En résumé : ajouter des photos datées et clairement annexées à l’état des lieux sécurise bailleur et locataire, limite les contestations et aide à justifier (ou refuser) une retenue sur dépôt de garantie.
- Un état des lieux seulement écrit est souvent insuffisant : les photos apportent une preuve visuelle précise.
- Les photos protègent les deux parties : elles justifient une retenue ou prouvent des défauts préexistants.
- Les litiges les plus courants concernent sols, murs/plafonds, propreté et équipements, où les clichés font foi.
- Les photos ne sont pas obligatoires légalement, mais renforcent fortement le dossier (état des lieux daté et signé requis).
- Pour être crédibles : photos horodatées, lieu identifiable, non retouchées et rattachées clairement au document.
- Bonne méthode : procéder pièce par pièce, prendre vues d’ensemble + gros plans contextualisés, et décrire factuellement chaque anomalie.
- Annexer correctement : numéroter, légender, lister en annexe et faire signer/parapher l’ensemble (papier ou appli).
- Conserver des preuves solides : garder les originaux, classer, sauvegarder sur plusieurs supports et envoyer une trace de transmission (mail).
- Sans état des lieux d’entrée, le logement est présumé en bon état : il faut constituer rapidement des preuves et informer le bailleur par écrit.
- En sortie : comparer entrée/sortie sur place, noter les désaccords et préparer justificatifs (devis/factures) en cas de retenue contestée.
Un état des lieux bien fait, avec des photos claires et des preuves bien rangées, permet d’éviter la majorité des embrouilles sur le dépôt de garantie. Sans ça, en cas de litige, c’est parole contre parole… et ça peut coûter cher.
Objectif ici : savoir comment bien faire l’état des lieux d’entrée et de sortie avec photos et preuves, comprendre leur valeur juridique, et repartir avec une méthode simple pour sécuriser sa location du premier jour jusqu’à la restitution des clés.
État des lieux avec photos : pourquoi c’est devenu indispensable
État des lieux papier seul versus état des lieux avec photos
Un état des lieux « classique » est un document écrit, contradictoire (signé par bailleur et locataire), qui décrit l’état du logement pièce par pièce. C’est déjà une base obligatoire dans la plupart des locations d’habitation (loi ALUR, article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989).
Mais dans la vraie vie, un état des lieux uniquement écrit, avec des mentions vagues du type « bon état général », est souvent insuffisant en cas de litige. Les photos, annexées au document, apportent une preuve visuelle précise de l’état réel du logement à l’entrée et à la sortie.
Exemple concret : si le mur du salon est déjà rayé à l’entrée et que ce n’est pas écrit noir sur blanc, la photo datée, intégrée à l’état des lieux, peut éviter qu’on impute la dégradation au locataire à la sortie.
Les avantages pour le propriétaire bailleur
Pour le bailleur, les photos :
- facilitent la justification d’une retenue sur le dépôt de garantie (comparaison entrée/sortie)
- rendent plus crédible le dossier en cas de contentieux (tribunal, conciliation, etc.)
- limite les discussions interminables sur la réalité d’une dégradation
- permettent de suivre l’évolution du logement au fil des locations.
Résultat : moins de contestations, moins de temps perdu, et une position plus solide si le dossier part devant un juge.
Les avantages pour le locataire
Côté locataire, les photos sont une assurance anti-mauvaises surprises :
- elles prouvent l’existence de défauts déjà présents à l’entrée (impact sur parquet, joints noircis, éclat sur lavabo, marques sur murs, etc.)
- elles aident à distinguer l’usure normale (vétusté) des vraies dégradations
- elles réduisent le risque qu’on retienne une partie injustifiée du dépôt de garantie
- elles permettent de montrer que le logement a été rendu propre et entretenu.
Exemple typique : des traces d’humidité déjà visibles derrière un meuble lors de l’entrée. Avec une photo horodatée et mentionnée à l’état des lieux, impossible de faire porter la responsabilité au locataire à la sortie.
Les situations de litige où les photos font la différence
Les litiges les plus fréquents concernent :
- les sols (rayures, taches de peinture, brûlures de cigarette sur lino ou parquet)
- les murs et plafonds (trous, fissures, taches d’humidité ou de fumée)
- la propreté (graisse dans la cuisine, joints de salle de bains, vitres)
- les équipements (électroménager, radiateurs, volets, robinetterie).
