Anticiper l’arrivée d’un nouveau colocataire : critères, entretien et période d’essai

En résumé
Choisir un colocataire demande une sélection structurée, des règles de vie écrites et une intégration suivie, sans “période d’essai” illégale, pour protéger l’ambiance et les finances.

  • Aucune “période d’essai” officielle n’existe en colocation : on ne peut pas expulser quelqu’un sans respecter le bail et le préavis.
  • Éviter de faire “tester” trop longtemps sans bail/avenant ou de conditionner le maintien à un vote contraire aux règles du bail.
  • Procéder en 3 temps : sélection avant l’entrée, intégration les premières semaines, puis points réguliers d’observation interne.
  • Définir des critères communs avant les visites (budget, garanties, durée, rythmes de vie, calme/soirées, ménage).
  • Ne jamais utiliser de critères discriminatoires (origine, sexe, religion, santé, etc.), même de façon implicite.
  • Mettre une sélection en étapes : annonce claire, premier tri, visite avec plusieurs colocs, entretien avec questions préparées.
  • Vérifier la solvabilité légalement avec les pièces autorisées et éviter les demandes intrusives (ex. relevés bancaires).
  • Poser les règles de vie dès le départ (ménage, invités, bruit, dépenses, nourriture, animaux) via un règlement intérieur simple.
  • Cadrer l’arrivée : ajout officiel au bail par avenant et points d’étape (1 semaine, 1 mois, 2–3 mois) sans “sortie automatique”.
  • Surveiller les signaux d’alerte (agressivité, incohérences de dossier, refus de pièces, banalisation du non-respect).
  • Anticiper le risque financier (clause de solidarité) en sécurisant les garanties (garant, Visale, etc.).
  • En cas de problème : privilégier dialogue et ajustements ; si situation grave, documenter et contacter bailleur/associations/autorités si urgence.

Accueillir un nouveau colocataire, c’est un peu comme recruter quelqu’un dans une équipe : si la sélection est bâclée, le quotidien peut vite tourner au casse-tête. Avec un cadre clair, des critères bien posés et une vraie “période d’essai” informelle, la colocation gagne en sérénité, en finances stables et en bonne ambiance sur le long terme.

L’enjeu : savoir comment bien choisir un nouveau colocataire (critères, entretien, période d’essai), tout en restant carré juridiquement. Pas de “clauses magiques” illégales, mais des outils concrets pour tester la compatibilité, sécuriser le paiement du loyer et préserver la relation avec le bailleur.

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Comprendre la vraie “période d’essai” en colocation

Ce que la loi autorise et ce qui est interdit

En droit français, la colocation est encadrée par la loi du 6 juillet 1989 (logements vides ou meublés à usage de résidence principale). Cette loi ne prévoit pas de “période d’essai” officielle pour un colocataire, comme en contrat de travail.

Concrètement, il est interdit de :

  • prévoir dans le bail une “période d’essai” pendant laquelle le colocataire pourrait être mis dehors sans respecter le préavis légal
  • conditionner le maintien dans le logement à un “vote” des colocs après quelques semaines, si cela va à l’encontre du bail signé
  • maintenir quelqu’un sans bail ou avenant pendant des mois “pour tester” : cela peut être requalifié en sous-location ou occupation irrégulière.

En revanche, il est possible d’organiser une période d’essai de fait, compatible avec le droit, en jouant sur la durée du bail, le type de contrat et la communication avec le bailleur.

Pour vérifier le cadre applicable au logement (type de bail, règles essentielles), un réflexe utile : les fiches officielles sur service-public.fr (colocation).

Différence entre période d’essai, intégration et onboarding en colocation

En colocation, trois choses se mélangent souvent :

  • La sélection : choix du futur colocataire (annonce, visites, entretien, vérification des garanties).
  • L’intégration : premières semaines de vie commune, explication des règles, ajustements.
  • La “période d’essai” officieuse : court laps de temps où tout le monde observe si la cohabitation fonctionne.

La clé, c’est de structurer ces étapes sans inventer une pseudo “clause d’essai” illégale dans le bail. La période d’essai doit être une organisation interne : points réguliers, règles claires, possibilité pour chacun de partir en respectant le préavis.

Les risques d’une fausse période d’essai mal encadrée

Sans cadre clair, les risques sont réels :

  • Conflits lourds : disputes sur le ménage, le bruit, les invités, l’argent, qui s’enveniment faute de règles posées.
  • Impayés : si le nouveau colocataire n’est pas solvable et qu’il y a clause de solidarité, les autres doivent compenser.
  • Problèmes juridiques : sous-location non autorisée, sur-occupation, non-respect du bail.
  • Ambiance toxique : colocation épuisante pour tout le monde, avec départs en chaîne.

