En résumé
En colocation, la CAF calcule une aide au logement par personne (ou par couple), selon la quote-part de loyer, les ressources et une situation déclarée cohérente.
- Il n’existe pas d’APL “globale” : chaque colocataire fait sa demande (sauf couple = un seul foyer).
- Pour être éligible : résidence principale, bail conforme, logement décent, ressources sous plafonds et pas de cumul d’aides pour la même adresse.
- Une situation mal déclarée (hébergement, sous-location, coloc non déclaré) peut entraîner suspension, contrôle et remboursement.
- Un coloc non éligible ou qui ne demande pas l’aide ne bloque pas les autres, si la répartition du loyer reste logique.
- Le montant dépend surtout des ressources (souvent actualisées), du statut familial (couple = revenus additionnés) et d’un loyer plafonné selon la zone.
- En colocation, seule la quote-part de loyer du demandeur est retenue, avec des règles de cohérence pour éviter les parts artificiellement gonflées.
- Avec bail unique, la CAF répartit souvent le loyer entre colocs sauf répartition écrite claire et justifiée.
- Avec baux individuels, le calcul est autonome pour chaque coloc, ce qui facilite les démarches et les changements.
- La clause de solidarité n’influence pas l’APL, mais un départ non signalé peut faire varier le loyer payé sans ajustement immédiat de l’aide.
- Il faut déposer la demande dès l’entrée et déclarer rapidement tout changement (coloc, loyer, couple) pour éviter trop-perçus ou perte d’aide.
APL et colocation font souvent bon ménage, mais le calcul et la répartition de l’aide entre colocataires peuvent vite devenir flous. Entre bail unique, baux individuels, couple en colocation, étudiants, coloc sans APL… il y a pas mal de pièges à éviter pour ne pas perdre d’argent ou se retrouver à rembourser la CAF.
Objectif ici : comprendre clairement comment marche l’APL en colocation, comment la calculer et surtout comment bien déclarer et répartir l’aide entre colocataires. Avec des exemples concrets, des mises en garde juridiques et des conseils pratiques pour optimiser sa demande sans jamais sortir du cadre légal.
APL et colocation : principes de base à connaître
Qu’est-ce que l’APL et dans quels cas elle s’applique en colocation
L’APL (aide personnalisée au logement) est une aide versée par la CAF ou la MSA pour réduire le loyer ou la redevance d’un logement qui sert de résidence principale. En colocation, chaque colocataire peut, sous conditions, avoir son propre droit à une aide au logement.
Point clé : il n’existe jamais d’APL « globale » pour tout l’appart. La CAF calcule une aide par personne (ou par foyer si couple), en fonction :
- de sa part de loyer et de charges,
- de ses ressources,
- de sa situation familiale,
- du type de logement (conventionné ou non) et de la zone géographique.
Selon le type de logement, l’aide peut être :
- APL au sens strict (logement conventionné, HLM, résidence étudiante conventionnée, etc.),
- ou ALS (allocation de logement sociale) / ALF (allocation de logement familiale) pour le parc non conventionné.
Dans le langage courant, tout le monde dit « APL » pour ces trois aides. Les règles de fond restent proches, mais les paramètres varient. Pour vérifier le type d’aide exact et les conditions, direction service-public.fr – Aides au logement.
Conditions pour bénéficier des APL quand on est colocataire
Pour toucher l’APL en colocation, plusieurs conditions doivent être réunies :
- Le logement est la résidence principale du colocataire (occupation au moins 8 mois par an, sauf cas particuliers).
- Un bail régulier existe :
- soit un bail unique avec plusieurs noms,
- soit un bail individuel par colocataire.
- Le logement est décent (surface minimale, sécurité, salubrité) et loué à un loyer « normal » (pas artificiellement gonflé).
- Les ressources ne dépassent pas les plafonds (qui dépendent de la zone, du type d’aide et de la composition du foyer).
En pratique, la CAF regarde aussi :
- si le colocataire vit en couple (mariage, PACS, concubinage déclaré) – dans ce cas, les ressources sont additionnées,
- si une autre aide au logement est déjà versée pour ce même logement ou ce même foyer (non-cumul).