Dans ces cas-là, un état des lieux flou ou incomplet laisse largement place à l’interprétation. Des photos nettes, datées et associées au document permettent au juge ou au conciliateur de trancher beaucoup plus facilement.
Cadre légal de l’état des lieux et place des photos
Rappel sur l’obligation d’état des lieux encadrée par la loi ALUR
Pour les locations soumises à la loi du 6 juillet 1989 (bail d’habitation vide ou meublé, résidence principale), l’état des lieux d’entrée et de sortie est encadré par l’article 3-2. Il doit être :
- établi de manière contradictoire (présence ou représentation des deux parties)
- rédigé sur support papier ou numérique
- joint au bail (pour l’entrée)
- réalisé lors de la remise des clés à l’entrée et de la restitution à la sortie.
Les informations minimales à y faire figurer sont détaillées sur service-public.fr : description de chaque pièce, équipements, relevés de compteurs, etc.
Photos et valeur probante : conditions pour être recevables
Les photos ne sont pas obligatoires dans la loi, mais elles constituent un « commencement de preuve » ou une preuve à part entière si elles sont correctement établies. Pour être prises en compte par un juge, plusieurs éléments comptent :
- l’horodatage (date, idéalement heure) cohérent avec l’état des lieux
- la possibilité d’identifier la pièce et l’élément photographié
- l’absence de modifications visibles (pas de retouche)
- le lien clair avec le document d’état des lieux (référence, liste numérotée, annexe signée).
En droit français, un juge apprécie librement les preuves (principe de liberté de la preuve en matière civile, sous réserve de certaines limites). Des photos bien préparées et correctement annexées ont donc un vrai poids.
Annexer les photos au bail ou à l’état des lieux
Pour sécuriser l’usage des photos, la bonne pratique consiste à :
- numéroter les photos (ex. « Photo 1 – Salon – Mur nord – Fissure »)
- les lister à la fin de l’état des lieux (« Annexe 1 : série de 35 photos »)
- les faire signer ou parapher par les deux parties (sur papier ou via une application d’état des lieux numérique)
- garder un exemplaire complet par partie (bailleur/locataire).
Sans ce rattachement clair, une photo produite plus tard peut être contestée sur sa date ou son lien réel avec le logement.
Absence ou défaut d’état des lieux : conséquences pour le locataire
En l’absence d’état des lieux d’entrée contradictoire, l’article 3-2 de la loi de 1989 prévoit une présomption : le logement est réputé avoir été remis en bon état, sauf preuve contraire. Concrètement, cela expose fortement le locataire à se voir imputer des dégradations qu’il n’a pas forcément causées.
Pour un état des lieux de sortie mal fait (trop rapide, peu détaillé, non contradictoire), la valeur du document peut être affaiblie. Le locataire peut alors :
- contester la retenue sur dépôt de garantie par courrier recommandé
- demander une conciliation ou saisir le juge (tribunal judiciaire)
- produire ses propres preuves (photos d’entrée, échanges de mails, etc.).
Les principales références et formulaires utiles sont disponibles sur service-public.fr, rubrique « Litige entre locataire et propriétaire ».

Valeur juridique des photos dans un état des lieux
Utilisation des photos comme preuve devant un juge
Les photos sont recevables devant un juge civil, à condition qu’elles ne soient pas obtenues de manière déloyale (ex. intrusion dans un lieu sans droit). Elles sont appréciées au cas par cas, en fonction :
- de leur cohérence avec les autres éléments du dossier (états des lieux, factures, échanges écrits)
- de la clarté des clichés
- de la façon dont elles ont été conservées et présentées (numérotation, annexes).
Le juge peut, si besoin, ordonner une expertise ou demander des précisions. Mais un dossier bien monté avec photos d’entrée et de sortie, datées et signées, pèse très lourd dans la balance.
Qualité, netteté et horodatage des images
Pour renforcer la force probante des photos, quelques points clés :
- netteté : éviter les photos floues, prises dans le noir, ou sans recul ;
- contexte : toujours inclure un repère (coin de pièce, fenêtre, porte) pour savoir où se trouve le défaut
- horodatage : garder les métadonnées (EXIF) du smartphone ou utiliser une application qui incruste la date directement sur la photo
- cohérence : la date doit coller à celle de l’état des lieux (même jour ou, au pire, très proche et explicable).
