions de l’ERP.
Liste des pièces justificatives pouvant être demandées au locataire
Le bailleur ne peut pas exiger n’importe quel document. La liste des pièces autorisées est strictement encadrée par la loi et détaillée sur service-public.fr (liste des pièces justificatives du locataire). Quelques exemples autorisés :
- pièce d’identité
- justificatif de domicile actuel
- justificatifs de situation professionnelle
- justificatifs de ressources (bulletins de salaire, avis d’imposition, etc.).
Certains documents sont expressément interdits (extraits de casier judiciaire, relevés de compte bancaire, etc.). Leur demande peut engager la responsabilité du bailleur.
Projet de bail, loyer précédent, travaux récents
En pratique, il est fortement recommandé de :
- transmettre un projet de bail au candidat retenu avant la signature, avec la liste prévisionnelle des annexes
- en zone d’encadrement des loyers, communiquer clairement le loyer précédent et les loyers de référence
- informer des travaux récents importants (rénovation énergétique, changement de chaudière) qui justifient le niveau du loyer.
Bonnes pratiques pour sécuriser le choix du locataire
Au-delà du strict cadre légal, certaines pratiques limitent les risques :
- vérification attentive de la cohérence des pièces fournies (revenus, charges, situation professionnelle)
- contact avec l’employeur ou l’ancien bailleur, lorsque c’est possible et licite
- préférence pour des revenus stables et un taux d’effort raisonnable
- mise en place d’une caution solvable ou d’une garantie loyers impayés, en respectant les règles qui interdisent de cumuler certains dispositifs.
Gestion pratique des annexes : organisation et preuve
Check-list pratique des annexes à joindre au bail
Pour un logement de résidence principale (vide ou meublé), la check-list type comprend :
- bail signé (version conforme au bail type légal)
- notice d’information locataire à jour
- DDT complet : DPE, ERP, diagnostics électricité/gaz, CREP, amiante, bruit, selon les cas
- état des lieux d’entrée (ou engagement de le faire le jour de la remise des clés, puis archivage immédiat)
- inventaire du mobilier pour les meublés
- extraits du règlement de copropriété (ou règlement de lotissement)
- documents relatifs au loyer précédent et au loyer de référence en zone encadrée
- attestation d’assurance du locataire (à part ou en annexe, mais toujours archivée)
- éventuels justificatifs de travaux récents importants.
Preuve de remise : signature manuscrite ou électronique
Pour éviter toute contestation, le bail doit comporter un paragraphe listant l’ensemble des annexes remises, avec une case à cocher ou une mention spécifique à côté de chaque document. Le locataire signe :
- à la main sur chaque exemplaire papier, ou
- électroniquement sur un fichier PDF incluant toutes les annexes, avec horodatage.
La signature électronique doit être réalisée via un prestataire fiable, afin de garantir la valeur probante des documents (intégrité, date certaine).
Classement et archivage numérique des documents
Une organisation rigoureuse des annexes permet de répondre rapidement à toute demande ou contestation :
- création d’un dossier numérique par logement et par locataire, contenant bail, annexes, échanges de mails, mises à jour
- utilisation d’un coffre-fort numérique ou d’un service d’archivage sécurisé
- sauvegardes régulières pour éviter toute perte de données.
Mises à jour en cours de bail : nouveaux diagnostics, nouveaux arrêtés
En cours de bail, des évolutions peuvent survenir :
- nouvel ERP en cas de modification des risques ou de catastrophe naturelle
- nouveaux diagnostics après travaux ou à l’expiration d’une validité
- modification du plan d’exposition au bruit
- nouveaux textes sur la performance énergétique ou la décence.
Dans ces cas, l’information du locataire doit être mise à jour, de préférence par écrit (courrier, mail avec accusé de réception) et, si nécessaire, par avenant au bail ou annexe complémentaire.
FAQ sur les annexes obligatoires au bail d’habitation
Quelles sont les annexes obligatoires au bail d’habitation en 2026 ?
Pour un bail de résidence principale, vide ou meublé, les annexes essentielles comprennent, sauf exception particulière :
- la notice d’information locataire à jour
- le dossier de diagnostics techniques complet (DPE, ERP, diagnostics électricité/gaz, CREP, amiante, bruit selon la situation)
- l’état des lieux d’entrée (au moment de la remise des clés, éventuellement annexé ensuite)
- l’inventaire du mobilier pour les locations meublées
- les extraits du règlement de copropriété ou les règlements applicables (lotissement, ASL)
- en zones d’encadrement des loyers, les documents relatifs au loyer précédent et aux loyers de référence
- éventuels documents relatifs à des travaux importants ou à la mise en conformité, fortement recommandés.
L’attestation d’assurance du locataire, bien qu’elle ne soit pas systématiquement listée comme « annexe obligatoire » par la loi, doit être exigée et conservée dès l’entrée dans les lieux.
Quelles sont les mentions obligatoires dans le corps du bail de location ?
Certaines informations doivent impérativement figurer dans le texte même du contrat, et non uniquement en annexe, notamment :
- l’identité des parties
- la description du logement et de ses annexes (cave, parking, jardin, etc.)
