En résumé
La sous-location est en principe interdite sans accord écrit du propriétaire, tandis que l’hébergement gratuit est généralement autorisé ; la différence tient surtout au paiement et à l’autonomie d’occupation.
- Sous-location : occupation autonome (clés, droit stable) de tout/partie du logement contre paiement → accord écrit du bailleur obligatoire (le silence ne vaut pas accord).
- Hébergement gratuit : accueil sans loyer ni contrepartie financière, en principe permis (sauf sur-occupation, troubles, ou clause spécifique du bail).
- Un “hébergement” peut être requalifié en sous-location si la participation financière est régulière/élevée et que l’occupant est très autonome (preuves : annonces, messages, “loyer”, dépôt de garantie).
- Le bailleur peut refuser la sous-location (souvent sans justification) et n’autoriser qu’un sous-locataire et une durée déterminés.
- Le sous-loyer est plafonné : pas de bénéfice sur la résidence principale, il ne doit pas dépasser le loyer principal au prorata de la surface (charges comprises).
- La sous-location peut être partielle ou totale, mais doit rester dans la durée du bail et être encadrée (contrat, état des lieux, assurance).
- La sous-location courte durée (type Airbnb) est particulièrement contrôlée : accord du bailleur + règles locales (enregistrement, quotas, changement d’usage) avec sanctions possibles.
- En HLM, la sous-location est en général interdite (exceptions rares) avec risques importants (perte du logement, remboursements, poursuites).
- Le locataire principal reste seul responsable vis-à-vis du bailleur (loyers, charges, dégradations, troubles), même si le sous-locataire ne paie pas.
- Sans autorisation : risques de résiliation, expulsion, dommages-intérêts, restitution des loyers indus, soucis d’assurance (et parfois d’aides type CAF).
- Les revenus de sous-location sont en principe imposables (souvent BIC en meublé), avec quelques exonérations sous conditions.
Sous-location, hébergement d’un proche, participation aux charges… la frontière entre ce qui est autorisé et ce qui peut faire sauter un bail est très fine. En France, la loi encadre strictement la sous-location, alors que l’hébergement gratuit est en principe beaucoup plus libre. Tout l’enjeu est de bien faire la différence et de demander, quand il faut, l’accord du propriétaire de façon carrée.
Cet article décortique ce que la loi autorise, ce qui est interdit sans accord du bailleur et comment demander proprement l’autorisation de sous-louer. Objectif : éviter les galères de résiliation de bail, d’expulsion d’un proche ou de remboursement de loyers perçus, tout en gardant une marge de manœuvre pour s’organiser dans la vraie vie.
Sous-location ou simple hébergement : bien faire la différence
Qu’est-ce qu’une sous-location au regard de la loi ?
La sous-location, c’est le fait pour un locataire de louer tout ou partie du logement qu’il occupe à une autre personne, en échange du paiement d’un loyer ou d’une contrepartie financière régulière.
Concrètement, il y a sous-location lorsqu’un tiers :
- dispose d’un droit d’occupation stable et autonome (sa chambre, ses clés, il peut entrer/sortir librement),
- verse une somme d’argent régulière (loyer, “participation” fixe, forfait mensuel),
- et que ce droit d’occupation découle du locataire principal, pas du propriétaire.
La sous-location est donc un “bail dans le bail” : le propriétaire loue au locataire, qui à son tour loue au sous-locataire.
Qu’est-ce qu’un hébergement à titre gratuit ?
L’hébergement à titre gratuit, c’est l’accueil d’une personne chez soi sans loyer ni contrepartie financière. La personne est invitée, elle ne devient pas locataire, ni sous-locataire.
Exemples typiques :
- un frère qui vient vivre quelques mois gratuitement le temps de retrouver un job,
- un ami qui dort sur le canapé pendant quelques semaines sans payer,
- un conjoint qui s’installe mais le seul titulaire du bail reste l’autre partenaire.
Dans ce cas, tant qu’aucun loyer n’est versé et que le logement n’est pas sur-occupé, la loi considère en principe cela comme un simple hébergement, et non comme une sous-location.
Les indices qui font basculer un hébergement en sous-location
Un hébergement peut être requalifié en sous-location illicite si certains indices s’accumulent :
- Loyer déguisé : le proche “participe” à hauteur de 300 € par mois alors que le loyer complet est de 600 €. Même si c’est appelé “participation aux courses”, le montant, la régularité et le niveau par rapport au loyer peuvent faire tiquer.
- Durée longue et autonomie totale : le proche vit seul une grande partie du temps, a les clés, reçoit son courrier, se comporte comme s’il était vraiment chez lui.
