En résumé : le départ d’un colocataire est surtout déterminé par le type de bail (unique ou individuel) et la solidarité ; en respectant préavis, notification écrite et gestion loyer/charges/dépôt, on évite l’essentiel des conflits.
- Un coloc peut partir quand il veut, mais doit notifier le bailleur par écrit, respecter le préavis et payer loyer/charges jusqu’à la fin du préavis (sauf accord écrit).
- Avant toute démarche, vérifier le contrat : bail unique vs baux multiples, et présence ou non d’une clause de solidarité.
- En bail unique, le bail continue : l’arrivée d’un remplaçant se formalise via un avenant (ou un nouveau bail collectif) pour clarifier droits et solidarité.
- En baux multiples, seul le bail du sortant prend fin ; les autres contrats ne changent pas et le bailleur reloue la chambre.
- Le propriétaire choisit le remplaçant sur des critères objectifs (solvabilité/garant) ; un refus discriminatoire est illégal.
- Préavis : meublé 1 mois ; vide 3 mois (souvent réduit à 1 mois en zone tendue ou motifs légaux) ; bail mobilité 1 mois (max 10 mois).
- Le congé se donne par LRAR, remise en main propre contre récépissé ou huissier ; le point de départ est la réception par le bailleur et le préavis réduit doit être justifié.
- Partir sans préavis expose à devoir les loyers du délai légal ; seul un accord écrit peut permettre un départ anticipé.
- Avec solidarité, le bailleur peut réclamer tout le loyer à n’importe quel coloc ; la solidarité du sortant (et de son garant) cesse au plus tard 6 mois après la fin du préavis, ou plus tôt si un remplaçant est ajouté au bail.
- Sans solidarité, chacun ne doit que sa quote-part : le sortant paie sa part jusqu’à la fin du préavis sans couvrir les impayés des autres après son départ.
- Le bailleur doit percevoir le loyer total ; les colocs ajustent ensuite la répartition entre eux (éventuels remboursements selon accord).
- Ne pas oublier les “à-côtés” : régularisation des charges au prorata, contrats énergie/internet, assurance habitation, démarches CAF/MSA.
- Dépôt de garantie : en bail unique, il est rendu à la fin du bail global ; le plus courant est que le nouvel arrivant rachète la part du sortant.
- État des lieux : pas obligatoire pour un sortant en bail unique mais un constat interne + photos datées protège ; en bail individuel, l’état des lieux de sortie est indispensable.
- Le jour du départ : restitution des clés/badges, mise à jour boîte aux lettres/interphone, et documentation des dégradations pour éviter les litiges.
Un coloc annonce son départ et tout le monde panique ? Entre préavis, remplacement express et casse-tête des charges, la situation peut vite tourner au conflit… alors qu’avec les bonnes règles en tête, tout peut rester carré et plutôt chill.
Ce guide passe en revue, pas à pas, ce qu’il faut faire au départ d’un colocataire : préavis (1 ou 3 mois), conséquences selon le bail (solidaire ou pas), répartition du loyer et des charges, dépôt de garantie, état des lieux, remplacement… et les réflexes à avoir pour éviter les mauvaises surprises.
Départ d’un colocataire : les règles de base
Départ d’un colocataire : ce que prévoit la loi
En France, la colocation est encadrée par la loi du 6 juillet 1989 (logements vides et meublés, résidence principale). Un colocataire peut partir à tout moment, à condition de respecter :
- un préavis légal (1 ou 3 mois selon le type de bail et la zone)
- une notification écrite au bailleur (congé) dans les formes prévues par la loi
- le paiement du loyer et des charges jusqu’à la fin du préavis, sauf accord écrit différent.
Le départ d’un colocataire n’est pas géré de la même façon selon que le bail est unique ou qu’il existe des baux multiples, et selon la présence ou non d’une clause de solidarité. C’est vraiment le point de départ à vérifier noir sur blanc sur le contrat.
Colocation avec bail unique ou baux multiples : impact en cas de départ
Bail unique (collectif) :
- tous les colocataires sont sur un seul contrat avec le bailleur
- le départ de l’un n’éteint pas le bail pour les autres
- le bail continue, éventuellement avec un nouveau colocataire intégré via un avenant ou un .
