En résumé
Le dépôt de garantie est encadré par la loi (plafond, délais, retenues justifiées) et le locataire dispose de pénalités et recours en cas de non-restitution.
- Il sert uniquement à couvrir loyers/charges impayés et réparations de dégradations imputables au locataire, et doit être prévu au bail.
- Montant plafonné : 1 mois de loyer hors charges en location vide, 2 mois en meublé, et aucun dépôt en bail mobilité.
- Restitution sous 1 mois si l’état des lieux de sortie est conforme, ou 2 mois sinon, à compter de la remise effective des clés.
- Retenues possibles seulement si justifiées (factures, devis, décompte) et jamais pour la vétusté ou via un forfait arbitraire.
- En cas de retard, une majoration de 10% du loyer mensuel hors charges par mois de retard entamé s’applique sur la somme due.
- Recours : relance, mise en demeure en recommandé AR, commission de conciliation, puis tribunal si nécessaire (action en principe sous 3 ans).
Le dépôt de garantie, c’est souvent un mois ou deux de loyer qui dorment chez le propriétaire… jusqu’au moment du départ, où ça peut vite tourner au bras de fer. Montant, conservation, délai d’1 ou 2 mois, retenues, intérêts de retard, recours : le cadre est ultra encadré par la loi, à condition de bien le connaître.
L’objectif ici : aider chaque locataire à savoir précisément ce que le bailleur a le droit de faire (ou pas) avec le dépôt de garantie, comment calculer ce qui doit être rendu, et surtout comment réagir si la restitution traîne ou si les retenues semblent abusives.
Rappel sur le dépôt de garantie et son rôle dans la location
Définition légale du dépôt de garantie dans un bail d’habitation
Le dépôt de garantie, c’est la somme versée au bailleur au moment de la signature du bail pour garantir l’exécution des obligations du locataire. Concrètement, il sert à couvrir :
- les loyers impayés et charges récupérables impayées,
- les réparations locatives non effectuées,
- les dégradations causées au logement ou à ses équipements.
Pour les locations de résidence principale (baux soumis à la loi du 6 juillet 1989), le dépôt de garantie doit impérativement être prévu dans le bail écrit, avec mention de son montant. Sans clause dans le bail, le bailleur ne peut pas exiger cette somme.
Différence entre dépôt de garantie et caution
Confusion ultra fréquente : dépôt de garantie et caution, ce n’est pas la même chose.
- Dépôt de garantie : somme d’argent versée par le locataire au bailleur au début du bail.
- Caution (ou cautionnement) : personne physique (parent, ami) ou morale (Action Logement, Visale…) qui s’engage à payer si le locataire ne le fait pas.
Un bailleur peut demander à la fois un dépôt de garantie et une caution, sauf cas particuliers (par exemple, bail mobilité). Chaque dispositif a ses propres règles. Le mot-clé : vérifier précisément ce que le bail prévoit.
Montant maximum du dépôt de garantie selon le type de location
Pour une résidence principale, la loi encadre le montant du dépôt de garantie (article 22 de la loi du 6 juillet 1989) :
- Location vide : maximum 1 mois de loyer hors charges.
- Location meublée : maximum 2 mois de loyer hors charges.
Quelques spécificités importantes :
- Bail mobilité : aucun dépôt de garantie ne peut être demandé.
- Logement social (HLM) : un dépôt est possible, mais souvent encadré par des règles internes et conventions.
- Location saisonnière / courte durée (type Airbnb) : ce régime ne relève pas de la loi de 1989, le montant est en principe libre, mais doit être clairement prévu au contrat ou dans les CGV.
Si le bail prévoit un montant supérieur aux plafonds légaux pour une résidence principale, la clause est nulle. Le locataire peut exiger le remboursement du trop-perçu.
Encaissement et conservation du dépôt de garantie par le bailleur
Contrairement à une idée reçue, le bailleur a le droit d’encaisser le dépôt de garantie sur son compte. Il n’est pas tenu de le placer sur un compte bloqué, sauf règles spécifiques (certains parcs sociaux, par exemple).