- Présence d’un contrat ou de preuves écrites : messages, annonces en ligne, échanges de mails qui montrent une véritable location (prix par mois, dépôt de garantie, etc.).
Plus ces éléments s’additionnent, plus le risque est fort qu’un juge ou un bailleur considère qu’il s’agit d’une sous-location, même si l’arrangement est présenté comme de “l’aide”.
Pourquoi cette distinction est capitale pour le locataire
La sous-location est strictement encadrée par la loi (article 8 de la loi du 6 juillet 1989). Sans accord du propriétaire, elle est en principe interdite. À l’inverse, l’hébergement gratuit est généralement autorisé, sauf clause restrictive dans le bail ou sur-occupation manifeste.
En pratique, si la situation est considérée comme une sous-location sans autorisation :
- le bailleur peut demander la résiliation du bail et l’expulsion,
- le locataire peut devoir rembourser au sous-locataire le trop-perçu de loyer,
- le propriétaire peut réclamer des dommages-intérêts.
D’où l’importance de savoir très vite si le projet ressemble plus à de l’hébergement ou à une sous-location, et de sécuriser la situation si besoin.
Ce que dit la loi sur la sous-location du logement
Sous-location : principe d’interdiction sauf accord du propriétaire
Pour les logements loués vides ou meublés à usage de résidence principale, la loi est claire : le locataire ne peut pas sous-louer sans l’accord écrit du propriétaire. C’est le principe posé par l’article 8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
Sans cet accord écrit, la sous-location est illicite, même si :
- le propriétaire est “au courant” de façon informelle,
- le bail ne mentionne pas expressément la sous-location,
- la sous-location est de courte durée (quelques semaines, Airbnb, etc.).
Les règles du bail d’habitation : clauses d’interdiction ou d’autorisation
Dans la quasi-totalité des contrats de location, une clause interdit la sous-location sans accord du bailleur. Cette clause est totalement valable et opposable au locataire, tant qu’elle ne va pas à l’encontre de la loi.
Le bail peut prévoir :
- une interdiction totale de sous-louer,
- une possibilité de sous-louer sous conditions (durée, type de sous-location, nombre de personnes),
- une obligation de demander l’autorisation pour chaque sous-locataire.
Si le bail n’en parle pas, ce n’est pas une “autorisation tacite” : l’interdiction légale reste la règle, sauf accord écrit donné ultérieurement.
L’impact des dernières réformes : sous-location lucrative sous surveillance
La tendance législative et réglementaire va clairement vers un encadrement accru des sous-locations à but lucratif, en particulier via des plateformes (type Airbnb) dans les grandes villes.
Plusieurs évolutions importantes :
- Règles locales renforcées dans les grandes communes (changement d’usage, enregistrement, quotas de nuits pour les résidences principales – souvent 120 nuits par an maximum).
- Contrôles accrus sur les locations touristiques et sanctions financières lourdes en cas de manquement (amendes administratives pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros).
- Actions des bailleurs plus fréquentes pour faire cesser les sous-locations lucratives non déclarées.
Les règles locales évoluant souvent, un passage par le site de la mairie et par service-public.fr – Location saisonnière reste indispensable avant de se lancer.
Sous-location de résidence principale, logement vide, meublé, social : les particularités
Le cadre de base (article 8 de la loi de 1989) s’applique aux logements vides et meublés constituant la résidence principale.
Quelques nuances :
- Résidence principale : sous-location possible uniquement avec accord écrit du bailleur, et sans dépasser le loyer principal.
- Logement meublé classique (résidence principale) : mêmes règles, mais attention aux locations de courte durée, souvent plus surveillées.
- Logement social (HLM) : en principe, la sous-location est interdite, sauf cas très spécifiques (accueil temporaire d’un proche par exemple). Les contrôles sont renforcés et les sanctions peuvent aller jusqu’à la perte du logement.
Pour les logements sociaux, un coup d’œil aux clauses du bail et aux infos du bailleur social, ainsi qu’aux fiches service-public.fr – Logement social, est crucial avant toute idée de sous-location.
Plafond du loyer en sous-location : peut-on faire un bénéfice ?
Non, la loi interdit au locataire de gagner de l’argent grâce à la sous-location de sa résidence principale. Le sous-loyer ne peut pas dépasser le loyer principal (charges comprises) au prorata de la surface sous-louée (article 8 de la loi de 1989).
Exemple concret :
- Loyer principal : 800 € CC pour 60 m².
- Chambre sous-louée : 12 m².
- Plafond du sous-loyer mensuel : 800 × (12 / 60) = 160 € maximum.