Baux multiples (bail individuel par chambre) :
- chaque coloc signe son propre bail avec le propriétaire (souvent chambre + parties communes)
- le départ d’un colocataire ne concerne que son bail à lui
- les autres baux continuent sans changement
- le bailleur gère lui-même la mise en location de la chambre libérée.
Dans la vraie vie, la plupart des colocations entre particuliers fonctionnent avec un bail unique. Les baux multiples sont fréquents en résidences, colocations “clé en main”, colocation étudiante gérée par un pro, etc.
Choix du nouveau colocataire : propriétaire ou colocataires ?
La loi ne donne pas un “droit automatique” aux colocataires pour imposer le remplaçant. Le principe :
- les colocataires peuvent proposer un candidat
- le bailleur garde le dernier mot : il accepte ou refuse selon des critères objectifs (revenus, garant, situation stable, etc.).
À retenir :
- un refus motivé par la solvabilité insuffisante ou l’absence de garantie est en général considéré comme légitime
- un refus discriminatoire (origine, sexe, orientation, état de santé…) est interdit par la loi et peut être contesté.
Dans la pratique, le plus fluide reste une recherche à trois : coloc sortant, colocs restants et bailleur se mettent d’accord sur le profil et le dossier.
Conséquences du départ sur le bail en cours
Selon la configuration :
- Bail unique, colocation qui continue :
- les colocs restants restent engagés dans les mêmes conditions (loyer, durée, charges)
- un nouveau colocataire arrive via avenant ou nouveau bail si le propriétaire le souhaite
- le départ d’un colocataire ne fait pas sauter tout le contrat.
- Bail multiple :
- seul le contrat du coloc partant prend fin à la date de fin de préavis
- pas besoin d’avenant pour les autres, ils gardent leur bail initial.
Le propriétaire peut décider de ne pas renouveler le bail à son échéance (même si le départ est ancien) sous conditions strictes (motif, délais de préavis du bailleur, etc.). Les règles de congé donné par le bailleur sont détaillées sur service-public.fr.
Préavis de départ en colocation : durées, formes et exceptions
Durée du préavis pour quitter une colocation vide ou meublée
La durée du préavis pour un colocataire est la même que pour n’importe quel locataire, sauf cas particuliers prévus par la loi.
- Logement vide (non meublé), bail classique :
- préavis standard : 3 mois
- préavis réduit à 1 mois dans certains cas (voir section suivante).
- Logement meublé (résidence principale) :
- préavis légal : 1 mois, partout en France.
- Bail mobilité (étudiants, stagiaires, etc.) :
- préavis : 1 mois à tout moment
- bail non renouvelable, durée max 10 mois.
Les règles complètes sont détaillées sur service-public.fr – préavis du locataire.
Préavis réduit à 1 mois en zone tendue ou pour motif légitime
En location vide, le préavis peut passer à 1 mois au lieu de 3 dans plusieurs cas prévus par la loi (article 15 de la loi du 6 juillet 1989) :
- logement situé en zone tendue (liste officielle sur service-public.fr)
- perte d’emploi, fin de CDD, licenciement (sauf démission)
- nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi
- mutation professionnelle
- état de santé justifié, nécessitant un changement de domicile
- bénéficiaire du RSA ou de l’AAH.
Le motif doit être indiqué dans la lettre de congé et justifié avec un document joint (attestation employeur, décision CAF, certificat médical…). Sans ça, le bailleur peut contester le préavis réduit et exiger 3 mois.
Quitter une colocation sans préavis : est-ce possible ?
Partir “du jour au lendemain” en mode ghosting n’est jamais légal. Sans préavis valable :
- le bailleur peut réclamer le paiement des loyers jusqu’à la fin du préavis légal
- en bail solidaire, les autres colocataires peuvent aussi se retourner contre le coloc sortant pour sa part
- en cas d’impayés, des poursuites peuvent être engagées (commandement de payer, saisie).
Seule exception : un accord écrit avec le propriétaire (et de préférence avec les colocs) permettant un départ anticipé sans respecter le délai légal. Sans écrit, la situation reste très risquée.
Notification du départ : forme, contenu, date de fin
Le congé du colocataire doit être donné au bailleur par :
- lettre recommandée avec AR ou
- remise en main propre contre émargement ou récépissé ou
- acte d’huissier (assez rare en pratique).
La date qui compte : la date de réception par le bailleur, pas la date d’envoi.