Une photo nette, où l’on voit clairement « Chambre – mur côté fenêtre – tache d’humidité » avec la date du jour de l’entrée a beaucoup plus de poids qu’un cliché imprécis découvert trois mois plus tard.
Signatures, datation et mentions des parties
Pour verrouiller la valeur des photos, plusieurs options :
- imprimer les photos principales, les regrouper en annexe et les faire signer ou parapher par bailleur et locataire
- ajouter une mention dans l’état des lieux : « Annexes : 42 photos numériques, envoyées par mail à [adresse] le [date] »
- utiliser une application dédiée d’état des lieux, qui intègre directement photos, date et signatures électroniques.
Plus la trace écrite du lien « état des lieux / photos / signatures » est claire, moins il y aura de place pour la contestation.
Exemples concrets de litiges réglés grâce aux photos
Quelques cas très fréquents :
- Tache sur la moquette du salon : à la sortie, le bailleur veut refacturer un remplacement complet. La locataire produit une photo d’entrée montrant la même tache, clairement visible. Résultat : aucune retenue possible pour cet élément.
- Vitres très sales et hotte graisseuse : aucun commentaire précis sur l’état des lieux d’entrée. À la sortie, photos d’un logement rendu propre + comparaison avec les photos d’entrée prises par le locataire (où l’on voit déjà la graisse). La retenue sur le dépôt de garantie a été réduite après médiation.
- Porte de placard cassée : état des lieux d’entrée mentionne « fonctionnement correct ». Pas de photo. À la sortie, la porte est tombée. Sans preuve inverse du locataire, la dégradation a été retenue. Ce type de cas montre à quel point les photos d’entrée peuvent aussi protéger le bailleur si tout était bien en état au départ.
Comment organiser un état des lieux avec photos étape par étape
Préparation avant le jour de l’état des lieux
Avant le rendez-vous, côté locataire, quelques réflexes utiles :
- récupérer un modèle d’état des lieux conforme (papier ou numérique) – disponible par exemple sur service-public.fr
- charger son smartphone et libérer de l’espace de stockage pour les photos
- prévoir de quoi noter : stylo, bloc-notes, voire sa propre version du modèle pour compléter
- rassembler les documents utiles : pièce d’identité, bail (si déjà reçu), éventuels échanges avec l’agence ou le bailleur
- prévoir du temps : éviter les rendez-vous expédiés sur la pause déjeuner.
Déroulé de l’état des lieux le jour J, pièce par pièce
Pour éviter les oublis, une méthode simple peut être suivie dans chaque pièce :
- Commencer par une vue d’ensemble de la pièce (photo globale).
- Inspecter le sol (taches, rayures, gonflements, joints de carrelage).
- Observer les murs (trous, fissures, traces, papier peint décollé).
- Regarder le plafond (auréoles, fissures, peinture écaillée).
- Tester les ouvertures : fenêtres, volets, portes, serrures.
- Tester les prises et interrupteurs (lumière, fonctionnement général).
- Pour la cuisine / salle de bains : vérifier chaque équipement (robinetterie, hotte, plaques, four, frigo, lave-linge, douche, baignoire, WC) et faire des photos des points sensibles.
À chaque anomalie, la description écrite doit être factuelle (« 3 trous chevilles mur ouest, environ 8 mm, à 1m60 du sol ») et accompagnée d’une photo.
Utiliser le même document pour entrée et sortie : bonne ou mauvaise idée
Dans la pratique, il est courant que l’état des lieux de sortie soit établi sur le même modèle que celui d’entrée, en colonne parallèle (colonne « entrée » / colonne « sortie »). C’est même plutôt une bonne pratique, car la comparaison est plus lisible.
L’important, juridiquement, est que chaque état des lieux (entrée et sortie) soit clairement daté et signé. Que ce soit sur un même fichier ou sur deux documents séparés importe peu, tant que :
- les dates d’entrée et de sortie sont distinctes
- l’usure normale (vétusté) est prise en compte
- les éventuelles dégradations nouvelles sont décrites et, idéalement, photographiées.
Finaliser, stocker et transmettre les photos après la visite
Une fois l’état des lieux terminé :
- renommer les photos de manière claire (ex. « 2026-03-02_EDL_entree_Salon_Mur_nord_traces »)
- les classer par pièce dans des dossiers (Salon, Chambre 1, Cuisine, etc.)