Si le locataire dépasse ce plafond, le sous-locataire peut demander en justice la restitution du trop-perçu. Le bailleur peut aussi invoquer ce dépassement pour démontrer un enrichissement abusif et demander réparation.

Dans quels cas un locataire peut-il sous-louer son logement ?
Sous-location partielle (chambre) vs sous-location totale du logement
Avec l’accord écrit du propriétaire, deux grands schémas existent :
- Sous-location partielle : le locataire reste dans le logement et sous-loue une chambre. C’est courant pour réduire son loyer (ex. étudiant qui loue une chambre à un autre étudiant).
- Sous-location totale : le locataire quitte temporairement le logement (stage à l’étranger, mission, voyage long) et le sous-locataire occupe tout l’appartement pendant une période déterminée.
Dans les deux cas, l’autorisation écrite du bailleur est indispensable, et la durée de la sous-location ne peut pas dépasser la durée restante du bail.
Sous-location de courte durée (Airbnb, saisonnier) : encadrement spécifique
La sous-location de courte durée (nuitées ou semaines à des touristes) est la plus sensible juridiquement :
- Elle reste une sous-location : accord écrit du bailleur obligatoire.
- Dans beaucoup de grandes villes, la mise en location touristique nécessite :
- une déclaration ou un enregistrement en mairie,
- parfois un changement d’usage du logement (habitation vers meublé touristique),
- un respect strict du plafond de nuits pour la résidence principale (souvent 120 nuits/an).
Les communes détaillent ces règles sur leur site, et service-public.fr – Location d’un logement en meublé de tourisme donne la base nationale.
Sous-location en colocation : occupants sur le bail et sous-locataires
En colocation, deux cas se présentent :
- Un seul bail pour tous (colocation avec clause de solidarité) : l’arrivée d’une nouvelle personne peut être organisée par un avenant, ou par une sous-location. Dans ce second cas, le bailleur doit donner son accord écrit, et il est souvent préférable que tous les colocataires valident aussi.
- Plusieurs baux individuels : chaque chambre est louée directement par le bailleur. Le locataire qui voudrait à son tour sous-louer sa chambre doit avoir une autorisation écrite, et ce montage est en pratique rarement accepté.
Multiplier les sous-locations en colocation sans accord peut rapidement créer une situation de sur-occupation, avec risques de troubles de voisinage et d’action du bailleur.
Cas des logements sociaux : interdictions renforcées et contrôles
Dans le parc social (HLM), la sous-location est en règle générale interdite. Seuls quelques dispositifs très encadrés existent, par exemple pour l’accueil temporaire de certaines personnes.
En cas de sous-location illicite d’un logement social, les risques sont sévères :
- résiliation du bail par le bailleur social,
- obligation de quitter les lieux,
- éventuelles poursuites pour fraude, avec demande de remboursement des sommes perçues.
Avant tout projet, passage obligé par les conditions spécifiques du bailleur social et par les fiches officielles sur service-public.fr – Logement social.
Sous-location à un proche (ami, famille, conjoint) : ce qui change vraiment
La loi ne fait pas de différence selon l’identité du sous-locataire. Qu’il s’agisse d’un ami, d’un membre de la famille ou d’un inconnu, dès qu’il y a loyer, c’est une sous-location.
En revanche, dans la pratique :
- les bailleurs sont parfois un peu plus ouverts pour un proche clairement identifié (ex. parent qui vient vivre provisoirement en ville pour un traitement médical),
- les arrangements “entre proches” sans accord écrit restent pourtant tout aussi risqués juridiquement.
Même pour un proche, l’accord écrit du bailleur reste la clé pour éviter que l’hébergement soit requalifié en sous-location illicite.

Quand une simple aide devient illégale : ce qui est interdit sans accord
Héberger quelqu’un en échange d’une participation financière : où est la limite ?
Héberger quelqu’un gratuitement ne pose en général pas de problème. Le souci commence dès qu’une participation financière régulière apparaît.
Quelques signaux d’alerte :
- versement d’un montant fixe chaque mois,
- montant élevé par rapport au loyer (ex. 400 € sur 700 € de loyer),
- référence explicite au “loyer” dans les messages ou les virements.
Dans ce cas, le bailleur, un voisin ou un juge peuvent considérer qu’il s’agit d’une sous-location déguisée, interdite sans autorisation écrite.
Faire payer un loyer déguisé (charges, participation excessive) : risques
Beaucoup de locataires se disent : “ce n’est pas un loyer, c’est pour les charges”. Sauf que si la somme est régulière et disproportionnée par rapport aux charges réelles, le risque de requalification en sous-location est élevé.
Conséquences possibles :
- action du bailleur pour résiliation du bail,
- demande de remboursement du trop-perçu par la personne hébergée,
- éventuelles difficultés avec les aides au logement (CAF) si la situation est portée à leur connaissance.