Ce qu’il doit respecter en revanche :
- ne pas utiliser le dépôt de garantie pour « payer à la place du locataire » en cours de bail, sauf accord écrit clair,
- restituer la somme dans les délais légaux à la fin du bail, déduction faite des sommes réellement dues et justifiées,
- prévoir dans le bail que le dépôt de garantie ne produit pas d’intérêts pour le locataire (ce qui est le cas le plus courant).
Le dépôt de garantie reste la propriété du locataire jusqu’à ce que le bailleur justifie éventuellement des sommes à retenir dessus.

Les règles légales qui encadrent la restitution du dépôt de garantie
Les principaux textes à connaître
Pour un logement loué en résidence principale, les règles sur le dépôt de garantie se trouvent surtout dans :
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989, article 22 (dépôt de garantie, restitution, majoration de retard) ;
- Code civil, notamment les articles sur le contrat de louage (articles 1713 et suivants) ;
- Décret n°87-712 du 26 août 1987 sur les réparations locatives ;
- Décrets sur l’état des lieux (décret n°2016-382 du 30 mars 2016).
Pour vérifier une situation précise, les fiches de référence se trouvent sur service-public.fr – Dépôt de garantie dans un contrat de location.
Obligations du bailleur à la fin du bail
À la fin du bail, le bailleur doit :
- organiser un état des lieux de sortie contradictoire avec le locataire,
- récupérer les clés (remise en main propre ou par courrier recommandé),
- comparer l’état des lieux d’entrée et de sortie,
- établir un décompte précis des sommes éventuellement dues (loyers, charges, réparations),
- restituer le dépôt de garantie dans le délai légal, avec justificatifs en cas de retenues.
Sans état des lieux de sortie, la loi présume que le logement a été rendu en bon état, sauf preuve contraire apportée par le bailleur. Autrement dit, les retenues deviennent très compliquées à justifier.
Situations où la loi autorise des retenues sur le dépôt de garantie
Le bailleur peut retenir des sommes uniquement pour :
- des loyers impayés ou indemnités d’occupation,
- des charges locatives récupérables impayées,
- des réparations locatives incombant au locataire,
- des dégradations imputables au locataire (et pas à la vétusté ou à un vice de construction).
Chaque retenue doit être justifiée par des pièces : factures, devis, décompte de charges, courrier du syndic, etc. Une retenue « au forfait » sans justificatif est en principe contestable.

Délai légal de restitution du dépôt de garantie : comment s’appliquent 1 mois et 2 mois
Délai d’1 mois quand l’état des lieux est conforme
Depuis la loi Alur, si l’état des lieux de sortie est identique à l’état des lieux d’entrée (pas de dégradations, pas d’anomalies signalées) :
- le bailleur a un délai d’1 mois à compter de la remise des clés pour restituer le dépôt de garantie.
Exemple concret : sortie le 15 juin, remise des clés à cette date, état des lieux de sortie conforme. Le dépôt de garantie doit être arrivé sur le compte du locataire avant le 15 juillet.
Délai de 2 mois en cas de différences entre les états des lieux
Si l’état des lieux de sortie révèle des différences (dégradations, travaux à prévoir, manques d’entretien importants) par rapport à l’entrée :
- le bailleur dispose cette fois d’un délai de 2 mois à compter de la remise des clés.
Ce délai est censé lui permettre d’obtenir des devis, factures, décomptes de charges, etc. La restitution peut être partielle (versement d’un solde) si toutes les factures ne sont pas encore disponibles, mais les montants retenus doivent être raisonnables et justifiés.
Point de départ du délai : remise des clés ou fin du préavis ?
Le point de départ est clairement fixé par la loi : c’est la remise effective des clés au bailleur, et pas la fin de préavis sur le papier.
Remise des clés possible :
- en main propre le jour de l’état des lieux de sortie (cas le plus fréquent),
- par courrier recommandé avec accusé de réception si le bailleur refuse de venir ou en cas d’état des lieux réalisé par huissier.
Le délai de 1 ou 2 mois commence à courir à cette date-là. D’où l’intérêt d’avoir une preuve de remise (signature, reçu, accusé de réception).
Cas particuliers : colocation, décès, départ anticipé
Colocation avec bail unique :
- Le dépôt de garantie est unique pour tous les colocataires.