Exemple réel : dans un bail unique avec clause de solidarité, un nouveau colocataire “pris à la cool” sans vérifier les revenus. Après trois mois, plusieurs loyers impayés ; le bailleur se retourne contre les colocs restants, qui doivent payer sa part.

Les bénéfices d’une période d’essai structurée et compatible avec la loi

Une approche structurée apporte :

  • Plus de sérénité : chacun sait sur quoi il s’engage, les règles sont écrites et assumées.
  • Une meilleure ambiance : profil cohérent avec la vie de la coloc (soirées, calme, propreté, rythme de vie).
  • Une sécurité financière : revenus vérifiés, garants ou garanties, partage des charges clair.
  • Une vraie capacité d’ajustement : si ça ne colle pas, chacun peut utiliser le préavis légal sans drame.

Objectif : faire du début de colocation un vrai “onboarding” humain, pas une roulette russe.

Préparer l’arrivée du nouveau colocataire avant son installation

Clarifier le profil et les critères avant même les visites

Avant d’accueillir qui que ce soit, la colocation gagne à définir des critères clairs. Cette étape se fait entre colocs existants, avant la publication de l’annonce.

Exemples de critères objectifs :

  • budget max et niveau de revenus (trois fois le loyer ou présence d’un garant fiable, selon les exigences du bailleur)
  • statut : étudiant, salarié, alternant, indépendant, avec les garanties adaptées ;
  • durée souhaitée : quelques mois, un an, plus
  • horaires : télétravail, travail de nuit, horaires classiques.

Exemples de critères de mode de vie (à manier sans discrimination illégale) :

  • attente en matière de soirées : coloc chill en semaine ou coloc très festive ;
  • tolérance au bruit et au passage d’invités
  • importance donnée au rangement, au ménage, à l’écologie (tri des déchets, chauffage, etc.).

Attention : certains critères sont illégaux (origine, sexe, orientation, religion, état de santé…). Ils ne doivent jamais être utilisés, même implicitement.

Organiser une sélection structurée plutôt qu’au feeling

Pour éviter le mode “premier arrivé, premier servi”, plusieurs étapes efficaces :

  • Annonce détaillée : mode de vie de la coloc, règles déjà en place, budget complet (loyer + charges).
  • Premier tri à l’écrit ou au téléphone : vérifier la cohérence du profil (revenus, dates, rythme de vie).
  • Visite avec au moins un coloc présent, idéalement plusieurs, pour sentir les interactions.
  • Entretien structuré (voir plus bas), avec questions préparées.

Exemple concret : une colocation de trois personnes organise un Google Form pour les candidats, puis des créneaux de visite groupés, puis un débrief collectif avant de proposer le dossier au bailleur.

Vérifier la situation financière sans déraper

En pratique, il est normal de demander :

  • les trois dernières fiches de paie ou, pour un étudiant, justificatifs de ressources du garant
  • contrat de travail ou attestation d’employeur
  • avis d’imposition
  • justificatif d’aides au logement éventuelles (CAF).

Pour rester dans les clous :

  • ne pas demander de documents trop intrusifs (relevés bancaires, dossiers médicaux, etc.)
  • garder les documents en sécurité et ne pas les diffuser à n’importe qui
  • informer le candidat de l’usage : uniquement pour constituer le dossier de location destiné au bailleur.

Pour connaître la liste des pièces autorisées, un bon réflexe : la fiche “pièces justificatives pour la location d’un logement” sur service-public.fr.

image illustrant le mot-clé dans un contexte professionnel

Poser un cadre clair dès les premiers échanges

Présenter les règles de vie existantes sans filtre

L’une des erreurs classiques : cacher les vraies règles de la coloc par peur de faire fuir. Résultat : conflits après coup. Mieux vaut tout poser dès l’entretien :

  • organisation du ménage (planning, rotation, prestataire ménage partagé)
  • invités qui dorment sur place : fréquence, limites, respect des autres
  • niveaux de bruit (heure calme le soir, musique, travaux)
  • gestion des dépenses communes (caisse commune, appli de partage, virements)
  • règles sur le partage de nourriture, frigo et placards
  • animaux de compagnie : acceptés ou non (en cohérence avec le bail et le règlement de copropriété).