Multiplier les occupants sans en informer le bailleur
La loi ne fixe pas de nombre maximum d’occupants dans un logement privé, mais il existe des normes de décence, de surface minimale et des règles de salubrité.
Multiplier les occupants peut être problématique si :
- le logement devient manifestement sur-occupé (ex. T2 de 30 m² avec 4 personnes à l’année),
- les nuisances augmentent (bruit, va-et-vient, poubelles),
- le bail prévoit une clause exigeant d’informer le bailleur en cas de changement du nombre d’occupants.
Dans ce cas, le bailleur peut invoquer le non-respect de l’usage paisible des lieux, voire une occupation contraire à la destination du logement, pour demander la résiliation.
Sous-louer plus cher que son propre loyer : ce que dit la loi
Pour la résidence principale, la règle est nette : le sous-loyer ne doit pas dépasser le loyer payé par le locataire principal au prorata de la surface sous-louée. Toute marge au-delà est susceptible d’être restituée au sous-locataire sur décision de justice.
Le bailleur peut aussi s’en servir pour démontrer un but spéculatif et demander des dommages-intérêts, voire la résiliation du bail pour sous-location lucrative abusive.
Exemples de situations courantes qui constituent une sous-location illicite
- Un étudiant sous-loue son studio entier sur Airbnb chaque week-end sans prévenir le propriétaire.
- Un locataire loue “officiellement” une chambre mais en réalité deux amis dorment là, chacun versant 250 € sur un loyer total de 600 €.
- Un salarié part en mission 1 an et laisse un collègue occuper son appartement contre un loyer, sans accord écrit du bailleur.
Dans ces cas, sans accord écrit, la sous-location est illicite, même si tout le monde semble d’accord entre eux. Le bailleur peut intervenir à tout moment.
L’accord du propriétaire : définition juridique et portée
Qu’est-ce que l’accord du bailleur en matière de sous-location ?
L’accord du bailleur, c’est l’autorisation expresse donnée au locataire de sous-louer tout ou partie du logement. Juridiquement, cet accord doit être clair, non équivoque, et donné avant le début de la sous-location.
Le plus sûr reste un document écrit qui précise au minimum :
- l’identité du sous-locataire,
- la partie du logement concernée (chambre, logement entier),
- le montant du sous-loyer,
- la durée de la sous-location.
Accord verbal, écrit, clause au bail : quelles formes sont valables ?
En théorie, l’accord verbal pourrait suffire. En pratique, en cas de litige, il est quasiment impossible à prouver.
Les formes les plus sûres :
- un écrit signé par le bailleur (avenant au bail ou lettre d’autorisation),
- un échange de mails clair, issu d’une adresse fiable du propriétaire, validant tous les éléments de la sous-location.
Une simple phrase orale du type “pas de souci, fais comme tu veux” est beaucoup trop fragile. En cas de changement d’avis, le locataire se retrouve sans preuve.
Différence entre accord pour hébergement, domiciliation et sous-location
Il faut bien distinguer :
- L’hébergement gratuit : souvent libre, mais le bailleur peut demander à être informé si l’occupation change de façon durable.
- La domiciliation (adresse administrative) : le fait qu’une personne reçoive son courrier chez le locataire ne crée pas automatiquement un droit à occuper les lieux.
- La sous-location : implique un loyer et un droit d’occupation en échange de ce loyer, et nécessite un accord écrit du bailleur.
Un bailleur peut accepter qu’un proche soit domicilié ou hébergé sans pour autant autoriser la sous-location avec loyer.
Peut-on sous-louer sans accord si le bail n’en parle pas ?
Non. Même si le bail ne comporte aucune clause sur la sous-location, la loi de 1989 impose l’accord du propriétaire. L’absence de mention ne vaut donc pas autorisation.
La seule façon de sous-louer légalement un logement relevant de la loi de 1989 reste de disposer d’un accord écrit préalable du bailleur.
Durée et étendue de l’autorisation : ce que le bailleur peut encadrer
Le propriétaire peut limiter l’autorisation :
- à un sous-locataire déterminé,
- à une durée précise (ex. du 1er avril au 31 août),
- à une partie du logement (ex. uniquement une chambre),
- à un type de sous-location (saisonnière ou non, nombre maximal de nuits par an, etc.).
Tout ce qui n’est pas inclus dans l’autorisation est, par principe, interdit. En cas de doute, mieux vaut redemander une précision écrite.
Le propriétaire peut-il refuser ou interdire la sous-location ?
Interdiction de principe prévue au bail : est-ce légal ?