Pour les conditions détaillées et mises à jour (plafonds, règles spécifiques étudiants, etc.), il faut se référer aux fiches officielles de la CAF ou de service-public.fr – APL, car les montants évoluent régulièrement.
Colocation, cohabitation, sous-location : bien faire la différence pour la CAF
Pour la CAF, tout ne s’appelle pas « colocation ». Et la qualification change tout pour l’APL.
- Colocation : plusieurs personnes signent un bail (unique ou individuel) avec le bailleur, chacune paye une part du loyer. Chacun peut avoir sa propre aide au logement.
- Cohabitation / hébergement : une personne vit chez une autre, souvent sans bail direct avec le propriétaire (hébergement gratuit ou participation informelle). Dans ce cas, c’est plus compliqué pour obtenir une aide, voire impossible.
- Sous-location : un locataire principal loue une partie du logement à un sous-locataire, avec accord écrit du bailleur si la loi l’exige. Le sous-locataire peut parfois toucher une aide au logement, mais le montage doit être parfaitement régulier.
Erreur fréquente : des « colocs » non déclarés (une personne vit sur place sans être mentionnée dans le bail ni dans les dossiers d’APL). En cas de contrôle, la CAF peut requalifier la situation, suspendre les aides et réclamer un remboursement. D’où l’intérêt de poser une base juridique propre dès le départ.
Comment fonctionne l’APL en colocation pour chaque colocataire
Est-ce que tous les colocataires peuvent toucher les APL ?
En théorie, oui : chaque colocataire peut déposer sa demande et obtenir une aide, si :
- sa situation et ses ressources le permettent,
- il est bien titulaire du bail (ou d’un bail indivuel / d’une sous-location régulière),
- il ne touche pas déjà une autre aide au logement pour un autre logement en résidence principale.
En pratique, dans une même colocation, on voit souvent :
- un coloc sans APL (revenus trop élevés),
- un coloc avec APL moyenne,
- un étudiant avec APL assez élevée.
Point important : le fait qu’un coloc ne perçoive pas d’APL n’empêche pas les autres d’en recevoir. L’aide de chacun est individuelle, calculée sur sa part de loyer et ses ressources.
Comment la CAF calcule l’APL pour les colocataires : ressources et situation familiale
Le calcul détaillé reste complexe (barèmes et formules actualisés régulièrement), mais le principe est le même pour tous :
- La CAF prend en compte les ressources du demandeur (et de son conjoint s’il y en a un) : salaires, allocations chômage, pensions, revenus de capital, certains revenus d’indépendant, etc.
- Elle ajoute les ressources des personnes du foyer (conjoint, enfants à charge…) selon les règles en vigueur.
- Elle détermine un loyer retenu (plafonné + charges forfaitaires), puis applique la formule pour sortir un montant d’aide.
La CAF travaille en général sur les ressources de l’année N-2, mais avec la réforme des aides au logement (droits « en temps réel »), les informations sont régulièrement mises à jour via la déclaration de ressources et les échanges de données fiscales. Le détail évolue, d’où l’intérêt de vérifier les règles à jour sur caf.fr.
Cas particuliers fréquents :
- Étudiants : certaines ressources ou bourses non imposables ne sont pas prises en compte, il existe parfois un forfait minimum. Attention aux stages et alternance, souvent traités comme des salaires.
- Couples : les ressources des deux partenaires sont toujours agrégées, même si un seul est au bail.
- Parents avec enfant à charge : les ressources du parent et parfois certaines prestations familiales influent sur le calcul.
Plafonds de loyer et spécificités du calcul en colocation (règle des 75 %)
La CAF ne retient pas tout le loyer dans son calcul, surtout en zone tendue et en colocation avec loyer élevé. Deux notions clés :
- Plafond de loyer : au-delà d’un certain montant (variable selon la zone, la composition du foyer et le type d’aide), la partie excédentaire n’est pas prise en compte.
- Part de loyer en colocation : la CAF retient uniquement la quote-part réellement supportée par le colocataire, avec parfois une limite à environ 75 % du loyer total du logement pour un ménage (règle de plafond par rapport au loyer global).