- En principe, il est restitué au moment où le bail prend fin pour tous (départ du dernier colocataire), pas quand un seul part.
- Entre colocataires, une « régularisation » interne se fait souvent pour racheter la part du sortant, mais ce n’est pas une obligation légale pour le bailleur.
Décès du locataire :
- Le bail prend fin après un certain délai (en général à la date de restitution des clés par les héritiers).
- Le dépôt de garantie doit être restitué aux ayants droit (héritiers, succession), selon les mêmes règles de délais et de retenues.
Départ anticipé (résiliation avant la fin du bail) :
- Si le préavis est respecté et les loyers payés jusqu’à la fin de celui-ci, le régime reste le même : état des lieux de sortie, remise des clés, puis délai de 1 ou 2 mois.
- En cas de départ « sauvage » (sans préavis, sans état des lieux), le bailleur peut retenir des sommes plus importantes, mais devra malgré tout justifier tout ce qui est prélevé.


Calcul de la restitution du dépôt de garantie par le bailleur
Loyers et charges imputables sur le dépôt de garantie
Le bailleur peut se rembourser sur le dépôt de garantie pour :
- Loyers impayés à la date de la sortie,
- Charges locatives récupérables impayées (eau, entretien, ordures ménagères… selon le décompte),
- Indemnité d’occupation si le locataire est resté dans les lieux après la fin du bail sans droit ni titre.
Exemple : dépôt de garantie de 800 €, dernier loyer de 600 € non payé, 100 € de charges récupérables impayées. Le bailleur peut retenir 700 € sur le dépôt, et doit restituer 100 € (hors dégradations éventuelles).
Dégradations, vétusté et réparations locatives
La grande frontière, c’est celle entre :
- vétusté normale (usure du temps, à la charge du bailleur),
- dégradations (à la charge du locataire).
La loi et la jurisprudence considèrent que le locataire doit :
- entretenir le logement (nettoyage courant, petites réparations),
- réparer les dommages qu’il a causés (vitres cassées, porte abîmée, trou important dans un mur…).
En revanche, ne peuvent pas être imputés intégralement au locataire :
- peintures qui ont vieilli normalement,
- sol usé par le temps,
- équipements anciens qui tombent en panne à cause de leur âge.
Beaucoup de bailleurs utilisent une grille de vétusté (parfois annexée au bail) pour répartir le coût d’une réparation selon l’âge de l’équipement. C’est une bonne pratique et ça limite les litiges.
Justification des retenues : ce qui est admis ou abusif
Le bailleur doit fournir au locataire un détail écrit des sommes retenues, avec les pièces suivantes :
- factures d’entreprise,
- devis (si les travaux ne sont pas encore réalisés),
- décompte de charges envoyé par le syndic,
- relevé de compte des loyers,
- éventuellement photos datées jointes au dossier d’état des lieux.
Ce qui est généralement admis :
- facture de remplacement d’une vitre cassée par le locataire,
- facture de réparation d’un radiateur détérioré par un choc,
- facture de nettoyage complet si le logement est rendu très sale alors qu’il était propre à l’entrée.
Ce qui est souvent considéré comme abusif :
- retention d’un « forfait peinture » sans devis ni facture,
- refacturation intégrale d’une cuisine de 15 ans pour quelques traces d’usage,
- retenue pour « jardin mal entretenu » alors qu’aucun élément n’est décrit dans l’état des lieux.
Calcul des pénalités de retard : majoration de 10 % du loyer par mois
Si le bailleur ne restitue pas le dépôt de garantie dans les délais légaux, le montant restant dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard entamé (article 22 loi de 1989).
Exemple simple :
- Loyer hors charges : 700 €.
- Dépôt de garantie dû : 700 € (aucune retenue justifiée).
- Retard : 3 mois entamés.
Majoration :
- 10 % de 700 € = 70 € par mois de retard.
- 3 mois entamés = 3 × 70 € = 210 €.
Le bailleur devra donc restituer : 700 € + 210 € = 910 €.