Un règlement intérieur écrit, même simple (une page), évite beaucoup de flou. Il peut être mis à jour d’un commun accord à l’arrivée d’un nouveau coloc.

Aligner les attentes de chacun dès l’entretien

L’entretien n’est pas qu’un interrogatoire du candidat : c’est un échange dans les deux sens. L’objectif, c’est que :

  • le candidat sache à quoi il s’engage réellement
  • les colocs comprennent ce qu’il vient chercher : ambiance, calme, long terme, tremplin, etc.

Exemples de questions utiles :

  • “C’est quoi ta semaine type ? Horaires, télétravail, sorties ?”
  • “C’est quoi pour toi une coloc qui se passe bien ?”
  • “Comment tu gères le ménage chez toi aujourd’hui ?”
  • “Comment tu préfères régler les conflits du quotidien ?”

Ce type de questions fait ressortir les habitudes réelles, pas juste des réponses “idéales”.

Organiser une période de démarrage cadrée mais légale

Pour sécuriser les premières semaines sans inventer une période d’essai illégale, plusieurs options :

  • Bail meublé de courte durée (si le logement est légalement meublé) : par exemple un bail d’un an avec possibilité de départ à tout moment pour le locataire (préavis d’un mois)
  • Avenant au bail existant : le nouveau colocataire est ajouté officiellement dès le début, mais tout le monde sait qu’un point d’étape sera fait au bout d’un mois ou deux
  • Utilisation normale du droit de résiliation : si la cohabitation se passe mal, le colocataire qui part respecte simplement son préavis (en général un ou trois mois selon le bail).

Dans tous les cas, pas de “sortie automatique” à la fin d’une pseudo période d’essai : seule la résiliation dans les règles ou la fin de bail s’applique. Pour les durées de préavis et les modalités, les fiches “locataire” sur service-public.fr restent la référence.

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Conduire un entretien efficace avec un futur colocataire

Structurer l’entretien pour ne rien oublier

Un entretien efficace tourne autour de quatre blocs :

  1. Présentation mutuelle : chacun explique sa situation, son activité, son rythme de vie.
  2. Questions sur le quotidien : propreté, invités, bruit, finances, télétravail, sommeil.
  3. Retour d’expérience : anciennes colocations, ce qui a bien/mal fonctionné.
  4. Projection : durée envisagée, projets pro/perso à court terme.

Préparer une liste de questions écrites aide à comparer les candidats avec les mêmes critères et à rester objectif.

Exemples de questions concrètes à poser

Pour évaluer le mode de vie :

  • “Tu te couches vers quelle heure en semaine ?”
  • “Tu reçois souvent du monde le soir ou le week-end ?”
  • “Tu travailles plutôt de chez toi ou à l’extérieur ?”

Pour mesurer la compatibilité en matière de ménage :

  • “Dans ta dernière coloc, le ménage était géré comment ?”
  • “Tu préfères un planning strict ou quelque chose de plus souple ?”
  • “Qu’est-ce qui te dérange le plus : la vaisselle qui traîne, la poussière, le bordel dans le salon ?”

Pour comprendre la gestion des conflits :

  • “Tu peux raconter une situation où tu t’es embrouillé avec un coloc ou voisin ? Comment ça s’est terminé ?”
  • “Si quelque chose te gêne, tu fais quoi ? Tu en parles direct, tu écris un message, tu laisses couler ?”

Identifier les signaux d’alerte dès le premier échange

Certaines attitudes doivent alerter :

  • discours très agressif ou méprisant sur les anciens colocs ou bailleurs
  • contradictions entre ce qui est dit et ce qui est écrit sur le dossier
  • refus de fournir les pièces de base (sans vraie raison)
  • banalisation de comportements problématiques (fêtes très bruyantes régulières, non-respect des voisins, etc.).

Dans le doute, mieux vaut prendre le temps, voir un autre candidat, plutôt que de se précipiter parce qu’il faut “remplir la chambre rapidement”. Un mois de loyer à partager provisoirement peut coûter moins cher qu’un conflit lourd derrière.

visuel représentant le mot-clé appliqué à un service ou produit

Définir des critères de sélection et d’évaluation partagés

Évaluer les finances et les garanties de manière objective

Critères possibles, à valider avec le bailleur :

  • Revenus : en général au moins 2,5 à 3 fois la part de loyer + charges, ou garants solides
  • Type de contrat : CDI, CDD, étudiant, indépendant (avec justificatifs de revenus réguliers)
  • Garants : personne physique, Garantie Visale (selon éligibilité), caution bancaire, etc.