- les sauvegarder sur au moins deux supports (cloud + ordinateur, par exemple)
- envoyer au bailleur ou à l’agence, si ce n’est pas géré via une appli, un mail listant les photos avec la date de l’état des lieux en objet.
Ce mail pourra servir de preuve de transmission et montrera que les photos ont bien été prises à la bonne période.
Prendre de bonnes photos pour un état des lieux incontestable
Pièces et éléments à photographier en priorité
Certaines zones génèrent presque toujours des discussions. À l’entrée, il vaut mieux les documenter systématiquement :
- sols : parquet, carrelage, moquette, lino
- murs : surtout derrière radiateurs et meubles fixes
- cuisine : plan de travail, plaques, crédence, four, hotte (intérieur), évier
- salle de bains : joints de douche/baignoire, parois de douche, robinetterie, traces de calcaire
- toilettes : cuvette, abattant, chasse d’eau
- fenêtres : encadrements, joints, éventuelles traces d’humidité
- entrées et couloirs : murs souvent marqués par les passages.
Nombre de photos et angles à privilégier
Aucune règle légale sur le nombre de photos, mais côté pratique :
- au moins 2 à 3 vues d’ensemble par pièce (angles différents)
- 1 à 3 gros plans par défaut repéré (tache, fissure, éclat, etc.)
- une vue globale de chaque équipement avant les gros plans (ex. vue de la cuisine puis zoom sur la plaque de cuisson).
L’idée n’est pas de mitrailler pour rien, mais d’avoir suffisamment de matière pour que, des mois ou années plus tard, chacun puisse se rappeler l’état initial.
Focus sur les zones sensibles : murs, sols, plafonds, équipements
Quelques exemples concrets à documenter :
- Murs : trous de chevilles existants, traces de meubles, papier peint décollé, taches d’humidité, rayures.
- Sols : rayures profondes sur parquet, joints de carrelage noircis, taches, zones gondolées.
- Plafonds : auréoles autour des luminaires, fissures, peinture qui s’écaille.
- Équipements : plaques rayées, porte de four abîmée, bac à légume de frigo fissuré, flexible de douche craquelé, radiateur rouillé, poignées mal fixées.
Erreurs fréquentes à éviter lors de la prise de vue
Quelques pièges classiques :
- faire des photos trop zoomées sans contexte (on ne sait plus où se situe la tache dans le logement)
- photographier dans la pénombre : on ne distingue pas les défauts
- oublier de photographier des défauts pourtant notés dans l’état des lieux
- ne pas sauvegarder les photos immédiatement (risque de perte en changeant de téléphone)
- modifier ou retoucher les photos : en cas de doute, un juge peut s’en méfier.

Horodatage, signature et intégration numérique des photos
Rôle décisif de l’horodatage en cas de litige
L’horodatage permet de prouver que la photo représente bien l’état du logement au moment de l’état des lieux. Si le cliché n’est pas daté, le bailleur peut soutenir qu’il a été pris plus tard, après une dégradation, ou au contraire avant une réparation.
Avec un smartphone, la plupart des photos sont automatiquement datées (métadonnées EXIF). Il est possible de :
- afficher la date sur l’image via certaines applis
- conserver les originaux sans retouche
- joindre un tableau récapitulatif des fichiers avec leurs dates.
Solutions pour horodater les photos
Plusieurs options existent :
- utiliser uniquement l’appareil photo du smartphone, en conservant les originaux dans un cloud (Google Photos, iCloud…) qui enregistre la date
- installer une appli dédiée qui inscrit directement la date sur la photo
- passer par une application d’état des lieux numérique qui horodate et classe automatiquement les clichés.
Pour un litige sérieux, il peut être utile de pouvoir fournir les fichiers d’origine, avec leurs métadonnées, en plus des impressions papier.
Impression, paraphe et signature des photos par les parties
Sur support papier, la bonne pratique consiste à :
- imprimer une sélection de photos les plus importantes (zones sensibles, défauts majeurs)
- numéroter chaque photo et la légender (pièce + élément + défaut)
- faire parapher chaque page d’annexe par bailleur et locataire
- joindre les annexes signées à chaque exemplaire de l’état des lieux.
Ce n’est pas imposé par un texte de loi précis, mais cela renforce clairement la force probante des clichés en cas de litige.