Concrètement, la fameuse « règle des 75 % » signifie que, même si la part de loyer déclarée est très élevée par rapport au loyer global, la CAF ne dépassera pas un certain seuil relatif au logement. L’idée est d’éviter des montages artificiels où un coloc se verrait attribuer une part démesurée juste pour augmenter son APL.
Les plafonds exacts (par zone A, B1, B2, C…) sont mis à jour régulièrement. Pour un calcul précis et à jour, il faut utiliser le simulateur officiel : Simulation APL CAF.
Calcul de l’APL en colocation : bail unique ou baux individuels

APL et colocation avec bail collectif ou bail unique
En bail unique, tous les colocataires signent un seul et même contrat de location. C’est très courant pour les colocations dans le parc privé.
Pour la CAF, deux éléments sont déterminants :
- le loyer total indiqué sur le bail,
- la part de loyer supportée par chaque colocataire.
Par défaut, si rien n’est précisé, la CAF divise souvent le loyer par le nombre de colocataires, en part égale. Exemple : loyer 1 200 € charges comprises, 3 colocs, chacun 400 €.
Mais il est possible de déclarer une répartition différente, à condition qu’elle soit cohérente et justifiable, par exemple via un avenant écrit entre les colocataires et le bailleur ou une répartition des chambres, surfaces, équipements (chambre avec salle d’eau privative, etc.).
Conseil pratique : faire préciser dans le bail ou dans un avenant la quote-part de loyer de chaque colocataire. Ça facilite les démarches auprès de la CAF et limite les contestations en cas de contrôle.
APL et colocation avec bail individuel pour chaque colocataire
Avec un bail individuel, chaque colocataire a son propre contrat avec le bailleur. Souvent, chaque chambre est louée séparément, avec un loyer et des charges propres.
Dans ce cas, pour l’APL :
- la CAF prend le loyer indiqué sur le bail individuel de chaque colocataire,
- il n’y a pas besoin de répartir le loyer global : chaque personne a sa base de calcul autonome,
- l’aide est calculée comme si chaque colocataire louait un « mini-logement », même si la cuisine ou la salle de bain sont communes.
Ce montage simplifie souvent le calcul des aides et la gestion des entrées / sorties. Mais il implique un niveau d’organisation différent pour le propriétaire (et parfois un loyer un peu plus élevé par chambre).
Cas particulier du bail solidaire et impact sur les APL
Le bail solidaire est un bail unique avec clause de solidarité : chaque colocataire est responsable du paiement de la totalité du loyer vis-à-vis du bailleur, si les autres ne payent pas.
Sur l’APL, la clause de solidarité n’a aucun impact direct : la CAF continue à calculer une aide par colocataire sur sa part de loyer déclarée. Par contre, dans la vraie vie :
- si un colocataire quitte le logement sans résilier correctement, les autres peuvent se retrouver à payer sa part,
- l’APL ne bougera pas tant que la CAF n’a pas été informée du départ et de la nouvelle répartition des loyers.
Conséquence : si un coloc part, les autres doivent rapidement :
- mettre à jour la situation auprès du bailleur (avenant, nouveau bail, fin de solidarité),
- déclarer le changement à la CAF (voir plus bas) pour éviter d’être coincés avec un loyer complet et des APL calculées sur une ancienne situation.
APL en colocation : comment répartir le loyer entre colocataires
Comment la CAF calcule la part de loyer prise en compte pour chaque colocataire
La base de calcul de l’APL, c’est la quote-part de loyer et charges supportée par chaque colocataire. La CAF regarde :
- en bail unique : le loyer global et la répartition déclarée,
- en bail individuel : le loyer du bail de chaque personne,
- en cas de couple : la part de loyer pour le foyer (les deux partenaires sont vus comme un seul ménage pour l’aide).
Ensuite, la CAF applique ses plafonds et forfaits de charges. Même si les charges réelles sont plus élevées (électricité, internet, etc.), elle n’en tiendra compte que dans la limite des barèmes.
Répartition égale du loyer : fonctionnement et exemple chiffré
Scénario classique : 3 colocs, bail unique, loyer 1 500 € charges comprises. Répartition égale :
- Coloc A : 500 € de loyer,
- Coloc B : 500 €,
- Coloc C : 500 €.