Pour Visale, les infos officielles se trouvent sur visale.fr et service-public.fr.

Observer les soft skills et la capacité à vivre en collectif

Au-delà des chiffres, certains critères pèsent lourd :

  • gestion du stress et des conflits
  • capacité à communiquer calmement
  • respect de l’espace de chacun (chambre fermée = espace privé, pas de fouille, pas d’emprunt sans accord)
  • fiabilité (ponctualité aux rendez-vous, respect des engagements).

Exemple : un candidat hyper solvable mais déjà en guerre avec tous ses anciens colocs peut rendre la vie infernale, même si le loyer est payé à l’heure.

Adapter les critères à la taille et au style de la colocation

Les critères ne seront pas les mêmes pour :

  • une coloc à deux, très calme, avec télétravail régulier
  • une grande coloc de cinq personnes, très sociale, avec repas communs
  • une colocation intergénérationnelle ou encadrée par une association.

Point clé : tout le monde n’a pas besoin d’être meilleur ami, mais un minimum de compatibilité est nécessaire. Mieux vaut refuser un profil qui cherche une coloc ultra-festive alors que le logement fonctionne en mode “chill, dodo tôt”.

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Mettre en place une “période d’essai” informelle et sécurisée

Planifier un suivi pendant les premières semaines

Une cohabitation, ça se teste surtout dans le réel. Sans créer de pseudo clause d’essai, la coloc peut définir un petit “parcours d’intégration” :

  • point informel au bout d’une semaine : “tout va bien, quelque chose gêne ?”
  • réunion colocation au bout d’un mois : chacun partage ce qui fonctionne et ce qui doit être ajusté
  • nouveau point au bout de deux ou trois mois si besoin.

Ce fonctionnement peut être écrit dans le règlement intérieur : cela structure la période d’adaptation sans toucher au bail.

Ajuster les règles au lieu d’attendre l’explosion

Si quelque chose coince (vaisselle qui s’accumule, invités trop présents, bruit tardif), mieux vaut :

  • en parler rapidement, de préférence de vive voix
  • rester sur des faits concrets (“trois nuits de suite de bruit après minuit”) plutôt que des jugements (“tu es irrespectueux”)
  • proposer une solution : changer l’horaire calme, adapter le planning ménage, limiter certains comportements.

Exemple : nouvelle coloc qui fume sur le balcon tard le soir en parlant au téléphone. Les voisins se plaignent. La coloc se pose et décide d’un créneau “silence balcon” après une certaine heure, et d’aller téléphoner dans la cuisine fermée.

Savoir quoi faire si ça se passe vraiment mal

Si malgré tout la cohabitation devient invivable :

  • cas d’un bail unique avec clause de solidarité : le coloc qui veut partir peut donner congé au bailleur en respectant le préavis ; il reste solidaire du loyer sur une certaine période (souvent six mois, à vérifier dans le bail)
  • cas de baux individuels : chaque contrat est séparé, le départ se fait bail par bail
  • cas d’occupation sans bail valide : situation à régulariser rapidement avec le bailleur, car le risque de sous-location interdite est réel.

Si un colocataire adopte des comportements dangereux (violences, menaces, gros dégâts), il peut être nécessaire de :

  • documenter les faits (mails, témoignages) ;
  • contacter le bailleur, voire un avocat ou une association de locataires ;
  • en cas d’urgence, appeler les forces de l’ordre.

Pour les situations complexes (violences, non-paiement, conflits lourds), un conseil personnalisé auprès d’une association de défense des locataires ou d’un professionnel du droit peut vraiment aider.

photo démontrant les avantages liés au mot-clé
illustration montrant l’utilisation pratique du mot-clé

Outils pratiques pour suivre l’arrivée d’un nouveau colocataire

Idée de mini-planning sur les trois premiers mois

  • Jour d’arrivée : état des lieux, remise des clés, rappel des règles, ajout au groupe de discussion de la coloc.
  • Semaine 1 : petit point rapide (10–15 minutes) pour vérifier que tout va bien.
  • Fin du premier mois : réunion coloc (30–45 minutes) : ce qui fonctionne, ce qui agace, propositions.
  • Mois 2–3 : ajustement du règlement intérieur si nécessaire, stabilisation de l’organisation (ménage, charges, invités).