Contenu conseillé de la lettre :
- coordonnées complètes du colocataire et du bailleur
- adresse du logement
- référence du bail si disponible
- type de bail (meublé/vide) et durée de préavis appliquée (1 ou 3 mois)
- date souhaitée de fin de bail pour le coloc sortant
- motif du préavis réduit + justificatifs, le cas échéant
- demande d’organisation d’un éventuel état des lieux de départ si c’est pertinent.
Exemples de lettres de préavis de colocation
Modèle en location meublée (préavis 1 mois, sans motif spécifique) :
[Nom, prénom]
[Adresse]
[Nom du bailleur]
[Adresse]
Objet : Congé – départ de la colocation située [adresse du logement]
Madame, Monsieur,
Par la présente, il est signifié la décision de quitter la colocation située [adresse complète], louée en qualité de résidence principale en vertu du bail signé le [date].
Conformément à l’article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989, le délai de préavis est d’un mois pour une location meublée. Le préavis commencera à courir à compter de la réception de ce courrier et prendra donc fin le [date de fin de préavis calculée].
Jusqu’à cette date, le loyer et les charges continueront d’être acquittés dans les conditions prévues au bail.
Il est proposé de convenir avec vous d’un rendez-vous pour la remise des clés et la constatation de mon départ.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
Modèle en location vide, zone tendue (préavis réduit 1 mois) :
Objet : Congé avec préavis réduit – logement en zone tendue
Madame, Monsieur,
Par la présente, il est signifié la décision de quitter le logement que j’occupe en colocation au [adresse complète], loué en vertu du bail signé le [date].
Le logement étant situé en zone tendue au sens du décret n°2013-392 du 10 mai 2013, il est souhaité bénéficier d’un délai de préavis réduit à un mois, conformément à l’article 15 de la loi du 6 juillet 1989. Vous trouverez en pièce jointe un justificatif de la situation du logement en zone tendue.
Le préavis commencera à courir à compter de la réception de ce courrier et prendra donc fin le [date de fin de préavis].
Jusqu’à cette date, le loyer et les charges continueront d’être réglés conformément au bail.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
Préavis d’un colocataire dans un bail solidaire : attention à la solidarité
Dans un bail solidaire, le préavis ne suffit pas toujours à couper totalement les liens financiers avec le logement.
Depuis la loi ALUR, pour les baux soumis à la loi de 1989 :
- la solidarité du colocataire sortant (et de son garant) s’arrête au plus tard 6 mois après la fin de son préavis
- elle s’arrête plus tôt si un nouveau colocataire le remplace officiellement au bail (via avenant ou nouveau bail).
Concrètement, même après le préavis, le bailleur peut encore se retourner contre l’ancien colocataire si le loyer n’est pas payé par les restants, pendant cette période de 6 mois maxi.

Impact du bail solidaire ou non solidaire sur le départ d’un colocataire
Fonctionnement du bail solidaire en colocation
Le bail solidaire est la configuration la plus fréquente : le contrat contient une clause de solidarité (souvent formulée en toutes lettres).
Effets pratiques :
- le bailleur peut demander à n’importe quel colocataire de payer la totalité du loyer et des charges en cas d’impayé
- entre colocs, chacun doit ensuite se rembourser selon la répartition décidée (parts égales, chambre plus grande, etc.)
- les garants peuvent aussi être engagés solidairement.
Départ d’un colocataire dans un bail solidaire : qui reste responsable ?
Vis-à-vis du bailleur, tant que la solidarité n’est pas éteinte :
- le colocataire sortant reste responsable des dettes de loyer et de charges
- les colocs restants restent évidemment tenus aussi.
Exemple concret :
Colocation à 3, bail solidaire. Un coloc donne congé, son préavis se termine le 30 juin. Il quitte les lieux le 15 juin. En juillet, les 2 restants ne paient pas le loyer. Le bailleur peut légalement réclamer la totalité du loyer de juillet à l’ancien coloc jusqu’à la fin de sa période de solidarité.
Durée de la solidarité après le préavis
Pour les baux régis par la loi de 1989 :
- la solidarité dure jusqu’à l’arrivée d’un nouveau colocataire mentionné au bail
- ou, à défaut de remplaçant, elle prend fin au plus tard 6 mois après la date de fin du préavis (article 8-1 de la loi de 1989).