- la destination des lieux (usage d’habitation principale)
- le montant du loyer, des charges, du dépôt de garantie et les modalités de paiement
- la durée du bail
- les conditions de révision du loyer (indice de référence, périodicité)
- les conditions de congé (préavis, formes).
Ces mentions sont rappelées et détaillées dans le bail type fixé par décret, consultable via service-public.fr.
Que recouvrent les annexes d’un contrat de location en général ?
Les annexes regroupent tous les documents qui complètent et précisent le contrat de location :
- les diagnostics (DDT)
- les notices et règlements (notice d’information, règlement de copropriété)
- les documents descriptifs (état des lieux, inventaire de mobilier)
- les documents justificatifs (loyer précédent, loyer de référence, attestations diverses).
Ils ont la même valeur que le bail lui-même et peuvent être invoqués en cas de litige. Leur absence ou leur imprécision affaiblit considérablement la position du bailleur.
Que risque un propriétaire qui oublie une annexe obligatoire ?
Les risques varient selon le document manquant :
- DDT incomplet ou absent : possibilité pour le locataire de demander une diminution de loyer, des dommages-intérêts, voire la résolution du bail dans certains cas graves (vice caché, risque important)
- ERP manquant : possibilité de résolution du contrat ou de baisse de loyer, responsabilité civile du bailleur en cas de sinistre
- état des lieux absent : difficultés à prouver les dégradations, impossibilité pratique de retenir des sommes sur le dépôt de garantie
- notice ou règlement de copropriété non remis : contestations plus faciles pour le locataire, demandes de dommages-intérêts en cas de préjudice
- information incomplète sur le loyer en zone encadrée : risques de diminution judiciaire du loyer, sanctions administratives.
Peut-on régulariser un bail après coup en ajoutant un document manquant ?
La régularisation est possible dans de nombreux cas, mais elle n’efface pas nécessairement les conséquences du retard :
- remise tardive d’un diagnostic : la responsabilité du bailleur reste engagée pour la période antérieure
- mise à jour de l’ERP : la validité s’apprécie à compter de la date de remise, mais un sinistre survenu avant cette date peut encore poser problème
- ajout d’un inventaire en meublé : les dégradations ou disparitions antérieures à cet ajout seront difficiles à imputer au locataire.
En pratique, il est conseillé :
- d’informer par écrit le locataire de la remise tardive
- de faire signer un accusé de réception ou un avenant au bail
- de consulter un juriste ou un avocat en cas de manquement important.
Quiz express (1 minute) — Annexes obligatoires au bail
Cliquez sur chaque question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.
À quel moment les diagnostics (DPE, etc.) doivent-ils être remis au locataire ?
A — Après l’état des lieux d’entrée
B — Au plus tard lors de la signature du bail, en annexe
C — Uniquement sur demande du locataire
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Bonne réponse : B.
Les diagnostics et documents obligatoires doivent être annexés au contrat au moment de la signature. Cela permet au locataire de s’engager en connaissance de cause.
La notice d’information « droits et obligations » doit-elle être jointe au bail d’une résidence principale ?
A — Oui, elle fait partie des annexes obligatoires (modèle officiel)
B — Non, c’est seulement conseillé
C — Oui, mais uniquement si le logement est meublé
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Bonne réponse : A.
Pour une location à usage de résidence principale (vide ou meublée), une notice d’information (modèle fixé par arrêté) doit être annexée au contrat.
En location meublée, quel document décrit précisément les meubles et équipements fournis ?
A — L’état des lieux d’entrée uniquement
B — Un inventaire et état détaillé du mobilier annexé au bail
C — Une simple mention « meublé » dans le bail
Voir la réponse
Bonne réponse : B.
En meublé, un inventaire/état détaillé du mobilier doit être établi et annexé. Il sert de référence en cas de désaccord en fin de location.
Le dossier de diagnostic technique (DDT) contient-il toujours les mêmes pièces pour tous les logements ?
A — Oui, la liste est identique partout en France
B — Non, cela dépend notamment de l’année du logement, de ses équipements et de sa localisation
C — Non, car il n’y a pas d’obligation d’annexer les diagnostics à un bail
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Bonne réponse : B.
La composition du DDT peut dépendre de la situation (amiante, plomb, gaz/électricité selon l’installation, ERP selon la zone, etc.). En cas de doute, vérifiez la liste sur une source officielle (service-public.fr).
Un état des lieux et un document sur l’entretien (ex. notice chaudière) peuvent-ils être utiles même quand ce n’est pas une annexe “diagnostic” ?
A — Non, seules les annexes “diagnostics” comptent
B — Oui, ce sont des documents clés pour éviter les litiges et clarifier les obligations
C — Oui, mais uniquement si le locataire le demande par écrit
Voir la réponse
Bonne réponse : B.
L’état des lieux est essentiel et sert de preuve. Les notices d’utilisation/entretien des équipements, même si leur obligation peut dépendre de la situation, évitent beaucoup de malentendus au quotidien.