Exemple de grille de questions pour comparer plusieurs candidats

Pour garder une approche objective, chaque colocataire peut noter les candidats sur une petite grille (de 1 à 5 par exemple) :

  • compatibilité du rythme de vie (horaires, télétravail, sorties)
  • niveau de propreté / rangement
  • gestion des invités et du bruit
  • communication et gestion des conflits
  • stabilité de la situation financière
  • projets à court terme (risque de départ très rapide ou non).

Ce type de grille aide aussi à ne pas baser la décision uniquement sur le “feeling” ou sur une seule personne dans la coloc.

Formaliser les accords par écrit pour éviter les malentendus

Quelques écrits qui font gagner du temps :

  • règlement intérieur signé ou au moins validé par tous par mail
  • mail récapitulatif après l’entretien ou la réunion de coloc (“voilà ce qu’on a acté”)
  • avenant au bail ou nouveau bail signé, selon ce que demande le propriétaire.

Ces traces écrites protègent tout le monde en cas de désaccord futur (“on n’avait jamais parlé de ça”, “je ne savais pas”).

Questions fréquentes sur le choix et la période d’essai d’un nouveau colocataire

Une vraie période d’essai pour un colocataire est-elle légale en France ?

Non, le droit français ne prévoit pas de période d’essai pour un colocataire comme pour un salarié. Une fois le bail ou l’avenant signé, le colocataire a les mêmes droits qu’un autre locataire, et ne peut pas être “éjecté” au bout d’un mois parce que la coloc change d’avis.

En pratique, la seule façon de mettre fin au contrat est :

  • que le colocataire donne congé lui-même, en respectant le préavis
  • ou que le bailleur résilie le bail ou refuse le renouvellement pour des motifs prévus par la loi et dans des conditions strictes.

La “période d’essai” doit donc rester une organisation interne (points réguliers, ajustements) sans clause illégale dans le bail. Pour les règles exactes, les fiches de service-public.fr sont la base.

Comment vérifier la solvabilité d’un futur colocataire sans être abusif ?

Il est possible de demander les mêmes justificatifs que pour un locataire classique : fiches de paie, contrat de travail, avis d’imposition, justificatif de bourse ou de garant pour un étudiant. En revanche, certains documents sont interdits (relevés bancaires détaillés, extrait de casier judiciaire, etc.).

Le propriétaire ou l’agence reste la référence pour la liste exacte de pièces acceptées. La liste officielle est disponible sur service-public.fr, rubrique “Location d’un logement : pièces justificatives à fournir”. En cas de doute, mieux vaut vérifier plutôt que d’exiger des documents non autorisés.

Que faire si un nouveau colocataire ne paie pas sa part de loyer ?

Si le bail comporte une clause de solidarité, chaque colocataire peut être tenu de payer la totalité du loyer en cas de défaillance d’un autre, au moins pendant une certaine période après son départ. Dans ce cas, les autres colocs peuvent être sollicités par le bailleur.

En pratique, plusieurs étapes :

  • parler rapidement avec le colocataire en difficulté pour comprendre la situation
  • voir s’il peut activer un garant ou une aide (CAF, Visale, etc.)
  • si nécessaire, informer le bailleur.

En cas de blocage durable, des démarches amiables ou judiciaires sont possibles, mais elles sont souvent longues. D’où l’importance d’une sélection financièrement solide dès le départ.

Le bailleur peut-il refuser le colocataire choisi par la colocation ?

Oui, le bailleur (ou l’agence) peut poser des conditions, notamment sur la solvabilité du candidat, et refuser un dossier jugé trop fragile. S’il y a un bail unique existant, l’ajout d’un nouveau colocataire peut nécessiter son accord et un avenant au bail.

La colocation a donc tout intérêt à :

  • discuter avec le bailleur de ses critères (revenus, type de contrat, garant)
  • présenter des dossiers complets et sérieux
  • anticiper ces exigences dans les critères de sélection.

Comment gérer une mauvaise entente avec un nouveau colocataire ?

Quand le courant ne passe pas, la première étape reste le dialogue : réunion de coloc, explication calme des problèmes, recherche de solutions concrètes (règles sur le bruit, planning ménage, organisation des invités, etc.).

Si la situation reste tendue malgré les efforts, plusieurs options :

  • proposer au colocataire qui s’adapte le moins de réfléchir à un départ, en l’accompagnant dans la transition
  • rappeler les règles écrites (règlement intérieur, clauses du bail)
  • en cas de comportement grave (violence, menaces, dégradations), alerter le bailleur, voire les autorités compétentes.