Intégrer les photos dans un état des lieux numérique
De nombreuses agences et bailleurs utilisent aujourd’hui des applications ou plateformes en ligne pour réaliser les états des lieux. Avantages :
- intégration directe des photos dans le rapport
- signature électronique (bailleur et locataire)
- envoi automatique du PDF complet par mail
- horodatage centralisé.
Attention toutefois à :
- s’assurer de recevoir immédiatement un exemplaire du document complet (avec photos)
- vérifier que la signature électronique est bien mentionnée sur le rapport
- conserver ce PDF sur plusieurs supports (mail, disque dur, cloud).
En cas de doute sur la validité d’un outil ou d’une signature électronique, il est possible de se renseigner auprès d’un professionnel (notaire, avocat, association de consommateurs) ou via les fiches pratiques de service-public.fr.
Outils, modèles et archivage pour un état des lieux béton
Contenu indispensable d’un modèle d’état des lieux avec photos
Un bon modèle d’état des lieux, compatible avec l’usage de photos, doit au minimum comporter :
- l’identité des parties (locataire, bailleur, ou leurs mandataires)
- l’adresse du logement et le type de bail (meublé, vide, colocation, etc.)
- la date de réalisation et la date d’entrée ou de sortie effective
- le relevé des compteurs (eau, gaz, électricité)
- un tableau pièce par pièce, avec états des sols, murs, plafonds, menuiseries, équipements
- un espace pour les « observations » et les « réserves »
- une section « Annexes – liste des photos et autres documents »
- les signatures des parties sur le document et, si possible, sur les annexes.
Où trouver un état des lieux gratuit à imprimer
Plusieurs sources fiables proposent des modèles gratuits :
- service-public.fr : modèle type d’état des lieux d’entrée/sortie
- sites d’agences sérieuses ou d’associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, etc.), qui proposent parfois des grilles détaillées
- certains portails de location entre particuliers, à condition de vérifier que le modèle respecte bien les mentions légales.
Il est toujours possible d’ajouter une annexe « Photos » à ces modèles, dès lors que les parties l’acceptent et la signent.
Applications spécialisées pour l’état des lieux avec photos
Plusieurs applis (gratuites ou payantes) permettent :
- de remplir un état des lieux sur tablette ou smartphone
- d’intégrer les photos directement dans le rapport
- de générer un PDF signé et horodaté
- de stocker les documents dans un espace sécurisé.
Avant d’utiliser ce type d’outil, il est important pour le locataire de :
- lire ce qui est réellement généré (un rapport complet, pas seulement un résumé)
- vérifier la possibilité de télécharger le document en local
- contrôler que toutes les remarques et réserves ont bien été reprises.
Formats de fichiers, sauvegarde et archivage sécurisé
Pour les photos, les formats les plus courants (JPEG, HEIC, PNG) sont suffisants. Les bonnes pratiques d’archivage :
- conserver les photos originales dans un dossier daté « EDL_ENTREE_2026-03-02 » par exemple
- garder le rapport d’état des lieux en PDF
- utiliser au moins deux emplacements de stockage (cloud + disque dur, ou cloud + clé USB)
- conserver les documents au moins jusqu’à la fin de la prescription des actions liées au bail (en général 3 ans après la restitution du dépôt de garantie, mais certaines situations peuvent justifier un délai plus long ; se référer aux précisions sur service-public.fr).

Bien préparer l’état des lieux de sortie avec des photos
Nettoyage, petites réparations et vérifications avant la visite
Avant l’état des lieux de sortie, un minimum de préparation peut éviter beaucoup de remarques :
- faire un ménage complet (sols, vitres, cuisine, salle de bains, WC)
- reboucher les petits trous de chevilles avec un enduit adapté, sauf si l’état des lieux d’entrée mentionnait déjà ces trous
- remplacer les ampoules grillées, resserrer une poignée desserrée, revisser un abattant de WC
- dégivrer et nettoyer le frigo/congélo s’ils sont fournis avec le logement.
Ce type de petits gestes coûte souvent moins cher que de laisser le bailleur faire, puis imputer la facture sur le dépôt de garantie.
Comparer efficacement les photos d’entrée et de sortie
Au moment de la sortie, le locataire peut arriver avec :
- son état des lieux d’entrée imprimé ou sur smartphone
- les photos d’entrée bien classées
- éventuelles photos prises pendant la location (dégât des eaux, problème signalé au bailleur, etc.).