Important : si le bail a été signé avant certaines réformes ou si la situation est particulière (logement social, bail spécifique), il faut vérifier les clauses exactes du contrat et, en cas de doute, consulter un professionnel (ADIL, association de locataires, avocat).
Bail non solidaire : conséquences en cas de départ
Sans clause de solidarité, chaque colocataire n’est tenu envers le bailleur que de :
- sa quote-part de loyer et de charges précisée dans le bail ou
- à défaut de détail, une répartition présumée égale entre tous.
En cas de départ :
- le coloc sortant reste tenu de sa part jusqu’à la fin de son préavis
- il n’est pas responsable des parts impayées par les autres, même après son départ.
Quand il ne reste qu’un seul colocataire
Si un seul colocataire reste dans le logement, le bailleur peut :
- – proposer un nouveau bail
- – continuer le bail avec ce colocataire seul (éventuellement via avenant) ;
- à son nom uniquement, avec éventuellement un loyer, des garanties ou des conditions adaptées à sa situation
- – refuser de poursuivre si la solvabilité est jugée insuffisante et ne pas renouveler à l’échéance, dans le respect des délais légaux.
Pour le locataire restant, mieux vaut anticiper : si le logement devient trop cher à assumer seul, autant chercher un nouveau coloc ou se préparer à donner congé soi-même.
Loyer, charges et dépôt de garantie après le départ d’un colocataire
Obligation de payer le loyer jusqu’à la fin du préavis
Le colocataire partant doit payer le loyer et les charges :
- jusqu’au dernier jour de son préavis, même s’il quitte physiquement les lieux avant
- sauf accord écrit différent avec le bailleur (par exemple, reprise par un nouveau coloc dès une certaine date).
Si les colocs restent se mettent d’accord pour “lui faire cadeau” de sa dernière part de loyer, c’est possible, mais le bailleur reste en droit de réclamer le montant total prévu au contrat.
Remplacement immédiat : qui paie quoi ?
Scénario idéal : un nouveau coloc entre dès que l’ancien sort. Deux possibilités :
- Le bailleur accepte de faire démarrer le nouveau bail/avenant à la même date que la fin d’occupation de l’ancien :
- l’ancien coloc paie jusqu’à la veille de la prise d’effet du nouveau
- le nouveau coloc paie à partir de sa date d’entrée officielle.
- Le bailleur refuse de modifier la date de fin de préavis :
- l’ancien coloc reste tenu jusqu’à la fin de son préavis
- les colocs peuvent se rembourser entre eux en interne (par exemple, accord pour que le nouveau rembourse à l’ancien la part de loyer correspondant à la période où il occupe la chambre).
Répartition du loyer entre colocataires restants
Une fois le coloc parti :
- le bailleur a droit au loyer total prévu au contrat
- entre colocs, la répartition peut être :
- restée identique (chacun garde la même part, le reste étant supporté par tous)
- réévaluée : par exemple, à 2 au lieu de 3, chacun paie 50 % du loyer.
Si un coloc restant refuse de payer sa nouvelle part alors qu’aucun remplaçant n’est trouvé :
- en bail solidaire, le bailleur peut réclamer aux autres la totalité du loyer
- entre colocs, il est possible de réclamer la part due au coloc défaillant (écrits, mises en demeure, voire procédure judiciaire).
Charges locatives, abonnements et assurance : ce qu’il faut adapter
Au départ d’un coloc, il faut penser à :
- Charges locatives récupérables (eau, chauffage collectif, entretien parties communes) :
- elles sont en général payées par provisions mensuelles
- la régularisation annuelle se fait pour toute la colocation
- en interne, la part du coloc sortant peut être calculée au prorata du temps passé sur la période concernée.
- Électricité / gaz :
- vérifier qui est titulaire du contrat
- soit le contrat reste en place et les colocs réorganisent la répartition
- soit un changement de titulaire est demandé au fournisseur.
- Internet / box / streaming :
- même logique : changement éventuel de titulaire, réorganisation des parts
- éviter de résilier en plein milieu si le logement reste occupé, sauf si un nouveau contrat est prévu.
- Assurance habitation :
- obligatoire en colocation (multirisque habitation)
- prévenir l’assureur de la sortie d’un colocataire
- éventuellement mettre à jour la liste des assurés, la prime, les coordonnées.