Attention : cette majoration s’applique automatiquement à partir du moment où les délais sont dépassés, même sans décision de justice, mais elle est souvent réclamée par courrier recommandé pour faire bouger les choses.
Retenues sur dépôt de garantie : exemples concrets de cas légitimes ou abusifs
Exemples de retenues légitimes
Quelques situations où les retenues sont généralement considérées comme normales si elles sont prouvées :
- Dernier loyer non payé alors que le locataire est parti sans solder.
- Facture de remplacement d’une porte intérieure fracturée pendant la location.
- Facture de nettoyage complet (sols, sanitaires, cuisine) parce que l’appartement est rendu vraiment sale, avec photos à l’appui.
- Facture de dépose d’encombrants laissés par le locataire (gros canapé, électroménager HS), surtout si l’état des lieux de sortie les mentionne.
Exemples de retenues abusives fréquentes
Cas très courants de retenues contestables :
- Refus de restitution pour des micro-trous de chevilles ou de tableaux, alors qu’ils correspondent à un usage normal.
- Retenue pour refaire l’intégralité des peintures après 7–8 ans d’occupation, sans distinction entre vétusté et dégradations réelles.
- Retenue pour un joint de salle de bain noirci après plusieurs années, sans preuve de défaut d’entretien du locataire.
- Refacturation d’un équipement déjà ancien (frigo, plaque, chauffe-eau) tombé en panne sans faute du locataire.
Dans ces cas-là, une contestation motivée, avec rappel de la notion de vétusté et des délais de restitution, est souvent efficace.
Nettoyage, jardin, encombrants : ce qui est possible ou non
Nettoyage :
- Si le logement est rendu dans un état de saleté manifeste (graisse partout, sanitaires très sales), le bailleur peut imputer le coût d’un ménage professionnel.
- Si le logement est propre mais pas « comme neuf », retenir un forfait ménage sans élément concret est abusif.
Jardin, terrasse :
- Si le bail mentionne l’entretien du jardin (tonte, taille des haies) et que tout est à l’abandon, une retenue justifiée par facture de jardinier peut être légitime.
- Pour quelques feuilles ou une pelouse un peu haute, une retenue lourde sera difficile à défendre.
Encombrants :
- Si le locataire laisse des meubles volumineux, le coût de leur enlèvement peut être imputé, à condition d’être justifié.
- Pour quelques petits objets laissés dans un placard, une retenue élevée paraît disproportionnée.
Jurisprudence et décisions en matière de retenues contestées
Les tribunaux rappellent régulièrement que :
- sans état des lieux d’entrée, le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état, mais sans état des lieux de sortie, le bailleur peine à prouver les dégradations ;
- la vétusté ne peut pas être intégralement imputée au locataire ;
- un forfait sans justificatif précis est en principe retoqué (ex. : « 500 € de ménage » sans facture).
Pour suivre l’évolution de la jurisprudence, les bases comme Légifrance sont la référence, mais les fiches de service-public.fr restent le réflexe le plus simple pour vérifier la règle.
Retard de restitution du dépôt de garantie : comment réagir
À partir de quand il y a réellement retard
Il y a retard dès que :
- le délai de 1 mois (état des lieux conforme) ou de 2 mois (différences constatées) est dépassé,
- et que tout ou partie du dépôt de garantie qui devrait être restitué n’a pas été versé.
Ce n’est pas la date d’émission du virement qui compte, mais la date de réception sur le compte du locataire (ou de l’encaissement du chèque).
Montant des intérêts et majoration de retard
Deux choses peuvent se cumuler :
- la majoration de 10 % du loyer hors charges par mois entamé (prévue par la loi de 1989),
- des dommages et intérêts que le juge peut accorder si le retard a causé un préjudice (découvert bancaire, impossibilité de payer la nouvelle caution…).
En pratique, pour réclamer la majoration, un calcul simple est joint dans la mise en demeure (voir plus bas).
Impact d’un accord amiable ou d’un échéancier
Parfois, le bailleur reconnaît sa dette mais explique être en difficulté de trésorerie et propose un échéancier.
- Un accord amiable écrit (mail ou courrier signé) peut être une solution pragmatique, surtout pour des montants limités.