Si le bailleur signale un défaut, il est possible de :
- vérifier immédiatement si ce défaut était déjà visible sur une photo d’entrée ;
- montrer la photo sur place
- faire ajouter sur l’état des lieux de sortie une mention précise si un désaccord persiste (« Locataire conteste la nouveauté de la dégradation, se référer à photo d’entrée n°… »).
Documenter les dégradations et distinguer l’usure normale
Le locataire n’est pas responsable de la vétusté (usure normale liée au temps et à un usage raisonnable). Il est en revanche responsable des dégradations anormales (chocs, manque d’entretien, etc.).
Lors de l’état des lieux de sortie, si un élément est plus usé qu’à l’entrée, il est utile de :
- décrire précisément la différence (ex. « nouveau trou sur porte de chambre, diamètre 2 cm »)
- l’illustrer par photos de sortie
- si une grille de vétusté a été annexée au bail, vérifier son application pour répartir les coûts.
Les grilles de vétusté, si elles ont été jointes au bail, permettent de réduire ou d’annuler une retenue en fonction de l’âge de l’équipement (peinture, sol, électroménager, etc.).
Limiter les contestations sur la retenue de dépôt de garantie
Après l’état des lieux de sortie, le bailleur doit justifier toute retenue sur le dépôt de garantie par :
- l’état des lieux comparatif (entrée / sortie)
- les photos d’entrée/sortie
- des devis ou factures de travaux si nécessaires.
Le locataire peut contester une retenue jugée abusive, d’abord par courrier recommandé avec AR, puis en saisissant le conciliateur de justice ou le tribunal judiciaire. Là encore, un dossier de photos bien tenu fait souvent la différence.

Check-list pratique pour un état des lieux avec photos qui tient la route
Points clés côté propriétaire bailleur
Pour un bailleur sérieux, les étapes clés sont :
- prévenir le locataire en amont de la date et de l’heure de l’état des lieux
- préparer un modèle complet, compatible avec l’annexion de photos
- rester factuel dans les descriptions, sans exagération
- remettre immédiatement au locataire un exemplaire signé et complet (avec annexes)
- conserver l’ensemble des documents de manière sécurisée.
Points de vigilance côté locataire avant de signer
Avant d’apposer sa signature sur l’état des lieux d’entrée :
- prendre le temps de tout vérifier, sans se laisser presser
- refuser les formules trop vagues comme « bon état général » sans description
- faire ajouter par écrit tout défaut constaté, même mineur
- vérifier que les photos prises sont bien référencées et, si possible, annexées
- noter ses réserves si certains éléments ne peuvent pas être testés le jour J (ex. chauffage en été, clim en hiver).
Pièges à éviter lors de la signature du bail et de l’état des lieux
Quelques erreurs classiques à éviter :
- signer un état des lieux non complété ou très incomplet « pour aller plus vite »
- accepter qu’aucune photo ne soit prise alors que des défauts visibles existent
- laisser des mentions contestées sans rien noter (il est possible d’ajouter « Le locataire émet des réserves sur… »)
- oublier de demander un exemplaire signé et complet (avec annexes) le jour même
- ne pas utiliser le délai légal après l’entrée pour signaler des défauts non visibles le jour J (en général 10 jours pour compléter l’état des lieux, selon l’article 3-2 de la loi de 1989, notamment pour le chauffage).
Les précisions actualisées sur ces délais doivent être vérifiées sur service-public.fr, car la réglementation peut évoluer.
Questions fréquentes sur l’état des lieux avec photos
Comment modifier un état des lieux d’entrée après coup si un défaut apparaît plus tard ?
La loi prévoit la possibilité de compléter l’état des lieux d’entrée après la remise des clés, notamment pour les éléments qui n’étaient pas vérifiables le jour J (comme le chauffage collectif en hiver). Concrètement, si un défaut est découvert dans les premiers jours (ex. fuite sous l’évier, prise qui ne fonctionne pas) :
- faire immédiatement des photos datées du défaut
- envoyer un mail ou un courrier recommandé au bailleur ou à l’agence, en listant les problèmes et en joignant les clichés
- demander expressément l’ajout de ces éléments à l’état des lieux d’entrée.
Si le bailleur refuse, ces preuves (mails + photos) pourront être utilisées plus tard pour montrer que le défaut était antérieur à la location. Les conditions et délais exacts sont rappelés sur service-public.fr.