Oui. Une clause d’interdiction générale de sous-louer sans accord du bailleur est pleinement légale dans un bail d’habitation soumis à la loi de 1989.
Cette clause ne dispense pas le bailleur, s’il change d’avis, de donner par écrit son accord pour une sous-location ponctuelle, mais elle lui permet de refuser sans avoir à justifier.
Refus de sous-location : faut-il un motif sérieux selon les cas ?
En matière de bail d’habitation classique (hors cas très particuliers), le bailleur n’est pas obligé de motiver son refus. Il peut simplement dire non, y compris si le projet de sous-location semble raisonnable.
Il n’existe pas, à ce jour, de “droit à la sous-location” opposable au bailleur pour la résidence principale, sauf régime très spécifique prévu au contrat, ce qui reste rare.
Motifs légitimes de refus fréquemment admis
Même si le bailleur n’a pas à se justifier, les motifs de refus tournent souvent autour de :
- la crainte de troubles de voisinage ou d’usage intensif (location touristique),
- la peur d’une sur-occupation du logement,
- une certaine insolvabilité ou instabilité du sous-locataire pressenti,
- des règles de copropriété qui limitent les locations de courte durée.
Peut-il choisir ou imposer le sous-locataire ?
Le bailleur peut conditionner son accord à l’identité d’un sous-locataire donné. Il peut par exemple :
- accepter la sous-location à un étudiant identifié,
- refuser une sous-location de type touristique anonyme et renouvelée.
En revanche, il ne peut pas imposer un sous-locataire précis au locataire : le choix reste celui du locataire, sous réserve de l’accord du bailleur.
Recours possibles du locataire en cas de refus jugé abusif
En pratique, les marges de recours sont très limitées. Tant que la loi n’accorde pas de “droit à la sous-location”, le refus du bailleur, même rigide, reste en général légal.
Un recours amiable reste parfois possible (médiation, conciliation), par exemple devant la commission départementale de conciliation, mais il ne s’agit pas d’un droit automatique à obtenir l’accord. Les démarches et coordonnées sont détaillées sur service-public.fr – Conflit locatif.
Comment demander légalement l’accord de sous-location au propriétaire ?
Préparer sa demande : informations indispensables à réunir
Avant d’écrire au bailleur, quelques éléments doivent être carrés :
- raison de la sous-location (stage, mission, difficultés financières, etc.),
- type de sous-location (totale ou partielle, courte ou longue durée),
- identité complète du sous-locataire pressenti (nom, prénom, éventuellement situation pro/étudiante),
- montant du sous-loyer envisagé, en respectant le plafond légal,
- dates précises ou durée de la sous-location.
Lettre recommandée avec AR : pourquoi et comment la rédiger
L’envoi en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) permet de prouver :
- la date de la demande,
- le contenu précis (surtout si une copie de la lettre est conservée),
- le fait que le bailleur a bien reçu la demande.
Cette preuve est précieuse en cas de litige ultérieur, notamment si le bailleur prétend ne pas avoir été informé.
Délai raisonnable pour répondre : que dit la pratique ?
Aucun délai légal spécifique n’est prévu pour la réponse à une demande de sous-location. En pratique :
- un délai de 15 jours à 1 mois est souvent considéré comme raisonnable,
- sans réponse après ce délai, il est possible de relancer par écrit.
Attention : silence ne vaut pas accord. Sans réponse écrite claire, la sous-location reste interdite.
Ce que la demande doit préciser : durée, loyer, identité du sous-locataire
Pour maximiser les chances d’obtenir l’accord, la demande doit être précise :
- rappel des références du bail (adresse, date de signature),
- description du projet de sous-location (totale/partielle, période exacte),
- montant du sous-loyer et preuve qu’il ne dépasse pas le plafond légal,
- identité du sous-locataire et, si possible, quelques garanties (emploi, études, garant, etc.).
Modèle de courrier de demande d’accord de sous-location
Exemple de lettre à adapter :
Madame, Monsieur,
Locataire du logement situé [adresse complète], loué par bail signé le [date], il est envisagé de sous-louer [tout le logement / la chambre de X m²] à M./Mme [nom, prénom], [qualité : étudiant(e), salarié(e) …], à compter du [date de début] et jusqu’au [date de fin].
Le montant du sous-loyer envisagé est de [montant] € charges comprises, ce qui ne dépasse pas le loyer que vous percevez, au prorata de la surface sous-louée, conformément à l’article 8 de la loi du 6 juillet 1989.
Il est demandé par la présente votre accord écrit pour cette sous-location, aux conditions indiquées. Le projet de contrat de sous-location peut être transmis pour examen si vous le souhaitez.