Chacun déclare 500 € à la CAF comme loyer mensuel (ou la part figurant sur une attestation du bailleur). La CAF :
- retient 500 € comme base (puis applique les plafonds de loyer si besoin),
- calcule l’aide en fonction des revenus de chacun.
Résultat possible :
- Coloc A (jeune salarié SMIC) : 220 € d’APL,
- Coloc B (salaires plus élevés) : 0 €,
- Coloc C (étudiant avec petit job) : 260 € d’APL.
Dans la pratique, chacun ajuste ensuite ce qu’il verse réellement : certains colocs peuvent décider de partager les économies, d’autres non. Légalement, la CAF ne gère que le lien entre chaque coloc et sa part de loyer.
Répartition inégale du loyer : quand et comment la CAF accepte une autre clé de partage
La répartition inégale se voit souvent dans ces cas :
- un coloc a une plus grande chambre ou un espace privatif (balcon, salle d’eau),
- un coloc occupe le logement en couple, donc un usage plus intensif,
- la colocation a convenu d’une répartition en fonction des surfaces ou des revenus.
La CAF peut accepter une répartition différente de « loyer total / nombre de colocs » si :
- la clé de partage est logique (pas de part à 100 % pour un seul coloc pour un logement entier occupé par 3 personnes),
- la répartition est cohérente avec des pièces écrites : bail, avenant, attestation de loyer avec répartition, etc.
Exemple : loyer global 1 200 €, 2 colocs :
- chambre 1 (12 m², simple) : 500 €,
- chambre 2 (20 m² + balcon) : 700 €.
Le bail ou un avenant précise que le coloc B paye 700 €. La CAF peut s’aligner sur cette répartition. Mais attention à ne pas « gonfler » artificiellement une part pour augmenter une APL : en cas de contrôle, l’aide peut être recalculée et les sommes trop perçues réclamées.
Comment déclarer correctement sa part de loyer à la CAF
Pour une demande propre, la CAF attend :
- le montant de la part de loyer charges comprises réellement payée,
- le nom du bailleur et la référence du bail,
- l’attestation de loyer remplie par le bailleur (souvent disponible via son espace CAF bailleur).
Points de vigilance :
- déclarer la part de loyer réelle, même si entre colocs il existe des arrangements internes (avance sur loyer, remboursement entre vous, etc.),
- ne pas modifier tous les 3 mois la part déclarée juste pour ajuster l’APL, sans changement réel du bail ou de la répartition décidée avec le bailleur,
- prévenir la CAF dès qu’un coloc part et que la répartition change.
Étapes pour demander l’APL en colocation
Qui doit faire la demande : un dossier par colocataire
Chaque colocataire doit faire sa propre demande d’APL. Il n’y a jamais de dossier unique pour tout le groupe.
Exceptions :
- les couples (mariés, pacsés ou concubins déclarés) déposent un dossier commun pour leur foyer, même en colocation avec d’autres personnes.
En pratique, pour une colocation de 3 :
- Coloc 1 et Coloc 2 en couple : dossier commun,
- Coloc 3 : dossier séparé.
Pièces justificatives à fournir à la CAF en colocation
Les documents classiques à préparer :
- pièce d’identité (CNI, passeport, titre de séjour en règle),
- RIB au nom du demandeur (ou du foyer pour un couple),
- bail de location mentionnant le nom du demandeur (ou bail individuel),
- attestation de loyer remplie et signée par le bailleur ou son mandataire,
- justificatifs de ressources (déclaration de revenus, fiches de paie si demandées, etc.),
- pour les étudiants : certificat de scolarité, éventuellement attestation de bourse ou contrat d’alternance.
Ces pièces peuvent varier d’une caisse à l’autre, surtout pour les MSA ou pour certains statuts (étrangers, travailleurs indépendants…). Pour la liste officielle à jour, le plus sûr reste la rubrique « Aides au logement » de caf.fr ou du site de la MSA.
Déclaration en ligne : étapes clés sur le site de la CAF ou de la MSA
La demande APL se fait en ligne :
- sur caf.fr pour la plupart des locataires,
- sur le site de la MSA pour les affiliés au régime agricole.