- Il reste possible de mentionner expressément dans cet accord que la majoration légale reste due et sera intégrée, ou au contraire d’y renoncer en échange d’un paiement rapide.
L’idéal est de garder une trace claire de tout arrangement, pour éviter un nouveau litige ensuite.
Prescription des actions contre le bailleur
Les actions liées à l’exécution du bail (dont le dépôt de garantie) se prescrivent en principe par 3 ans.
Concrètement, le locataire dispose de 3 ans à compter du jour où il aurait dû récupérer son dépôt (date limite de restitution) pour saisir la justice. Au-delà, l’action peut être jugée prescrite. Pour vérifier les délais exacts selon le cas, un passage par service-public.fr ou un conseil juridique est vivement conseillé.
Obtenir la restitution de son dépôt de garantie : mode d’emploi
Bonnes pratiques avant de quitter le logement
Pour limiter les litiges, quelques réflexes très simples :
- Réaliser un nettoyage complet du logement (cuisine, four, frigo, salle de bain, vitres, sols).
- Réaliser les petites réparations : reboucher les trous importants, revisser les poignées, remplacer une ampoule…
- Préparer l’état des lieux de sortie avec :
- un exemplaire de l’état des lieux d’entrée,
- des photos datées (avant et éventuellement pendant l’état des lieux),
- les relevés des compteurs (eau, gaz, électricité).
- Communiquer par écrit au bailleur la nouvelle adresse pour la restitution.
Modèle de courrier pour demander la restitution du dépôt de garantie
Un courrier recommandé avec AR reste la base. Exemple de formulation à adapter :
Objet : Restitution du dépôt de garantie – logement situé [adresse]
Madame, Monsieur,
Locataire du logement situé [adresse] depuis le [date de début du bail] jusqu’au [date de fin], la remise des clés est intervenue le [date de remise des clés].
Conformément à l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989, le délai légal de restitution du dépôt de garantie, d’un montant de [montant] €, a expiré le [date].
À ce jour, sauf erreur de ma part, la somme de [montant restant dû] € ne m’a pas été restituée.
Par la présente, il est demandé la restitution de cette somme, augmentée de la majoration légale de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard entamé, soit [calcul], dans un délai de 8 jours à compter de la réception de ce courrier.
À défaut, il sera envisagé de saisir la commission départementale de conciliation puis le tribunal compétent.
Dans l’attente de votre retour,
[Nom, prénom]
Relances amiables : mails, courrier recommandé, délais
Stratégie efficace :
- Premier mail ou courrier simple quelques jours après la fin du délai légal, pour relancer poliment.
- Sans réponse, envoi d’une mise en demeure en recommandé avec AR, en fixant un délai court (8 à 15 jours) et en mentionnant clairement la majoration légale.
- Conservation de tous les échanges (mails, AR, accusés de réception) pour un éventuel dossier.
Saisir la commission de conciliation ou un médiateur
En cas de désaccord persistant :
- La Commission départementale de conciliation (CDC) peut être saisie gratuitement pour les litiges bailleur/locataire (dont les dépôts de garantie) sur les baux d’habitation régis par la loi de 1989.
- La saisine se fait par courrier (modèle disponible sur service-public.fr) avec copie du bail, des états des lieux, du décompte du bailleur, des échanges de courriers.
- La commission convoque ensuite les parties pour tenter un accord.
À défaut de solution, la voie judiciaire reste possible.
Contester une retenue jugée abusive sur le dépôt de garantie
Analyser le décompte du bailleur et exiger les justificatifs
Première étape : regarder précisément le détail des retenues :
- Y a-t-il un état des lieux en bonne et due forme ?
- Les dégradations invoquées figurent-elles dans l’état des lieux de sortie et étaient-elles absentes à l’entrée ?
- Les montants correspondent-ils à des factures ou devis réels ?
Sans justificatifs, le locataire peut demander par écrit :
- la transmission de toutes les factures et devis,
- la copie du décompte de charges,
- la base de calcul utilisée (vétusté, grille…).
Comment prouver qu’une retenue est abusive
Les preuves utiles côté locataire :
- État des lieux d’entrée et de sortie signés et conservés.