Dans l’attente de votre réponse écrite, qui peut être adressée par courrier ou par mail à [adresse mail],
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, [formule de politesse].
[Nom, signature]
Preuve de l’accord du bailleur : comment se protéger en cas de litige
Pour se protéger :
- conserver une copie signée de la lettre d’autorisation reçue,
- garder l’original ou la copie de l’avenant au bail,
- archiver les mails d’accord et leurs pièces jointes,
- ne jamais débuter la sous-location avant d’avoir reçu cet accord.
En cas de procédure ou de contrôle, ces documents permettront de prouver que la sous-location est autorisée et encadrée.
Encadrer la relation avec le sous-locataire
Rédiger un contrat de sous-location conforme à la loi
Un contrat de sous-location écrit entre le locataire principal et le sous-locataire est fortement recommandé. Il doit notamment préciser :
- identité des parties,
- adresse et description du logement ou de la partie sous-louée,
- durée de la sous-location (ne dépassant pas le bail principal),
- montant du sous-loyer et modalités de paiement,
- référence à l’autorisation du bailleur et au bail principal.
Il est utile d’y rappeler que les droits du sous-locataire dépendent du bail principal : si celui-ci prend fin, la sous-location se termine automatiquement.
Fixer le montant du loyer de sous-location : plafonds et charges
Le sous-loyer ne doit pas dépasser le loyer principal au prorata de la surface sous-louée. Pour les charges :
- si elles sont forfaitaires dans le bail principal, le sous-loyer peut intégrer un forfait équivalent,
- si elles sont régularisées, il est possible de prévoir une avance et une régularisation interne entre locataire et sous-locataire.
En cas de doute sur le calcul, un rapide tableau avec les surfaces, le loyer total et le loyer proposé permet de garder une trace claire.
État des lieux, dépôt de garantie, assurances : qui fait quoi ?
Pour limiter les mauvaises surprises :
- État des lieux d’entrée et de sortie entre locataire et sous-locataire, idéalement signé par les deux parties.
- Dépôt de garantie possible, dont le montant, les conditions de conservation et de restitution doivent être écrits dans le contrat de sous-location.
- Assurance habitation : le locataire doit informer son assureur de la sous-location. Le sous-locataire doit au minimum avoir une assurance responsabilité civile, voire une assurance habitation à son nom selon les cas.
Obligations du sous-locataire vis-à-vis du locataire principal
Le sous-locataire doit respecter à la fois :
- le contrat de sous-location,
- les obligations du locataire principal vis-à-vis du bailleur (usage paisible, entretien courant, respect des voisins),
- le règlement de copropriété s’il lui est communiqué.
En cas de manquement, le locataire principal se retrouve en première ligne face au propriétaire. D’où l’intérêt de clauses claires sur les conséquences d’un comportement problématique du sous-locataire.
Information du sous-locataire sur les règles de l’immeuble
Pour éviter les embrouilles avec les voisins et le bailleur :
- remettre au sous-locataire un exemplaire du règlement intérieur ou du règlement de copropriété,
- préciser les règles de base : horaires de bruit, usage des parties communes, poubelles, etc.,
- expliquer les règles spécifiques si location de courte durée (gestion des arrivées tardives, codes d’immeuble…).
Droits et obligations du locataire qui sous-loue
Le locataire reste seul responsable envers le propriétaire
Face au bailleur, le sous-locataire “n’existe pas”. Le seul interlocuteur, c’est le locataire principal. Celui-ci reste responsable :
- du paiement intégral du loyer et des charges,
- du respect des obligations du bail,
- des dégradations et troubles causés par le sous-locataire.
Le propriétaire ne peut pas agir directement contre le sous-locataire pour résilier le bail principal, il s’adresse au locataire.
Entretien, réparations, dégâts causés par le sous-locataire
Les règles classiques des réparations locatives continuent de s’appliquer entre bailleur et locataire. Entre locataire et sous-locataire, il est possible de prévoir dans le contrat :
- la répartition des petites réparations,
- la prise en charge des dégradations imputables au sous-locataire,
- l’utilisation du dépôt de garantie le cas échéant.
Mais même si le contrat est clair, si le sous-locataire refuse de payer, le bailleur se retournera contre le locataire principal, pas contre le sous-locataire.
Paiement du loyer principal et des charges : qui doit quoi, à qui ?
Le bailleur ne connaît qu’un débiteur : le locataire principal. Le sous-locataire paye son sous-loyer au locataire principal, jamais directement au propriétaire, sauf accord spécifique très encadré.
Si le sous-locataire ne paye plus, le locataire principal doit quand même régler son loyer au bailleur, puis éventuellement agir contre le sous-locataire (mise en demeure, résiliation de la sous-location, voire procédure d’expulsion).