Pour les aides au logement (APL, ALS, etc.), penser à mettre à jour la situation auprès de la CAF ou de la MSA. Les changements de composition du foyer peuvent modifier le montant de l’aide (voir caf.fr).
Dépôt de garantie : qui rembourse le colocataire sortant ?
Dans un bail unique, le propriétaire :
- ne restitue le dépôt de garantie qu’à la fin du bail, à la colocation dans son ensemble
- il n’est pas obligé de rendre une “quote-part” au coloc sortant en cours de bail.
Conséquence pratique : le plus fréquent est que les colocataires se remboursent entre eux :
- le nouveau coloc “rachète” la part du dépôt de garantie à celui qui sort
- les colocs peuvent appliquer un ajustement si des dégradations imputables à la personne sortante sont déjà identifiées.
En bail individuel, le bailleur peut restituer le dépôt de garantie au colocataire sortant dans le délai légal (1 mois en cas d’état des lieux de sortie conforme, 2 mois en cas de dégradations), selon les règles détaillées sur service-public.fr – dépôt de garantie.

Remplacement d’un colocataire : déroulé pratique
Qui peut proposer ou choisir le nouveau colocataire ?
Dans les faits :
- les colocataires trouvent souvent eux-mêmes un remplaçant (annonces, bouche-à-oreille, réseaux sociaux)
- le bailleur peut aussi proposer un candidat
- le choix doit ensuite être validé par le propriétaire (signature du bail ou de l’avenant).
Conseil pratique : impliquer le bailleur dès le début de la recherche pour connaître ses critères (niveau de revenus, type de garant, CDI ou pas…) et éviter des refus à répétition.
Pièces et garanties à demander au remplaçant
Pour le dossier du nouveau colocataire, les pièces classiques sont celles listées par la réglementation :
- pièce d’identité
- justificatif de domicile actuel
- contrat de travail ou attestation d’emploi
- 3 derniers bulletins de salaire, avis d’imposition
- pour le garant : même type de pièces (identité, revenus, avis d’imposition).
La liste des pièces autorisées et interdites est détaillée sur service-public.fr – pièces justificatives en location.
Nécessité de l’accord de tous les colocataires
Juridiquement, seul le bailleur signe le contrat avec le nouveau colocataire. Mais en pratique :
- vivre à plusieurs implique un minimum de compatibilité
- un bon réflexe est que tout le monde rencontre le candidat et valide la cohabitation
- un bailleur qui force un candidat franchement incompatible prend le risque de créer des tensions, voire un départ rapide et de nouveaux soucis.
Avenant au bail pour changement de colocataire
En bail unique, un changement de colocataire est en général acté par un avenant qui :
- rappelle le bail initial
- constate le départ de X à telle date
- constate l’arrivée de Y à telle date
- met à jour la clause de solidarité si elle existe
- précise à partir de quand la solidarité de l’ancien cesse et celle du nouveau commence.
Sans avenant, la situation reste floue, ce qui est dangereux pour tout le monde (colocs, bailleur, garants).
Modèle simplifié d’avenant au bail en cas de changement de colocataire
Avenant au contrat de location signé le [date] pour le logement situé [adresse complète]
Entre les soussignés :
– [Nom, prénom du bailleur], ci-après dénommé “le bailleur”,
– [Noms des colocataires restants],
D’une part,
Et
– [Nom, prénom du nouveau colocataire], ci-après dénommé “le locataire entrant”,
D’autre part,
Il est convenu ce qui suit :
Article 1 – Départ du locataire sortant
M./Mme [Nom, prénom du locataire sortant] a donné congé par lettre recommandée en date du [date], dont le préavis a pris fin le [date]. Il est acté que M./Mme [Nom] cesse d’occuper les lieux à cette date.
Article 2 – Arrivée du locataire entrant
M./Mme [Nom, prénom du locataire entrant] devient colocataire du logement à compter du [date], et est soumis(e) aux mêmes droits et obligations que les autres colocataires, tels que définis par le bail initial du [date].
Article 3 – Clause de solidarité
La clause de solidarité prévue au bail initial continue de s’appliquer entre les colocataires restants et le locataire entrant à compter du [date]. La solidarité de M./Mme [Nom du sortant] prend fin à cette même date, sous réserve des dispositions légales relatives au maintien de solidarité éventuel.