- Photos datées (avant / après) montrant l’état réel des pièces et des équipements.
- Attestations de témoins présents lors de l’état des lieux, si nécessaire.
- Éventuels échanges de mails ou SMS avec le bailleur sur des équipements déjà défectueux.
En s’appuyant sur ces éléments, la contestation peut rappeler :
- que telle dégradation était déjà présente à l’entrée,
- que telle peinture a plus de X années (vétusté),
- que le coût annoncé ne correspond à aucun devis ou facture.
Saisir le juge compétent : procédure, pièces, délais
Si la négociation et la conciliation échouent, reste la voie judiciaire :
- Le litige relève du tribunal judiciaire, et plus précisément du juge des contentieux de la protection.
- La procédure peut être engagée via une demande au greffe (souvent sans avocat obligatoire pour les petits montants).
- Le dossier doit contenir : bail, états des lieux, échanges de courriers, décompte du bailleur, preuves de paiement du loyer et du dépôt de garantie, justificatifs de la majoration demandée.
Les délais de traitement varient selon les tribunaux, mais le fait de saisir la justice montre au bailleur que le dossier est pris au sérieux.
Possibilité d’obtenir des dommages et intérêts
En plus de la restitution du dépôt de garantie et de la majoration légale, le juge peut accorder des dommages et intérêts si le locataire prouve un préjudice :
- découvert bancaire ou frais liés au retard,
- difficulté à payer le nouveau dépôt de garantie,
- préjudice moral en cas de mauvaise foi manifeste du bailleur.
Tout ce qui peut justifier ce préjudice (relevés bancaires, attestations…) peut être utile dans le dossier.
Questions fréquentes sur la restitution du dépôt de garantie
Le propriétaire peut-il garder une partie du dépôt jusqu’à la régularisation des charges ?
Oui, dans certains cas. Si les charges sont régularisées une fois par an (copropriété notamment) et que le locataire part avant la prochaine régularisation, le bailleur peut conserver une partie raisonnable du dépôt de garantie en attendant le décompte définitif.
Il doit cependant :
- restituer le reste du dépôt dans les délais légaux,
- envoyer le décompte des charges dès qu’il le reçoit,
- rendre le solde éventuellement dû au locataire rapidement après la régularisation.
Une retenue globale sans décompte précis plusieurs mois ou années après est clairement contestable.
Peut-on compenser le dépôt de garantie avec le dernier mois de loyer ?
En principe, non. La loi rappelle que le locataire doit payer le loyer jusqu’au terme du préavis, et ne peut pas décider unilatéralement de « se payer » sur le dépôt de garantie.
Par contre, si le bailleur donne son accord écrit explicite pour cette compensation (par exemple par mail), la pratique devient possible. Sans cet accord, le locataire s’expose à des relances, voire à une procédure pour loyers impayés.
Que se passe-t-il si le locataire ne donne pas sa nouvelle adresse ?
Le locataire a tout intérêt à communiquer une adresse de correspondance à la fin du bail. S’il ne le fait pas :
- le bailleur doit malgré tout tout mettre en œuvre pour le contacter (mail, téléphone, éventuellement envoi à l’ancienne adresse avec mention « n’habite plus à l’adresse indiquée »),
- mais la situation peut retarder la restitution en pratique.
Pour éviter que le bailleur ne se cache derrière cet argument, le plus simple est de fournir l’adresse par écrit (dans l’état des lieux de sortie ou par mail) et de la rappeler dans les relances.
Quels délais pour la restitution en location meublée, saisonnière ou Airbnb ?
Pour une location meublée de résidence principale régie par la loi de 1989, les mêmes règles s’appliquent :
- dépôt de garantie maximum : 2 mois de loyer hors charges,
- délai de restitution : 1 mois (état des lieux conforme) ou 2 mois (dégradations).
Pour une location saisonnière / touristique (dont Airbnb classique), le régime est plus libre :
- les délais de restitution sont souvent fixés par le contrat ou les CGV de la plateforme,
- en l’absence de précision, un « délai raisonnable » s’applique, et les litiges se gèrent au cas par cas.
Les fiches service-public.fr – Location saisonnière permettent de vérifier le régime applicable.