Fiscalité de la sous-location : revenus imposables et déclarations
Les revenus tirés de la sous-location sont en principe imposables. Selon la situation, ils peuvent relever :
- du régime des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) pour les locations meublées,
- d’autres régimes en cas de situations spécifiques.
Il existe quelques cas d’exonération, par exemple la location d’une partie de la résidence principale à un loyer raisonnable, mais les conditions sont strictes. Pour sécuriser la situation, un passage par les fiches fiscales officielles et, si besoin, un conseiller reste prudent. Les bases sont disponibles sur impots.gouv.fr.
Que faire si le sous-locataire ne paie plus ou ne veut plus partir ?
En cas d’impayés ou de refus de quitter les lieux :
- envoyer une mise en demeure écrite de payer ou de libérer les lieux,
- prévoir, dans le contrat de sous-location, une clause de résiliation en cas d’impayés,
- si nécessaire, saisir le juge pour obtenir l’expulsion du sous-locataire.
En parallèle, le bailleur principal peut, lui, engager une procédure contre le locataire si les impayés ou les troubles affectent le bail principal.
Les risques en cas de sous-location sans accord du propriétaire
Résiliation du bail et expulsion : dans quels cas ?
La sous-location sans autorisation écrite constitue un manquement grave au bail. Le bailleur peut saisir le tribunal pour :
- faire constater la violation du bail,
- obtenir la résiliation du bail principal,
- faire ordonner l’expulsion du locataire et du sous-locataire.
Les juges apprécient au cas par cas, mais une sous-location durable et lucrative est particulièrement mal vue.
Demandes de dommages et intérêts du bailleur
En plus de la résiliation, le bailleur peut demander :
- des dommages et intérêts pour compenser les troubles,
- la restitution des sommes indûment perçues par le locataire (en cas de loyer excessif),
- la prise en charge des éventuels frais de procédure.
Conséquences sur le dépôt de garantie et l’assurance habitation
En cas de dégâts causés par le sous-locataire, le bailleur peut retenir tout ou partie du dépôt de garantie du locataire principal.
Côté assurance :
- une sous-location non déclarée à l’assureur peut entraîner des exclusions de garantie,
- certains sinistres peuvent ne pas être pris en charge si l’occupation réelle n’a pas été déclarée.
Régularisation a posteriori : est-ce possible et dans quelles conditions ?
Une sous-location illicite peut parfois être régularisée si :
- le bailleur accepte finalement de donner une autorisation écrite,
- un nouveau cadre est fixé (durée, montant, identité du sous-locataire).
Mais cette régularisation ne fait pas forcément disparaître les risques pour la période passée. Un bailleur peut, par exemple, tolérer pour l’avenir mais garder la possibilité de contester le passé (loyers trop élevés, troubles, etc.).
Exemples de décisions de justice en matière de sous-location illicite
La jurisprudence montre régulièrement :
- des résiliations de bail pour des sous-locations répétées via plateformes, sans accord, avec bénéfice important pour le locataire,
- des condamnations à restituer aux sous-locataires les montants perçus au-delà du plafond légal,
- des sanctions aggravées pour les sous-locations de logements sociaux, avec perte du logement.
Les décisions évoluent au fil des années ; pour un cas précis, un conseil personnalisé (association de locataires, avocat, ADIL) reste la voie la plus sûre.


FAQ : sous-location, hébergement et accord du propriétaire
Quelle est la “nouvelle loi” sur la sous-location à but lucratif ?
Il n’existe pas une unique “nouvelle loi” qui aurait tout changé d’un coup, mais plutôt une série de textes et de règlements, notamment locaux, qui encadrent de plus en plus les sous-locations touristiques et lucratives.
Le socle reste l’article 8 de la loi du 6 juillet 1989 (interdiction de sous-louer sans accord écrit du bailleur et sans dépasser le loyer principal). S’y ajoutent les textes sur les meublés de tourisme et les règlements municipaux (déclaration, enregistrement, quotas de nuits, changement d’usage).
Pour vérifier ce qui s’applique dans une commune donnée, la consultation du site de la mairie et des fiches de service-public.fr – Meublés de tourisme est indispensable.
Un propriétaire peut-il interdire totalement la sous-location dans le bail ?
Oui. Une clause qui interdit purement et simplement toute sous-location sans accord écrit du bailleur est parfaitement légale. Même sans clause, l’accord écrit du bailleur reste nécessaire pour toute sous-location.
Cette interdiction ne vise pas, en principe, l’hébergement gratuit ponctuel d’un proche, tant que le logement n’est pas sur-occupé et que le bail est respecté. Mais si un doute existe, un rapide échange écrit avec le bailleur permet d’éviter les malentendus.