Le présent avenant prend effet à compter du [date] et fait partie intégrante du bail initial.
Fait à [lieu], le [date].
Signatures de toutes les parties.
Frais d’agence et changement de colocataire
Si un professionnel (agence, administrateur de biens) gère le logement :
- des frais peuvent être facturés pour la rédaction d’un avenant ou pour un nouveau bail
- ces frais doivent respecter le plafond légal applicable aux honoraires de location (visite, dossier, bail)
- les abus (frais “spéciaux” sans justification, dépassement des plafonds) peuvent être contestés auprès de la DGCCRF ou d’une association de consommateurs.
Les montants maximums par m² et par zone sont détaillés sur service-public.fr – frais d’agence.


État des lieux et formalités le jour du départ
État des lieux pour le seul colocataire partant : utile ou pas ?
La loi n’impose pas un état des lieux de sortie pour un seul colocataire quand le bail continue pour les autres. Mais :
- un état des lieux interne (entre colocs + éventuellement bailleur) peut aider à :
- constater les dégradations existantes au moment du départ
- éviter qu’on reproche au sortant des dégâts apparus bien plus tard
- gérer la répartition future du dépôt de garantie.
En bail individuel, l’état des lieux de sortie officiel avec le bailleur est en revanche indispensable pour que le dépôt de garantie soit restitué dans les délais légaux.
Bonnes pratiques pour l’état des lieux en colocation
- faire un tour complet du logement avec le coloc sortant (photos datées à l’appui)
- noter par écrit ce qui est déjà abîmé ou usé
- conserver ce document avec le bail initial et l’état des lieux d’entrée officiel.
En cas de litige plus tard sur des dégradations, ces preuves peuvent vraiment sauver les relations (et le portefeuille).
Clés, badges, boîtes aux lettres : ce qu’il faut récupérer
Le jour du départ :
- récupérer toutes les clés, badges, télécommandes confiés au coloc sortant
- mettre à jour le nom sur la boîte aux lettres et l’interphone
- s’assurer qu’aucune copie non déclarée ne circule (point sensible en cas de vol ou de cambriolage).
Dégradations et retenues sur le dépôt de garantie
Si des dégradations sont clairement imputables à un colocataire sortant (ex : porte de placard cassée dans sa chambre, mur tagué, etc.) :
- les colocataires peuvent décider d’une retenue sur la part de dépôt de garantie qu’ils lui rendent
- en parallèle, au moment de la restitution finale, le bailleur retiendra sur le dépôt global les frais de remise en état
- la colocation pourra ensuite répartir le coût en fonction des responsabilités constatées.
En cas de désaccord total, une médiation (ADIL, conciliateur de justice) peut aider à trouver une solution sans passer direct par le tribunal.
Mise à jour de l’assurance habitation
À chaque changement de colocataire, penser à :
- prévenir l’assureur (ajout ou retrait d’un assuré)
- mettre à jour les coordonnées et le nombre d’occupants
- vérifier si la prime change
- se procurer une nouvelle attestation d’assurance à remettre au bailleur si nécessaire.
En cas de sinistre impliquant un colocataire non déclaré, l’assureur pourrait chercher à limiter sa prise en charge.
Situations complexes lors du départ d’un colocataire
Quand le propriétaire envisage de mettre fin au bail après plusieurs départs
Des changements fréquents de colocs peuvent pousser un bailleur à :
- refuser l’arrivée d’un nouveau colocataire jugé trop “risqué”
- ne pas renouveler le bail à son échéance, dans le respect des délais de congé du bailleur (6 mois avant la fin pour une location vide, 3 mois pour une meublée, avec motif légitime ou reprise).
Le bailleur ne peut pas résilier le bail du jour au lendemain juste parce que “il y a trop de mouvements”. Les règles sont encadrées (voir service-public.fr – fin de bail d’habitation).
Départ d’un colocataire en couple (bail signé à deux)
Plusieurs cas :
- Couple marié :
- même si un seul conjoint a signé le bail, les deux sont titulaires du droit au bail
- en cas de séparation, certains droits spécifiques s’appliquent (attribution du logement, juge aux affaires familiales).