Les grandes étapes :
- Créer son compte allocataire ou se connecter.
- Lancer une demande d’aide au logement.
- Renseigner :
- adresse du logement,
- type de logement (colocation, résidence, logement social, privé…),
- montant du loyer charges comprises et part de loyer personnelle,
- coordonnées du bailleur.
- Déclarer ses ressources (revenus salariés, allocations chômage, etc.).
- Téléverser éventuellement les justificatifs demandés.
- Valider la demande et conserver le récapitulatif.
L’aide démarre, en principe, le mois suivant la demande (sous réserve de confirmation par la CAF). Elle n’est pas rétroactive plusieurs mois en arrière, sauf exceptions limitées prévues par la loi.
Ce qu’il faut absolument éviter pour ne pas bloquer ses droits
Quelques erreurs qui font très mal :
- attendre plusieurs mois avant de déposer la demande : les droits non demandés sont perdus pour les mois passés,
- ne pas mentionner un colocataire vivant réellement dans le logement : risque de contrôle et de remboursement,
- déclarer un loyer trop élevé par rapport au bail et aux paiements réels,
- oublier de déclarer un changement de situation (job, chômage, départ d’un coloc, arrivée d’un partenaire),
- continuer à percevoir l’APL alors qu’on a quitté le logement sans l’indiquer à la CAF.
En cas de doute, un coup d’œil à la rubrique « Changement de situation » sur le site de la CAF permet en général de voir ce qu’il faut déclarer.
Montant d’APL en colocation : exemples de calcul

Exemple 1 : colocation à deux avec bail unique
Contexte :
- Ville en zone tendue (zone A),
- Loyer global : 900 € charges comprises,
- 2 colocataires, bail unique, répartition 50/50 → 450 € chacun.
Situations :
- Coloc 1 : salarié à temps partiel, revenu annuel modeste.
- Coloc 2 : CDI avec 2 000 € nets mensuels.
La CAF retient :
- 450 € de loyer (dans la limite du plafond),
- les ressources de chacun.
Résultat possible après simulation :
- Coloc 1 : APL ≈ 230 €,
- Coloc 2 : APL = 0 € (revenus trop élevés par rapport aux barèmes).
Les montants sont donnés à titre d’illustration : seul le simulateur officiel fournit un montant fiable à un instant T.
Exemple 2 : colocation à trois avec baux individuels
Contexte :
- Maison louée chambre par chambre,
- Coloc A : bail individuel 400 €,
- Coloc B : bail individuel 450 €,
- Coloc C : bail individuel 500 € (grande chambre).
Chaque colocataire dépose une demande d’aide sur sa base de loyer :
- Coloc A : calcul APL sur 400 €,
- Coloc B : calcul APL sur 450 €,
- Coloc C : calcul APL sur 500 €.
La CAF ne s’intéresse pas au loyer global de la maison, mais à chaque bail. Ce système évite les débats internes sur la répartition, tout est déjà « packagé » dans le bail.
Exemple 3 : étudiants en colocation et petits revenus
Contexte :
- 2 étudiants en colocation, bail unique, loyer 700 € charges comprises,
- répartition 50/50 : 350 € chacun,
- Étudiant 1 : boursier échelon 4, petit job d’été,
- Étudiant 2 : non boursier, aide des parents mais peu de revenus déclarés.
En général :
- Les bourses sur critères sociaux ne sont pas toujours prises en compte comme des revenus imposables.
- Les petits jobs occasionnels peuvent être intégrés selon les règles fiscales.
Résultat possible :
- Étudiant 1 : APL assez élevée (par exemple autour de 250–280 €),
- Étudiant 2 : APL plus faible ou nulle selon ses ressources exactes, sa déclaration fiscale, etc.
Pour arbitrer entre rester rattaché au foyer fiscal des parents (avec leurs aides) ou demander l’APL, il est recommandé de faire :
- une simulation APL côté étudiant,
- et une évaluation de l’impact sur les aides des parents (allocations familiales, quotient familial, etc.).