Un propriétaire peut-il refuser une sous-location sans justification ?
Dans le cadre d’un bail d’habitation classique (loi de 1989), le bailleur n’a pas l’obligation de motiver son refus. Il peut simplement indiquer qu’il ne souhaite pas autoriser la sous-location.
Il n’existe pas de droit général pour le locataire d’obtenir une autorisation de sous-louer. Le projet peut être discuté, argumenté, éventuellement renégocié, mais si le bailleur maintient son refus, il est en principe dans son droit.
Puis-je héberger gratuitement un proche sans demander l’accord ?
En principe, oui, l’hébergement gratuit ponctuel ou de moyenne durée d’un proche est autorisé, tant que :
- aucun loyer n’est perçu,
- le logement n’est pas sur-occupé,
- les obligations du bail (usage paisible, voisinage) sont respectées.
Cependant, certains baux peuvent prévoir une obligation d’informer le bailleur en cas de changement durable de la composition du foyer. Si l’hébergement devient permanent (ex. installation durable d’un tiers), un échange avec le bailleur reste prudent, surtout en logement social.
Les fiches de service-public.fr – Droits et obligations du locataire donnent les bases à jour.
Comment prouver que mon hébergement n’est pas une sous-location ?
En cas de contestation, plusieurs éléments peuvent aider :
- absence de versements réguliers de la part de la personne hébergée (ou versements très modestes clairement identifiés comme remboursement ponctuel de frais),
- absence de contrat de location ou de messages qui parlent de “loyer”,
- caractère temporaire et raisonnable de l’hébergement,
- respect de la capacité normale du logement (pas de sur-occupation manifeste).
En cas de doute, limiter toute forme de participation financière régulière et, si besoin, formaliser avec le bailleur que l’hébergement est gratuit et ne constitue pas une sous-location.
Quiz express (1 minute) — Sous-location & hébergement
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Puis-je sous-louer mon logement (même pour une courte durée) sans accord écrit du propriétaire ?
A. Oui, si le loyer demandé est raisonnable.
B. Non, il faut en principe un accord écrit du propriétaire.
C. Oui, si je préviens le propriétaire par SMS.
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Bonne réponse : B.
En location vide (résidence principale), la sous-location sans accord écrit du bailleur est interdite. Si vous sous-louez sans autorisation, vous risquez notamment une résiliation du bail et des remboursements.
Si le propriétaire est d’accord pour une sous-location, quel document est le réflexe à demander ?
A. Un accord écrit précisant la durée et les conditions (idéalement avec le loyer de sous-location).
B. Un accord oral, ça suffit si un voisin peut témoigner.
C. Une capture d’écran d’une annonce de sous-location.
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Bonne réponse : A.
L’autorisation doit être écrite pour être claire et opposable (date, durée, modalités). En cas de litige, c’est ce document qui protège le plus.
Un ami peut-il être hébergé gratuitement quelques semaines dans mon logement ?
A. Oui, en principe, si c’est gratuit et que je reste occupant (pas de “remplacement”).
B. Non, c’est toujours interdit, même gratuitement.
C. Oui, mais uniquement si le bailleur signe un nouveau bail avec mon ami.
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Bonne réponse : A.
Héberger gratuitement un proche est en général possible, tant que cela ne ressemble pas à une sous-location (paiement, publicité, remise des clés “à votre place”). Cela peut dépendre de clauses du bail et de la situation (ex. sur-occupation).
Je sous-loue avec accord du propriétaire : puis-je demander un loyer plus élevé que celui de mon bail ?
A. Oui, si le sous-locataire accepte.
B. Non, le loyer de sous-location ne doit pas dépasser le loyer payé au propriétaire (au prorata).
C. Oui, mais seulement si c’est pour une courte durée.
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Bonne réponse : B.
En location vide, le loyer de sous-location ne doit pas être supérieur au loyer que vous payez, en tenant compte de la surface/partie sous-louée. Si vous dépassez, le sous-locataire peut demander un remboursement du trop-perçu.
Si je sous-loue sans autorisation et que le propriétaire le découvre, quel est le risque principal ?
A. Aucun risque si je paie mon loyer à temps.
B. Une résiliation du bail et des demandes de remboursement/indemnisation selon le cas.
C. Le propriétaire doit d’abord me reloger avant toute action.
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Bonne réponse : B.
La sous-location non autorisée peut être considérée comme un manquement au bail et mener à une procédure (selon la situation, résiliation, dommages, remboursement de sommes). Pour un point officiel, voir le service public : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2449