- Pacs ou concubinage :
- seules les personnes mentionnées au bail sont colocataires juridiquement
- si un seul des deux est sur le bail, l’autre est occupant sans droit direct
- au départ d’un, tout dépendra de qui est titulaire du bail et des accords trouvés avec le bailleur.
Sur ce terrain, chaque situation a ses subtilités. En cas de séparation conflictuelle, un conseil personnalisé (avocat, association spécialisée) est vraiment utile.
Colocation étudiante, CROUS ou résidence : règles spécifiques
Dans les logements étudiants (CROUS, résidences étudiantes privées, foyers, etc.) :
- les baux sont parfois individuels par chambre
- les règles de préavis peuvent être particulières (préavis réduit, dates fixes de sortie)
- des règlements intérieurs complètent le bail.
Important : toujours lire les conditions spécifiques du contrat et du règlement de la résidence. Les règles peuvent diverger des baux “classiques” tout en restant encadrées par la loi.
Rôle du garant solidaire après le départ du colocataire
Si le colocataire sortant avait un garant solidaire :
- le garant reste engagé tant que la solidarité du colocataire dure (jusqu’à l’arrivée d’un remplaçant ou 6 mois après la fin du préavis)
- une fois la solidarité terminée, le garant est libéré pour l’avenir
- en cas de nouveau bail, le garant doit signer un nouvel acte de caution s’il accepte de couvrir un autre colocataire.
Colocataire parti sans prévenir ou sans respecter le préavis
Scénario ultra-fréquent : un coloc disparait, ne paie plus sa part, laisse ses affaires.
Réflexes côté colocs restants :
- rassembler toutes les preuves (messages, courriels, absence de paiement)
- informer le bailleur par écrit de la situation
- dans un bail solidaire, continuer à payer le loyer au mieux pour éviter une résiliation générale et une procédure d’expulsion
- mettre en demeure le coloc défaillant de payer sa part (lettre recommandée).
Pour les affaires laissées sur place, il est déconseillé de tout jeter immédiatement. Mieux vaut :
- le mettre en demeure de récupérer ses affaires dans un délai raisonnable
- documenter tout (photos, courriers)
- en cas de blocage total, se tourner vers le bailleur ou un professionnel pour éviter les fautes (atteinte au droit de propriété).
FAQ sur le départ d’un colocataire
Que faire immédiatement quand un colocataire annonce son départ ?
Les premières étapes :
- vérifier le type de bail (unique ou individuel) et la clause de solidarité
- demander au coloc sortant d’envoyer rapidement un congé écrit au bailleur (LRAR ou remise contre reçu)
- discuter ensemble d’un planning de départ (date, état des lieux, recherche de remplaçant)
- commencer à chercher un nouveau colocataire si tout le monde souhaite maintenir la colocation
- lister les abonnements et charges à adapter (internet, énergie, assurance, etc.).
Quel est le préavis pour mettre fin à un bail de colocation ?
Le préavis dépend du type de logement :
- logement vide : 3 mois (réduit à 1 mois en zone tendue ou pour certains motifs légaux)
- logement meublé : 1 mois
- bail mobilité : 1 mois.
Ce délai s’applique pour chaque colocataire individuellement. Chacun peut donner congé de son côté. Les règles détaillées sont disponibles sur service-public.fr.
Peut-on quitter une colocation sans payer jusqu’à la fin du préavis ?
En principe, non. Le colocataire est tenu :
- de payer jusqu’au dernier jour de son préavis
- et, en bail solidaire, de répondre des impayés pendant la période de solidarité post-préavis (max 6 mois).
Seul un accord écrit avec le bailleur (et idéalement avec les colocataires) peut l’autoriser à partir plus tôt sans payer. Sans ça, un départ anticipé sans paiement reste risqué juridiquement.
Un seul colocataire peut-il rester dans le logement après le départ des autres ?
Oui, c’est possible si :
- le bailleur accepte de maintenir le bail ou d’en signer un nouveau à son nom
- sa solvabilité est jugée suffisante pour assumer le loyer seul.
Dans ce cas, le bail peut être transformé en bail “classique” avec un seul locataire. Si le bailleur refuse, il peut attendre la fin du bail et ne pas le renouveler, en respectant les délais et motifs prévus par la loi.
Le propriétaire peut-il refuser le remplaçant proposé par les colocataires ?