Comment vérifier et simuler son montant d’APL avant d’entrer en colocation
Avant de signer le bail, le réflexe gagnant :
- se mettre d’accord sur le type de bail (unique ou individuel) et la répartition du loyer,
- chacun note sa future part de loyer,
- chacun fait une simulation sur le simulateur CAF.
Du coup, tout le monde sait à peu près :
- quelle aide il peut espérer,
- quel reste à charge il faudra assumer chaque mois,
- si la colocation est tenable financièrement.
Situations particulières : parent, couple, étudiant en colocation
APL en colocation avec un parent ou un membre de la famille
Colocation parent / enfant majeur, frères et sœurs, cousins… Possible, mais la CAF regarde de près :
- le lien de parenté,
- le type de bail (tous au bail ou pas),
- la réalité de la participation de chacun au loyer.
Points sensibles :
- Un parent propriétaire qui loue à son enfant : très encadré, l’APL pour l’enfant est en principe exclue si le bailleur est un ascendant ou un descendant direct (sauf rares exceptions en logement social, à vérifier sur service-public.fr).
- Entre frères et sœurs ou cousins, le montage est plus simple, mais l’administration peut requalifier la situation en hébergement gratuit si la participation au loyer est symbolique ou non prouvée.
Couple en colocation : ce que la CAF considère comme un foyer
Dès lors que deux personnes vivent ensemble en couple (mariage, PACS, concubinage), la CAF les considère comme un foyer. Même si :
- un seul est au bail,
- chacun fait croire qu’il paie un loyer séparé,
- ils se disent simplement « coloc ».
Conséquences :
- les revenus des deux partenaires sont additionnés pour le calcul de l’aide,
- la part de loyer prise en compte est celle du foyer (leur chambre, ou leur quote-part si bail individuel).
En colocation avec d’autres personnes, on peut donc avoir :
- un foyer couple (dossier commun),
- et un ou plusieurs célibataires (dossiers séparés) dans le même logement.
APL colocation étudiant : spécificités, plafonds et cumul avec autres aides
Pour les étudiants, quelques points à connaître :
- il est possible de toucher l’APL en colocation à condition que le logement soit la résidence principale et que le bail soit en règle,
- certaines aides étudiantes (bourses, allocations spécifiques) sont exclues des ressources prises en compte, d’autres (salaire d’alternance) sont intégrées comme des revenus classiques,
- l’APL n’est pas cumulable avec le fait d’être à la charge des parents pour une autre aide au logement (par exemple, si les parents touchent déjà une aide pour le logement familial au titre de l’enfant).
Beaucoup d’étudiants doivent arbitrer entre :
- rester à la charge des parents (qui gardent certaines aides),
- ou prendre leur indépendance pour l’APL et éventuellement d’autres prestations.
Avant de trancher, un passage par les simulateurs (CAF + simulateurs fiscaux) permet de savoir ce qui est le plus avantageux pour le foyer global.
Colocation avec une personne sans APL : conséquences sur votre aide
Un colocataire sans APL (revenus élevés, non demandeur, ou non éligible) n’annule pas l’aide des autres.
Cependant :
- le loyer global reste le même, donc la part de chacun doit être cohérente,
- si ce colocataire partage un foyer avec un autre (couple), ses revenus seront pris en compte pour l’APL du foyer, même s’il ne demande rien en son nom propre.
Un salarié bien payé qui refuse de demander l’APL n’empêche pas un étudiant colocataire, avec une part de loyer, de percevoir son aide, tant que tout est déclaré proprement.
Évolution de la colocation : impacts sur le calcul et la répartition de l’APL

Arrivée ou départ d’un colocataire : comment prévenir la CAF
Dès qu’un coloc arrive ou part, ça modifie :
- la répartition effective du loyer,
- parfois le type de bail (avenant, nouveau bail),
- éventuellement la composition de certains foyers (couple qui se forme, par exemple).
À déclarer à la CAF sans tarder :
- changement d’adresse si on déménage,
- modification de la quote-part de loyer supportée,
- dissolution ou création d’un foyer (début ou fin de vie commune).
Sur caf.fr, cela passe souvent par « déclarer un changement » ou une nouvelle demande d’aide au logement en cas de déménagement.