Les marges de manœuvre restent encadrées par le bail et la loi. La colocation ne peut pas “voter l’expulsion” d’un colocataire en dehors des procédures légales.

Est-il possible d’accueillir un ami “à l’essai” sans bail pour quelques semaines ?

Accueillir ponctuellement un ami ou un proche est autorisé, tant que cela reste temporaire et dans des limites raisonnables. Mais en faire un “quasi-colocataire” sans bail ni avenant pose plusieurs problèmes :

  • risque de sur-occupation du logement au regard des normes de décence
  • risque de requalification en sous-location interdite, selon le type de bail
  • problèmes d’assurance en cas de sinistre.

Dès que la personne vit réellement dans le logement (affaires sur place, présence continue, participation au loyer), une régularisation avec le bailleur est fortement recommandée. La loi et le bail restent la référence, même pour une “phase test”.

Quiz express (1 minute) — Anticiper l’arrivée d’un nouveau colocataire

Cliquez sur chaque question, puis sur « Voir la réponse ».

Avant de choisir un nouveau colocataire, quel est le bon réflexe côté bail ?
Choix

A — Vérifier si le bail autorise l’ajout d’un colocataire et comment (avenant, nouveau bail…).
B — Le prendre à l’essai et régulariser plus tard si tout se passe bien.
C — L’ajouter simplement à l’assurance habitation, ça suffit.
Voir la réponse
Correction

Bonne réponse : A.
Le cadre (avenant, nouveau bail, clause de solidarité) dépend du contrat déjà signé. Mieux vaut clarifier avec le bailleur/gestionnaire avant l’emménagement.
Lors de l’entretien, quelle pratique est la plus sûre pour éviter les mauvaises surprises ?
Choix

A — Parler uniquement du loyer et de la date d’arrivée.
B — Vérifier la compatibilité de vie (horaires, invités, ménage) et les règles avant accord.
C — Demander un dépôt “entre colocataires” en espèces pour être tranquille.
Voir la réponse
Correction

Bonne réponse : B.
Les conflits viennent souvent du quotidien (bruit, ménage, invités), pas seulement de l’argent. Mettre les règles à plat avant limite les tensions ensuite.
Peut-on prévoir une “période d’essai” informelle d’un mois en colocation, sans formalités ?
Choix

A — Oui, ça remplace le préavis : on peut le faire partir du jour au lendemain.
B — Cela peut se faire entre vous, mais ça ne remplace pas les règles du bail et du préavis, selon la situation.
C — Non, c’est interdit dans tous les cas par la loi.
Voir la réponse
Correction

Bonne réponse : B.
Un “essai” peut être un accord pratique entre colocataires, mais il ne doit pas contourner le bail (préavis, titulaire(s) du bail, clause de solidarité). En cas de doute, voir la fiche officielle sur la colocation : service-public.fr.
Quel document est le plus utile à demander pour vérifier la capacité à payer, sans en faire trop ?
Choix

A — Une preuve de revenus ou de ressources (selon la situation), et des pièces cohérentes.
B — Les relevés bancaires complets des 6 derniers mois.
C — L’historique médical pour “savoir si la personne tiendra”.
Voir la réponse
Correction

Bonne réponse : A.
Il faut rester raisonnable et pertinent : l’objectif est de vérifier la solvabilité, pas d’exiger des informations intrusives. La liste des justificatifs autorisés peut dépendre du contexte : service-public.fr.
Si le nouveau colocataire entre dans le logement, que faut-il vérifier côté assurance habitation ?
Choix

A — Rien : l’assurance du logement couvre automatiquement tout le monde.
B — Que le contrat couvre bien tous les occupants (ou que chacun soit assuré), et mettre à jour si besoin.
C — Seulement l’assurance “responsabilité civile” du nouveau colocataire, le reste est inutile.
Voir la réponse
Correction

Bonne réponse : B.
En colocation, il faut éviter les zones grises en cas de sinistre : occupants déclarés, garantie adaptée, attestation si demandée. Un simple “on verra plus tard” peut coûter cher en cas de dégât.
Besoin de sécuriser l’arrivée d’un nouveau colocataire, de clarifier les règles de vie ou de vérifier si votre projet respecte bien le cadre légal ? Un passage par les fiches officielles de service-public.fr et un échange transparent avec votre bailleur restent les meilleurs alliés. En parallèle, mettre à l’écrit vos critères, votre règlement intérieur et un petit planning d’intégration permet de transformer ce début de colocation en vraie force, plutôt qu’en source de stress.

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