Oui, le propriétaire n’est jamais obligé d’accepter un candidat qui ne présente pas des garanties suffisantes (revenus trop faibles, pas de garant, situation jugée trop instable). En revanche :
- il ne peut pas refuser pour un motif discriminatoire (origine, sexe, âge, état de santé, etc.)
- en cas de doute, un refus doit pouvoir être justifié par des critères objectifs de solvabilité.
En pratique, mieux vaut échanger en amont avec le bailleur pour connaître ses exigences et éviter des dossiers refusés en boucle.
Qui rembourse la part de dépôt de garantie au colocataire sortant ?
Dans un bail unique, le bailleur ne rend pas le dépôt de garantie avant la fin totale du bail. C’est donc en général :
- le nouveau colocataire qui verse sa part au sortant
- ou les colocs restants qui rachètent collectivement sa part.
En bail individuel, le bailleur restitue le dépôt de garantie directement au coloc sortant, après l’état des lieux de sortie et dans les délais légaux.
Que faire si un colocataire part sans prévenir et laisse des impayés ?
Dans ce cas :
- en bail solidaire, le bailleur peut demander la totalité des sommes aux colocataires restants ou à leurs garants
- les colocs restants peuvent :
- le mettre en demeure de payer sa part
- engager ensuite une procédure de recouvrement (injonction de payer, etc.) si les montants sont importants.
Pour limiter la casse, le plus efficace reste de réagir vite : informer le bailleur, chercher un remplaçant, et formaliser les dettes par écrit.
Quiz express (1 minute) — Départ d’un colocataire
Ouvrez chaque question, choisissez mentalement A/B/C, puis cliquez sur « Voir la réponse ».
En colocation avec bail unique et clause de solidarité, un colocataire donne congé : quand cesse sa solidarité de paiement ?
B. À la date de fin de son préavis.
C. En général, 6 mois après la fin de son préavis si personne ne le remplace et selon le bail.
Voir la réponse
Avec une clause de solidarité, le colocataire sortant peut rester tenu des loyers/charges après son congé, souvent jusqu’à un remplacement ou, pour les baux d’habitation (loi de 1989), dans la limite de 6 mois après la fin du préavis. Cela peut dépendre du contrat : vérifiez la clause et, en cas de doute, référez-vous à une source officielle (service-public.fr).
Pour que le préavis du colocataire partant soit valable, à qui doit-il notifier son congé ?
B. Au propriétaire (ou à son mandataire) selon les formes prévues (lettre recommandée, etc.).
C. À l’agence immobilière uniquement, même si elle n’a pas de mandat.
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Le congé doit être donné au bailleur (ou à l’agence si elle gère le logement avec un mandat) et sous une forme admise. Prévenir les colocataires ne suffit pas pour faire courir le préavis.
Un colocataire est remplacé : quel document est le réflexe le plus sûr pour éviter les flous sur “qui est locataire” ?
B. Un avenant au bail (ou un nouveau bail) signé avec le bailleur et les personnes concernées.
C. Un reçu manuscrit entre colocataires, sans informer le bailleur.
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Le remplacement doit être acté avec le bailleur, généralement via un avenant (ou un nouveau bail). Sans écrit signé, le statut du “remplaçant” et les responsabilités de chacun peuvent devenir très discutables.
Au départ d’un seul colocataire en bail unique, faut-il faire un état des lieux de sortie “officiel” avec le propriétaire ?
B. Oui, c’est obligatoire à chaque changement de colocataire, sans exception.
C. Non, c’est interdit tant que le bail n’est pas totalement fini.
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En bail unique, le bail continue avec les colocataires restants, donc l’état des lieux “de fin de bail” n’est pas automatique. Un constat écrit (ou un état des lieux intermédiaire accepté) aide toutefois à éviter les disputes sur les dégradations et le dépôt de garantie.
Concernant la régularisation des charges, quel réflexe évite le plus les tensions quand un colocataire part ?
B. Ne rien noter : on verra au moment de la régularisation annuelle.
C. Exiger que le bailleur rende immédiatement un décompte final le jour du départ.
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Les charges peuvent être régularisées plus tard : garder des relevés et acter une méthode de partage (au temps passé, par exemple) limite les conflits. Le bailleur doit pouvoir justifier les charges, mais le décompte final ne sort pas forcément le jour du départ.