Changement de loyer, de bail ou de répartition : mise à jour de la part de chacun
Si le loyer augmente, si un avenant modifie la répartition entre vous, ou si le type de bail change (passage d’un bail unique à des baux individuels par exemple), il faut :
- demander au bailleur une nouvelle attestation de loyer à jour,
- mettre à jour les montants sur l’espace CAF,
- vérifier, via une simulation, l’impact sur l’APL de chacun.
Ignorer ces changements, c’est le meilleur moyen d’avoir soit :
- une aide trop faible (et de perdre de l’argent),
- soit une aide trop élevée et un futur remboursement à gérer.
Baisse ou suppression d’APL en colocation : raisons fréquentes et recours possibles
Des baisses voire des suppressions d’APL arrivent souvent après :
- une hausse de revenus (nouvel emploi, hausse de salaire),
- un changement de barème légal (réforme, révision annuelle),
- un contrôle qui révèle un loyer ou une situation de foyer différente de celle déclarée,
- un départ non déclaré suivi d’une reconstitution de la situation réelle par la CAF.
En cas de désaccord (par exemple, requalification du type de logement, oubli de prise en compte d’une situation particulière), il est possible :
- de demander des explications à la CAF via l’espace en ligne ou sur rendez-vous,
- d’introduire un recours gracieux auprès de la caisse,
- puis, si besoin, un recours devant la commission de recours amiable, voire le tribunal administratif. Les délais et modalités sont détaillés sur service-public.fr – Contester une décision de la CAF.

FAQ sur l’APL en colocation
Peut-on percevoir l’APL en colocation et rester rattaché au foyer fiscal des parents ?
Fiscalement, le rattachement au foyer des parents et le fait de toucher l’APL sont deux choses différentes. En pratique, beaucoup d’étudiants sont encore rattachés à leurs parents et perçoivent malgré tout une aide au logement.
En revanche, du côté des prestations familiales et d’autres aides, le fait que l’enfant majeur touche une APL peut impacter les droits des parents (par exemple l’aide au logement perçue pour le logement familial). Il faut donc :
- vérifier les règles à jour sur service-public.fr,
- simuler l’APL côté enfant,
- et regarder comment évoluent les aides côté parents (allocations, impôt, etc.).
Peut-on cumuler APL en colocation et autres aides au logement ou bourses ?
Un locataire ne peut toucher qu’une seule aide au logement pour sa résidence principale (APL, ALS ou ALF). En revanche, ces aides peuvent se cumuler avec :
- des bourses étudiantes,
- la prime d’activité,
- le RSA,
- des aides locales au logement (ville, département, région) si les règlements le prévoient.
Certaines aides ont des règles de non-cumul ou prennent l’APL en compte dans le calcul. Pour éviter les mauvaises surprises, direction les fiches d’aides concernées (CAF, région, CROUS, etc.) et les simulateurs en ligne.
Que faire si les montants d’APL versés ne correspondent pas à la répartition du loyer convenu entre colocataires ?
Deux choses à distinguer :
- Ce que la CAF reconnaît : la part de loyer déclarée, dans la limite des plafonds et de la cohérence globale.
- Ce que les colocs ont décidé entre eux : répartition différente, compensation, accords internes.
Si la CAF ne suit pas la répartition demandée (par exemple, part jugée trop élevée pour un coloc), plusieurs options :
- fournir un document plus clair (avenant au bail, attestation détaillée du bailleur) et demander une révision,
- adapter la répartition interne du loyer entre colocs pour rester cohérent avec ce que la CAF accepte,
- si nécessaire, déposer un recours avec pièces justificatives.
Comment optimiser légalement le montant d’APL en colocation
Optimiser oui, tricher non. Quelques leviers légaux :
- éviter des loyers artificiellement gonflés qui sautent aux yeux des contrôleurs,
- choisir, quand c’est possible, un montage clair (baux individuels ou bail unique avec répartition écrite),
- adapter la répartition du loyer en fonction de la surface et du confort réel des chambres, pas seulement des revenus,
- faire la demande dès l’entrée dans les lieux pour ne pas perdre de mois,
- mettre à jour immédiatement la CAF en cas de changement pour éviter des trop-perçus.