À quel moment précis faire l’état des lieux d’entrée et de sortie ?
En principe :
- l’état des lieux d’entrée se fait au moment de la remise des clés au locataire (jour du début de bail ou juste avant)
- l’état des lieux de sortie se fait au moment de la restitution des clés par le locataire, c’est-à-dire le dernier jour de présence dans le logement.
Les clés marquent juridiquement la prise de possession ou la fin de jouissance du logement. C’est pourquoi l’état des lieux doit être réalisé au plus près de ces moments, pour refléter fidèlement la réalité.
Quelle est la valeur juridique d’une photo envoyée par mail ou stockée en ligne ?
Une photo envoyée par mail, jointe à un état des lieux ou à un signalement écrit (ex. problème technique), peut avoir une vraie valeur probante si :
- la date d’envoi est clairement visible (date du mail)
- le contenu du message décrit l’objet de la photo (défaut, réparation demandée, etc.)
- la photo est nette et identifie bien l’endroit concerné.
Le stockage en ligne (cloud) n’enlève pas sa valeur à la preuve. En cas de litige, il sera simplement important de pouvoir produire :
- le fichier original (avec sa date de création)
- les échanges de mails ou messages qui accompagnent cette photo.
Que faire si aucun état des lieux d’entrée n’a été réalisé ?
Si aucun état des lieux d’entrée contradictoire n’a été établi, la loi considère en principe que le logement a été remis en bon état (sauf preuve contraire). Pour le locataire, c’est une situation risquée.
Dans ce cas :
- prendre immédiatement un maximum de photos détaillées de tout le logement, datées, même après l’entrée
- adresser au bailleur un courrier recommandé ou un mail détaillant l’absence d’état des lieux et les défauts constatés, avec les photos en pièces jointes
- garder une copie de tous ces éléments (mails, accusés de réception, photos).
En cas de litige à la sortie, ces preuves pourront aider à renverser, au moins en partie, la présomption de bon état à l’entrée. Il peut aussi être utile, dans les situations les plus tendues, de se faire accompagner par une association de locataires ou de consulter un professionnel du droit.
Les photos sont-elles obligatoires pour que l’état des lieux soit valable ?
Non, les photos ne sont pas obligatoires pour la validité de l’état des lieux au sens de la loi. Un état des lieux purement écrit peut être tout à fait valable juridiquement. En revanche, sans photos, la preuve de l’état réel du logement devient plus difficile, surtout si la rédaction est vague.
Du coup, même si ce n’est pas une obligation légale, intégrer des photos claires et correctement annexées est devenu quasiment indispensable pour sécuriser les deux parties.
Un huissier est-il nécessaire pour réaliser un état des lieux fiable ?
La grande majorité des états des lieux se font sans huissier, directement entre bailleur et locataire (ou leurs représentants). Le recours à un huissier peut être envisagé :
- en cas de conflit ouvert dès le départ
- si l’une des parties refuse de participer à l’état des lieux
- si la relation est déjà très tendue et que le risque de procédure est élevé.
L’intervention d’un huissier a un coût, encadré par décret, qui peut être partagé entre les parties selon les cas. Son constat bénéficie d’une force probante renforcée. Les règles précises et les tarifs sont détaillés sur service-public.fr – État des lieux par huissier.
Quiz express (1 minute) — État des lieux : preuves, photos et points de vigilance
Cliquez sur chaque question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.
Que faire si le logement est sale ou présente des défauts le jour de l’état des lieux d’entrée ?
Voir la réponse
Pour que des photos servent de preuve, quel réflexe est le plus utile ?
Voir la réponse
À la sortie, quel document sert de référence pour comparer l’état du logement ?
Voir la réponse
Si un comptage (eau/électricité/gaz) doit être relevé, quel est le bon moment ?
Voir la réponse
Que risque-t-on en signant un état des lieux “vite fait” avec des mentions vagues (“bon état”, “correct”) ?
Voir la réponse
Avant de signer, imprime un modèle d’état des lieux officiel, prépare ton smartphone chargé, et fais-toi un dossier « EDL » pour classer toutes tes photos et mails liés au logement. En cas de souci sur le dépôt de garantie, ce petit réflexe change tout : tu auras un vrai dossier de preuves à opposer, au lieu d’un simple souvenir flou du logement.