Le bailleur peut-il garder tout le dépôt pour refaire la peinture ?
Pas automatiquement. Tout dépend :
- de l’âge des peintures,
- de l’état à l’entrée,
- de l’ampleur réelle des dégradations (graffitis, murs très abîmés vs simple usure).
Si les murs ont simplement vieilli au fil des années, le coût ne peut pas être imputé intégralement au locataire. En revanche, si les murs sont dégradés au-delà de l’usage normal (taches importantes, trous multiples), une retenue partielle, calculée avec une grille de vétusté, peut être justifiée. Sans devis ni facture, la retenue est fragile juridiquement.
Que faire si le propriétaire ne répond jamais aux relances ?
Si après plusieurs relances amiables (mails, courriers simples) il n’y a aucun retour :
- envoyer une mise en demeure en recommandé avec AR en rappelant les délais légaux et la majoration de 10 % par mois entamé,
- au bout du délai fixé dans la mise en demeure, saisir la commission départementale de conciliation ou directement le tribunal judiciaire,
- penser à conserver tous les accusés de réception et copies de courriers pour prouver la bonne foi du locataire.
Quiz express (1 minute) — Dépôt de garantie
Cliquez sur chaque question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.
Le propriétaire peut-il exiger 2 mois de dépôt de garantie pour une location vide (résidence principale) ?
A. Oui, c’est le maximum légal
B. Non, c’est plafonné à 1 mois de loyer (hors charges)
C. Oui, si le bailleur le justifie par des risques
Voir la réponse
Bonne réponse : B.
En location vide (résidence principale), le dépôt de garantie est limité à 1 mois de loyer hors charges. Pour une location meublée, le plafond peut être différent.
Après l’état des lieux de sortie, sous quel délai le dépôt doit-il être rendu si tout est conforme ?
A. 1 mois
B. 2 mois
C. 3 mois
Voir la réponse
Bonne réponse : A.
Si l’état des lieux de sortie est conforme à l’entrée, le bailleur doit restituer sous 1 mois. En cas de différences (dégradations constatées), le délai peut aller jusqu’à 2 mois.
Le bailleur peut-il garder une somme “au forfait” sans justificatif pour des réparations ?
A. Oui, c’est libre tant que le dépôt existe
B. Non, les retenues doivent être justifiées (devis/factures, etc.)
C. Oui, si le locataire ne répond pas aux messages
Voir la réponse
Bonne réponse : B.
Les sommes retenues doivent correspondre à des dégradations ou impayés et être justifiées. Conservez toujours l’état des lieux et demandez des justificatifs en cas de retenue.
À propos des “trous de chevilles” et peintures, qu’est-ce qui est le plus juste ?
A. Tout trou, même minime, est forcément facturable au locataire
B. Cela peut relever de l’usure normale ou d’une dégradation selon l’ampleur et l’état initial
C. Le bailleur n’a jamais le droit de retenir pour la peinture
Voir la réponse
Bonne réponse : B.
Quelques marques peuvent être de l’usure normale, mais des trous nombreux ou des dégâts peuvent justifier une retenue. Cela peut dépendre de la situation et de l’état des lieux d’entrée/sortie.
Si le dépôt n’est pas rendu dans les délais, quel premier réflexe est le plus utile ?
A. Envoyer une mise en demeure par courrier (idéalement recommandé) avec date de sortie et RIB
B. Attendre “quelques mois” sans rien faire
C. Aller directement au tribunal sans contacter le bailleur
Voir la réponse
Bonne réponse : A.
Une mise en demeure écrite, datée et claire aide souvent à débloquer la situation et constitue une preuve. En cas de blocage, vous pouvez ensuite saisir la Commission départementale de conciliation (CDC) ou le juge selon le litige.
En cas de blocage ou de bailleur de mauvaise foi, se faire épauler par une association de locataires, un conciliateur de justice ou un professionnel du droit permet souvent de débloquer la situation plus vite. L’enjeu est simple : transformer un litige stressant en procédure maîtrisée, avec à la clé la récupération de son dépôt de garantie et, si besoin, des pénalités de retard.