En cas de doute sur un montage un peu borderline, mieux vaut poser la question à la CAF ou à un professionnel (assistance sociale, juriste en droit du logement) plutôt que de « bricoler » et risquer un redressement.
Est-il obligatoire que tous les colocataires demandent l’APL si certains y ont droit ?
Non, rien n’oblige un colocataire éligible à déposer une demande. Certains préfèrent ne pas solliciter d’aide, ou considèrent que le montant serait trop faible pour que ça vaille le coup.
Mais :
- le fait qu’un coloc refuse de demander l’APL ne réduit pas l’aide des autres,
- chacun reste libre de déposer ou non un dossier, à condition de déclarer honnêtement la réalité de la colocation à la CAF.
Que se passe-t-il si un colocataire perçoit l’APL mais ne paye pas sa part de loyer ?
Sur le plan juridique, l’APL est une aide affectée au paiement du loyer. Si un colocataire encaisse l’APL mais ne règle pas sa part :
- le bailleur peut engager des procédures d’impayés contre tous les colocataires en bail solidaire,
- les autres colocataires peuvent se retrouver à payer pour lui en pratique,
- la CAF peut, en cas de signalement, envisager un versement direct de l’APL au bailleur.
Entre colocs, les solutions passent souvent par :
- une discussion claire et rapide,
- un éventuel départ du coloc défaillant,
- et, en dernier recours, une action en justice pour recouvrer les sommes avancées.
Quiz express (1 minute) — APL en colocation
Cliquez sur chaque question, puis sur « Voir la réponse » pour vérifier.
En colocation, comment l’APL est-elle généralement attribuée ?
A — Une APL par colocataire, selon sa situation
B — Une seule APL pour tout le logement, au nom du colocataire principal
C — Aucune APL possible en colocation
Voir la réponse
Bonne réponse : A.
En colocation, la CAF calcule en général une aide par personne, en fonction des revenus et de la situation de chacun. Le loyer pris en compte peut être réparti entre colocataires.
Pour éviter un refus ou un retard, quel réflexe est le plus important lors de la demande APL en colocation ?
A — Déclarer exactement le type de colocation et la part de loyer de chacun
B — Mettre le même montant de loyer pour tous, même si les chambres diffèrent
C — Faire la demande uniquement après 6 mois dans le logement
Voir la réponse
Bonne réponse : A.
Il faut une déclaration cohérente (bail, colocataires, loyer/charges) pour que la CAF puisse calculer l’aide. Les incohérences sont une cause fréquente de demande “bloquée” ou de trop-perçu.
Si un colocataire quitte le logement, que faut-il faire concernant l’APL ?
A — Ne rien faire : l’APL se met à jour automatiquement sans déclaration
B — Signaler le changement à la CAF rapidement (départ/arrivée) et mettre à jour la situation
C — Demander au colocataire restant de “récupérer” l’APL de celui qui part
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Bonne réponse : B.
Un départ ou une arrivée peut modifier le calcul de l’aide et le loyer pris en compte. Ne pas le déclarer peut entraîner un trop-perçu à rembourser.
Vrai ou faux : en colocation, il est possible que deux colocataires aient des montants d’APL différents pour le même logement.
A — Vrai
B — Faux
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Bonne réponse : A.
La CAF tient compte de la situation de chaque personne (revenus, ressources, statut, etc.). Donc deux colocataires peuvent avoir une aide différente.
Quel est le bon réflexe si vous êtes en colocation avec un couple (deux personnes) et un troisième colocataire ?
A — Déclarer le couple comme un seul “foyer” (la CAF peut regrouper leurs droits) et le troisième à part
B — Déclarer tout le monde séparément, même si deux vivent en couple
C — Ne pas mentionner la situation de couple pour éviter une baisse d’aide
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Bonne réponse : A.
La CAF prend en compte le foyer : un couple est généralement évalué ensemble, ce qui peut changer le calcul. Cela peut dépendre de la situation ; en cas de doute, vérifiez sur le site officiel de la CAF : https://www.caf.fr/






